C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Je vous donne mon mail personnel, si vous voulez vraiment me joindre : logetteyves@yahoo.fr,. Merci de votre fidélité. Papyves.
Les pays scandinaves sont étonnants, presque fascinants. L'union du Danemark et de la Norvège, obtenue par alliance, dès 1380, formera « l'Union de Kalmar », en 1397, par ajout de la Suède (qui possédait l'actuelle Finlande). Le Danemark (le plus peuplé à l'époque) sera dominant jusqu'à l'explosion de cette union en 1523. Après les batailles napoléoniennes, en 1814, le royaume Dano-norvégien doit céder la Norvège à la Suède qui s'était émancipée. La Norvège renâcle, adopte une constitution et déclare son indépendance au sein d'un royaume dont le souverain est le danois Christian-Fréderic. Un compromis est alors trouvé sous la forme d'une « Union personnelle » qui reconnaît les deux royaumes mais avec un seul monarque commun. ( Si vous êtes perdus, c'est normal, c'est compliqué ). On a donc, en 1814, une Union Suède-Norvège qui rassemble deux royaumes distincts sous le statut d'une Union personnelle, où la Suède est leader. Ouf !
A la fin du XIXème siècle, une conscience nationale émerge, en Norvège. On se sent prêt à redevenir souverain. Le 07 Juin 1905, le « Storting », Parlement, décide unilatéralement de ne plus reconnaître le roi Oscar II de Suède et le gouvernement démissionne, ce qui revient à dissoudre l'Union sous une seule couronne. Un référendum, demandé par la Suède, entérine cette décision. Un second établit une monarchie distincte, plutôt qu'une république. C'est le Prince Karl de Danemark qui accepte d'être roi, sous le nom de Haakon VII. Christian Michelsen sera Président du gouvernement.
La Norvège, membre fondateur de l'ONU en 1945, de l'OTAN en 1949, intégrée à l'Espace Schengen, a refusé au cours de deux référendums, en 1972 et 1994, de rejoindre l'Union Européenne et elle continue d'utiliser sa propre monnaie. Elle est restée une monarchie constitutionnelle, à gouvernement parlementaire, nommé par le Roi. Sans faire partie de l'OPEP, la Norvège est le troisième exportateur de pétrole au monde, ce qui lui assure des revenus confortables.
La Suède, monarchie parlementaire, est entrée dans l'Union Européenne le 1er Mars 1994 mais n'a pas, non plus, adopté l'Euro comme monnaie. L'exploitation du bois, du fer, de la pêche, de l'hydroélectricité et les industries mécaniques (Volvo, Saab, Electrolux) lui assurent une économie saine.
La Finlande, enfin, abandonnée à la Russie en 1809, profitera des évènements révolutionnaires russes de 1917 pour obtenir son indépendance, à l'instar de ses voisins baltes. Contrairement aux pays voisins à son Ouest, la Finlande est une démocratie parlementaire, avec un Président de la République, un gouvernement et un Parlement. Ayant adhéré à l'Union Européenne en 1995, elle adopte l'Euro comme monnaie.
Il est regrettable, quand même, que dans cette importante zone d'influence scandinave, parmi ces trois pays nordiques, il n'y ait qu'un membre OTAN et deux membres Union Européenne seulement.
Publié par Papyves à 00:13:39 dans Conquêtes | Commentaires (2) | Permaliens
Alors que Barak Obama vient de remporter l'investiture démocrate, un autre sénateur américain, il y a exactement 40 ans, venait lui aussi de gagner les élections primaires de Californie. Mais pour lui, le chemin allait, malheureusement, s'arrêter là.
Sénateur de l'Etat de New York depuis 1964, après avoir été l'Attorney General (Justice) de son défunt frère et Président JFK, Robert Francis Kennedy, dit Bob, est assassiné, lui aussi, à Los Angeles, par un Palestinien, Sirhan Sirhan, qui tire plusieurs coups de revolver, le 05 Juin 1968, pour, dira-t-il, le punir d'avoir apporté son soutien à Israël dans la guerre des Six Jours. Bob venait juste de remporter les primaires démocrates de Californie, auxquelles il s'était présenté à la suite de l'annonce du Président Lyndon Johnson, affaibli par la guerre du Viet-Nam, de ne plus se représenter. Bob décèdera le lendemain, 06 Juin 1968, à 43 ans.
Comme l'assassinat de John Fridgerald Kennedy, le 22 Novembre 1963, à Dallas, ce meurtre est aussitôt sujet à controverses. Sirhan a tiré de face mais le médecin légiste aurait retrouvé une balle mortelle entrée dans la nuque du candidat. Alors, un ou plusieurs tireurs, acte isolé ou complot ? Les mêmes questions qu'au Texas, 5 ans auparavant ressurgissent.
Bobby laissera 11 enfants à sa veuve Ethel Skakel, qui auront des destins plus ou moins tragiques. Et petit à petit, l'idée d'une malédiction des Kennedy va prendre corps, renforcée à chaque accident ... et ils seront nombreux.
Tout commence avec les grands-parents de John Kennedy. Son arrière-grand père Patrick meurt à 35 ans du Choléra et sa grand-mère Josie est responsable de la noyade de sa petite sœur. Elle perdra aussi, pour alcoolisme, deux frères irlandais, de 21 et 25 ans. En 1920, Joe, le père de John, échappe à un attentat qui fera 38 morts. Rosemary, la sœur de John, subit une lobotomie, à 24 ans, qui la rendra handicapée mentale. Elle sera cachée jusqu'à la fin de ses jours. Le frère aîné de John, Joe junior, meurt à 29 ans, dans l'explosion de son avion au dessus de la Manche, dans une mission secrète pendant la seconde guerre mondiale, puis c'est le tour de sa sœur, Kick, qui meurt à 28 ans dans le crash de son avion en Ardèche, en 1948. C'est aussi dans le crash d'un avion que périrent, en 1955 dans l'Oklahoma, les parents de l'épouse de Bob Kennedy. En 1963, Jackie Bouvier Kennedy, épouse de John, perd un second enfant en bas âge mais, surtout, elle voit la cervelle de son Président de mari lui sortir du crâne, lors de l'attentat par balles de Dallas. JFK avait 46 ans. L'année suivante, Ted, le frère de John, est sorti miraculeusement de l'avion crashé qui l'emmenait à un meeting. Il n'aura que quelques vertèbres brisées. George, le beau-frère de Bob, aura moins de chance, lui, car il sera tué dans un accident d'avion, en 1966 dans l'Ohio. Peu de temps après, un enfant de 6 ans est éjecté de la voiture de la fille de ce même George et meurt.
Et les accidents continuent. Le 05 Juin 1968, on l'a dit, Bob Kennedy est assassiné de plusieurs balles en Californie. Un an plus tard, Edward Ted Kennedy, le frère de John, perd le contrôle de son Oldsmobile qui tombe dans un cours d'eau. Mary, sa passagère, meurt noyée mais Ted ne prévient la police que le lendemain après avoir essayé d'étouffer l'affaire. Ce sera la fin de sa carrière politique. En 1973, un nouvel accident d'avion à Athènes et c'est Alexander, le fils d'Onassis et de Jackie Kennedy, qui meurt à 24 ans. Même année, un accident de jeep dans le Massachusetts et c'est Joseph, fils de Bob, qui blesse sa passagère, paralysée à vie. Même année encore, le fils de Ted, âgé de 12 ans, est amputé de la jambe droite, suite à un cancer des os. En 1975, on soupçonne fortement deux neveux de la veuve de Bob de l'assassinat d'une jeune fille de 15 ans, dans le Connecticut. Un autre neveu, Michael, percute en voiture deux policiers, en 1978 et s'enfuit. Un poteau téléphonique l'arrête. Il est drogué. En 1983, Bob junior est découvert inconscient, une aiguille dans le bras, dans les toilettes d'un avion. David, un autre fils de Bob, décède à 28 ans, d'une overdose en 1984. Christina Onassis, 37 ans, est retrouvée morte, en 1988, dans un club privé de Buenos-Aires. William, un neveu de John Kennedy, est accusé d'un viol à Palm Beach, en 1991. Michael, le fils de Bob, se tue dans un accident de ski, dans le Colorado, en 1997. Deux ans plus tard, John-John, le fils de John et Jackie, qui avait salué, gamin, la dépouille de son père assassiné, se tue en avion, à 38 ans, avec son épouse et la sœur de celle-ci, dans le Massachusetts. Enfin, Robert, le beau-fils du compagnon de Jackie, figure parmi les passagers du vol 77 d'American Airlines qui s'est écrasé sur le Pentagone, le 11 Septembre 2001, de triste mémoire.
On n'ose même plus évoquer le destin tragique de l'amie très intime de John et Bob Kennedy, Marilyn Monroe, qui décède d'une overdose de barbituriques, à 36 ans, en 1962. Suicide ou complot, là aussi ?
Tous ces bels gens aimaient trop la vie et la vivaient à 100 à l'heure, à l'excès parfois, au mépris du danger souvent, surexposés toujours. Alors malédiction, fatalité ou inconscience ?
Heureusement, chacun garde son intime conviction.
Publié par Papyves à 01:03:51 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
Aussitôt après la création de l'Etat d'Israël, les pays arabes voisins, qui n'en veulent pas, vont lancer la première confrontation, en 1948-1949, suivie de celle de Suez en 1956. Mais c'est la troisième tentative d'écrasement de l'Etat hébreu, en 1967, qui sera la perte de leur cause et leur plus grande humiliation.
Après toute une série de provocations arabes, Israël attaque préventivement l'Egypte, le 05 Juin 1967, et se rend maître de la région en quelques jours. C'est la « Guerre des six jours ».
En Avril déjà, après moult accrochages, une escarmouche à la frontière avec la Syrie, suite à des tentatives de détournement de l'eau du Jourdain, s'était soldée par la perte de 6 Mig 21 syriens et 1 Mystère israélien. Le président Egyptien, Gamal Abdel Nasser, confiant dans le soutien soviétique, fait monter la pression en fermant aux Israéliens l'accès du détroit de Tiran, qui commande le débouché du port israélien d'Akaba vers l'océan indien. Le 14 Mai, il envoie deux divisions dans le Sinaï et demande le retrait des observateurs de l'ONU, en poste à Charm-el-Cheik et à Gaza. Puis, le 04 Juin, l'Irak rejoint le pacte militaire qui unit déjà Egypte, Syrie et Jordanie. « Notre objectif est clair » dira son Président, « rayer Israël de la carte ».
C'en est trop pour l'étoile de David qui ordonne au ministre de la Défense, Moshe Dayan, le héros de Suez, et aux généraux dont Itzak Rabin, de lancer l'attaque surprise qu'ils piaffaient de déclencher. Le 05 Juin à l'aube, les 40 Mirage III et Super-Mystère vont anéantir, en deux vagues et une matinée, 400 Mig et Tupolev de l'aviation égyptienne sur ses bases.
La supériorité aérienne acquise, Tsahal ( l'Armée israélienne ) peut, dès lors, se lancer dans le désert du Sinaï et la bande de Gaza. Les troupes égyptiennes sont dispersées et se replient dans une complète débandade meurtrière.
Non averti de la disparition de l'aviation égyptienne, le roi Hussein de Jordanie ne respecte pas le pacte de non agression avec Israël et attaque, à son tour, par l'Est. La riposte sera immédiate et les avions Hawker Hunter jordaniens anéantis, au sol. Le 09 Juin, Tsahal monte à l'assaut du Golan, le plateau syrien d'où l'artillerie est en mesure de bombarder impunément les plaines de Galilée.
Les gains territoriaux de l'Etat hébreu sont considérables : au Sud, Gaza et la péninsule du Sinaï sont occupés avec la base égyptienne de Charm-el-Cheik, au Nord, le plateau du Golan est enlevé aux Syriens et à l'Est, la Cisjordanie et la partie orientale de Jérusalem passent sous contrôle israélien. Les six jours de guerre auront fait 680 morts israéliens contre 21.000 morts arabes et 2.560 blessés israéliens contre 45.000 blessés du côté arabe.
Grisée par sa victoire, Israël plonge dans une euphorie sans précédent, confortée par le soutien clair des Etats-Unis. Les juifs sont, en effet, revenus sur les Lieux Saints bibliques, le mur des Lamentations à Jérusalem, le caveau des Patriarches à Hébron, le tombeau de Joseph à Naplouse et ils ont l'intention d'y rester, en dépit des injonctions de la résolution 242 du Conseil de sécurité de l'ONU qui exige le retrait israélien des territoires occupés. Bien au contraire, c'est la politique de colonisation qui va se mettre en place.
Malgré quelques succès locaux, c'est l'humiliation pour les pays arabes. Une blague circule en Israël : deux généraux discutent « on n'a rien à faire » dit l'un, « faisons la guerre » dit l'autre, « et que fera-t-on l'après midi ? ».L'échec des nationalistes arabes, comme Nasser, et des baasistes syriens à vaincre Israël va entraîner un fort ressentiment qui se concrétisera dans la création de l'OLP ( Organisation de Libération de la Palestine ) et l'émergence de l'islamisme politique, souvent violent.Pourtant, la plupart des Israéliens et des Palestiniens, au fond d'eux-mêmes, espèrent toujours la conclusion d'un accord qui pourrait leur apporter la paix mais la solution ne semble pas plus accessible aujourd'hui qu'il y a 40 ans. Les haines et la méfiance entre les deux peuples sont profondes, la violence toujours présente.
Sans doute, si les Israéliens avaient rendu rapidement les territoires occupés, après leur victoire éclair, la face du Moyen-Orient en eut été changée. On ne sait, aujourd'hui, combien d'années seront encore nécessaires pour que Israéliens et Palestiniens s'accordent pour vivre ensemble, côte à côte. Il n'y a pas d'autre solution. L'érection de murs est absurde.
Voyez la vidéo.
Publié par Papyves à 01:21:26 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
Au début des années 1930, le Fascisme et le Nazisme vont prospérer sur les difficultés des peuples à faire face aux conséquences de la grande crise financière de 1929. En France, les émeutes du 06 Février 1934, organisées par la droite nationaliste, vont réveiller le spectre du coup d'état et faire se lever un sentiment de défiance qui conduira à l'union des partis de gauche et des syndicats pour l'amélioration des conditions de travail.
Après la victoire aux élections législatives du 03 Mai 1936, les forces coalisées de gauche en France, réunies dans ce qu'on a appelé le « Front Populaire » vont, pour la première fois, accéder au pouvoir avec 376 sièges sur 614. C'est ainsi que, le 04 Juin, le dirigeant de la SFIO, Léon Blum, est appelé à former un nouveau cabinet, lequel va surprendre par la création d'un sous-secrétariat d'Etat aux Loisirs et aux Sports et par l'entrée de trois femmes au ministère, alors que celles-ci n'ont pas encore le droit de vote. Edouard Herriot est élu Président de la Chambre des députés et Jacques Duclos, élu vice-président.
Mais, dès le 11 Mai, le pays s'est progressivement mis en grève, de façon massive et spontanée, en commençant par les ateliers d'armement ou aéronautiques et les usines Renault puis en impliquant tous les ouvriers. Bien que les occupations d'usines se passent dans le calme et de façon presque joyeuse, le patronat sent qu'il faut lâcher du lest.
Dans la nuit du 07 au 08 Juin, le patronat et les syndicats ( CGT en tête ) signent, après arbitrage du gouvernement, les Accords de Matignon. Droit syndical et délégués sont reconnus, des hausses de salaire de 07 % (hauts salaires) et 15 % (bas salaires) sont accordés ainsi que 15 jours de congés payés annuels (grande première), l'âge de la scolarité obligatoire est repoussée à 14 ans, la semaine de travail passe de 48 à 40 heures et les conventions collectives voient le jour. Fort de ce résultat et sous l'impulsion de Maurice Thorez, PCF, qui déclare « il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue », le travail reprend. Les forces de l'ordre sont restées discrètes et « ainsi s'achève sans une goutte de sang, le plus formidable conflit social qu'ait connu la République » conclura Roger Salengro, ministre de l'Intérieur. Puis viendront, durant l'été, la loi réformant le statut de la Banque de France, une autre qui crée l'Office National Interprofessionnel du Blé, garantissant un cours minimal aux agriculteurs, la nationalisation des industries d'armement, la création de la SNCF.
Malheureusement, Léon Blum n'a pas de majorité cohérente pour le suivre ni de finances à la hauteur pour concrétiser ses réformes. De plus, la brutale hausse des prix va gommer les hausses de salaires et les 40 heures, créateurs de chômage, seront contournées par le recours aux heures supplémentaires. L'euphorie est de courte durée et la désillusion est vite au rendez-vous (j'ai l'impression de parler de 2008) lorsque Blum doit opérer une première dévaluation du Franc et déclarer une pause dans les réformes en Février 1937. Une attaque anti-sémite, à base de calomnies, visant Léon Blum lui même, atteindra en fait Roger Salengro qui se suicide, en Novembre 1936.
L'année 1936 voit aussi la réoccupation de la Rhénanie par Hitler et l'éclosion d'un Front populaire en Espagne où le gouvernement républicain, poussé par la population des villes, va devoir s'opposer à la montée du fascisme et au Général Franco mais sans l'aide de Léon Blum qui cède devant les radicaux français. Aux jeux olympiques de Berlin, Hitler quitte la tribune pour ne pas serrer la main d'un athlète noir et la délégation française fait le salut nazi, comme d'autres équipes apeurées devant le monstre.
Au final, ce formidable espoir d'amélioration des conditions de vie des travailleurs sera tué dans l'œuf et Léon Blum sera contraint de démissionner en Juin 1937. Le gouvernement radical de Daladier qui va suivre rognera sur toutes ces avancées sociales puis ira piteusement signer les accords de Munich, croyant empêcher la guerre.
Mais le peuple, enfin, avait compris qu'il pouvait obtenir des réformes par la pression de la grève. Il ne l'oubliera pas de sitôt. Il avait goûté aux congés payés et aux réductions d'heures de travail. Ce seront ses chevaux de bataille pour le futur, plus que l'augmentation des salaires. Au fait, démocratie ça vient bien de « dêmos » en grec, qui veut dire « peuple », n'est-ce pas ?
Publié par Papyves à 01:31:55 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
Après la démesure du combat pour les conquêtes spatiales que se livrèrent Américains et Soviétiques, au milieu du XX° siècle, un autre champ d'application va concerner l'aéronautique. Lorsque Khrouchtchev fut averti des recherches sur le supersonique Concorde, il ordonna à son réseau d'espionnage d'infiltrer les usines de l'Aérospatiale à Toulouse pour les devancer. Des agents russes vont ainsi transférer des documents ultra confidentiels et des secrets de fabrication, simplement sur microfilms, à l'ancienne.
Dès 1964, la CIA alerte la DST sur le fait que le chef de l'Aeroflot à Paris, Sergueï Pavlov, est un agent secret soviétique mais les Français ne se méfient pas. Ils doivent faire voler leur premier Concorde au printemps 1969 et la technique est si révolutionnaire que les Russes peuvent toujours s'accrocher. Pourtant, les soviétiques mettent les bouchées doubles et le 31 Décembre 1968, le TU-144, « Charger » en code Otan, sort du hangar des ateliers Tupolev. A quelques détails près, c'est la copie conforme du Concorde mais ce « Concordovski » a 3 mois d'avance sur l'original. Le vol supersonique démontre quand même que l'aile est à revoir et les équipes replongent sur leur planche à dessin, en même temps que les ingénieurs français et anglais.
Ce dimanche 03 Juin 1973, il fait beau au Bourget et le 30° Salon de l'Aéronautique a rassemblé 200.000 personnes. Les deux mastodontes sont présents. C'est au tour du Concorde d'évoluer et c'est un triomphe. Le Tupolev, qui le suit dans le planning des vols, doit faire mieux. On remarque tout de suite que ses réacteurs sont implantés sous la partie centrale du fuselage et non pas sous les ailes et les spécialistes observent que la forme de l'aile delta est moins optimisée que celle du Concorde. Après son dernier passage à faible vitesse, pour faire admirer l'innovation de ses plans canard rétractables, les « moustaches », le TU-144 vire vers le Sud pour se présenter en QFU 07 et atterrir. Mais la tour de contrôle lui apprend que le vent a changé et le sens de la piste aussi. Pour être axé en piste 25, il entreprend alors de monter, en virage vers le Nord, avec la puissance de ses 4 réacteurs.
Dans cette manœuvre, il est soudain surpris par la présence d'un Mirage III qui filmait les évolutions. Afin de l'éviter, le pilote russe fait piquer brutalement son Tupolev, ce qui étouffe les moteurs. C'est au moment de la ressource, brutale elle aussi pour reprendre de l'altitude, que la cellule ne peut résister aux contraintes et se disloque. L'appareil se désintègre littéralement en vol et les débris s'éparpillent sur la ville de Goussainville, à 5 kilomètres seulement de la ville de Gonesse où s'illustrera tragiquement un autre Concorde, au départ de Charles de Gaulle, le 25 Juillet 2000. Voir mon précédent article.
Le pilote Mikhail Kozlov et 5 membres d'équipage périrent ainsi que 8 personnes au sol. Les boites noires furent emportées en Union soviétique et la version officielle, sans doute concertée, fit état d'une sur-réaction du pilote face à la présence du Mirage qui était plus loin qu'il le croyait. Mais le mal était fait, le Tupolev ne fut jamais employé en transport supersonique de passagers, hors de l'URSS, et finit même sa carrière comme convoyeur de courrier longue distance. La carrière des Tupolev ( 13 avions construits dont 4 pour les passagers ) s'achève après un second crash en 1978.
C'étaient pourtant de beaux oiseaux ! Voir la video :
Publié par Papyves à 00:48:17 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
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