C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Chers amis, je dois faire une courte pause dans l'émission de mes bulletins journaliers.
Je serai muet pendant trois jours seulement.
Alors, patience et merci pour votre fidélité.
En attendant, revisitez mes articles anciens ou replongez vous dans les paroles de chansons de ces trois « monstres » que sont Jacques Brel, Léo Ferré et Georges Brassens.
Publié par Papyves à 13:14:24 dans Faits de Société. | Commentaires (1) | Permaliens
Pour répondre à un affront fait par le Dey d'Alger au Consul français, en 1827, une expédition fut déclenchée depuis Toulon qui sera le départ de la colonisation de l'Algérie, dès 1830. Louis-Philippe a pour stratégie une « occupation restreinte », c'est-à-dire s'emparer seulement de quelques villes sur la côte : Oran, Bône, Mostaganem. Dans l'intérieur du pays, un jeune chef, Abd-el-Kader, né le 06 Septembre 1808, fils d'un marabout descendant du Prophète, avait été proclamé « émir » par les tribus de sa région de Mascara dans l'Oranie et se battait contre les sultans turcs de Tlemcen. Ne voulant pas administrer tout le pays, les Français signèrent avec lui, en 1834, un traité d'amitié qui lui reconnaissait l'autorité sur ses rivaux indigènes et l'ensemble des autres tribus.
Tranquilles de ce côté, les français commencèrent à fonder un port, à construire des routes et assécher les marais en vue d'y accueillir des colons. Comprenant que le mouvement ferait tâche d'huile, Abd-el-Kader se jeta brusquement, en 1839, sur la riche plaine de la Mitidja et la mit à feu et à sang. Il avait déjà obtenu une petite victoire locale, en 1835, à la Macta, contre un général qui avait empiété sur ses limites tacites et il se sentait fort pour mener un « Jihâd », une guerre sainte.
De ce fait, le gouvernement français envoya le général Thomas Bugeaud, à la tête de l'Armée d'Afrique, avec mission de conquérir toute l'Algérie. Constituant des unités légères, zouaves, cavaliers spahis, chasseurs ou tirailleurs, françaises et indigènes et manoeuvrant en colonnes mobiles, Bugeaud fit la chasse aux excellentes et insaisissables troupes d'Abd-el-Kader qui se renforçaient de mois en mois. Mais Bugeaud mit la main sur Taqdemt, la capitale de l'émir, et occupa l'ancienne, Mascara. De plus, il l'affaiblit par des offensives incessantes et une politique de terre brûlée en avant de sa progression.
Le 16 Mai 1843, alors que l'émir patrouille à quelque distance avec ses hommes armés, le duc d'Aumale, fils du roi Louis-Philippe, tombe sur la « Smala » d'Abd-el-Kader, avec sa troupe de 600 Spahis, y sème la terreur et s'empare d'un butin considérable. La Smala de l'émir est constituée par une énorme suite de serviteurs, de femmes et d'enfants, poussant devant eux les troupeaux, bref, une capitale ambulante, sous toile, d'environ 30.000 personnes qui s'étend sur plusieurs kilomètres. Aumale s'empare ainsi de 50.000 têtes de bétail, de 15.000 prisonniers, des manuscrits de l'émir qui lisait et écrivait beaucoup. Ce coup d'éclat aura un énorme retentissement en France et précipitera l'exil d'Abd-el-Kader vers le Maroc.
Pas de chance pour l'émir de Mascara, Bugeaud se trouve aussi à la frontière marocaine et il défait, en Août 1844 sur la rivière d'Isly, les troupes marocaines du Sultan Abd-al-Rahman qui avait recueilli l'émir. Repoussé vers l'Algérie, encerclé par les colonnes françaises, Abd-el-Kader se rend au général Lamoricière, en Décembre 1847.
Commence alors, pour lui et sa famille, une longue captivité en France, alors que le duc d'Aumale lui avait promis de l'emmener en terre d'Islam, au plus près de La Mecque. Emprisonné à Toulon, puis au château de Pau et enfin à Amboise, il ne sera délivré qu'au bout de 5 ans, en 1852, par Napoléon III lui-même qui vient d'accéder au pouvoir. Au château d'Amboise, l'émir philosophe avec des généraux et des religieux français et écrit une série d'œuvres pour expliquer l'Islam aux Français. Dès lors, un parti « kadérien » se forme qui réclame, avec succès, sa libération.
Début 1853, libre et muni d'une confortable pension financière du gouvernement français, il aborde Istanbul puis s'installe définitivement, avec un groupe d'exilés, à Damas où se trouve le tombeau du grand mystique musulman Ibn Arabi, pour y enseigner la théologie.
En 1856, des chrétiens maronites sont massacrés au Liban et en Syrie car l'Empire Ottoman est accusé de leur donner trop de droits. Abd-el-Kader, fils de Mahi-ed-Dine, le « Moghrebin », accompagné de ses compagnons algériens, parcourt la ville de Damas et repousse les émeutiers afin de protéger les chrétiens et leurs familles. Il leur offre même l'hospitalité de sa demeure et sermonne ses frères musulmans. Encensé pour ce geste, il recevra de nombreux hommages en Occident ainsi que le grand cordon de la Légion d'Honneur.A Damas, où il mourra le 26 Mai 1883, ce grand humaniste, fin politique, moderne et cultivé, se consacre à la religion et à la littérature, écrivant de nombreux ouvrages et poèmes, enseignant les grands textes coraniques. L'enseignement de l'émir Abd-el-Kader est un modèle de tolérance, d'ouverture et de réconciliation. Toutes les prières, enseigne-t-il, qu'elles émanent de quelque religion que ce soit, s'adressent à un Dieu unique. Le respect de tout individu, même prisonnier, est essentiel.
Ce grand soldat, cavalier émérite, ne manquera jamais de rappeler ce verset du Coran : « Celui qui tue un homme tue l'humanité tout entière ». Dommage que ce verset ait été arraché du Livre Saint de nombreuses factions actuelles qui se réclament pourtant de leur religion pour justifier des actes ignobles.
Publié par Papyves à 00:39:19 dans Conquêtes | Commentaires (3) | Permaliens
Les peuples arabes, qui n'ont jamais accepté l'implantation, depuis 1948, d'un Etat juif sur le territoire de « leur » Palestine, doivent subir l'humiliation de la guerre des Six jours, en 1967, sous le regard amusé de la plupart des Occidentaux. Déçus par Nasser, les Palestiniens de souche, peu défendus par leurs frères, se tournent vers des leaders plus musclés, comme le marxiste Georges Habache, qui préconisent le terrorisme. Mais cette nouvelle politique d'attentats qu'ils vont organiser, en se spécialisant dans les détournements d'avions, heurte l'opinion internationale et dessert leur combat. En 1972, une autre occasion de plaider leur cause, devant les médias du monde entier, va leur être offerte grâce aux Jeux Olympiques.
Les Allemands attendent des Jeux Olympiques de Munich (München) qu'ils effacent le triste souvenir des Jeux de Berlin en 1936, présidés par Hitler. Tout se déroule bien, dans une organisation parfaite, pendant une semaine lorsque, le 05 Septembre 1972 au matin, huit hommes armés et cagoulés s'infiltrent dans le village olympique et gagnent le bloc 31 où dort la délégation israélienne qui est plaquée brusquement contre le mur. Un lutteur israélien et un entraîneur, qui ont compris la situation, tentent de s'échapper et sont abattus. Les neufs autres sportifs sont pris en otage.
Au réveil, les écrans de télévision de la planète découvrent l'intrusion du terrorisme et de la Palestine dans ce qui aurait du être une pacifique fête inter-Etats. Le chef du commando, qui dit agir au nom de « Septembre noir », exige l'échange des 9 otages contre 234 prisonniers détenus dans des prisons israéliennes ainsi que d'Ulrike Meinhof et Andreas Baader en Allemagne.
Créé par les services secrets du Fatah, principale composante de l'OLP de Yasser Arafat, Septembre noir doit son nom à ce mois de Septembre 1970 où l'armée jordanienne opéra une action d'éviction des combattants palestiniens sur son territoire. Soupçonnés de recourir au terrorisme, ceux-ci furent tués, arrêtés ou obligés à l'exil.
Le Chancelier Willy Brandt est doublement embarrassé car les otages sont juifs et l'attaque a eu lieu sur le « Land » de Bavière qui n'a pas de compétence particulière en contre-terrorisme. Par fierté, les autorités refusent les tireurs d'élite qu'Israël leur propose et tentent de négocier avec les terroristes, leur offrant même une grosse somme d'argent pour qu'ils laissent les Jeux se dérouler, hors de leurs revendications. Mohamed Daoud Odeh, le cerveau de la prise d'otages, reste inflexible. Finalement, on fait mine d'être d'accord pour les transporter au Caire et on prépare leur interception.
Peu après 22h00, un bus emmène Palestiniens et Israéliens jusqu'aux hélicoptères attendant sur la place olympique. Le ministre de l'Intérieur, Hans Dietrich Genscher, sursaute lorsqu'il compte 08 terroristes car le gouvernement pensait qu'ils n'étaient que 05 et n'avait donc placé que 05 tireurs d'élite sur l'aérodrome de Fürstenfeldbruck où un avion a été positionné avec des stewards policiers, cachés. Les preneurs d'otages s'avancent vers l'avion, découvrent qu'il est vide et comprennent le piège. C'est le début d'une fusillade nocturne effectuée dans la plus grande confusion. Les 05 tireurs d'élite allemands n'ont pas d'équipement adéquat, jumelles de vision nocturne et communication radio notamment, et ne se sont pas réparti les cibles. Les terroristes rafalent alors vers les deux hélicoptères où les otages sont toujours attachés et les tuent. Une grenade est jetée dans un appareil qui s'enflamme avec ses occupants prisonniers. Les 09 otages sont tués dans le massacre, 05 terroristes et un policier sont abattus.
Embarrassée par la présence des 3 terroristes palestiniens restant sur son sol, l'Allemagne sera « servie par le sort » qui voudra qu'un Boeing 727 de la Lufthansa soit détourné, le 29 Octobre suivant, après son décollage de Beyrouth. L'exigence des preneurs d'otages dans l'avion est, fort opportunément, une rançon et ... la libération des 3 détenus palestiniens. Ce qui est fait immédiatement, d'où l'instauration d'un doute sur une possible concertation préalable quant aux modalités de la prise d'otages.
Cet événement tragique des JO de Munich permit heureusement une prise de conscience face à un danger nouveau et partout des unités de lutte contre le terrorisme et le grand banditisme virent le jour, GSG 9 (Grenzschutzgruppe 9) en Allemagne, GIGN puis RAID en France, SAS en Grande Bretagne ou SWAT, Seals et Delta Force aux USA. Dommage qu'on ne fasse que de la répression et qu'on ne cherche pas à combattre le mal à la source.
Après les poings levés des athlètes noirs à Mexico, et la tribune médiatique offerte à Munich, on comprend que les Jeux Olympiques soient regardés comme l'occasion de revendiquer sa différence. Les Tibétains l'ont bien compris cette année 2008.
Publié par Papyves à 00:17:10 dans Faits de Société. | Commentaires (0) | Permaliens
C'est le 04 Septembre 1965, dans l'hôpital qu'il a créé, que meurt Albert Schweitzer qui fut tout à la fois musicien, philosophe, théologien et surtout médecin.
Né à Kaysersberg en 1875, dans une Alsace devenue allemande après la défaite de Sedan, Albert passe son enfance à Gunsbach, près de Colmar, où son père, pasteur protestant, l'initie à la musique. Dès l'âge de 09 ans, il joue de l'orgue à la paroisse du village. Faisant ses études en allemand, il n'en dévore pas moins les livres en français de la bibliothèque de son père. Après avoir obtenu son baccalauréat à Mulhouse, en 1893, et terminé son service militaire, il suit des études de théologie et de philosophie à Strasbourg. Une thèse sur Kant en philo suivie d'une autre en théologie l'orientent tout droit vers une carrière brillante au séminaire protestant où il pratique l'orgue avec passion et à la faculté de théologie de Strasbourg où il est professeur.
Pourtant, il s'interroge et cherche un autre sens à sa vie. La musique l'attire, il devient un virtuose de l'orgue et publie de nombreux ouvrages dont le « Jean-Sébastien Bach, musicien poète » en 1905. Mais sa vocation humanitaire naîtra le jour où il lui est donné de lire le rapport mensuel d'une association missionnaire de Paris qui se plaint du manque de médecins en Afrique équatoriale française. C'est décidé, il sera médecin.
Sept ans de travail solitaire entrecoupés de prêches à Saint Nicolas et le voilà diplômé de médecine tropicale. Avec Hélène, une allemande institutrice de famille juive, qu'il a épousée en 1912, il part de Bordeaux le Vendredi Saint 1913 et, après plusieurs jours de bateau, de pistes et de pirogues, débarque à Lambaréné (Gabon d'aujourd'hui) sur le fleuve Ogooué. Tout est à faire et à inventer, avec rien. Les quelques économies amassées avec l'argent des concerts en France, sont passés dans le voyage et le matériel, sans oublier le piano. Un simple poulailler sera l'embryon du futur hôpital qui se construit petit à petit.
Lorsqu'éclate la guerre en Europe, en 1914, le Gabon est colonie française et ces deux Allemands, citoyens du Reich, sont renvoyés en France où ils seront consignés de caserne en camp d'internement, de Bordeaux à Saint-Rémy de Provence. Pendant son incarcération, il écrit « Kulturphilosophie » en 1923, étude dans laquelle il amorce les prémisses du concept de « Respect de la vie » qu'il développera ensuite dans « La civilisation et l'éthique ».
De retour seul à Lambaréné en 1924, il doit reconstruire l'hôpital qui a été dévasté. Mais ses tournées musicales pour rassembler des fonds, la notoriété subite qu'il obtient grâce à son ami Einstein qui lui vaut la page de couverture de Time Life, lui donnent le coup de pouce espéré. En 1954, il inaugure le « Village Lumière » où il peut accueillir 200 lépreux et leurs familles. Des médecins, suisses ou français, le rejoignent ainsi que des infirmières. Lambaréné sort de l'anonymat et de la misère. A chaque retour en Europe, il donne des conférences et organise des récitals d'orgue pour récolter les fonds nécessaires au fonctionnement et à l'agrandissement de l'hôpital.
Ce n'est que tardivement que ce bienfaiteur solitaire sera récompensé et reconnu. Prix Goethe de la ville de Francfort, titulaire de nombreux prix et chaires académiques, il ne recevra le Prix Nobel de la Paix qu'à 78 ans, en 1953. Quatre ans plus tard, inquiet face à la menace nucléaire, il sort de sa réserve politique et lance un « appel à l'humanité » sur Radio Oslo pour faire cesser les essais de bombes atomiques.
En 1959, il effectue son 14ème et dernier voyage à Lambaréné où il décède le 04 Septembre 1965. C'est là-bas qu'il repose, comme il l'avait toujours souhaité. Il n'est pas exagéré de dire qu'il fut le premier « Médecin sans frontière », pionnier d'une longue lignée. Bravo Albert.
Publié par Papyves à 03:04:24 dans Grands Chefs | Commentaires (0) | Permaliens
Alors qu'en France a lieu la rentrée des classes, que le GIGN neutralise en douceur un forcené qui menaçait son psychologue avec un couteau et au moment où l'Ossétie fait parler d'elle, ces trois éléments (rentrée, forcené, Ossétie) firent déjà l'actualité, en Septembre 2004, de triste façon.
Le 1er Septembre est une fête très populaire dans toutes les écoles du Caucase. Parents et membres de la famille accompagnent chaque enfant pour célébrer ce « jour de la connaissance ». A Beslan, en Ossétie du Nord, petite province russe, voisine de la Tchétchénie, il y a bien 1.300 personnes rassemblées dans le complexe scolaire. Soudain, une trentaine d'hommes armés et cagoulés fait irruption dans l'école en tirant des coups de feu. Enseignants, parents et enfants mélangés sont poussés vers le gymnase surchauffé où ils s'entassent pendant que les assaillants piègent les bâtiments. Le siège va durer 3 jours, sans manger ni boire, au cours desquels des dizaines d'otages seront tués dès que les autorités essayeront de s'approcher de trop près. Des membres de la Police russe et des forces spéciales (Spetsnaz) établissent un cordon de sécurité autour de l'école.
Le chef du commando déclare agir sur ordre du chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev mais il ne formule pas de revendications précises. Enfin, lorsque tous les médias étrangers ont rejoint Beslan, il se décide à évoquer l'indépendance de la Tchétchénie que le président Poutine doit, selon lui, annoncer à la télévision, faute de quoi les otages qui meurent de soif ne seront pas libérés.
Les rebelles séparatistes revendiquent l'indépendance de la Tchétchénie et ils n'en sont pas à leur premier coup de force. Un hôpital en 1995 et le théâtre de Moscou en 2002 avaient déjà été leur cible avec une issue sanglante à chaque fois. Pour la Russie, c'est une question de maintien de l'ordre interne que viennent troubler des « terroristes ». Pour le reste du monde, cette région est sensible du fait qu'elle est traversée par un réseau d'oléoducs qui exploitent le pétrole de la mer Caspienne, via les ports de Bakou et Makatchkala. La prise d'otages intervient 3 jours après l'élection présidentielle en Tchétchénie et quelques heures seulement après la fin du sommet Poutine, Chirac, Schröder au cours duquel le président russe est félicité (Légion d'Honneur) pour la bonne organisation du processus démocratique.
Au matin du troisième jour, le 03 Septembre 2004, après une tentative avortée de conciliation, les forces russes se décident à intervenir par la force. Le dispositif de sécurité a été renforcé par du lourd, blindés et lance-flammes compris. Tout le monde va tirer, sans souci de préserver la vie des otages. La version officielle dit que les rebelles ont fait exploser une bombe à l'arrivée des forces légales mais aucun éclat n'a touché les otages. Une vidéo récente, adressée au Collectif des victimes, laisse à penser qu'un tir de roquette russe, en direction du gymnase, a donné le signal de l'assaut qui fut sanglant : 344 civils tués dont 186 enfants, 11 soldats et 700 blessés. Un seul preneur d'otages sur les 32 sera épargné. Jugé par la cour de justice d'Ossétie du Nord, il sera condamné à la réclusion à perpétuité. Les corps carbonisés ou affreusement mutilés seront rendus, sans ménagement, aux familles choquées.
A qui profite le crime ? Le commando de mercenaires semble avoir été piloté de l'extérieur. De mauvaises langues disent que le président Poutine avait intérêt à classer la prise d'otages en acte « terroriste » pour accréditer son action de force en Tchétchénie. Les occidentaux, américains en tête, sont soupçonnés de soutenir Bassaïev pour le contrôle des rails d'oléoducs vers l'Europe. Les Tchétchènes, eux-mêmes, réclameraient le départ des troupes russes de leur province. Toujours est-il que près de 350 personnes, dont 186 enfants sont morts pour des intérêts qui les dépassent, le jour de la rentrée à Beslan. Aucun des responsables, ayant fait tirer aux armes lourdes sur une école remplie d'élèves, ne sera inquiété, une enquête officielle ayant blanchi les services de sécurité. Après le sauvetage du Koursk et celui du théâtre Nord-Ost, on sait désormais quel est le prix de la vie en Russie.
Ah oui, je sais à qui profite ce carnage. Un cinéaste, auteur du très controversé La Chute, réalise un film commercial, tiré de la tuerie, intitulé The School. Il y aura sûrement beaucoup de sang. Donc, succès assuré.
Publié par Papyves à 00:15:46 dans Faits de Société. | Commentaires (2) | Permaliens
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