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Lebuzuk - historik

Les délires d'histoire de Papyves.../...ça s'est passé aujourd'hui !

Papyves

C'est  sympa  un  Blog : On  peut  aller  au  bout  de  son  monologue  sans  risquer  d'être  interrompu.  On  n'est  même  pas  obligé  de  lire  les  commentaires  d'autrui.


Non,  je  rigole,  si  j'écris  c'est  pour  être  lu,  pardi.  Alors,  bonne  lecture.  Vous  pouvez  zapper,  je  ne  m'en  offusquerai  pas.


En  fait,  si  je  suis  là,  c'est  parce  que  je  cherche  surtout  à  me  souvenir  de  l'anniversaire  du  jour.  Que  s'est-il  passé  aujourd'hui ?  On  oublie  trop  le  passé.  L'histoire  nous  apprend  pourquoi  nous  en  sommes  arrivés  là.  J'évite  quand  même  de  choisir  un  événement  anniversaire  qui  sera  bien  médiatisé. 

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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.

C'est quoi, ce Blog ?

Glossaire

La Momie des glaces. | 19 septembre 2008

 

Helmut et Erika Simon, un couple de randonneurs allemands, parcourent les Alpes de Ötz, le 19 Septembre 1991, à 3.200 mètres d'altitude, dans les Dolomites à la frontière entre l'Italie et l'Autriche. Soudain, sur le glacier Similaun, au Sud Tyrol, un corps humain couché sur le ventre semble sortir de la glace. Il s'agit d'un homme, qu'on nommera donc « Ötzi ou Oetzi » (prononcer Eutsi), enseveli sous une couche de glace depuis des millénaires, avec ses arcs et ses flèches.

La découverte de ce corps (ce n'est pas seulement un squelette), surpris par la mort pendant sa marche, est une source d'études incomparable pour les scientifiques de l'ère post-néolithique qui peuvent analyser le moindre grain de céréale conservé dans sa chaussure de cuir, comme les restes de ses derniers repas, congelés à l'intérieur des viscères. On saura ainsi qu'il avait mangé des céréales, du cerf et du bouquetin. Surtout, les objets qu'il avait emportés seront précieux de renseignements.

Transportée à l'Institut Médico-légal d'Innsbruck pour expertise, la momie des glaces va bouleverser ce qu'on savait des Homos Sapiens d'il y a 6.000 ans. Ayant vécu vers 4.550 av J.C. selon la datation C.14 affinée par SMA (spectrométrie de masse par accélérateur), c'est-à-dire avant les mégalithes de Stonehenge et avant la pyramide de Khéops, cet homme de 46 ans, barbu et tatoué, ne mesurait que 1,60 m pour environ 50 kg. Son état général, au moment du décès, était mauvais, côtes fracturées, vaisseaux sanguins calcifiés, parasites dans les intestins mais Ötzi n'avait pas de caries dentaires.

Plusieurs fractures, ainsi que la présence d'une pointe de flèche de silex ayant traversé l'omoplate gauche, laissent à penser que l'homme a été agressé et serait mort d'une forte hémorragie interne. C'était vraisemblablement un chasseur puisqu'on a retrouvé, auprès de lui, deux arcs dont un inachevé en bois d'if, 14 flèches dans leur carquois, une hache de cuivre, un couteau à lame de silex dans son étui, un nécessaire à feu (amadou et silex). Il fut aussi trouvé des récipients en écorce de bouleau, une corde végétale, des tendons issus d'un animal de grande taille et des champignons enfilés sur une lanière de cuir, probablement à usage médicinal contre les parasites. Il était vêtu d'une peau de cerf et d'une cape en fibres végétales et se protégeait du vent et de la pluie par une grande hotte, genre poncho, montrant ainsi qu'il était adapté à la vie en montagne. Mais les graines et pollens retrouvés sur et dans son corps situent son habitat  à moins de 1.600 m d'altitude, dans la zone de forêts fréquentée par les cervidés. Les dernières expertises paléo-génétiques confirment l'origine européenne d'Ötzi et le différencient des populations méditerranéennes du Sud.

Un élément a beaucoup intrigué les scientifiques, c'est la hache chalcolithique (chalco en grec = cuivre) dont la possession est associée au prestige et à un rang social élevé. Peut-être, s'était-il enfui dans la montagne après l'avoir volée. Ces armes en cuivre, à une époque si ancienne, bousculent la hiérarchie historique habituelle qui les plaçait, dans l'Europe néolithique, pendant le Chalcolithique, intermédiaire entre les âges de pierre (lithique) et de bronze (alliage cuivre et étain), plutôt entre 2.500 et 1.000 av J.C. Sa présence confirme bien, en outre, la colonisation des hauts massifs des Alpes à la fin du IVème millénaire.

Avec le réchauffement climatique accéléré que l'on observe aujourd'hui, les glaciers vont peut-être nous offrir d'autres surprises de ce type. Ce qui permettrait de mieux suivre encore le cheminement et les conditions de vie de nos lointains parents. Ce serait une chance. La prétendue « malédiction d'Ötzi », à l'instar de celle de Toutankhamon, n'étant née que dans l'esprit malin d'écrivains mercantiles.

 

Publié par Papyves à 00:17:38 dans Aventures | Commentaires (3) |

Badinter coupe la tête de la Guillotine. | 18 septembre 2008

 

Après un long plaidoyer, passionné, du Garde des sceaux, Maître Robert Badinter, les trois-quarts des députés de l'Assemblée nationale française, soit 369 sur 482, votent l'abolition définitive de la peine de mort, le 18 Septembre 1981. Ce vote, historique mais tardif en Europe, donnera lieu à une Loi d'abolition, en date du 09 Octobre 1981. La France était, en effet, avec la Turquie, le dernier Etat d'Europe occidentale à appliquer encore la peine capitale. Exit la « Guillotine ».

Sous l'Ancien régime, avant 1791, la peine capitale, souvent prononcée, était exécutée de diverses manières : par décapitation à la hache pour les nobles, pendaison pour les voleurs, bûcher pour les hérétiques ou encore écartèlement par 4 chevaux pour les régicides ou membres brisés sur la roue pour les crimes les plus violents. La mort était donc souvent précédée d'une longue agonie, sauf pour les militaires qui étaient fusillés.

La Constituante souhaite, tout en gardant la peine de mort, supprimer cette forme de torture. Un député, le Docteur Guillotin, propose que la mort soit donnée de la même façon pour tous et de façon subite et nette. « Le criminel sera décapité ; il le sera par l'effet d'un simple mécanisme » traduit le législateur. Ce que le code pénal de 1791, toujours en vigueur au moment où Badinter parle, transforme en « Tout condamné à mort aura la tête tranchée ».

Restait à trouver le « simple mécanisme ». Antoine Louis, secrétaire de l'Académie de chirurgie, s'y attelle. Une machine couperet, expérimentée à l'hôpital de Bicêtre sur des cadavres, en Avril 1792, semble donner satisfaction. Comme les châtiments, pour être exemplaires, sont publics, on lui adjoint une haute estrade, appelée « échafaud ». La première exécution, grâce à cette « Louisette » peut alors intervenir, le 25 Avril. Louis ne sera pas le seul à laisser son nom, dans le langage du peuple, à cette solution définitive. Guillotin bien sûr passera à la postérité mais on lui donnera aussi le nom de « Mirabelle » (en pensant à Mirabeau), de « la Veuve » sous la Révolution ou « le Massicot » au XXème siècle, celui de la presse.

Au fil du temps et des décapitations, l'opinion publique et donc les gouvernements chercheront à « assouplir » le procédé, voire à en proposer l'abolition. En 1870, Crémieux supprime l'échafaud par un décret mais les têtes continuent à tomber. Puis, en 1939, Edouard Daladier, le président du Conseil, abolit les exécutions capitales publiques. Elles se feront désormais à l'abri des enceintes des prisons. Mais un courant de plus en plus fort, après 1968, prône l'abolition pure et simple. Cette vague est pourtant contrebattue par des événements dramatiques où des enfants, notamment, sont sauvagement assassinés, ce qui fait remonter le taux des partisans de la guillotine.

La Convention européenne des Droits de l'homme exclut la peine de mort, sauf en temps de guerre par son protocole n°6 de 1985 puis en toutes circonstances par son protocole n°13 de 2002. Les 27 pays ont ratifié cette clause et la Turquie, qui frappe à la porte de l'Europe depuis longtemps, a du abolir la peine capitale en 2002, pour rester crédible.

Mais, dans le monde, nombreux sont encore les pays où ces exécutions se pratiquent toujours, et pas des moindres. En 2000, Amnesty International annonce que 88 % des exécutions ont lieu dans 4 pays seulement : Chine avec un record de plus de 1000, Arabie Saoudite avec 123, Etats-Unis avec 85 et Iran avec environ 75 exécutions. Obama et McCain étaient partisans de la peine de mort avant d'être candidats. Aujourd'hui, en pleine campagne, le sujet n'est plus abordé pour ne pas fâcher.

Bien qu'elle ne puisse plus être rétablie, du fait de la ratification du protocole européen, la peine de mort continue à être réclamée, en France, pour les crimes odieux, commis notamment sur des enfants. La Sofres comptait 42 % de Français pour son rétablissement, en 2006 mais les sentiments de l'opinion sont très fluctuants dans ce domaine, au gré de l'actualité. Car, fort heureusement, l'abolition va dans le sens de l'Histoire. Même le Rwanda, où de bien vilaines choses se sont passées récemment, l'a abolie en 2007.

On sait maintenant que la peine de mort n'est pas dissuasive et ne fait pas baisser la grande criminalité. « Et si la peur de la mort arrêtait les hommes, vous n'auriez ni grands soldats, ni grands sportifs » nous rappelle Robert Badinter.

Pour ma part, je préfère me ranger derrière Voltaire, Hugo, Jaurès, Camus et même Brassens plutôt que suivre Montesquieu, Rousseau, Comte, Le Pen ou Berlusconi. Bon, coupez !

 

Publié par Papyves à 02:47:42 dans Faits de Société. | Commentaires (2) |

La Loi sur les Suspects. | 17 septembre 2008

L'installation de la République, après des siècles de royauté, n'allait pas de soi dans la France révolutionnaire d'après la prise de la Bastille. Il fallait gagner les acquis de la révolution et se garder de dangers autant intérieurs qu'extérieurs. L'exécution du roi Louis XVI, sacrilège suprême pour les monarchies européennes, entraîne la formation d'une coalition contre-révolutionnaire autour de la Prusse et de l'Autriche. Les attaques contre la religion, avec persécutions de prêtres, au profit d'un culte de la raison, choquent et déstabilisent le bas peuple. La Vendée et plusieurs grandes villes sont en état de rébellion. Les Assignats (bon reçu en cas de prêt, assigné donc gagé sur les biens du clergé) perdent de leur valeur et les prix montent. Partout, la révolte gronde et on se demande si la révolution des « Sans-culottes » est une bonne chose.

Le 05 Septembre 1793, la Convention (Assemblée nationale) décide de prendre des mesures fermes pour sauver les acquis de la Révolution. La « Terreur » est mise à l'ordre du jour à des fins de « salut public » pour faire face aux dangers qui menacent la nation. En moins d'un an, cette politique basée sur l'arbitraire va ensanglanter le paysage français, livré à une poignée de tribuns s'excitant mutuellement et gouvernant à coups de lois et décrets expéditifs. Ecoutons Robespierre : « ... On conduit le peuple par la raison et les ennemis du peuple par la terreur. ... La terreur n'est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible : elle est donc une émanation de la vertu. ... ».

Un Tribunal révolutionnaire d'exception, nommé par la Convention, est chargé d'examiner la situation des « ennemis de la République » que lui présentent les Comités de surveillance. On s'espionne et on se dénonce mais la situation économique continue à se dégrader. Chômage, pénuries et inflation pèsent sur les Sans-culottes qui doivent, en outre, échapper à la levée en masse pour les troupes aux frontières. Les députés croient remédier à cette spirale en instaurant une loi du « maximum légal » qui bloque les salaires et les prix mais l'effet est inverse : les greniers se vident et les paysans bloquent leurs récoltes, sous-payées. On parle de guillotine pour les « accapareurs ».

Le 17 Septembre 1793, le Comité de Salut Public propose à la Convention qui l'adopte une « Loi des suspects », en fait un décret qui permet l'arrestation de ceux qui « n'ayant rien fait contre la Liberté, n'ont rien fait pour elle », selon le mot de la Commune de Paris. C'est la porte ouverte à tous les abus et tout le monde se sent menacé, outre les cibles traditionnelles : nobles, religieux, parents d'émigrés, fonctionnaires destitués, officiers suspects de trahison, paysans et commerçants affameurs.

Au nom de la Terreur institutionnalisée, environ 500.000 personnes seront emprisonnées. Un degré supplémentaire est même franchi, le 22 Prairial an II (ce jour du calendrier révolutionnaire correspond au 10 Juin 1794), avec la Loi qui supprime les avocats, laissant la sentence à l'intime conviction des juges et jurés. Désormais, il n'y a que 2 issues au procès : l'acquittement ou la mort. C'est la « Grande terreur ». On comprend ainsi pourquoi 16.000 personnes furent guillotinées et 25.000 autres victimes, dans tout le pays, d'exécutions sommaires après délation. La vengeance personnelle, la jalousie et l'appât du gain n'y étaient sans doute pas étrangers. Figurent parmi ces victimes des noms célèbres comme Danton, Marie-Antoinette ou Lavoisier.

Avec la chute de Robespierre, l'incorruptible, le 09 Thermidor an II (27 Juillet 1794), et son exécution le lendemain, le mouvement d'épuration s'essouffle et tombe lentement en désuétude. La lassitude, peut-être. La loi sur les suspects sera finalement supprimée en Octobre 1795. Mais la peur d'échouer, après un tel élan d'espoir devant cette République naissante, avait entraîné les révolutionnaires, notamment les Montagnards, dans une fuite en avant répressive, quelque peu totalitaire et schizophrène.

La victoire de Fleurus, en Juin 1794, grâce aux ballons captifs, redonnera du tonus à la République qui pourra exporter ses idéaux d'égalité et de liberté en dehors de la France. On peut même se demander si la révolution bolchevique prônée par Lénine, en 1917, ne se réclame pas de cet héritage. C'est aussi au nom du peuple qu'il fallait instaurer une dictature du prolétariat. Il a toujours bon dos, le peuple, quand il s'agit de prendre le pouvoir.

 

Publié par Papyves à 01:51:04 dans Faits de Société. | Commentaires (2) |

Sabra et Shatila. | 16 septembre 2008

 La guerre est inhumaine et affreuse, certes. Mais, même dans l'affreux, il y a des degrés.
La tentative d'assassinat, à Londres, de l'Ambassadeur israélien, Shlomo Argov resté depuis paralysé, offre le prétexte aux Israéliens de déclencher, le 06 Juin 1982, l'opération « Paix en Galilée » prévue de longue date. Paix en Galilée consiste à envahir le Liban Sud pour neutraliser les bases arrières de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine).


Bechir Gemayel, chef des Phalanges chrétiennes, « Kataëb » (son père Pierre les avait créées en 1936), et tout nouveau Président du Liban, est assassiné le 14 Septembre 1982. Ce qui donne l'occasion à l'armée israélienne, pour rétablir l'ordre et après avoir envahi le Sud du Liban, de poursuivre vers le Nord en direction de Beyrouth, alors que la promesse avait été faite de rester le long de la frontière. Beyrouth-Est est rapidement investi puis l'Ouest est encerclé. Les feddayins palestiniens comprennent que leur opposition sera vaine et engendrerait des centaines de victimes civiles, notamment parmi les milliers de familles réfugiées, depuis le Septembre noir jordanien de 1970, dans les camps de Sabra et Shatila. Yasser Arafat accepte de négocier un cessez-le-feu en présence de l'émissaire des Etats-Unis et il demande qu'un contrôle international garantisse la sécurité des familles des réfugiés avant que ses combattants ne quittent Beyrouth. C'est ainsi que 800 Français, 800 Américains et 500 Italiens arrivent, en Août 1982, dans la capitale libanaise au moment où les combattants palestiniens, qui ont laissé leurs armes aux Libanais, embarquent pour la Tunisie.


Lorsque les camps palestiniens sont libérés de leurs feddayins, une réunion entre Ariel Sharon, Begin et Gemayel, aurait mis au point la tactique qui sera employée pour « nettoyer » les camps des centaines de combattants que Sharon certifie avoir encore détectés dans ces deux bourgades. Les Israéliens resteront en périphérie des camps (qu'ils pourront bombarder) et seuls les Phalangistes de Elie Hobeika se chargeront de la mission mais « sans exaction envers la population civile ».


Malheureusement, cette  dernière phrase ne pèsera pas lourd face à la haine des phalanges envers les Palestiniens. Dans la nuit du 16 Septembre 1982, dès que le ciel de Beyrouth s'embrase à la lumière des fusées éclairantes israéliennes, des petits groupes armés et à moitié drogués se répandent dans Sabra et dans Shatila à la recherche de combattants cachés ou d'armes. Ils ne trouvent que femmes, enfants et vieillards. Tout le monde doit sortir dans la rue. Les adolescents mâles et les vieillards sont abattus sur le champ mais les filles, surtout les jeunes, sont tirées à nouveau à l'intérieur des habitations pour y subir les assauts brutaux de viols collectifs qui se terminent aussi par des exécutions. Quand le groupe de personnes rassemblées est trop important, celui-ci est conduit vers des camions à banquettes qui les emportent vers des directions inconnues et on ne les revoit plus. Sans doute, ces innocents finissent-ils dans des fosses communes creusées à la hâte, comme on en retrouvera quelques jours après ce massacre. Le nombre de victimes de ces 40 heures de folie incontrôlée varie, selon les sources, entre 700 et 3.500 morts, pour l'essentiel des civils.


Pourquoi les militaires israéliens, qui ne pouvaient manquer d'entendre les rafales de tir, ne sont-ils pas intervenus pour faire cesser le massacre ? De nombreux réfugiés se sont présentés à eux pour leur demander protection, en vain. Y avait-il eu un accord tacite Sharon-Gemayel ? Pourquoi la force internationale d'interposition est-elle partie début Septembre alors qu'elle devait rester jusqu'au 26 Septembre ? Pourquoi n'y a-t-il eu qu'une seule enquête officielle sur ces actes criminels, la Commission Kahane, diligentée par ... les Israéliens ?
Aucun des chefs impliqués dans cette action ne sera poursuivi. Le phalangiste Hobeika sera nommé à des postes ministériels. Le ministre de la Défense Sharon, dont la Commission disait qu'il « avait une responsabilité personnelle » deviendra Premier Ministre. Le chef d'état-major israélien Eytan sera élu à la Knesset et le général Yaron, qui avait bloqué les issues des camps, sera nommé Attaché militaire à Washington.


Doit-on considérer que ces milliers de morts n'ont été que des « victimes collatérales » d'une action de guerre ? Je ne le crois pas, à l'inverse des soldats français tombés en Afghanistan, par exemple, pour qui il est déplacé de dire, cette fois, qu'on « fera la lumière sur toutes les responsabilités », comme s'il s'agissait d'accidents de la route.
 

Publié par Papyves à 02:45:52 dans Faits politiques. | Commentaires (0) |

Et vinrent les premiers chars. | 15 septembre 2008

 

Lors du premier conflit mondial, au cœur de l'Europe, les montées à l'assaut meurtrières de vagues de fantassins, fauchés par les mitrailleuses des lignes adverses, avaient fait naître l'idée, simultanément en France et en Angleterre, qu'il fallait à tout prix fabriquer un engin tout terrain qui puisse protéger les attaques de l'infanterie, s'affranchir des barbelés, sauter les tranchées, détruire les nids de mitrailleuses, tout en progressant au même rythme que les troupes.

En France, un ingénieur féru de mathématiques et de balistique choisit l'Artillerie à sa sortie de Polytechnique, en 1883. Jean-Baptiste Estienne va devenir le premier commandant du Service de l'Aviation militaire, en création à Reims mais aussi le père de « l'artillerie spéciale d'assaut » en imaginant, en 1916, le premier char d'assaut français à partir d'un moteur de tracteur. Ayant assisté, avec Pétain, à la démonstration du châssis Schneider, il prend contact avec Joffre pour lui exposer son projet de véhicule blindé qu'il croit pouvoir réaliser avec Renault. Mais Louis Renault lui annonce que sa compagnie développe un char léger. C'est alors Schneider qui construit les 400 premiers « Schneider CA1 », selon les plans d'Estienne. Viendront ensuite les chars Saint-Chamond et les FT-17 (17 comme l'année de construction) de Renault.

Comme tout le monde sait, dans le camp allié, que les Britanniques étudient aussi un char d'assaut, Estienne fait le voyage à Londres pour essayer de convaincre les Anglais d'attendre que les Français aient terminé le leur avant de lancer une attaque, ce qui permettra un effet de surprise stratégique sur tout le front.

Mais le bureau de la Marine britannique est pressé par Churchill pour aboutir le premier à concrétiser cet engin révolutionnaire, imaginé par le colonel Ernest D. Swinton. Le premier prototype est présenté en Février 1916 puis le premier de la série, appelé logiquement Mark 1, répond aux caractéristiques demandées, malgré ses 30 tonnes et sa faible vitesse : franchir une tranchée de 4 m de largeur et un obstacle de plus de 1 m de haut.

Les 100 premiers exemplaires sont équipés du canon de 6 livres (57 mm) à tir rapide de marine (version « Male ») et, en Avril 1916, les usines sortent la version « Female », équipés seulement de mitrailleuses Hotchkiss. Pour préserver le secret, les Anglais laissaient croire que les plaques de blindage étaient destinées à des réservoirs de pétrole, d'où le nom de « Tanks ». Sur le terrain, selon la tradition militaire, chaque blindé porte un nom de femme ou de liqueur.

Au front, sur la Somme, le 15 Septembre 1916, alors que ses réserves diminuent, le général Haig décide d'utiliser pour la première fois, cette force nouvelle et il lance 32 chars d'assaut Mark 1, répartis au milieu des fantassins, sur le secteur Flers, Courcelette, Longueval. La vision du premier char sèmera la terreur dans les rangs allemands mais le bilan de l'attaque fut médiocre du fait de nombreuses pannes, du manque de radio qui ruinait la coopération avec l'infanterie et des destructions opérées par l'ennemi qui ne pouvait rater des cibles aussi lentes et volumineuses.

La rupture stratégique du front n'eut pas lieu car les chars étaient trop espacés et l'offensive de la Somme se solda par un nouveau bain de sang. En revanche, l'effet psychologique fut indéniable. Malheureusement pour les alliés, plusieurs chars furent récupérés par les Allemands qui les exploitèrent, non pas pour construire les mêmes car ils n'y croyaient pas, mais pour développer de nouvelles munitions qui soient capables de percer ce blindage et pour les exhiber à Berlin à titre de propagande. Côté anglais, la leçon permit également d'améliorer l'engin en matière de blindage et de ventilation. C'est donc le Mark 4 qui entrera en action à Messines en Juin 1917 et à Cambrai en Novembre. Messines sera l'exemple d'une bonne coopération blindés-infanterie et Cambrai une attaque d'emblée, sans préparation d'artillerie, mais qui réussit grâce à la stupeur de l'apparition des chars débouchant des premières crêtes.

Ainsi, le premier char d'assaut employé en opération de guerre fut bien anglais. Les Français pourront se consoler en se souvenant que ce sont leurs FT 17 Renault, avec armement de tourelle sur 360°, que les soldats américains du lieutenant-colonel Patton pilotaient lorsqu'ils reprirent le saillant de Saint-Mihiel, en Septembre 1918. Nos amis Yankees ont ainsi vengé la claque que prirent les énormes Saint-Chamond engagés prématurément dans l'offensive Nivelle, en Avril 1917.

 

Publié par Papyves à 01:21:58 dans Conquêtes | Commentaires (0) |

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