C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Au moment où la carte territoriale des nouvelles implantations militaires vient d'être dévoilée par le Premier ministre, le plan Vigipirate, lui, n'est pas remis en cause. On s'est habitué à ces patrouilles mais nul ne saurait dire quelle part leur présence a joué dans le fait que notre pays semble épargné par les attentats terroristes, à l'inverse des Etats-Unis, de l'Angleterre ou de l'Espagne.
Pourtant, la terreur a déjà envahi la capitale française il y a un peu plus de 10 ans, liée sans doute à la politique extérieure de la France. Une vague d'attentats va frapper le pays en 1995 où, chaque fois, on trouvera la trace d'un jeune Algérien, dont la famille s'était installée à Vaulx-en-Velin et qui est manipulé par le GIA, Groupe Islamique Armé, lié au FIS frustré après des élections gagnées. La branche djazariste du GIA veut remplacer le gouvernement algérien par un Etat islamiste mais la branche salafiste, qui approche Khaled Kelkal, notre homme, veut organiser une révolution islamique mondiale.
Après des études sans problème à Lyon, Khaled sombre dans la délinquance, est arrêté pour vols et braquages et fait son éducation au radicalisme arabe auprès de religieux islamiques, qui meublent ses journées de prison. A sa sortie, en 1992, il est aussitôt intégré dans des réseaux de livraison d'armes en Algérie. Il ne fut sans doute pas difficile de le convaincre d'effectuer des attentats en France.
L'été 1995 sera son point d'orgue. XVIIIème arrondissement, le 11 Juillet, il assassine l'imam Sahraoui dans une mosquée. Lyon Bron, le 15 Juillet, il participe à une fusillade contre des gendarmes. RER B, station Saint Michel, le 25 Juillet, son plus gros coup, il est impliqué avec Boualem Bensaïd, dans l'explosion d'une bombonne de gaz remplie de clous, faisant 4 morts et 117 blessés. Place de l'Etoile, le 17 Août, il est encore là pour l'attentat à la bombe qui blesse 17 personnes. Le 26 Août, il est toujours impliqué dans l'attentat contre la ligne TGV Paris-Lyon. Mais, cette fois, la bombe n'explose pas et ses empreintes digitales sont relevées. Dès lors, il est reconnu, placardé sur tous les murs de police et recherché comme « l'ennemi public numéro 1 ». Malgré la traque dont il fait l'objet, Kelkal réussit à commettre encore deux autres attentats avant d'être abattu. Le 03 Septembre, une bombe dans un square parisien, boulevard Richard Lenoir, fait 4 blessés et le 07 Septembre, une autre explose dans une voiture devant l'école juive de Villeurbanne, faisant 14 blessés.
Ces attentats, et en particulier celui du RER à Saint Michel, ont été revendiqués par le GIA. On cite le nom de Rachid Ramda, protégé de l'émir du GIA, Djamel Zitouni, quand on évoque le cerveau et le financier de ces actions, orchestrées depuis Londres. Mais le terreau des banlieues difficiles, aux abords des grandes villes françaises, leur a fourni la main d'œuvre. Des bandes de petits trafiquants passent ainsi insensiblement de la délinquance classique au djihad, reportant dans leur pays d'adoption l'exacerbation des foules fanatisées du Moyen Orient qu'ils observent à la télévision. Ramda et Bensaïd seront condamnés à perpétuité.
Des ramasseurs de champignons dans la forêt de Marval, le 27 Septembre 1995, signalent aux gendarmes « deux campeurs sauvages » que ceux-ci ont tôt fait de retrouver. Ils sont accueillis par des tirs de fusil Winchester à pompe. Kelkal peut s'enfuir mais deux jours après, il est repéré à un abri de bus par une patrouille de l'EPIGN. Blessé à la jambe, il brandit son pistolet 7,65 mais ne peut s'en servir avant la riposte des gendarmes. Il est tué sur le coup.
Le GIA sera à peine touché par cette perte et, tel le phoenix, renaîtra pour enlever et exécuter, en 1996, les 07 moines trappistes français de Tibhirine en Algérie, encore que cette responsabilité soit aujourd'hui contestée. La France reste vigilante face à cette menace diffuse qui peut frapper aveuglément n'importe quand. On se souvient de l'arraisonnement de l'avion d'Air France, en 1994, sur l'aéroport de Marseille où le GIGN put anéantir les velléités du commando qui voulait projeter l'avion bourré de carburant sur la Tour Eiffel.
Toute parole de nos dirigeants, inappropriée ou perçue comme un outrage par certains fanatiques, peut immédiatement trouver son prolongement dans une action suicide meurtrière pour une foule d'innocents, action qui, aux yeux des auteurs, lave leur honneur et leur ouvre les portes du paradis. On espère que les chefs qui nous gouvernent ont bien cette pensée en tête dans leurs discours diplomatiques.
Publié par Papyves à 01:09:11 dans Faits de Société. | Commentaires (2) | Permaliens
Re-bonjour, les amis.
C'est la rentrée.
Je reprendrai donc mes billets journaliers dès demain.
Je suis de retour après une semaine dans le Jura français où j'ai participé à la défense du VRAI site de la bataille d'Alésia, perdue par Vercingétorix, face à César, en 52 avant JC.
Ceux qui sont passés en Bourgogne ont sans doute vu cette immense statue du chef gaulois trôner sur son piédestal, en haut de la colline du Mont Auxois, à Alise Sainte-Reine. Comme beaucoup, ils ont sûrement été abusés par les défenseurs de cette thèse invraisemblable qui aurait vu plus de 60.000 combattants et leurs chevaux séjourner pendant des mois sur un petit mamelon ridicule, sensé arrêter les légions du grand César dans sa retraite de Langres vers Genève et sa « Province ». Alise n'est d'ailleurs pas sur l'itinéraire mais très à l'Ouest.
D'une part, il n'y a pas la place pour faire tenir ces milliers de gaulois sur cette petite surface mais, d'autre part, il n'y a rien de chaque côté de ce mont insignifiant pour empêcher les Romains de le contourner et de poursuivre leur route. En tout cas, le récit détaillé qu'en fait César lui-même, dans « La guerre des Gaules » ne s'applique en rien à ce terrain.
Donc, Alésia ne s'est pas déroulé là où on vous le dit depuis Napoléon III mais des générations de prétendus experts scientifiques et d'archéologues cyniques et dédaigneux de la vérité vous vendent leurs livres ( qu'ils savent faux ) à prix d'or et traquent, avec persistance et véhémence, la moindre velléité de rétablissement de la vérité ( ce que fait, sans moyens, l'association dont je parlais au début ).
Pour être convaincus qu'Alésia se situe dans le Jura, chez les Séquanes comme le dit César ( et non chez les Eduens d'Alise ), reportez-vous à cet excellent site :
http://alesia.jura.free.fr/F_index.html
Alise, dont seul le nom se rapproche de Alésia ( mais pas la topographie des lieux ), à été choisi par les envoyés de Napoléon III qui voulaient lui donner rapidement satisfaction dans sa recherche d'un haut fait d'armes historique qui ferait oublier ses déboires ( Sedan, le Mexique, etc ... ). Quelques preuves de vestiges romains ( il y en a partout en France ) ont été présentés à la hâte et le tour fut joué.
Cette imposture, entretenue aux plus hauts échelons culturels nationaux, sera un jour démasquée mais l'omerta ( allant jusqu'à interdire les fouilles dans le Jura et faire pression sur Wikipedia pour que soit retirée illico toute correction des âneries qui y figurent ) se poursuit et les bonimenteurs officiels continuent à vendre leur mensonge, agrémenté de belles images mais de peu de cohérence avec la réalité décrite par les textes grecs et latins, en sus de César lui-même.
Rejoignez moi dans cette association AAB-CEDAJ pour faire éclater LA vérité sur un fait majeur et fondateur de notre patrimoine historique. Quel beau challenge !
Publié par Papyves à 01:06:47 dans Faits de Société. | Commentaires (0) | Permaliens
En 1985, l'artiste Christo emballe complètement le Pont Neuf de Paris, comme une papillote, ou un décor de théâtre. Pourquoi le Pont neuf alors qu'il y en a 34 à cette époque ? C'est aujourd'hui le plus vieux pont de Paris mais, en 1578, lorsque Henri III pose la première pierre de cet édifice majestueux pour l'époque, il est effectivement tout neuf. D'autant que tous les ponts, jusqu'alors, étaient en bois, selon l'usage au Moyen-âge et Paris n'en comptait que quatre. Il ne sera achevé que 30 ans plus tard, en 1607, du fait des retards et des guerres de religion.
Comme tous ses frères, il va accueillir, sur ses flancs, toute une série de boutiques diverses, qui n'entravent pas la circulation car il est large pour l'époque, plus de 20 mètres. Ces boutiques, qui empêchaient de voir l'eau couler du dessus du pont, ne disparaîtront qu'en 1854. Les boutiquiers le long des quais actuels en sont les derniers descendants, en modèle réduit. L'ensemble, conçu par 5 architectes, est élégant, puissant et beau, avec ses courtes arches de diamètres inégaux.
Le pont, long de 238 mètres et s'appuyant sur 12 arches, eut immédiatement un immense succès et marchands, badauds, charlatans et comédiens, prostituées ou bourgeois enrichis avec leur épée, tout autant que les gueux et les « tire-laine » (voleurs) s'y pressaient volontiers. C'était le lieu des fêtes de tous milieux et le rendez-vous des expositions.
Pour alimenter en eau les Palais du Louvre et des Tuileries, Henri IV autorise, en 1602, l'édification sur pilotis d'un bâtiment, sur la deuxième arche Nord du pont, pour abriter une grande pompe. Décorée d'une horloge astronomique en haut d'un campanile et d'une scène de Jésus et la Samaritaine devant le puits de Jacob, cette pompe sera baptisée simplement la « Pompe de la Samaritaine ». Elle disparaîtra en 1813. On comprend, dès lors, le nom de ce grand magasin, fondé par Emile Cognacq, dominant la Seine et « son » pont. Henri IV décida aussi, le 08 Juillet 1606, avant même l'achèvement du pont, l'établissement de la place Dauphine, aux façades identiques, entre le palais de la Cité et le terre-plein du pont.
Après la mort de Henri IV, son épouse Marie de Médicis, commande une statue en bronze du roi, à cheval, qui sera placée, en 1614, sur le terre-plein entre les deux parties du pont, sur l'île de la Cité. Sous la Révolution, en 1792, cette statue sera fondue pour en faire des canons puis remplacée sous la Restauration par une autre statue équestre d'Henri IV que Louis XVIII inaugurera en 1818.
La grande particularité de cet ouvrage, outre les premiers trottoirs qui étonnent et les balcons arrondis qui l'embellissent, réside dans ses 384 mascarons, figures humaines d'aspect grotesque sculptées par Germain Pilon, accrochés en frise en haut de la corniche supérieure, et dont les grimaces devaient éloigner les mauvais esprits, du moins le croyait-on au moyen-âge. On trouvait aussi ces mascarons, guetteurs tragiques, à l'orifice des fontaines, en haut des chapiteaux ou à la proue des navires.
Classé monument historique en 1889, jamais reconstruit mais seulement ravalé du fait de sa robustesse sauf les mascarons qui s'effritent avec le temps, ayant résisté à toutes les crues de la Seine, y compris celle de 1910, le Pont Neuf a inspiré de nombreux artistes peintres, tel Renoir, ou des écrivains. Il m'inspire, moi aussi, et j'aimerais rejouer ce film de 1991 « Les Amants du Pont Neuf ».
Publié par Papyves à 02:05:09 dans Faits de Société. | Commentaires (2) | Permaliens
Alors qu'ils se moquent de savoir qui en est l'auteur, les inconditionnels lecteurs des enquêtes du détective anglais Sherlock Holmes sont persuadés que le personnage a vraiment existé et qu'il a bien résolu les énigmes compliquées que ce cher Docteur Watson, son fidèle compagnon, a bien voulu écrire.
On prétend que le nom de Sherlock vient de « Cher Lecoq » que Conan Doyle, l'auteur, le vrai, aurait découvert dans « Monsieur Lecoq » sous la plume d'Emile Gaboriau, l'un des inventeurs du roman policier. Le célèbre détective Sherlock Holmes et son ami, le docteur Watson, apparaissent en 1887 dans une nouvelle intitulée « A study in scarlet », une étude en rouge, dans laquelle les capacités déductives du vieux célibataire maniéré font déjà recette. La seconde publication, « Le signe des Quatre », en 1890, le rend définitivement célèbre.
Arthur Conan Doyle naît, en 1859, dans une fratrie de 9 enfants et rédige déjà le journal de l'école, à la Public school de Stonyhurst où il est admis en s'inspirant d'Edgar Poe et de Jules Verne. Après des séjours linguistiques à Paris et en Allemagne, il fait des études de médecine, de 1876 à 1881. C'est en observant ses professeurs qu'il trouvera la matière pour créer ses futurs personnages. Son cabinet médical n'est pas surchargé et il a le temps d'écrire. Outre les aventures de Sherlock Holmes, sous forme de nouvelles, viendront notamment « Le chien des Baskerville », « Le monde perdu », « Les exploits du brigadier Gérard » ou « La vallée de la peur ».
Après l'énorme succès des 6 premières nouvelles, le directeur du Strand Magazine souhaite en commander d'autres à son auteur. Mais Doyle ne prise guère ces intrigues alimentaires et souhaiterait plutôt que ses autres publications, ignorées, soient mieux accueillies. Il refuse ou alors exige 50 £ par titre (une grosse somme à l'époque), ce que l'éditeur accepte. Du coup, Doyle abandonne son cabinet de médecine qui de toute façon végétait et décide de se consacrer à l'écriture. Un second volume des enquêtes du génial détective suivra donc mais au grand dam de Doyle lui-même qui ne peut plus s'en détacher, tant il croule sous les lettres d'admirateurs ou de demandes de conseils juridiques dans des affaires privées. Excédé, Conan Doyle décide de faire disparaître son héros qui trouvera la mort, en 1891, lors d'une confrontation avec son éternel rival, le professeur Moriarty, au fond d'un gouffre suisse.
Plus de héros, plus d'astreinte, Doyle va désormais se consacrer librement à la rédaction d'autres romans fantastiques, d'aventures et de science-fiction et même d'œuvres ésotériques et de spiritisme. Mais les lecteurs ne l'entendent pas de cette oreille. Sherlock Holmes ne peut pas disparaître, « débrouillez vous pour le ressusciter » lui intiment ses fans. Doyle tiendra 12 ans sans céder puis le fera réapparaître, en 1903, pour 13 autres nouvelles aventures, en acceptant la proposition alléchante d'un éditeur américain.
En même temps, Doyle s'investit en Afrique, en participant à la guerre des Boers, au sein d'un hôpital monté à ses frais, de 1900 à 1901, dénonce les crimes commis au Congo par l'administration belge, dans son livre « Le crime du Congo », intervient pour rétablir la vérité dans l'affaire d'un Juif allemand injustement condamné à mort et sera correspondant de guerre pendant le premier conflit mondial.
En 1916, Doyle annonce, dans la revue spirite Light, sa conversion au spiritisme. Dès lors, il sillonnera le monde pour faire des conférences sur le sujet, prêchant le salut de l'humanité par la science. A l'issue de ses voyages, en 1929, il est exténué et sera victime d'une crise cardiaque. Le 07 Juillet 1930 au matin, Sir Arthur Conan Doyle décède dans sa villa de Crowborough.
Mais Sherlock Holmes est immortel et vit toujours dans des associations et des musées américains, anglais ou australiens, entre autres. Son bureau du 221 rue Baker street, pure fiction, a du être reconstitué, à Londres, à l'identique de ce que l'écrivain avait dépeint dans ses nouvelles. Le héros est bien vivant dans la mémoire collective, comme Hercule Poirot le sera un peu plus tard.
Seuls les écrivains sont mortels. Elémentaire, mon cher Watson !
Publié par Papyves à 00:34:30 dans Faits de Société. | Commentaires (2) | Permaliens
A l'inverse du Maroc et de la Tunisie, la France a toujours eu des relations difficiles avec l'Algérie, même si les deux peuples s'apprécient. La date du 05 Juillet tombe à pic pour en parler car elle est l'anniversaire de trois événements :
Le 05 Juillet 1830, les troupes du Général de Bourmont font leur entrée dans la forteresse d'Alger, entraînant la capitulation du Dey et le début de la colonisation française dans ce qui deviendra l'Algérie. Un siècle et demie plus tard, le 05 Juillet 1998, entre en vigueur une loi, votée en 1996, qui impose la langue arabe dans toutes les écoles, à l'exclusion de toute autre, alors qu'au moment de l'indépendance, le 05 Juillet 1962, le pays dans son ensemble parle français, en sus de sa langue maternelle. On passe du bilinguisme culturel au monolinguisme arabe alors que le pays a soif d'ouverture vers l'extérieur. Mais avec un référentiel linguistique unique, le contrôle est plus facile.
Au début de la Guerre d'Algérie ( qu'on désignera longtemps par « les événements » en France ), le pays compte 08 millions d'autochtones seulement et 01 million de Français d'Algérie, c'est-à-dire Pieds-Noirs et Juifs séfarades naturalisés (installés là bien avant l'arrivée des arabes). On désignera ces colons Pieds-Noirs car ils avaient souvent les pieds dans les marécages pour les assécher et qu'ils ont fait connaître la vigne aux habitants locaux en foulant de leurs pieds nus les grappes de raisin noir pour en faire sortir le jus. Ce sont eux qui développeront l'usage de la langue française dans l'administration, les exploitations agricoles, ou les écoles. Mais, le 1er Novembre 1954, des attentats meurtriers contre les Français sont déclenchés par le tout jeune parti du Front National de Libération. C'est le début de l'insurrection et d'un conflit qui ne s'achèvera qu'en 1962 avec l'indépendance. Sans doute, le souvenir de la sanglante répression de Sétif en Mai 1945 refaisait surface dans les motifs du FLN.
En 1998 donc, l'enseignement de la langue de Voltaire est interdit. Le ministre précise « qu'il est fait obligation aux écoles privées ( les dernières à faire de la résistance ) d'utiliser la langue arabe comme unique instrument linguistique pour l'enseignement des programmes scolaires ». De fait, l'arabe était revenu en force dès l'indépendance, inscrit à l'article 3 de la Constitution comme « langue nationale et officielle », réintroduit d'abord dans le Primaire puis imposé, en 1968, à tous les fonctionnaires, placardé dans les rues en 1976. L'arabe est imposé par la loi comme unique langue d'Etat, en Janvier 1991, ce qui exclut, outre le Français, la pratique de la langue Berbère qui est pourtant celle des premiers occupants d'Algérie.
Naît alors un autre conflit interne entre les partisans d'une arabisation uniforme, dans le moule de l'Islam, et les tenants d'une pluralité de dialectes ou langues régionales dont se réclament les Berbères et leur culture « Tamazight ». Des émeutes régulières en Kabylie tenteront de faire accepter le Berbère comme deuxième langue officielle, en vain. La constitution de 1996 affirme pourtant que les composantes essentielles de l'identité algérienne restent « l'Islam, l'arabité et l'amazighité » mais pour ce dernier, les faits ne suivent pas et l'amazigh est considéré par les autorités comme un folklore. Ce n'est qu'en 2002 qu'une nouvelle loi lui accordera le statut de langue officielle, sans que cela ne se traduise dans les faits. Le Français, lui, n'est plus parlé que par l'élite et les journalistes, malgré la télévision qui diffuse largement les chaînes métropolitaines.
Membre de l'OPEP, l'Algérie du Président Abdelaziz Bouteflika a tous les atouts pour réussir son éclosion parmi les plus grandes nations arabo-musulmanes, membre influent de l'Union Africaine et de la Ligue Arabe. Mais avoir ôté au peuple l'atout majeur de la connaissance d'une langue étrangère est dommageable pour l'émancipation et l'épanouissement de celui-ci. Sauf si on ne le souhaite pas en haut lieu, ce qui serait étonnant.
Publié par Papyves à 02:43:01 dans Faits de Société. | Commentaires (3) | Permaliens
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