C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
Depuis le 27-12-2007 :
337222 visiteurs
Depuis le début du mois :
9401 visiteurs
Billets :
272 billets
Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Rompant avec 250 ans de rivalité depuis Charles Quint, la France et l'Autriche signent un traité, en 1756, pour contrecarrer la montée en puissance de la Prusse, alliée à l'Angleterre. Ce sera le début de la « guerre de sept ans » qui aura des ramifications outre-mer du fait que les Anglais, voyant que les Prussiens résistent bien tous seuls sur le continent, vont concentrer leur effort sur les possessions françaises aux Indes et au Canada. Louis XV est bien trop absorbé aux frontières de son royaume pour suivre ce qui se passe en « Nouvelle-France », au-delà de l'Atlantique.
Le ministre de la guerre britannique, William Pitt, confie la conquête de Québec à James Wolfe, combattant brutal et impitoyable. Côté Français, c'est un noble nîmois que l'on envoie, Louis-Joseph de Saint-Véran, marquis de Montcalm, qui est sorti de sa torpeur aristocratique car il avait guerroyé en Rhénanie et à Prague.
La forteresse de Québec est idéalement placée pour contrôler l'arrivée des navires, en provenance d'Europe, obligés de remonter le Saint-Laurent pour ravitailler l'intérieur des terres. Si les Anglais s'en emparent, ils coupent les liaisons avec la France et l'obligent à capituler.
Montcalm et Vaudreuil, le gouverneur qu'il découvre sur place, ne s'aiment pas a priori et les relations deviennent même exécrables lorsque le général apprend que Choiseul l'a nommé Lieutenant-général, c'est-à-dire à un rang qui le fait passer devant le gouverneur Vaudreuil. Leur opposition sur la stratégie à adopter ne favorisera pas les choses.
L'Anglais Wolfe n'avait que 8.500 hommes sur les 12.000 promis mais c'était la fine fleur, bien rodés, disciplinés et aguerris. Les 49 vaisseaux de guerre de la flotte de Saunders qui les emmènent en comptent tout autant. Le campement se monte sur l'île d'Orléans. A l'inverse, côté français, l'armée que put se constituer Montcalm, en arrivant, était très disparate et peu ordonnée. 11.000 miliciens canadiens, 3.000 soldats réguliers, 1.500 paysans, marins ou amérindiens. Pendant plusieurs mois, alors que chaque camp organise sa défense, des mouvements de troupe ou de navires vont tenter de mettre une pression psychologique sur l'adversaire. Les soldats, eux, sont pressés d'en découdre et rongent leur frein.
La première erreur, majeure, de Montcalm est de laisser la pointe Lévis (ou Lévy) sans défense. Or, cet éperon sur la rive Sud du Saint-Laurent, est juste en face du fort qui entoure la ville haute, à portée de canons (ce qu'il n'avait pas jugé possible). Le marquis estime également que le pied du fort est si abrupt qu'il est impossible d'y accéder avec une troupe lourdement armée. Il va donc concentrer l'essentiel de ses forces de défense sur la rive basse, en aval des fortifications, le long de la côte de Beauport jusqu'au Sault Montmorency. En amont, vers Montréal et Trois-Rivières, il peut compter sur les 3.000 soldats d'élite de Bougainville qui se tiennent en réserve à Cap-rouge, à deux heures de marche et il n'a conservé que 3.500 défenseurs armés à l'intérieur des murs de la citadelle.
Malgré le harcèlement, type guérilla, des Canadiens et des Indiens, Wolfe prend possession des hauteurs de Lévis avec ses canons. Dès le 12 Juillet, ceux-ci vont entretenir un incessant bombardement de la ville de Québec. Pour les faire taire, Montcalm ordonne une opération commando. Dumas, un de ses lieutenants qui la commande, organise la progression en deux colonnes. Mais, dans la nuit sans lune, les deux colonnes vont se rencontrer et se neutraliser dans une totale confusion. L'artillerie continuera, sans autre résistance, à pilonner la ville et les remparts pendant des semaines.
Dans le même temps, des reconnaissances sont organisées le long du fleuve pour déceler une éventuelle possibilité d'escalader la falaise. Une brèche est trouvée à l'Ouest, au lieu-dit Anse de Foulon que les barges anglaises investissent dans la nuit du 13 au 14 Septembre 1759. Arrivées en haut du plateau des « Plaines d'Abraham » (du nom du paysan Ecossais propriétaire, Abraham Martin), les 4.400 soldats n'ont pas de mal à bousculer le petit poste de garde à moitié endormi et à s'aligner en ordre de bataille face à l'Est et à la citadelle. Wolfe malade avait placé Townsend au Nord, Murray au centre et Monckton au Sud, tous alignés sur deux lignes.
Montcalm attendait les Anglais à Beauport, de l'autre côté au Nord-Est et, d'abord incrédule quand on lui rapporte le débarquement vers 04 heures du matin, il s'empresse de rassembler 4.500 hommes pour rejoindre le lieu de la bataille avant que les troupes de Wolfe ne soient aux portes de la ville. Contournant par le Nord, franchissant la rivière Saint-Charles, il arrive à 09 heures aux Plaines d'Abraham.
La deuxième erreur tactique de Montcalm est d'avoir rompu avec le savoir faire de ses troupes, prôné par Vandreuil, coutumières de coups de main et de harcèlements (ce qui aurait fait merveille dans ce no man's land au sol inégal et entrecoupé de bosquets), pour les placer sur 3 lignes face au dispositif bien ordonné anglais. Descendant des buttes Neveu et emportés par leur élan, les Canadiens de la première ligne s'arrêtent et tirent, mais de trop loin, sur des uniformes rouges qui ne bougent pas. Les Franço-indiens des deux autres lignes s'avancent jusqu'à portée de tir pendant que les premiers rechargent leurs armes. C'est le moment que choisissent les Anglais pour faire feu tous ensemble, dans un coup de tonnerre qui glaçe le sang de tous. De nombreux hommes s'écroulent alors que survient une deuxième déflagration. C'est la débandade dans le camp français et les Anglais commencent la poursuite, baïonnette au canon. Fort heureusement, des tireurs d'élite miliciens et indiens, embusqués dans les lisières entourant la plaine, stoppèrent cette attaque. Ce sont eux qui infligèrent le plus de pertes aux Britanniques. Alors que, sur son cheval, Montcalm essaye de remotiver ses troupes, il est touché dans le dos et peine à franchir, lui aussi, les portes de la cité. Il mourra le lendemain sans savoir que Wolfe a également été blessé mortellement.
Les pertes britanniques s'élèvent à 58 morts et 600 blessés alors que les pertes françaises sont d'environ 700 morts et blessés. Les renforts de Bougainvile, arrivés deux heures après et qui avaient « marché au canon » ne servirent à rien car Vaudreuil avait déjà envoyé un émissaire pour demander la capitulation, au grand dam du Chevalier de Lévis qui n'accepte pas la capitulation et repartira, un an plus tard, en Avril 1760, en reconquête depuis Montréal. Il infligera cette fois une sévère défaite au général britannique James Murray sur les hauteurs de Sainte-Foy dominant la forteresse de Québec. Courte victoire car les premiers navires qui abordent le Saint-Laurent sont anglais. Ainsi, sans renforts de métropole, ce sursaut d'orgueil de Lévis n'empêchera pas la perte de Montréal et de Trois-Rivières peu après.
Finalement, la défaite des Plaines d'Abraham précipite la déroute de la France qui doit signer le Traité de Paris en 1763, par lequel elle rend l'essentiel de ses possessions en Amérique du Nord. Pourtant, bien qu'abandonnés par la mère patrie, les habitants de la belle province resteront attachés à leur langue et à leur religion. Résistant à toutes les pressions anglaises, les 65.000 pionniers deviendront 07 millions 800 milles fiers Québécois. Merci Cousins !
Publié par Papyves à 02:54:43 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
Depuis la maternelle, les petits Gaulois de France le savent, 1789 c'est la prise de la Bastille, en 732 Charles Martel arrêta les arabes à Poitiers et 1515 c'est la bataille de Marignan. Oui, tiens Marignan, comment cela s'est-il passé ?
François, le fils du Comte d'Angoulême, est un solide gaillard mais seulement âgé de 20 ans lorsque le roi Louis XII meurt sans héritier direct, le 1er Janvier 1515. La succession au trône de France revient donc à celui qui venait d'épouser Claude de France, laquelle avait des droits d'héritage sur la Bretagne et surtout le duché de Milan. Or, les guerres d'Italie, qui avaient occupé les souverains français depuis Charles VIII en 1494, visaient à conserver le royaume de Naples et le duché de Milan.
Comme il vient d'une branche nouvelle, les Valois, François 1er veut rassurer la noblesse qui aime guerroyer en reprenant les mêmes ambitions expansionnistes que ses prédécesseurs. La reconquête du Milanais était prévue déjà du temps de Louis XII, il s'en fera le héros. Le temps d'aller à Reims pour y être « sacré » et recevoir les ornements royaux et le voici en direction de Grenoble où l'armée se rassemble. Sa mère Louise de Savoie assurant la régence du royaume. Après s'être assuré de la neutralité des Anglais, chèrement payés grâce à un nouvel impôt, le jeune roi essaye de s'allier les Suisses, alliés d'antan et rudes combattants mais la Diète de Zurich lui rappelle le paiement non honoré depuis le Traité de Dijon. Les Suisses avaient changé de camp et étaient désormais au service du Pape Léon X et du duc de Milan, Maximilien Sforza. François rallia alors quelques 20.000 Lansquenets allemands pour compléter ses troupes.
Instruits des intentions françaises, les mercenaires Suisses barraient les hautes vallées alpines, aux cols de Montgenèvre et du Mont-Cenis qui étaient les seuls praticables. Mais François 1er fit rechercher un itinéraire plus au Sud et c'est le long de pistes escarpées, dans des voies élargies à l'explosif, et sur des ponts de fortune au dessus des torrents, qu'il fit franchir, tel Hannibal le Carthaginois, le col de Larche (ou d'Argentière) à une armée de 50.000 soldats et « gens du bagage » qui déboucha par surprise dans la plaine du Pô. Les Suisses, au nombre de 20.000, se replièrent en urgence sur Milan.
Apeurés, certains Suisses étaient prêts à accepter les propositions de règlement proposées par François 1er à Gallarate, lors de l'arrivée en Italie, le 08 Septembre mais le belliqueux cardinal Matthaus Schiner voulait en découdre et poussait les troupes au devant des Français qui n'étaient plus que 30.000 après avoir laissé des postes de garde le long du trajet. Ceux-ci s'étaient arrêtés près de Marignano (aujourd'hui Melegnano) en attendant les résultats des propositions de paix. C'est dans ces dispositions, donc non préparés pour une bataille, qu'ils virent arriver les compagnies Suisses au matin du 13 Septembre 1515. Malgré plusieurs charges de cavalerie, conduites par le connétable de Bourbon, La Trémoille ou La Palice et auxquelles prit part directement le nouveau roi, les Français furent bousculés et ne purent que difficilement utiliser leur nombreuse artillerie, mal positionnée. Commencés vers 15 heures, les combats firent rage jusqu'à la nuit, grâce notamment à un repositionnement des canons du sénéchal d'Armagnac qui firent merveille. Lorsque la lune disparut, chacun s'effondra sur place pour récupérer ses forces. On raconte que François 1er s'endormit adossé à un fut de canon.
Au matin du 14 Septembre, les combattants imbriqués reprirent le combat et l'expérience des Confédérés, autant que leur grande pique où la cavalerie s'empalait, serait venue à bout des Français épuisés si un cri n'était venu leur redonner le moral. « Marco, Marco » était le cri qui saluait l'arrivée des troupes fraîches Vénitiennes, alliées de François 1er. Le gros des bataillons suisses est aussitôt écrasé tandis que les Lansquenets repartent à l'assaut.
Au bilan de cette bataille de 2 jours (exceptionnel pour l'époque), 12.000 Suisses et 4.000 Français gisent sur le sol, sans compter les chevaux. La victoire de François 1er eut un retentissement dans toute l'Europe et assura sa renommée. Il signera la « paix perpétuelle » de Fribourg, avec les cantons suisses, en 1516 et il prendra rapidement le contrôle de la Lombardie qu'il conservera jusqu'au désastre de Pavie, en 1525. C'est depuis la défaite de Pavie, justement, et la perte de l'Italie qui s'en suivit que la légende de Marignan s'est instaurée. Il fallait qu'un fait glorieux survît au règne de François 1er et l'ampleur des pertes sur des Suisses qui n'avaient été battus que par Jules César, en était le plus bel exemple. Pour faire bonne mesure, on raconta qu'au soir de la bataille, le jeune roi fut adoubé Chevalier par Pierre du Terrail, seigneur de Bayard. Même pas peur !
Publié par Papyves à 02:12:50 dans Conquêtes | Commentaires (1) | Permaliens
Avec le coup d'Etat militaire fomenté par le colonel Mengistu, à Addis-Abeba, en 1974, c'est la plus ancienne dynastie du monde qui perd son dernier roi, le « négus nigesti », Roi des rois, lion de Judas, défenseur de la foi chrétienne orthodoxe, force de la Trinité, élu de Dieu. Tous ces titres, en effet, étaient attachés à la fonction de l'empereur d'Ethiopie Hailé Sélassié 1er.
Fils du Ras (chef) Makonnen, ce neveu de l'empereur Ménélik II, reçoit pour nom de naissance, en 1892, « Ras Tafari » (celui qui est redouté) Makonnen. On le dit descendant, au 225ème rang, du roi Salomon et de la reine de Saba. Du moins, les « rastas » jamaïcains, qu'il est allé visiter en 1966, tel le messie, croient-ils dur comme fer en cette incarnation de leur prophétie.
Elève des missionnaires français, l'adolescent aide sa tante impératrice à administrer le pays qu'on nommait à l'époque Abyssinie. Proclamé négus, en 1928, il prend le nom de Hailé Sélassié (pouvoir de la Trinité) puis est couronné Empereur, en Novembre 1930, à la mort de l'impératrice alors qu'il a déjà 38 ans. Aussitôt, il s'emploie à moderniser le pays, en lui donnant une Constitution, en sollicitant l'appui financier de l'étranger. Lorsque Mussolini décide d'envahir l'Ethiopie, en 1935, l'empereur oppose une héroïque résistance à la tête de ses troupes mais, inférieur techniquement, il doit s'expatrier. C'est à Bath, en Grande Bretagne, qu'il attendra 5 années de pouvoir revenir diriger son pays, sollicitant au passage, une intervention de la SDN, la Société des Nations, ancêtre de l'ONU.
En Mai 1941, après que les brigades anglo-indiennes et les forces françaises libres aient libéré sa capitale des fascistes, il y fera une entrée triomphale. Mais tout est à reconstruire du fait que les élites ont fui ou ont été décimées par l'occupant. Hailé Sélassié plaide alors la cause de son pays d'abord, de l'Afrique ensuite et enfin du Tiers monde dont il devient la figure de proue, auprès des instances internationales. Il obtient le siège de l'OUA, Organisation de l'unité africaine qui vient d'être créée en 1963, à Addis-Abeba même. Il confie la magistrature, la police et les douanes aux Britanniques, l'entraînement de l'armée aux Belges et fait appel aux Américains, aux Allemands et aux Russes pour développer son agriculture et son industrie. Bien sûr, il abolit l'esclavage.
Mais l'unité du pays dont il rêve, déjà mise à mal par le Territoire français des Afars et des Issas, est menacée par les revendications de la province de l'Erythrée dont le Front de Libération se durcit avec le temps depuis 1961. A l'intérieur, l'aristocratie et le clergé, tout comme les propriétaires fonciers, sont réticents aux réformes qui entament leurs pouvoirs et privilèges. La scolarisation de la population, l'un de ses thèmes favoris, ne progresse guère.
Durant les dernières années de son règne, une famine catastrophique pendant l'hiver 1973-74 entraîne une grande partie de la population dans la misère. Pendant ce temps, la télévision montre le négus, octogénaire, peu préoccupé par la disette de son peuple, nourrissant ses lions et ses chiens avec de la viande de premier choix. On accuse alors le régime de corruption et d'enrichissement personnel et l'opposition, appuyée par les étudiants, s'organise. C'est donc dans l'indifférence totale que la junte militaire, dirigée par Mengistu Hailé Maryam à la tête d'un groupe d'officiers, le renverse le 12 Septembre 1974 pour établir un régime marxiste révolutionnaire. Mais celui-ci ne fera pas mieux car le « négus rouge » sera plus tard accusé de génocide.
Le 27 Août 1975, les médias annoncent la mort en prison d'Hailé Sélassié. Les circonstances de celle-ci restent obscures mais ne semblent rien devoir au hasard. Sa dépouille, ultime humiliation, sera enterrée sous les toilettes du Palais impérial d'où il sera exhumé en 1992 pour rejoindre, en grande discrétion, Ménélik II dans le mausolée d'Addis-Abeba.
Pendant 44 ans de règne absolu, le Roi des rois aura su se jouer de tous les pièges mais n'aura pas fait progresser les conditions de vie de son peuple dont l'espérance de vie n'atteint pas 45 ans. Celui-ci ne fera donc rien pour le sauver d'une disparition brutale. Aujourd'hui, l'Ethiopie n'a toujours pas vaincu les démons traditionnels qui la minent : conflits ethniques (dont la guerre avec l'Erythrée en 1998-2000), sécheresse, famine, corruption. Et pas même de pétrole pour que les Grands s'y intéressent.
Publié par Papyves à 00:35:26 dans Faits politiques. | Commentaires (3) | Permaliens
Aujourd'hui, triste 9.11, tous nos regards se portent vers New York bien sûr. Mais n'oublions pas cet autre anniversaire où la démocratie a mordu la poussière, elle aussi :
Lorsqu'aux élections présidentielles du Chili, en Septembre 1970, alors que le président sortant Eduardo Frei ne peut pas légalement se représenter, on voit arriver un marxiste en tête des suffrages, c'est une énorme surprise à Santiago mais aussi à Washington.
Salvador Allende, médecin franc-maçon issu de la bourgeoisie chilienne, qui n'est pas un inconnu en politique, a bénéficié de l'appui des communistes. Ayant devancé deux candidats du centre et de la droite, avec 36,3% des voix seulement, il verra son élection validée par le Parlement puisqu'il n'y a pas de deuxième tour. Il va instaurer un régime socialiste qui satisfait le peuple mais mécontente le milieu des affaires par des réformes jugées coûteuses (hausse des salaires, réforme agraire, nationalisation des mines de cuivre).
Les Américains apprécient peu de voir leurs compagnies de cuivre expropriées sans consultation. Le président Richard Nixon, empêtré dans le bourbier du Vietnam, craint la réédition d'une prise de pouvoir prosoviétique, au Chili, du type de celle de Fidel Castro à Cuba. Henry Kissinger, son Secrétaire d'Etat, lui aurait soufflé « Je ne vois pas pourquoi il faudrait s'arrêter et regarder un pays devenir communiste à cause de l'irresponsabilité de son peuple ». De là à imaginer un soutien direct de la CIA dans la dégradation de la situation qui va suivre l'arrivée d'Allende, il n'y a qu'un pas que certains franchissent rapidement.
De fait, les problèmes s'accumulent sur le plan économique, attisés par une opposition de droite mais aussi de la gauche révolutionnaire (comme le MIR). Durant l'été 1973, de multiples grèves (notamment transports) et insurrections menacent la stabilité du pays qui est presque au bord de la guerre civile. Allende fait un geste vers les militaires et nomme Carlos Pratt à la tête du gouvernement. Ce chef de l'Armée de Terre laisse donc sa place comme chef d'état-major à un général sans grande envergure nommé Augusto Pinochet.
Mais les commandants des armées de l'Air et de la Marine sont décidés à mettre un terme à l'expérience socialiste désastreuse. Ils convainquent Pinochet de se joindre à la Junte et au matin du 11 Septembre 1973, le Palais de la Moneda, siège du pouvoir, est investi en douceur par les troupes putchistes. Cependant, Allende résiste avec ses 500 fidèles. Alors, l'ordre est donné de bombarder le bâtiment avec les avions. On retrouvera Salvador Allende « suicidé » d'une rafale de mitraillette, alors qu'il tient encore un pistolet en main.
Ce coup d'Etat est bien accueilli par les démocrates-chrétiens et les conservateurs qui pensent récupérer le pouvoir mais, contre toute attente, Augusto Pinochet le garde et le durcit même en installant une vraie dictature qu'il ne quittera qu'au bout de 17 ans de pouvoir absolu. Suppression du Congrès, des syndicats, presse censurée, pouvoir militaire et répressif, toute la panoplie caricaturale est mise en œuvre.
Croyant demander une simple formalité, le « chef suprême de la nation » remet son pouvoir en jeu lors d'un référendum mais la sanction tombe et il doit laisser la présidence de la république et son mandat, en 1990, à Patricio Aylwin. Depuis, le Chili renoue lentement avec la démocratie, grâce notamment à Ricardo Lagos et à Michelle Bachelet.
Pourtant, à la mort de Pinochet, en Décembre 2006, à l'âge de 91 ans, malgré les violations des droits de l'homme et les milliers de disparitions inexpliquées orchestrées par les « caravanes de la mort » et pour lesquelles d'ailleurs il ne sera jamais jugé, il se trouvera une partie de la population pour regretter la politique économique qu'il avait engagée. Les motivations des peuples sont véritablement impénétrables.
Publié par Papyves à 01:23:07 dans Faits politiques. | Commentaires (1) | Permaliens
Le samedi 10 Septembre 1898, une vieille dame élégante de 61 ans est assassinée à Genève, sur le quai du Mont-Blanc. Fait divers banal. Sauf que la victime n'est pas du tout banale puisqu'il s'agit d'Elisabeth, affectueusement appelée « Sissi », l'impératrice d'Autriche, en même temps reine de Hongrie.
Elisabeth de Wittelsbach est une duchesse de Bavière insouciante et heureuse jusqu'à ses 16 ans passés au château de Possenhofen, près de Munich, où elle joue du piano, monte librement à cheval, court en forêt et écrit des poèmes. Son père, le duc Maximilien de Bavière et sa mère, la princesse Ludovika, ne sont pas sévères avec cette enfant espiègle qui grandit au milieu de ses 7 frères et sœurs.
En 1853, on accueille l'empereur d'Autriche, François-Joseph 1er de Habsbourg, qui doit se fiancer avec Hélène, la grande sœur de Sissi. Mais il tombe amoureux de la belle Elisabeth qu'il épouse l'année suivante alors qu'elle n'a que 17 ans. Elle lui fera, successivement, deux filles Sophie et Gisèle puis, plus tard, un garçon Rodolphe. Cependant, la petite duchesse devenue impératrice supporte mal la pesante étiquette de la cour de Vienne où sa tante, l'archiduchesse Sophie, lui mène la vie dure et l'espionne. D'ailleurs, elle lui emporte ses enfants pour les éduquer. De son côté, l'empereur est accaparé par les obligations de sa fonction et la laisse souvent seule. Aussi, Elisabeth préfère-t-elle retourner dans la Hongrie qu'elle affectionne particulièrement. Elle plaidera en faveur de ce pays dont elle parle la langue. Elle n'est sans doute pas étrangère au compromis austro-hongrois qui vise à contrer l'influence grandissante de la Prusse. Sinon, pourquoi l'aurait-on couronnée reine de Hongrie en 1867 ?
Se sentant étouffer à Vienne où elle est peu aimée, Sissi fuit autant que possible le château de Hofbourg, en Autriche. Sa santé décline et elle tousse de plus en plus. On soupçonne la tuberculose et un séjour à Madère est décidé. Là, elle revit et se prend un goût pour les voyages, revenant régulièrement en Hongrie mais aussi en Grèce où elle fait construire et en Irlande pour sa passion du cheval. Une petite Marie-Valérie couronnera, en 1868, cette parenthèse heureuse.
Malheureusement, le destin va frapper cette famille déjà éprouvée par la perte de la jeune Sophie à l'âge de 2 ans, et l'assassinat de Maximilien, au Mexique après la défaite de Camerone. Sissi verra ainsi partir successivement son cousin Louis II le fou, (ou prétendu tel), noyé en Bavière, en 1886, son père en 1888, son seul fils Rodolphe, 31 ans, malheureux en amour et atteint d'une maladie vénérienne, qui se suicide à Mayerling en 1889, sa mère Ludovika, épuisée par ses 8 grossesses, en 1892 et enfin sa jeune soeur Sophie Charlotte, brûlée dans l'incendie du bazar de la Charité à Paris. Ces malheurs à la chaîne la rendent neurasthénique et mélancolique.
Un journal de Genève rapporte, le 09 Septembre 1898, que l'impératrice Elisabeth séjourne dans la ville. Il a l'imprudence de citer le nom de l'hôtel. Un anarchiste de 26 ans, Luigi Luchini, voulant à tout prix tuer un prince européen, saute sur l'occasion. Alors que Sissi se dirige le lendemain, avec sa dame de compagnie, vers le bateau qui doit lui faire traverser le lac, Luigi se précipite et lui enfonce une fine dague dans la poitrine. Elle décède quelques instants plus tard.
Le destin sentimental et tragique de Sissi impératrice a suscité une abondante littérature et fait la gloire, au cinéma, de Romy Schneider. Nulle autre que Romy ne pouvait incarner cette pétillante princesse, trop à l'étroit dans son château.
Publié par Papyves à 00:37:17 dans Faits de Société. | Commentaires (5) | Permaliens
<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| 53| 54| 55| >>
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 |
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 |
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 |
| 29 | 30 |
Vos Commentaires