C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Après un long plaidoyer, passionné, du Garde des sceaux, Maître Robert Badinter, les trois-quarts des députés de l'Assemblée nationale française, soit 369 sur 482, votent l'abolition définitive de la peine de mort, le 18 Septembre 1981. Ce vote, historique mais tardif en Europe, donnera lieu à une Loi d'abolition, en date du 09 Octobre 1981. La France était, en effet, avec la Turquie, le dernier Etat d'Europe occidentale à appliquer encore la peine capitale. Exit la « Guillotine ».
Sous l'Ancien régime, avant 1791, la peine capitale, souvent prononcée, était exécutée de diverses manières : par décapitation à la hache pour les nobles, pendaison pour les voleurs, bûcher pour les hérétiques ou encore écartèlement par 4 chevaux pour les régicides ou membres brisés sur la roue pour les crimes les plus violents. La mort était donc souvent précédée d'une longue agonie, sauf pour les militaires qui étaient fusillés.
La Constituante souhaite, tout en gardant la peine de mort, supprimer cette forme de torture. Un député, le Docteur Guillotin, propose que la mort soit donnée de la même façon pour tous et de façon subite et nette. « Le criminel sera décapité ; il le sera par l'effet d'un simple mécanisme » traduit le législateur. Ce que le code pénal de 1791, toujours en vigueur au moment où Badinter parle, transforme en « Tout condamné à mort aura la tête tranchée ».
Restait à trouver le « simple mécanisme ». Antoine Louis, secrétaire de l'Académie de chirurgie, s'y attelle. Une machine couperet, expérimentée à l'hôpital de Bicêtre sur des cadavres, en Avril 1792, semble donner satisfaction. Comme les châtiments, pour être exemplaires, sont publics, on lui adjoint une haute estrade, appelée « échafaud ». La première exécution, grâce à cette « Louisette » peut alors intervenir, le 25 Avril. Louis ne sera pas le seul à laisser son nom, dans le langage du peuple, à cette solution définitive. Guillotin bien sûr passera à la postérité mais on lui donnera aussi le nom de « Mirabelle » (en pensant à Mirabeau), de « la Veuve » sous la Révolution ou « le Massicot » au XXème siècle, celui de la presse.
Au fil du temps et des décapitations, l'opinion publique et donc les gouvernements chercheront à « assouplir » le procédé, voire à en proposer l'abolition. En 1870, Crémieux supprime l'échafaud par un décret mais les têtes continuent à tomber. Puis, en 1939, Edouard Daladier, le président du Conseil, abolit les exécutions capitales publiques. Elles se feront désormais à l'abri des enceintes des prisons. Mais un courant de plus en plus fort, après 1968, prône l'abolition pure et simple. Cette vague est pourtant contrebattue par des événements dramatiques où des enfants, notamment, sont sauvagement assassinés, ce qui fait remonter le taux des partisans de la guillotine.
La Convention européenne des Droits de l'homme exclut la peine de mort, sauf en temps de guerre par son protocole n°6 de 1985 puis en toutes circonstances par son protocole n°13 de 2002. Les 27 pays ont ratifié cette clause et la Turquie, qui frappe à la porte de l'Europe depuis longtemps, a du abolir la peine capitale en 2002, pour rester crédible.
Mais, dans le monde, nombreux sont encore les pays où ces exécutions se pratiquent toujours, et pas des moindres. En 2000, Amnesty International annonce que 88 % des exécutions ont lieu dans 4 pays seulement : Chine avec un record de plus de 1000, Arabie Saoudite avec 123, Etats-Unis avec 85 et Iran avec environ 75 exécutions. Obama et McCain étaient partisans de la peine de mort avant d'être candidats. Aujourd'hui, en pleine campagne, le sujet n'est plus abordé pour ne pas fâcher.
Bien qu'elle ne puisse plus être rétablie, du fait de la ratification du protocole européen, la peine de mort continue à être réclamée, en France, pour les crimes odieux, commis notamment sur des enfants. La Sofres comptait 42 % de Français pour son rétablissement, en 2006 mais les sentiments de l'opinion sont très fluctuants dans ce domaine, au gré de l'actualité. Car, fort heureusement, l'abolition va dans le sens de l'Histoire. Même le Rwanda, où de bien vilaines choses se sont passées récemment, l'a abolie en 2007.
On sait maintenant que la peine de mort n'est pas dissuasive et ne fait pas baisser la grande criminalité. « Et si la peur de la mort arrêtait les hommes, vous n'auriez ni grands soldats, ni grands sportifs » nous rappelle Robert Badinter.
Pour ma part, je préfère me ranger derrière Voltaire, Hugo, Jaurès, Camus et même Brassens plutôt que suivre Montesquieu, Rousseau, Comte, Le Pen ou Berlusconi. Bon, coupez !
Publié par Papyves à 02:47:42 dans Faits de Société. | Commentaires (2) | Permaliens
L'installation de la République, après des siècles de royauté, n'allait pas de soi dans la France révolutionnaire d'après la prise de la Bastille. Il fallait gagner les acquis de la révolution et se garder de dangers autant intérieurs qu'extérieurs. L'exécution du roi Louis XVI, sacrilège suprême pour les monarchies européennes, entraîne la formation d'une coalition contre-révolutionnaire autour de la Prusse et de l'Autriche. Les attaques contre la religion, avec persécutions de prêtres, au profit d'un culte de la raison, choquent et déstabilisent le bas peuple. La Vendée et plusieurs grandes villes sont en état de rébellion. Les Assignats (bon reçu en cas de prêt, assigné donc gagé sur les biens du clergé) perdent de leur valeur et les prix montent. Partout, la révolte gronde et on se demande si la révolution des « Sans-culottes » est une bonne chose.
Le 05 Septembre 1793, la Convention (Assemblée nationale) décide de prendre des mesures fermes pour sauver les acquis de la Révolution. La « Terreur » est mise à l'ordre du jour à des fins de « salut public » pour faire face aux dangers qui menacent la nation. En moins d'un an, cette politique basée sur l'arbitraire va ensanglanter le paysage français, livré à une poignée de tribuns s'excitant mutuellement et gouvernant à coups de lois et décrets expéditifs. Ecoutons Robespierre : « ... On conduit le peuple par la raison et les ennemis du peuple par la terreur. ... La terreur n'est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible : elle est donc une émanation de la vertu. ... ».
Un Tribunal révolutionnaire d'exception, nommé par la Convention, est chargé d'examiner la situation des « ennemis de la République » que lui présentent les Comités de surveillance. On s'espionne et on se dénonce mais la situation économique continue à se dégrader. Chômage, pénuries et inflation pèsent sur les Sans-culottes qui doivent, en outre, échapper à la levée en masse pour les troupes aux frontières. Les députés croient remédier à cette spirale en instaurant une loi du « maximum légal » qui bloque les salaires et les prix mais l'effet est inverse : les greniers se vident et les paysans bloquent leurs récoltes, sous-payées. On parle de guillotine pour les « accapareurs ».
Le 17 Septembre 1793, le Comité de Salut Public propose à la Convention qui l'adopte une « Loi des suspects », en fait un décret qui permet l'arrestation de ceux qui « n'ayant rien fait contre la Liberté, n'ont rien fait pour elle », selon le mot de la Commune de Paris. C'est la porte ouverte à tous les abus et tout le monde se sent menacé, outre les cibles traditionnelles : nobles, religieux, parents d'émigrés, fonctionnaires destitués, officiers suspects de trahison, paysans et commerçants affameurs.
Au nom de la Terreur institutionnalisée, environ 500.000 personnes seront emprisonnées. Un degré supplémentaire est même franchi, le 22 Prairial an II (ce jour du calendrier révolutionnaire correspond au 10 Juin 1794), avec la Loi qui supprime les avocats, laissant la sentence à l'intime conviction des juges et jurés. Désormais, il n'y a que 2 issues au procès : l'acquittement ou la mort. C'est la « Grande terreur ». On comprend ainsi pourquoi 16.000 personnes furent guillotinées et 25.000 autres victimes, dans tout le pays, d'exécutions sommaires après délation. La vengeance personnelle, la jalousie et l'appât du gain n'y étaient sans doute pas étrangers. Figurent parmi ces victimes des noms célèbres comme Danton, Marie-Antoinette ou Lavoisier.
Avec la chute de Robespierre, l'incorruptible, le 09 Thermidor an II (27 Juillet 1794), et son exécution le lendemain, le mouvement d'épuration s'essouffle et tombe lentement en désuétude. La lassitude, peut-être. La loi sur les suspects sera finalement supprimée en Octobre 1795. Mais la peur d'échouer, après un tel élan d'espoir devant cette République naissante, avait entraîné les révolutionnaires, notamment les Montagnards, dans une fuite en avant répressive, quelque peu totalitaire et schizophrène.
La victoire de Fleurus, en Juin 1794, grâce aux ballons captifs, redonnera du tonus à la République qui pourra exporter ses idéaux d'égalité et de liberté en dehors de la France. On peut même se demander si la révolution bolchevique prônée par Lénine, en 1917, ne se réclame pas de cet héritage. C'est aussi au nom du peuple qu'il fallait instaurer une dictature du prolétariat. Il a toujours bon dos, le peuple, quand il s'agit de prendre le pouvoir.
Publié par Papyves à 01:51:04 dans Faits de Société. | Commentaires (2) | Permaliens
Publié par Papyves à 02:45:52 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
Lors du premier conflit mondial, au cœur de l'Europe, les montées à l'assaut meurtrières de vagues de fantassins, fauchés par les mitrailleuses des lignes adverses, avaient fait naître l'idée, simultanément en France et en Angleterre, qu'il fallait à tout prix fabriquer un engin tout terrain qui puisse protéger les attaques de l'infanterie, s'affranchir des barbelés, sauter les tranchées, détruire les nids de mitrailleuses, tout en progressant au même rythme que les troupes.
En France, un ingénieur féru de mathématiques et de balistique choisit l'Artillerie à sa sortie de Polytechnique, en 1883. Jean-Baptiste Estienne va devenir le premier commandant du Service de l'Aviation militaire, en création à Reims mais aussi le père de « l'artillerie spéciale d'assaut » en imaginant, en 1916, le premier char d'assaut français à partir d'un moteur de tracteur. Ayant assisté, avec Pétain, à la démonstration du châssis Schneider, il prend contact avec Joffre pour lui exposer son projet de véhicule blindé qu'il croit pouvoir réaliser avec Renault. Mais Louis Renault lui annonce que sa compagnie développe un char léger. C'est alors Schneider qui construit les 400 premiers « Schneider CA1 », selon les plans d'Estienne. Viendront ensuite les chars Saint-Chamond et les FT-17 (17 comme l'année de construction) de Renault.
Comme tout le monde sait, dans le camp allié, que les Britanniques étudient aussi un char d'assaut, Estienne fait le voyage à Londres pour essayer de convaincre les Anglais d'attendre que les Français aient terminé le leur avant de lancer une attaque, ce qui permettra un effet de surprise stratégique sur tout le front.
Mais le bureau de la Marine britannique est pressé par Churchill pour aboutir le premier à concrétiser cet engin révolutionnaire, imaginé par le colonel Ernest D. Swinton. Le premier prototype est présenté en Février 1916 puis le premier de la série, appelé logiquement Mark 1, répond aux caractéristiques demandées, malgré ses 30 tonnes et sa faible vitesse : franchir une tranchée de 4 m de largeur et un obstacle de plus de 1 m de haut.
Les 100 premiers exemplaires sont équipés du canon de 6 livres (57 mm) à tir rapide de marine (version « Male ») et, en Avril 1916, les usines sortent la version « Female », équipés seulement de mitrailleuses Hotchkiss. Pour préserver le secret, les Anglais laissaient croire que les plaques de blindage étaient destinées à des réservoirs de pétrole, d'où le nom de « Tanks ». Sur le terrain, selon la tradition militaire, chaque blindé porte un nom de femme ou de liqueur.
Au front, sur la Somme, le 15 Septembre 1916, alors que ses réserves diminuent, le général Haig décide d'utiliser pour la première fois, cette force nouvelle et il lance 32 chars d'assaut Mark 1, répartis au milieu des fantassins, sur le secteur Flers, Courcelette, Longueval. La vision du premier char sèmera la terreur dans les rangs allemands mais le bilan de l'attaque fut médiocre du fait de nombreuses pannes, du manque de radio qui ruinait la coopération avec l'infanterie et des destructions opérées par l'ennemi qui ne pouvait rater des cibles aussi lentes et volumineuses.
La rupture stratégique du front n'eut pas lieu car les chars étaient trop espacés et l'offensive de la Somme se solda par un nouveau bain de sang. En revanche, l'effet psychologique fut indéniable. Malheureusement pour les alliés, plusieurs chars furent récupérés par les Allemands qui les exploitèrent, non pas pour construire les mêmes car ils n'y croyaient pas, mais pour développer de nouvelles munitions qui soient capables de percer ce blindage et pour les exhiber à Berlin à titre de propagande. Côté anglais, la leçon permit également d'améliorer l'engin en matière de blindage et de ventilation. C'est donc le Mark 4 qui entrera en action à Messines en Juin 1917 et à Cambrai en Novembre. Messines sera l'exemple d'une bonne coopération blindés-infanterie et Cambrai une attaque d'emblée, sans préparation d'artillerie, mais qui réussit grâce à la stupeur de l'apparition des chars débouchant des premières crêtes.
Ainsi, le premier char d'assaut employé en opération de guerre fut bien anglais. Les Français pourront se consoler en se souvenant que ce sont leurs FT 17 Renault, avec armement de tourelle sur 360°, que les soldats américains du lieutenant-colonel Patton pilotaient lorsqu'ils reprirent le saillant de Saint-Mihiel, en Septembre 1918. Nos amis Yankees ont ainsi vengé la claque que prirent les énormes Saint-Chamond engagés prématurément dans l'offensive Nivelle, en Avril 1917.
Publié par Papyves à 01:21:58 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
Rompant avec 250 ans de rivalité depuis Charles Quint, la France et l'Autriche signent un traité, en 1756, pour contrecarrer la montée en puissance de la Prusse, alliée à l'Angleterre. Ce sera le début de la « guerre de sept ans » qui aura des ramifications outre-mer du fait que les Anglais, voyant que les Prussiens résistent bien tous seuls sur le continent, vont concentrer leur effort sur les possessions françaises aux Indes et au Canada. Louis XV est bien trop absorbé aux frontières de son royaume pour suivre ce qui se passe en « Nouvelle-France », au-delà de l'Atlantique.
Le ministre de la guerre britannique, William Pitt, confie la conquête de Québec à James Wolfe, combattant brutal et impitoyable. Côté Français, c'est un noble nîmois que l'on envoie, Louis-Joseph de Saint-Véran, marquis de Montcalm, qui est sorti de sa torpeur aristocratique car il avait guerroyé en Rhénanie et à Prague.
La forteresse de Québec est idéalement placée pour contrôler l'arrivée des navires, en provenance d'Europe, obligés de remonter le Saint-Laurent pour ravitailler l'intérieur des terres. Si les Anglais s'en emparent, ils coupent les liaisons avec la France et l'obligent à capituler.
Montcalm et Vaudreuil, le gouverneur qu'il découvre sur place, ne s'aiment pas a priori et les relations deviennent même exécrables lorsque le général apprend que Choiseul l'a nommé Lieutenant-général, c'est-à-dire à un rang qui le fait passer devant le gouverneur Vaudreuil. Leur opposition sur la stratégie à adopter ne favorisera pas les choses.
L'Anglais Wolfe n'avait que 8.500 hommes sur les 12.000 promis mais c'était la fine fleur, bien rodés, disciplinés et aguerris. Les 49 vaisseaux de guerre de la flotte de Saunders qui les emmènent en comptent tout autant. Le campement se monte sur l'île d'Orléans. A l'inverse, côté français, l'armée que put se constituer Montcalm, en arrivant, était très disparate et peu ordonnée. 11.000 miliciens canadiens, 3.000 soldats réguliers, 1.500 paysans, marins ou amérindiens. Pendant plusieurs mois, alors que chaque camp organise sa défense, des mouvements de troupe ou de navires vont tenter de mettre une pression psychologique sur l'adversaire. Les soldats, eux, sont pressés d'en découdre et rongent leur frein.
La première erreur, majeure, de Montcalm est de laisser la pointe Lévis (ou Lévy) sans défense. Or, cet éperon sur la rive Sud du Saint-Laurent, est juste en face du fort qui entoure la ville haute, à portée de canons (ce qu'il n'avait pas jugé possible). Le marquis estime également que le pied du fort est si abrupt qu'il est impossible d'y accéder avec une troupe lourdement armée. Il va donc concentrer l'essentiel de ses forces de défense sur la rive basse, en aval des fortifications, le long de la côte de Beauport jusqu'au Sault Montmorency. En amont, vers Montréal et Trois-Rivières, il peut compter sur les 3.000 soldats d'élite de Bougainville qui se tiennent en réserve à Cap-rouge, à deux heures de marche et il n'a conservé que 3.500 défenseurs armés à l'intérieur des murs de la citadelle.
Malgré le harcèlement, type guérilla, des Canadiens et des Indiens, Wolfe prend possession des hauteurs de Lévis avec ses canons. Dès le 12 Juillet, ceux-ci vont entretenir un incessant bombardement de la ville de Québec. Pour les faire taire, Montcalm ordonne une opération commando. Dumas, un de ses lieutenants qui la commande, organise la progression en deux colonnes. Mais, dans la nuit sans lune, les deux colonnes vont se rencontrer et se neutraliser dans une totale confusion. L'artillerie continuera, sans autre résistance, à pilonner la ville et les remparts pendant des semaines.
Dans le même temps, des reconnaissances sont organisées le long du fleuve pour déceler une éventuelle possibilité d'escalader la falaise. Une brèche est trouvée à l'Ouest, au lieu-dit Anse de Foulon que les barges anglaises investissent dans la nuit du 13 au 14 Septembre 1759. Arrivées en haut du plateau des « Plaines d'Abraham » (du nom du paysan Ecossais propriétaire, Abraham Martin), les 4.400 soldats n'ont pas de mal à bousculer le petit poste de garde à moitié endormi et à s'aligner en ordre de bataille face à l'Est et à la citadelle. Wolfe malade avait placé Townsend au Nord, Murray au centre et Monckton au Sud, tous alignés sur deux lignes.
Montcalm attendait les Anglais à Beauport, de l'autre côté au Nord-Est et, d'abord incrédule quand on lui rapporte le débarquement vers 04 heures du matin, il s'empresse de rassembler 4.500 hommes pour rejoindre le lieu de la bataille avant que les troupes de Wolfe ne soient aux portes de la ville. Contournant par le Nord, franchissant la rivière Saint-Charles, il arrive à 09 heures aux Plaines d'Abraham.
La deuxième erreur tactique de Montcalm est d'avoir rompu avec le savoir faire de ses troupes, prôné par Vandreuil, coutumières de coups de main et de harcèlements (ce qui aurait fait merveille dans ce no man's land au sol inégal et entrecoupé de bosquets), pour les placer sur 3 lignes face au dispositif bien ordonné anglais. Descendant des buttes Neveu et emportés par leur élan, les Canadiens de la première ligne s'arrêtent et tirent, mais de trop loin, sur des uniformes rouges qui ne bougent pas. Les Franço-indiens des deux autres lignes s'avancent jusqu'à portée de tir pendant que les premiers rechargent leurs armes. C'est le moment que choisissent les Anglais pour faire feu tous ensemble, dans un coup de tonnerre qui glaçe le sang de tous. De nombreux hommes s'écroulent alors que survient une deuxième déflagration. C'est la débandade dans le camp français et les Anglais commencent la poursuite, baïonnette au canon. Fort heureusement, des tireurs d'élite miliciens et indiens, embusqués dans les lisières entourant la plaine, stoppèrent cette attaque. Ce sont eux qui infligèrent le plus de pertes aux Britanniques. Alors que, sur son cheval, Montcalm essaye de remotiver ses troupes, il est touché dans le dos et peine à franchir, lui aussi, les portes de la cité. Il mourra le lendemain sans savoir que Wolfe a également été blessé mortellement.
Les pertes britanniques s'élèvent à 58 morts et 600 blessés alors que les pertes françaises sont d'environ 700 morts et blessés. Les renforts de Bougainvile, arrivés deux heures après et qui avaient « marché au canon » ne servirent à rien car Vaudreuil avait déjà envoyé un émissaire pour demander la capitulation, au grand dam du Chevalier de Lévis qui n'accepte pas la capitulation et repartira, un an plus tard, en Avril 1760, en reconquête depuis Montréal. Il infligera cette fois une sévère défaite au général britannique James Murray sur les hauteurs de Sainte-Foy dominant la forteresse de Québec. Courte victoire car les premiers navires qui abordent le Saint-Laurent sont anglais. Ainsi, sans renforts de métropole, ce sursaut d'orgueil de Lévis n'empêchera pas la perte de Montréal et de Trois-Rivières peu après.
Finalement, la défaite des Plaines d'Abraham précipite la déroute de la France qui doit signer le Traité de Paris en 1763, par lequel elle rend l'essentiel de ses possessions en Amérique du Nord. Pourtant, bien qu'abandonnés par la mère patrie, les habitants de la belle province resteront attachés à leur langue et à leur religion. Résistant à toutes les pressions anglaises, les 65.000 pionniers deviendront 07 millions 800 milles fiers Québécois. Merci Cousins !
Publié par Papyves à 02:54:43 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
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