C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Je vous donne mon mail personnel, si vous voulez vraiment me joindre : logetteyves@yahoo.fr,. Merci de votre fidélité. Papyves.
Afin de commémorer le centenaire de l'indépendance américaine ( 04 Juillet 1776 ) et en signe d'amitié entre les deux nations, la France décida d'offrir une monumentale statue aux Etats-Unis. C'est le sculpteur français Frédéric-Auguste Bartholdi qui reçut la mission.
D'un commun accord, il fut convenu que les Etats-Unis se chargeraient de la construction du socle de base, alors que les Français seraient responsables de celle de la statue. Cependant, des problèmes financiers survinrent des deux côtés de l'Atlantique. Les souscriptions et collectes de dons, nombreuses au lancement de l'idée même, chutèrent lorsque le financement prévu dut être revu à la hausse.
Pour la constitution de la carcasse interne, Bartholdi fit appel à l'ingénieur Gustave Eiffel qui réalisa le squelette métallique de l'ensemble. Les cuivres de l'enveloppe extérieure étant confiés à l'architecte Eugène Viollet-le-Duc qui eut l'idée d'employer la technique du métal repoussé.
Bartholdi avait espéré pouvoir terminer l'assemblage de l'ensemble de son œuvre pour le 04 Juillet 1876 mais des ennuis se succédèrent comme le plâtre de la main qui se brisa. Il fut quand même possible d'exposer celle-ci, au bout de son bras tendu, à Philadelphie en Septembre, afin de relancer, en Amérique, les souscriptions pour le piédestal qui s'étaient taries.
Les pièces de cuivre de la statue furent fabriquées dans les ateliers de la société « Gaget-Gauthier », en 1878 et des répliques miniatures furent construites afin de les vendre le jour de l'inauguration et faire ainsi de la publicité à l'entreprise. De là, le mot de Gadget désignant toutes sortes de produits publicitaires.
C'est Bartholdi lui-même qui eut l'idée de placer cette œuvre gigantesque de 93 mètres ( socle compris ) de haut ( qu'il voulut tournée vers l'Europe ) sur une île avancée, nommée Bedloe's Island et qui deviendra, en 1956, Liberty Island.
Une fois construite, il fallut l'acheminer par delà l'océan Atlantique par bateau. Elle fut alors démontée en 350 pièces et placée dans 214 caisses, hormis le bras droit, déjà sur le sol américain. La frégate l'Isère entra dans le port de New York, le 17 Juin 1885, sous les acclamations mais il fallut encore plusieurs mois pour la dresser sur son piédestal, au moyen des caisses de rondelles, rivets et autres boulons. L'inauguration officielle n'intervint donc que le 28 Octobre 1886, en présence du Président Grover Cleveland et de Ferdinand de Lesseps et du Président du Sénat pour la France. Le succès fut immédiat et des copies de différentes tailles seront construites de par le monde, la plus grande n'étant pas celle de Paris mais de Colmar. Un siècle plus tard, en 1986, la statue bénéficia d'un lifting complet, avec notamment une nouvelle torche ( la même que celle que l'on peut voir au Pont de l'Alma ) afin de paraître comme neuve pour le bicentenaire. Mais après les attentats de Septembre 2001, il n'est plus possible de monter à l'intérieur.
Depuis son érection en 1886, elle a ainsi été la première vision des Etats-Unis pour des milliers d'immigrants, après une longue traversée de l'océan Atlantique. Tel le colosse de Rhodes, la statue de la Liberté semble effectivement vouloir éclairer la voie d'une vie nouvelle aux arrivants. Ayant connu les affrontements lors de la Commune parisienne, Bartholdi aurait-il voulu représenter l'attitude d'une jeune fille juchée sur une barricade, à la manière de la patriote aux seins nus de Delacroix, brandissant le drapeau tricolore ? Il ne le dira pas, non plus qu'il ne dévoilera le modèle féminin qui servit d'exemple à la sculpture du visage.
Mais quel beau symbole que cette femme qui éclaire les premiers pas des immigrants sur le nouveau continent.
Publié par Papyves à 00:21:28 dans Faits de Société. | Commentaires (0) | Permaliens
Pour expliquer la guerre de 1870 perdue contre la Prusse, on désigna comme bouc émissaire le fait que les soldats allemands étaient mieux instruits que les Français. Il fallait donc faire de l'enseignement une priorité.
En 1881, une série de lois, dites « lois Jules Ferry » sur l'école primaire, rendent l'enseignement primaire public gratuit, ce qui permet de le rendre ensuite obligatoire en 1882 pour les enfants de 06 à 13 ans. Par la même occasion, ( et c'était peut-être là le but de Jules ) l'enseignement devient également laïc. La loi du 16 Juin 1881 sur les capacités, en particulier, repose sur le principe simple selon lequel, pour avoir le droit d'enseigner, il faut justifier des connaissances élémentaires auxquelles on prétend initier les élèves. Cette mesure visait très clairement les congrégations religieuses.
On notera qu'il est question d'obligation d'instruction et non d'école obligatoire car l'instruction peut-être donnée dans les familles, les écoles publiques ou libres et dans les établissements d'instruction. La première conséquence est d'orienter vers l'école rurale et donc vers l'alphabétisation, les garçons de fermes et les filles à qui on préférait, jusqu'alors, confier les tâches ménagères. Une Ecole normale de jeunes filles est même fondée à Sèvres. « Gratuité, obligation, laïcité » seront les trois maîtres mots de ces lois Ferry par lesquels il est, lui-même, devenu la figure emblématique de la laïcité française et l'un des pères fondateurs de l'identité républicaine en France.
Fils d'avocat et avocat lui-même, Jules Ferry ne fut pas seulement Ministre de l'instruction publique. Maire de Paris pendant que la capitale était assiégée par les Prussiens, en 1870 et 1871, il imposa le rationnement et gagna ainsi le surnom de « Ferry-Famine ». Député des Vosges de 1876 à 1889, il fera profiter largement sa circonscription de sa position à l'Assemblée. Franc-maçon et républicain, il accédera au poste de Président du Conseil ( on dirait Premier Ministre, aujourd'hui ) et se montrera un farouche partisan de l'expansion coloniale française, en direction de la Tunisie, Madagascar, Tonkin et autre Congo, en opposition avec le conservateur Adolphe Thiers. A ce titre, il répétera que « les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures ». C'est peut-être ce qui lui valut d'être l'objet de deux tentatives de meurtre, au pistolet, en 1887. Président du Sénat, enfin, il briguera, sans succès à cause des Boulangistes, la présidence de la République. Le gouvernement, lorsqu'il meurt en Mars 1893, lui octroie des funérailles nationales.
Si tous les élèves chantent, à la récré, que « c'est ce sacré Charlemagne qui a inventé l'école », ils pourraient aussi louer l'action de ce bougre de Jules qui l'a rendue accessible à tous et a donc contribué à l'essor global de la Nation.
Publié par Papyves à 01:02:01 dans Faits de Société. | Commentaires (2) | Permaliens
La société Goodyear se dispute, avec Michelin, le haut du panier de l'industrie mondiale du pneumatique. Elle doit son existence à la passion d'un homme et à un heureux hasard. L'homme s'appelait Charles Goodyear, quincaillier en faillite, mais obsédé par le caoutchouc dont il réalisait toutes sortes d'objets et de vêtements. Bien que toutes ses expériences, pour en améliorer la résistance, soient un échec, il persévère et fait toutes sortes de mélanges et de cuissons, sans succès. Le matériau utilisé, latex issu de la sève laiteuse de l'hévéa incisé, fond à la chaleur et craque à basse température. Il est connu depuis longtemps des peuples d'Amérique du Sud, sous le nom de « cahuchu » et découvert par les conquistadors.
L'heureux hasard intervint le jour où, en 1839, Charles oublia un morceau de caoutchouc sur le poêle brûlant, après qu'il l'ait mélangé avec du souffre. Curieusement, la matière qu'il retira du poêle avait une autre consistance et se révéla être extrêmement résistante en même temps que très souple. Goodyear venait d'inventer le procédé connu aujourd'hui sous le nom de « vulcanisation », d'après Vulcain, le Dieu du feu chez les Romains. Pourtant, il n'en deviendra pas riche pour autant car il tarda à déposer son brevet, qui ne lui sera accordé que le 15 Juin 1844, et d'autres, tel Hancock lui soufflèrent les bénéfices de la découverte. Criblé de dettes, contractées pour ses multiples expériences, Charles Goodyear fit même plusieurs passages par la case prison. A sa mort, en 1860, il devait encore 200.000 dollars.
Aujourd'hui, l'entreprise qui porte son nom ( mais n'a rien à voir avec sa famille ) est florissante et fait vivre 300.000 personnes, rien qu'aux Etats-Unis. Certaines des réalisations contemporaines, décrites comme de « nouvelles » applications pour le caoutchouc, avaient en fait été proposées par Goodyear, un siècle plus tôt. C'est le cas des emballages alimentaires extensibles, sous forme de films plastiques, de la peinture caoutchoutée, des ressorts de voiture, des canots de sauvetage, des combinaisons de plongée, etc ...
Mais l'inventeur génial et têtu était aussi un philosophe, à sa manière. « La vie, disait-il, ne saurait être évaluée selon les richesses accumulées. Je ne suis pas disposé à me plaindre que d'autres aient récolté les fruits de ce que j'ai semé. Un homme ne devrait avoir de regrets que lorsqu'il sème et que personne ne récolte ». Quel bel exemple de désintéressement. Comme on voudrait des patrons et des chercheurs de cette trempe !
Publié par Papyves à 01:40:31 dans Faits de Société. | Commentaires (6) | Permaliens
Après avoir cru maintes fois pouvoir faire reculer le spectre de la guerre, après 1933, les Alliés ne peuvent accepter un nouvel affront et décident que l'attaque de la Pologne par les troupes hitlériennes ne restera pas impunie. La France déclare donc la guerre à l'Allemagne le 03 Septembre 1939. Mais rien ne se passe comme prévu, la ligne Maginot est contournée, les troupes en faction sont débordées par une armée mobile et cuirassée. C'est la surprise, l'incompréhension, la défaite brutale, l'exode. Bref, la honte en moins de 3 semaines.
Le 14 Juin 1940, des troupes nazies impeccables défilent sur les Champs Elysées, dans un silence de mort, devant les emblèmes à croix gammée qui ont remplacé les drapeaux français, vite arrachés. Le lendemain, Paul Reynaud, président du Conseil, donne sa démission et le maréchal Pétain, le sauveur de Verdun, forme un nouveau gouvernement. Le 16 Juin, ce gouvernement, réfugié à Tours puis à Bordeaux, demande l'armistice. Hitler accepte l'armistice, le 22 Juin 1940 mais refuse les conditions de paix qui l'accompagnaient ( depuis quand est-ce le vaincu qui impose ses conditions ? ). La France sera désormais coupée en trois, le long d'une vraie ligne de démarcation, entre 1) une province rattachée à l'Allemagne ( Alsace et une partie de la Lorraine ) et qui fournira le produit de ses mines, 2) une moitié Nord sous domination nazie qui travaillera pour les usines du Reich et 3) une moitié Sud en zone libre qui devra régler des indemnités exorbitantes ( 20 millions de Marks par jour ) à l'occupant, entraînant une quasi pénurie de denrées, la disette, le marché noir et le système D ( comme débrouillardise ).
La rencontre à Montoire-sur-le-Loir, entre Pétain et Hitler, le 24 Octobre, immortalisée par les photographes, consacre le début d'une ère de collaboration avec l'ennemi, préférable, aux yeux du vieux maréchal, à des millions de morts. Le nouvel « Etat français » à Vichy, qui prône pourtant « Travail, Famille, Patrie », va désormais fournir à l'occupant tout ce qu'il demande, argent, bras de travailleurs déportés, propagande, miliciens, éradication du mauvais Juif, journaux interdits, etc ...
Fort heureusement, les Parisiens d'abord, les Provinciaux ensuite n'acceptent pas le fait accompli et installent une forme de plus en plus ouverte de résistance, par voie de presse puis par des actes de harcèlement, qui prendra son souffle originel dans la répression sanglante de la manifestation patriotique du 11 Novembre 1940, commémoration interdite par l'ennemi. D'ailleurs, un Général était de cet avis, depuis Londres où il avait lancé un appel, le 18 Juin, pour que se rassemblent toutes les forces de l'Empire puis de l'Alliance et que l'occupant soit chassé de la terre patrie. On n'avait donc pas perdu définitivement la guerre et des forces mécaniques encore supérieures pouvaient refouler la Wehrmacht hors des frontières.
De plus en plus organisées, reconstituées à partir de l'Afrique et des maquis nationaux, ces forces de résistance auront une action tout à fait déterminante dans la reconquête du pays qui sera, malgré tout, effectuée pour l'essentiel, par les Anglo-Saxons, nos frères anglais, américains et canadiens.
Quelles qu'aient été les consignes de tel ou tel gouvernement, voir l'ennemi défiler sur les Champs Elysées, Ah ça non, mon bon Monsieur, on ne laissera pas faire ça ! Résistons !
Publié par Papyves à 02:58:58 dans Conquêtes | Commentaires (7) | Permaliens
On passe aujourd'hui d'un continent à l'autre comme on change de ligne de métro. On a oublié combien furent périlleuses les premières tentatives de franchissement des océans ou des montagnes. Ouvrir et créer des lignes aériennes nouvelles, c'était du sport au début du siècle dernier. On pousse jusqu'à Casablanca puis Dakar. Costes et Bellonte traversent l'Atlantique, en 37 d'heures, pour atteindre le Brésil. Et c'est la Cordillère des Andes, avant le Pacifique, un morceau ! Les Andes et l'Amérique du Sud auront donné des frayeurs et du fil à retordre à nombre de pionniers, dont quelques héros de la première guerre mondiale.
Si Antoine de Saint-Exupéry a écrit son livre « Terre des hommes », en 1939, avec cette dédicace : « Mon camarade, je te dédie ce livre », c'est à Henri Guillaumet qu'il pense d'emblée, ce grand héros, comme lui, de l'Aéropostale. Comme leur patron, Didier Daurat, Saint-Ex admire le courage et le professionnalisme de son ami Guillaumet. Daurat dira d'ailleurs de ce dernier : « Je n'en ai pas connu de plus grand ».
Lorsque, le vendredi 13 Juin 1930, il traverse les Andes pour la 92ème fois, à bord de son Potez 25, Guillaumet n'est pas inquiet du mauvais temps annoncé. Il en a tant vu déjà de ces météos de chien qui obligent à faire des détours ou à faire demi-tour même pour repiquer dans le col voisin. Mais, ce jour-là, la poisse l'entraîne à risquer un atterrissage de fortune au bord de la « Laguna Diamante ». Le sol irrégulier et l'épaisseur de la neige malmènent le Potez 25 F-AJDZ qui culbute au sol, et pivote sur le nez, avant de s'immobiliser.
Le pilote, isolé en haute montagne, ne peut plus compter que sur lui-même. Ce sera alors une marche épuisante, pendant cinq jours et quatre nuits, sans manger ni dormir, les pieds en sang et gelés, jusqu'à une bergerie où il sera enfin aperçu, après une semaine de douleur où il manqua plusieurs fois d'abandonner. « Ma femme, si elle croit que je vis, croit que je marche. Les camarades croient que je marche. Ils ont tous confiance en moi. Et je suis un salaud si je ne marche pas ». Telles sont ses paroles, ainsi que Saint-Ex les rapporte dans son livre. Allongé dans le froid et la neige, à 4.000 mètres, il entrevoit un rocher à 50 mètres. « Si je me relève, je pourrai peut-être l'atteindre. Et si je cale mon corps contre la pierre, l'été venu, on le retrouvera ».
Les villageois qui le recueillent ne croient pas qu'il est venu de si loin. « Es imposible ». Une légende est née. A Antoine de Saint-Exupéry, venu le rapatrier jusqu'à Buenos Aires, il déclare : « Ce que j'ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l'aurait fait ».
Le 27 Novembre 1940, alors que la seconde guerre mondiale n'a pas encore atteint les rives de la Méditerranée, son quadrimoteur Farman est abattu par un chasseur italien, au large de la Sicile. Guillaumet n'atteindra jamais la Syrie où il emmenait le Haut-commissaire de France au Levant. Il avait franchi 193 fois la cordillère des Andes sans ennui sérieux, la mer lui est fatale.
On peut rendre hommage à cette poignée d'hommes, résolus et un brin aventuriers, qui vont animer la Compagnie Latécoère, plus tard Compagnie générale Aéropostale, laquelle donnera finalement naissance, en 1933, à Air France. Jean Mermoz, le premier à imposer les vols de nuit, sur son hydravion Croix du Sud, était de ceux-là. Sans oublier Marcel Reine, libéré des Maures du Sahara, Adrienne Bolland qui relie Mendoza à Santiago sur son Caudron G3, en 1921. Car les femmes aussi se mêlent à l'aventure, comme Amélia Earhart et, bien sûr, Hélène Boucher qui se lance dans les championnats ou Maryse Bastié.
La plupart paieront de leur vie cette passion de l'aviation qui les animait, car la technique était loin d'être sûre. Dommage qu'on ne les donne plus en exemple aux jeunes de maintenant, gorgés de faux héros de télévision.
Publié par Papyves à 00:11:00 dans Aventures | Commentaires (0) | Permaliens
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