C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Possession française depuis 1649, l'île Bourbon devait son nom aux rois de France, Bourbons depuis Henri IV via Louis XIV jusqu'à Louis-Philippe. Le 20 Février 1794, donc en pleine révolution française, la Convention la rebaptise en « île de la Réunion » en hommage aux fédérés marseillais ( d'où le chant de la Marseillaise ) et aux gardes nationaux parisiens qui se sont réunis le 10 août 1792 pour prendre d'assaut le palais des Tuileries et suspendre les pouvoirs du roi Louis XVI. Ce sera la chute de la royauté et bientôt de la tête du roi lui-même.
C'est au XVI° siècle que le navigateur portugais Pedro de Mascarenhas découvre l'archipel composé des îles Maurice ( île de France ), Rodrigues et de la Réunion. On le nommera donc Archipel des Mascareignes. Nommée aussi Mascarin par le premier capitaine français qui y accoste en 1638, l'île de la Réunion fut baptisée île Bourbon lors de son rattachement officiel au trône de France en 1649.
Le premier résident volontaire de l'île fut un Marnais, Louis Payen, qui s'installa en 1663 avec 10 serviteurs malgaches dont trois femmes, à l'origine des réunionnais d'aujourd'hui. Colbert y envoie un « Gouverneur de Bourbon » et les premiers colons officiels qui s'établissent à Saint Paul. En 1715, des plans de café Moka du Yémen sont introduits, nécessitant beaucoup de main-d'œuvre, d'où l'apparition de l'esclavage. Puis, en 1810, les Anglais s'emparent de cette île volcanique qui avait pris entre temps le nom de Bonaparte, y plantent de la canne à sucre mais, la jugeant sans intérêt, la restituent en 1815. L'île Bourbon devient un grenier à café, canne à sucre et vanille malgré les cyclones et le choléra.
La IIe République lui rendra définitivement le nom d'île de la Réunion en 1848 et abolira l'esclavage.
C'est en 1946 que la Réunion devient un DOM ( département d'outre-mer ) avec les départements des Antilles puis une région à part entière en 1982. « J'ai senti battre ici le cœur de la France » dira le Général de Gaulle lors de sa visite en 1959. Michel Debré en sera le député en 1962.
Aujourd'hui, on ne parle guère de la Réunion, située il est vrai à 10 heures de vol de la métropole, que lorsque le piton de la Fournaise se réveille comme en 1998, offrant un superbe spectacle pendant 196 jours ou lorsque l'épidémie de chikungunya se répand comme en 2005.
Elle vaut mieux que ça, je vous assure !
Publié par Papyves à 00:07:21 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
L'archipel des Kerguelen fut découvert par le navigateur français Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec le 12 Février 1772. Sans fortune, embarqué à 16 ans comme garde-marine dans la Marine royale, Kerguelen passera sa vie sur les flots. En 1761, il prend le commandement de son premier navire pour mener une campagne aux Antilles. De ses successions de campagnes dans l'Atlantique Nord, Islande, Groenland, il retire une grande expérience des mers froides. En Février 1772, il rencontre le jeune Lapérouse lors d'une escale à l'île de France. Il y remplace son gros vaisseau contre deux navires plus légers, une flûte et une gabarre, mieux adaptés à sa mission vers les mers antarctiques.
Lorsqu'il aperçoit une terre dans le Sud de l'océan indien, il croit voir le continent austral et lui donne le nom de France australe. Il s'agit des îles Kerguelen que James Cook appellera plus tard « îles de la désolation » avant qu'elles ne prennent le nom du grand navigateur. Mais Kerguelen ne les explore pas et rentre à Brest, sans le second navire perdu dans la tempête, pour faire au roi une description optimiste des ressources de ces terres qu'il envisage de découvrir plus amplement lors d'une seconde expédition.
Reparti rapidement avec un vaisseau et une frégate armés de canons, il a la mauvaise idée d'admettre à bord une jeune fille clandestine de 14 ans, Louise Seguin, qui sera l'objet d'une rivalité préjudiciable à la concorde de l'équipage. Le scorbut se met de la partie et c'est démoralisés que les matelots découvrent, en plein mois de Décembre, un paysage désertique, sans flore ni faune.
De retour en France, les officiers du bord font valoir leurs griefs, soit l'interruption de la première mission, l'embarquement de Louise, un trafic de pacotille et surtout la peinture idyllique d'une terre inhospitalière. Kerguelen est traduit en Conseil de guerre, condamné à six ans de forteresse et emprisonné à Saumur. Il en sortira pour se rallier à la révolution de 1789. Il mourra contre-amiral en 1797 à 63 ans.
Depuis 1955, les îles Kerguelen constituent l'un des quatre districts des TAAF ( Terres australes et antarctiques françaises ) et sont administrées depuis la Réunion, sans faire partie de ce département d'outre-mer. Hormis quelques manchots, albatros ou otaries, cette réserve naturelle, classée en Zone économique exclusive, n'est habitée que par des scientifiques et ingénieurs du CNES. Pas de quoi y passer ses vacances !
Publié par Papyves à 00:21:53 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
Suite à une observation assidue du ciel, Galilée s'était rallié en 1610 au système dit héliocentrisme de Nicolas Copernic qui place le Soleil, et non plus la Terre, au centre de l'univers. Bien sûr, cela lui avait valu les foudres de l'Inquisition et la traduction devant un tribunal pour hérésie. Le 10 Février 1634, après 20 jours de procès, il abjure sa doctrine face à l'église pour sauver sa vie. Il a alors 70 ans et passera encore neuf ans en résidence surveillée jusqu'à sa mort.
Le système de Copernic comportait en germe une idée aux conséquences immenses : si la terre tournait autour du soleil de la même façon que les autres planètes, cela signifiait que la terre était un objet banal, sans originalité ni privilège qui la distinguât des autres objets du ciel. La terre, spécialement moulée par Dieu pour héberger ses créatures, n'était donc en réalité qu'un caillou errant dans le ciel et n'avait donc rien de divin. Sacrilège pour les Chrétiens d'alors ! Même Platon et Ptolémée étaient désavoués.
En 1609, Galilée utilisera sa lunette astronomique ( il s'était construit son propre télescope de grossissement 20 ) pour observer les cratères de la lune, Vénus, découvrir le ballet des 4 petits satellites tournant autour de Jupiter donc non liés à la Terre, laquelle n'était donc pas au centre de tous les mouvements. Grand mathématicien à la cour de Florence, fondateur de la science expérimentale, il construisit le sextant, le thermomètre, découvrit les lois de l'inertie et de l'accélération, les trajectoires paraboliques et montra qu'Aristote se trompait en supposant que la vitesse de chute d'un corps était proportionnelle à son poids. Mais il avait raison trop tôt. Ses travaux seront cependant repris par Isaac Newton pour élaborer la loi de l'attraction universelle.
C'est affaibli, affecté par la mort de sa fille Virginia, âgée de 33 ans et atteint de cécité totale que Galileo Galilei décédera en Janvier 1642. L'Eglise continuera à penser que ses théories étaient blasphématoires pour la Bible.
Songez qu'il ne sera réhabilité qu'en ...1992, soit 359 ans après avoir murmuré : « Et pourtant, elle tourne ! ».
Publié par Papyves à 01:50:52 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
Parce qu'elle habitait Boulevard de Courcelles, un quartier de Paris fréquenté par les aveugles, Mademoiselle Guilly d'Herbemont eut l'idée, en observant les bâtons utilisés par les agents de police, de munir les aveugles de cannes blanches très visibles des autres usagers. Le 07 Février 1931, après avoir alerté les médias et le Préfet de Police, elle présenta symboliquement les deux premières qu'elle avait fabriquées elle-même, au Cercle de l'Union interalliée, devant plusieurs ministres. Elle les remettra à madame Connens, une vendeuse de cartes postales et à monsieur Amblard, aveugle de guerre avant de distribuer gratuitement une série de 5000 de ces cannes blanches sur ses fonds personnels, notamment aux nombreux soldats devenus mal-voyants au cours de la première guerre mondiale.
Au XVIIIème siècle déjà, Valentin Haüy était devenu l'instituteur des aveugles en créant une école qui leur est réservée. Louis Braille, ensuite en 1827, inventera l'alphabet tactile que l'on connaît maintenant.
Toute sa vie, mademoiselle d'Herbemont se battra pour que les aveugles soient reconnus et respectés, allant même jusqu'à les aider financièrement et les convier à des concerts. De santé fragile, elle s'éteindra à l'hôpital suisse d'Issy-les-Moulineaux le 28 Février 1980 et sera inhumée dans le caveau de famille à Mouzay dans la Meuse.
Plusieurs pays revendiquent la paternité de cette invention : un photographe anglais de Bristol en 1921, un membre du Lion's club américain en 1931 ainsi qu'un canadien la même année.
Qu'importe, avec cette canne et bien sûr les chiens dressés, les aveugles redécouvrent une certaine liberté et autonomie, que des progrès récents vont encore accroître : c'est le cas des bandes rugueuses sur les quais du métro, des signaux auditifs enregistrés aux carrefours et bientôt des GPS couplés à la canne blanche ou des sons distinctifs signalant les obstacles alentour, comme la nouvelle Batcane anglaise.
Mais tous ces dispositifs ingénieux ne nous dispensent pas de leur tendre le bras pour les accompagner un bout de chemin, n'est-ce-pas ? N'attendons pas le 15 Octobre, journée internationale de la canne blanche.
Publié par Papyves à 00:12:45 dans Conquêtes | Commentaires (5) | Permaliens
La Chine vivait tranquillement en quasi autarcie quand les Européens et notamment les Britanniques vinrent, au XVIII siècle, les obliger à commercer avec eux en leur fournissant du thé puis de l'opium ( suc de pavot utilisé comme médicament depuis Homère ) que les Anglais tiraient en abondance de leur colonie indienne, en particulier du Bengale. Le port de Canton avait été désigné par l'Empereur chinois comme le seul port où les étrangers pouvaient accoster, ceux-ci ne devant, en outre, traiter qu'avec les représentants de la Co-Hong, puissante compagnie de marchands. Pour accroître leur commerce, les Anglais avaient inondé la Chine avec les ballots d'opium qu'ils savaient addictif et que le peuple chinois finit par utiliser comme une drogue. 12 millions en sont consommateurs déjà en 1820.
Cela préoccupait l'Empereur qui se décida à l'interdire purement et simplement mais, comme le commerce continuait clandestinement, il ferma le port de Canton aux étrangers dès le 29 Janvier 1841, déclenchant, par la même, la première guerre de l'opium. Les Anglais répliquèrent par le blocus de la ville. Leur armement nettement supérieur n'eut pas de mal à vaincre les jonques asiatiques et, en 1842, le Traité de Nankin leur ouvrit l'accès libre aux 5 autres ports, sans passer par la Co-Hong et, surtout, leur offrit la concession de l'archipel de Hong Kong où ils établirent leur base commerciale, en créant une véritable colonie britannique pour plus de 150 ans. L'Empire Qing ne digérera pas cet affront, d'autant qu'il avait déjà du rembourser en millions de dollars les 1300 tonnes d'opium détruites préalablement. Hong Kong ne sera rétrocédée à la Chine qu'en 1997, à la fin du bail.
Une guerre semblable reprendra de 1856 à 1860, avec l'aide des Français cette fois, pour protéger les commerçants occidentaux, en fait pour renforcer encore la pénétration européenne en Chine et briser les dernières résistances de l'Empire du Milieu. Le commerce n'a pas d'odeur. Les Russes même profiteront de la faiblesse des chinois défaits pour avancer leurs pions au Nord sur l'Oussouri et l'Amour.
Il est curieux de noter que ce sont les produits les plus dangereux, aujourd'hui l'héroïne, qui procurent les plus gros bénéfices à leurs vendeurs, d'où l'attrait des mafias pour ces commerces. Le problème n'est pas simple à éradiquer car supprimer les cultures de pavot, par exemple, ruine des milliers de petits paysans.
Bon, allez, on s'en fume une petite ?
Publié par Papyves à 00:05:16 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
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