Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Lebuzuk - historik

Les délires d'histoire de Papyves.../...ça s'est passé aujourd'hui !

Papyves

C'est  sympa  un  Blog : On  peut  aller  au  bout  de  son  monologue  sans  risquer  d'être  interrompu.  On  n'est  même  pas  obligé  de  lire  les  commentaires  d'autrui.


Non,  je  rigole,  si  j'écris  c'est  pour  être  lu,  pardi.  Alors,  bonne  lecture.  Vous  pouvez  zapper,  je  ne  m'en  offusquerai  pas.


En  fait,  si  je  suis  là,  c'est  parce  que  je  cherche  surtout  à  me  souvenir  de  l'anniversaire  du  jour.  Que  s'est-il  passé  aujourd'hui ?  On  oublie  trop  le  passé.  L'histoire  nous  apprend  pourquoi  nous  en  sommes  arrivés  là.  J'évite  quand  même  de  choisir  un  événement  anniversaire  qui  sera  bien  médiatisé. 

Rechercher

Compteur

Depuis le 27-12-2007 :
347496 visiteurs
Depuis le début du mois :
19675 visiteurs
Billets :
272 billets

Visiteurs en direct

Commentaires

Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.

C'est quoi, ce Blog ?

Glossaire

Pompéi engloutie par le Vésuve. | 23 août 2008

 

C'est en creusant un canal destiné à dévier le fleuve Sarno, non loin de Naples, à la fin du XVI° siècle, que l'architecte Fontana découvrit fortuitement des murs recouverts d'inscriptions et de peintures. Les vestiges de la ville de Pompéi ressurgissaient. Mais on n'y prêta qu'une attention distraite. Il fallut attendre 1763 pour que la mise à jour d'une autre inscription, « Res publica Pompeianorum » confirme le site.

Le 24 Août 79 au matin, en effet, après plusieurs petites secousses telluriques, le volcan italien Vésuve se réveille au bout de 35 siècles. Un immense champignon marron s'élève à 10 ou 20 kilomètres de hauteur puis s'incline vers le Sud au gré des vents dominants. Dès 13 heures et sans discontinuer jusqu'au lendemain matin, une pluie de cendres et de « lapilli », petites pierres volcaniques très légères de la taille d'un petit pois ou d'un œuf, s'abat sur les villes de Pompéi, Oplontis et Stabies. Des bâtiments s'écroulent sur leurs occupants, des gens suffoquent lentement, d'autres s'enfuient vers la plage dans l'espoir de lever l'ancre en bateau. La couche de cendres et de pierres brûlantes s'épaissit d'heure en heure jusqu'à recouvrir toute la ville, au bout de la nuit.

Non loin de là, à 07 kilomètres à l'Ouest du Vésuve, la petite ville balnéaire de Herculaneum voit arriver, le lendemain, une nuée ardente de roches en fusion qui déferle sur la ville en brûlant tout sur son passage, maisons, meubles, habitants. Une heure suffit pour tout ensevelir sous une couche compacte.

Les habitants de cette riche région de la Campanie ne savaient pas qu'ils vivaient sur les flancs d'un volcan. Certes, en 62 déjà, un important tremblement de terre avait détruit une grande partie des édifices et en 70, une série de secousses telluriques aurait du alerter les habitants. Très peu sont partis car il est facile de reconstruire. Personne ne songe au danger qui couve sous leurs pieds.

Tous ces détails nous ont été rapportés par Pline (le Jeune) dans deux lettres qu'il envoya, depuis Misène au Nord de Naples, à son ami historien Tacite, lequel voulait savoir comment son ami Pline (l'Ancien, oncle du premier, celui qui avait écrit une « Histoire naturelle » en 37 volumes) était mort à cause du Vésuve.

A partir de 1860, le conservateur de l'époque, Giuseppe Fiorelli, eut l'idée de couler du plâtre liquide dans les espaces vides laissés dans les couches de lapilli refroidi (pierre ponce) et de cendres par le millier de corps humains, les objets en bois et les animaux. Par ses moulages, il redonna forme aux êtres emprisonnés dans les coulées de l'éruption et dont il ne restait plus que le volume en creux dans le tuf. En se promenant dans les ruines de la ville nettoyée, on voit donc aujourd'hui, en relief, les Pompéiens dans leur habitat, tel qu'ils furent surpris par l'éruption. 2.000 corps fossilisés ont été retrouvés sur les 12.000 âmes que comptait la Pompéi romaine.

Le site de Pompéi fut le premier qui révéla au monde moderne l'architecture précise des maisons romaines, l'utilisation des différentes pièces et leur décoration. Atrium, pièce centrale d'accueil entourée ou non d'un péristyle (colonnades), cuisines avec plans de cuisson, meules et fours à pain, blanchisseries où les esclaves foulaient le linge au pied, latrines, lupanars (du mot loup car le cri d'appel des prostituées imitait celui des louves en chaleur). L'art décoratif, fresques de peintures, sculptures de bronze, marbre ou tuf, bassins et mosaïques ont permis d'illustrer la vie quotidienne mieux que des livres.

Aujourd'hui, le fonctionnement des volcans italiens, Stromboli et Etna compris, est bien mieux connu scientifiquement et une éruption ne surprendrait plus de cette façon. Quoique, la Terre garde ses mystères.

 

Publié par Papyves à 00:32:50 dans Aventures | Commentaires (1) |

Attentat manqué contre de Gaulle. | 22 août 2008

 

Pour venger les Girondins proscrits par la Convention, Charlotte Corday s'introduisit, en 1793, dans le domicile du chef des Jacobins, le député Jean-Paul Marat et l'assassina. Symboliquement, c'est par ce nom « Opération Charlotte Corday » que fut nommée, par ses auteurs, la tentative d'assassinat du Général de Gaulle, le 22 Août 1962, au Petit Clamart, en banlieue Sud de Paris.

Après le Conseil des Ministres, Charles et Yvonne de Gaulle se rendent pour le week-end à Colombey les deux Eglises. Pour rejoindre l'avion qui les attend à Villacoublay, un convoi discret de 2 Citroën DS 19 est simplement accompagné de 2 motards. Parmi les trois itinéraires planifiés, on choisit au dernier moment celui qui passe par Clamart. Mais un indicateur passe le renseignement aux comploteurs qui se mettent en place au carrefour du Petit Clamart où la voiture devrait ralentir. Au signal, une voiture doit déboucher devant le convoi pour le stopper et permettre ainsi aux occupants d'une fourgonnette de tirer sur le couple présidentiel avec des fusils mitrailleurs dérobés il y a peu.

Mais, ce soir là, il pleut légèrement et la brume empêche de bien voir le journal que le chef du commando agite pour signaler l'arrivée du convoi. Celui-ci roule plus vite que prévu et la voiture verrou n'a pas le temps de lui barrer la route. De la fourgonnette, les trois hommes surpris tirent en direction des pneus pour l'arrêter mais elle file. « Baissez-vous ! » crie le colonel Alain de Boissieu, gendre et aide de camp. Heureusement, car la rafale de Mat 49 tirée par Georges Watin est à hauteur des têtes des passagers. Le gendarme Francis Marroux, le fidèle conducteur, a le réflexe de rétrograder puis d'accélérer à fond pour quitter le lieu de l'embuscade au plus vite, imité en cela par la seconde voiture où se trouve le service de sécurité. La DS est criblée de balles mais reste sur sa trajectoire, malgré 2 pneus crevés. La voiture verrou de Gérard Buisines la prend en chasse et Alain de la Tocnaye, passant le bras par la portière, tente de mitrailler l'arrière de la voiture présidentielle mais son arme s'enraye.

Par chance, personne ne sera touché, ni dans le convoi ni parmi la population. On relèvera 06 impacts de balles sur la DS, 04 sur la suivante, 01 dans le casque d'un motard et on retrouvera 100 douilles sur les lieux de l'attentat. Arrivé à Villacoublay, le général passe la garde en revue comme si de rien n'était et commente de cette phrase l'événement «  Cette fois, c'était tangent. Ces gens-là tirent comme des cochons ».

Un jeune polytechnicien, Jean-Marie Bastien-Thiry, lieutenant-colonel de l'Armée de l'Air, concepteur des fameux missiles SS 11, est le cerveau de cet attentat manqué et fomenté avec l'aide du CNR, Conseil National de la Résistance. Son attachement à de Gaulle bascule le 16 Septembre 1959 lorsque le Général annonce le projet d'un « référendum d'autodétermination » sur l'Algérie (qui obtiendra 75% de Oui en 1961). C'est pour lui une trahison et son opposition aux revirements du général de Gaulle rejoint celle des déçus de « l'Algérie française » qui se constituent en organisation extrémiste, l'OAS, Organisation de l'Armée Secrète. Bastien-Thiry n'en fait pas partie mais possède la même rage qu'eux pour faire payer à de Gaulle le fait d'avoir bradé le rêve commun et lâché ses anciens compagnons d'armes tout autant que les colons français d'Algérie ainsi que ces milliers de Harkis musulmans fidèles à la France qui vont bientôt se faire massacrer chez eux. De Gaulle s'est servi du soutien des généraux pour revenir au pouvoir, a endormi la vigilance des plus virulents par un « Je vous ai compris » et maintenant qu'il est installé dans le fauteuil suprême, il prend tout le monde à contre-pied. Pour Bastien-Thiry comme pour l'OAS, c'est un traitre qui doit payer sa forfaiture par la mort. De nombreux attentats, après les accords d'Evian, seront ainsi perpétrés contre le Général jusqu'en 1965 mais sa « baraka » lui permettra de toujours s'en sortir.

Tous les organisateurs de l'attentat du Petit Clamart, parmi eux des Hongrois, seront retrouvés et condamnés, à mort pour trois d'entre eux, par la Haute Cour militaire de justice. Estimant que leur chef endossait la responsabilité pour tous et qu'il avait eu le mauvais goût de faire tirer sur une femme, le Général de Gaulle refusa sa grâce. Bastien-Thiry sera donc le seul fusillé au Fort d'Ivry, le 11 Mars 1963.

Charles de Gaulle, qui sentait la fragilité de sa propre légitimité, exploita l'émotion causée par l'attentat pour proposer l'élection du Président de la République au suffrage universel et non plus par une assemblée de notables. Un référendum entérinera cette proposition.

On peut donc dire que la V° République prend effectivement naissance au moment de l'attentat du Petit Clamart. Le sacrifice du dernier fusillé de France ne refermera pas, malheureusement, la page du traumatisme de ce que beaucoup considèrent encore comme un abandon et un déchirement.

 

Publié par Papyves à 03:30:13 dans Faits politiques. | Commentaires (1) |

Gaz mortel sur le lac. | 21 août 2008

 A quelques encablures du Mont Cameroun et au Nord de Douala, il fait déjà nuit ce 21 Août 1986, à 21h30, lorsqu'un phénomène silencieux enveloppe la totalité du village de Nyos, tuant ses habitants, puis touche Subum, Cham et Fang en n'épargnant pas même les animaux qui meurent, eux aussi, dans leur sommeil. Pas moins de 1746 personnes, en majorité des enfants et plus de 4.000 têtes de bétail, bœufs, chèvres et volailles sont figées dans la mort, dans l'attitude où elles se trouvent à ce moment là.

Les missionnaires catholiques de la région de Wum, qui recueillent les survivants (qui souffriront d'œdème du poumon et de conjonctivite), vont permettre que la nouvelle soit relayée dans le monde entier. Les hypothèses les plus folles sont avancées. Paul Biya décrète une journée de deuil national. Il faudra des mois pour se persuader qu'un nuage toxique, chargé de dioxyde de carbone, CO 2, s'est répandu à la surface, en provenance du cratère du lac Lwi qui obture l'orifice du vieux volcan, près de Nyos. Ce type de risque était méconnu à l'époque et a pris tous les scientifiques de court. Mais on se souvient alors qu'en 1984, le pays avait déjà été frappé d'une catastrophe similaire lorsque 37 personnes avaient péri du fait d'une émanation de gaz carbonique (appellation commune du CO 2) sur les flancs du lac Monoun.

Le lac Nyos (c'est le nom qu'il a finalement pris, plutôt que Lwi, après cette tragédie) est un lac de cratère installé au centre d'un volcan inactif du Cameroun. Mais, des profondeurs du magma, des gaz remontent et se diluent dans les basses couches d'eau du lac. A partir d'un certain seuil, les gaz en saturation dans l'eau forment des bulles qui remontent à la surface, entraînant des gerbes d'eau sursaturée puis une réaction en chaîne qui produit un phénomène d'explosion gazeuse, style bouteille de champagne. Un geyser libère alors la grande quantité de CO 2 emprisonnée dans le fond du lac. Ce gaz carbonique, qui est plus lourd que l'air, ne s'évapore pas mais « coule » le long des versants du volcan en détruisant toute vie animale sur son passage. Les scientifiques, y compris le grand volcanologue Haroun Tazieff, en conviennent aujourd'hui et se disputent seulement sur le mécanisme naturel, tremblement de terre, éboulement, saturation des eaux qui est à l'origine de ce changement d'état.

Comme la poche de gaz se reforme aussitôt, le danger persiste. Depuis 2001, une équipe française de Chambéry, dirigée par le professeur de physique Michel Halbwachs, mène une opération de dégazage du CO 2 piégé au fond du lac. L'opération « Orgues de Nyos » consiste à introduire un tuyau vertical jusqu'à 250 mètres sous le lac, d'amorcer par une pompe mécanique qui aspire l'eau gazeuse, puis de laisser le phénomène de rejet se dérouler par auto-entraînement. En haut de la colonne d'eau ainsi formée, le gaz carbonique se dissipe en quantité inoffensive dans l'atmosphère. Le même dispositif a été mis en œuvre sur le lac Monoun.

Un autre danger guète les riverains du lac Nyos, c'est l'éboulement des parois poreuses du volcan. Le gouvernement camerounais, aidé du PNUD, Programme des Nations-Unies pour le Développement et de OCHA, Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires, étudie les solutions envisageables pour éviter cette nouvelle catastrophe qui pourrait déverser 132 millions de m3 d'eau dans les vallées adjacentes, créant un véritable tsunami, comme celui que connurent les habitants de Fréjus après la rupture du barrage de Malpassé (le bien nommé).

De nombreux autres lacs peuvent apparaître suspects et pourquoi pas les volcans d'Auvergne. Mais le plus gros risque se situe sous le lac Kivu, 2.700 m2, à la frontière du Rwanda et de la République démocratique du Congo. Ce dernier contient une quantité de gaz carbonique 1.000 fois plus importante que celle du lac Nyos. De plus, un cinquième de ce gaz, environ 55 milliards de m3, est constitué de méthane CH 4, explosif. Une vraie bombe à retardement. Paradoxalement, c'est là que se situe sa chance car le méthane pourrait être transformé, après récupération, en électricité et fournir l'énergie nécessaire à toute la région des grands lacs. Là encore, il faudrait que Kinshasa et Kigali soient aidés de l'extérieur.

La cimenterie Cimerwa utilise déjà ce méthane pour produire son ciment au Sud du Rwanda. La station d'extraction devrait aussi servir à fournir de l'énergie à la brasserie Heineken, installée près du lac. C'est un bon début, au moins les ouvriers n'auront pas soif.

Publié par Papyves à 02:42:54 dans Aventures | Commentaires (1) |

Le Printemps sous la botte. | 20 août 2008

 

Août 2008, comme si l'Histoire s'amusait à ficeler de tristes coïncidences, les chars russes entrent en Georgie par l'Ossétie, exactement 40 ans après l'entrée de ceux du Pacte de Varsovie, en Août 1968, en Tchécoslovaquie pour y écraser le « Printemps de Prague », selon le terme de Roger Garaudy du PCF.

En Janvier 1968, Alexander Dubcek, 47 ans, accède au secrétariat général du PCT, Parti communiste tchécoslovaque, à la place du stalinien Novotny. Puis il fait élire le vieux général Lutvik Svoboda, l'auteur du « coup de Prague de 1948 » à la présidence de la République, pour rassurer Moscou. Cette nouvelle génération de dirigeants va ouvrir la voie à des réformes hardies, trop hardies pour le Grand frère soviétique, peu enclin à accepter le moindre écart d'un pays socialiste de l'Union et surtout pas ce « Manifeste des 2.000 mots » qui critique le régime. Dubcek va, en effet, à partir d'Avril, instaurer un « socialisme à visage humain » par un programme de démocratisation, largement applaudi par la population qui observe ce qui se passe au même moment en France. Il introduit les libertés de la presse, d'expression et de circulation dans la vie politique et sociale, en supprimant la censure, il enclenche une décentralisation de l'économie et dote le pays d'une nouvelle constitution pour une République désormais fédérale ( égalité des nations tchèque et slovaque qui montraient des velléités d'indépendance ). Les voyages à l'étranger étant autorisés, les Tchécoslovaques se ruent alors à la découverte de l'occident et se prennent à rêver à des lendemains de liberté.

Pendant ce temps, les généraux du Pacte de Varsovie organisent des manœuvres importantes de l'autre côté de la frontière. Encore une manœuvre, pensent les Praguois. Ce qu'ils ne savent pas est que « l'Opération Danube » qui mobilise essentiellement des troupes soviétiques, mais aussi des forces venant de Pologne, Allemagne de l'Est, Hongrie et Bulgarie, a pour mission finale de faire rentrer dans le rang, par la force, ce trublion libéral qui a même osé mettre en prison le chef de la Police qui avait la confiance de Moscou. Début Août, convoqué à Bratislava, Dubcek avait été fermement tancé, en vain, de renoncer à ses lubies hérétiques.

Dans la nuit du 20 au 21 Août 1968, Leonid Brejnev, sous la pression des généraux russes et poussé par Walter Ulbricht, alors à la tête de la RDA, lance les troupes blindées-mécanisées sur les routes tchécoslovaques, en direction de la capitale Prague. 300.000 hommes et 6.300 chars se déversent sur le pays malgré la dérisoire défense passive des habitants qui inversent les panneaux indicateurs ou jettent d'inutiles cocktails Molotov sur les blindés.

A Prague, dès le 18 Août, un avion de l'Aeroflot avait fait débarquer discrètement, sur l'aérodrome de Praha-Ruryne, des parachutistes en civil qui prirent rapidement le contrôle de l'aéroport. Dés lors, les avions Antonov 12 purent décharger troupes et matériels lourds. Une fois rassemblés, le 20 Août, les milliers de parachutistes de la Division aéroportée de la Garde investirent le centre ville dont le Palais présidentiel où le Président Svoboda fut mis en état d'arrestation.

En 24 heures, le « Printemps de Prague » avait été balayé et les choses redevinrent « normales » pour les Soviétiques, après « seulement » 30 morts et 300 blessés. L'URSS a encore une fois démontré qu'elle n'était prête à accorder qu'une « souveraineté limitée » à ses frères du camp socialiste. Les principaux dirigeants du pays, Alexander Dubcek compris, furent transférés à Moscou ou en exil. Un fidèle, Gustav Husak fut nommé Premier Ministre, en Avril 1969, et les structures totalitaires s'imposèrent à nouveau, avec pour commencer la fermeture des frontières. Un étudiant protestataire, Jan Palach, se fit brûler vif en Janvier 1969 pour attirer l'attention des bonnes consciences européennes mais celles-ci, tout comme l'OTAN, n'émirent que de timides protestations verbales. Le Parti communisme français, critique quant à la méthode, ne condamna jamais le retour à la « normalisation ».

La bureaucratie dirigeante soviétique ne pouvait se permettre de partager le pouvoir avec des Etats satellites, sous peine de le perdre entièrement. La réponse d'ordre militaire au mouvement politique de libéralisation tchécoslovaque fut un aveu de faiblesse du système et du régime qui sera finalement balayé par la « Révolution de velours » de 1989 avec Vaclav Havel.

Le peuple aura attendu 21 ans de résistance larvée avant de pouvoir respirer. Enfin.

 

Publié par Papyves à 01:09:06 dans Faits politiques. | Commentaires (2) |

Echec du débarquement en France. | 19 août 2008

 

Au milieu de la seconde guerre mondiale, en 1942, les troupes allemandes triomphent sur tous les fronts. La France est totalement occupée, y compris la zone libre au Sud, les Anglais sont cantonnés sur leur île et Hitler porte son effort de conquête sur le front russe, avec 200 divisions à l'Est. Depuis plusieurs mois, Staline insiste auprès des Alliés pour que soit créé un deuxième front à l'Ouest, ce qui soulagerait la pression nazie sur l'Armée rouge.

A l'inverse de l'Anglais Churchill qui y est réticent, l'Américain Roosevelt est partisan d'une opération de débarquement sur les côtes de la Manche française, ce qui permettrait de tester « die Festung Europa », le Mur de l'Atlantique, que les Allemands sont en train de terminer face à l'Angleterre. Churchill se rallie à une opération « limitée », qui aura pour nom « Rutter » et aura lieu en Juin 1942. Les dirigeants canadiens insistent pour être sélectionnés, car leurs soldats, stationnés en Angleterre, ont été peu engagés jusqu'alors. Ce sera donc la 2° Division canadienne, commandée par le général John H. Roberts, assisté de forces aériennes et navales.

Des répétitions, grandeur nature, sur l'île de Wight, permettent d'apporter des corrections au plan et d'entraîner les hommes. Mais l'opération, plusieurs fois reportée à cause de la météo, sera finalement annulée au milieu du Channel, alors que la destination finale, Dieppe, a été annoncée aux troupes. Le secret est éventé et Montgomery veut tout arrêter mais Lord Mountbatten ne l'écoute pas et la replanifie pour le mois d'Août.

Le 19 Août 1942 à l'aube, les 250 bâtiments de guerre de « l'opération Jubilée », accompagnés d'une flottille de 58 aéronefs, arrivent en vue des falaises françaises. Ce sont essentiellement les 4.965 Canadiens des 4° et 6° Brigades, 1.100 Britanniques, 56 Américains et 15 Français de la France libre. Mais il n'y a pas de parachutistes ni les bombardiers que l'Air marshal Harris a refusé de risquer « dans des démonstrations inutiles », donc pas de bombardements préventifs. De plus, l'effet de surprise est perdu car un convoi allemand, parti de Boulogne, a croisé l'armada dans la nuit et a d'ailleurs éparpillé le Groupe n° 5 avec le Commando 3, sur l'aile Est.

La 302° Division d'infanterie allemande est en état d'alerte maximum et se tient prête, du haut de ses fortifications, à neutraliser les plages. C'est un véritable carnage et un déluge de feu qui attend les péniches de débarquement qui peuvent accoster, sous les tirs nourris des mitrailleuses et mortiers allemands, appuyés par des avions qui bombardent en piqué. Plusieurs barges ont raté leur cible, comme les chars Churchill du régiment de Calgary qui seront détruits et ne pourront pas soutenir la première vague. Par manque de communications, dont beaucoup n'ont pas franchi la plage, les compagnies ayant débarqué tentent de progresser isolément, sans lien avec leur voisin. Le Haut commandement de Roberts, au vu de renseignements épars, croit la situation stabilisée à terre et renvoie une autre vague de soldats canadiens qui vont encore grossir le nombre des victimes. Seul, le Commando n° 4 de Lord Lovat, à l'Ouest de Dieppe, réussira sa mission, détruira les canons ennemis désignés et fera même une trentaine de prisonniers.

Lorsque l'ordre de rembarquement, « vanquish » est lancé, en fin de matinée, les valeureux soldats des Saskatchewan ou Highlander regiments, ceux du Royal Hamilton, de l'Essex Scottish, les fusillers Montroyal ou le 14° Cavalry regiment tout comme le Royal Marine auront laissé sur la plage, près de 1.250 morts ou disparus, 1.500 blessés et quelques 2.000 prisonniers qui termineront la guerre dans les camps de concentration nazis. Un nombre impressionnant de matériels sera détruit dont le destroyer Berkeley, 30 péniches de débarquement et 98 avions alliés. Des armes et landing-crafts sont abandonnées sur place. Hitler dira à ce propos « C'est la première fois que les Anglais ont l'amabilité de traverser la mer pour offrir à l'ennemi un échantillonnage complet de leurs nouvelles armes ».

L'opération Jubilée est donc un désastre pour les Alliés mais elle aura permis, au prix du sang, de recueillir des renseignements sur le Mur de l'Atlantique et de préparer la future Opération Overlord de Juin 1944 qui sera camouflée par la manœuvre réussie de déception, appelée Fortitude. Nos amis Canadiens, qui avaient déjà vaillamment combattu en Europe, à Vimy en 1917, ont payé cher cette répétition générale du « Jour le plus long ».

 

Publié par Papyves à 00:11:22 dans Conquêtes | Commentaires (5) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| 53| 54| 55| >>

Time here in France

Novembre

DiLuMaMeJeVeSa
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930     

World Locations

La Météo

Heure - GMT --- UTC - Time

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03