C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Je vous donne mon mail personnel, si vous voulez vraiment me joindre : logetteyves@yahoo.fr,. Merci de votre fidélité. Papyves.
6 ANS ET 4 MOIS !!!
Publié par Papyves à 02:03:55 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
Modernisée et fortement augmentée par Georges Leygues, ministre de la Marine de Clemenceau, la Marine française fait, en 1939, envie à toutes les autres Marines du monde, anglaise comprise. Lors du déferlement allemand de 1940, alors que les Panzers contournent la ligne Maginot et bousculent l'Armée française jusqu'à la Manche, les ports ne sont pas inquiétés. L'armistice est signé le 22 Juin 1940 mais les fleurons de la Marine Nationale, hormis ceux qui suivirent l'ordre de l'Amiral Darlan de se saborder, sillonnent toujours magistralement les mers du globe, de la Méditerranée aux ports coloniaux lointains.
Hitler craignait à juste titre cette puissante Marine et s'appliqua à la neutraliser en faisant écrire une clause de l'armistice selon laquelle la flotte serait « désarmée dans ses ports d'attache » et ne serait pas livrée aux alliés ni aux puissances de l'Axe (Allemagne et Italie). Il s'assurait ainsi le non ralliement de « la Royale » au gouvernement de Londres. Le prix qu'il consentit à payer fut la « zone libre ».
De son côté, Churchill était préoccupé par cette puissante armada intacte qui pourrait tomber entre les mains des vainqueurs du moment pour, en combinant ses forces à la naissante Kriegsmarine, déferler sur la British Navy. Il lui fallait donc, lui aussi, la neutraliser ou mieux la rallier au Royaume-Uni qui serait, sans conteste, la prochaine cible de Hitler. Le Prime Minister entreprit de convaincre son homologue français d'unir la flotte française à la flotte britannique. Sans succès car Paul Reynaud tergiverse.
Churchill conçoit alors l'opération « Catapult » dont le but est de prendre le contrôle ou, à défaut, de détruire la Flotte française, dans les ports à la portée de la mainmise nazie. Les amiraux anglais manifestent leur désaccord à devoir tirer sur des navires amis mais Churchill se montre intransigeant. Les bâtiments français sont essentiellement arrimés aux ports anglais mais une grande partie fait aussi relâche à Mers-el-Kebir, à Alexandrie et à Dakar.
Fin Juin, les navires français mouillant à Portsmouth, Plymouth, Falmouth et Sheerness sont pris sans ménagement (2 morts, 4 blessés), le 03 Juillet, les navires d'Alexandrie sont neutralisés par un accord entre l'amiral Godfroy et l'amiral Cunningham, pendant qu'a lieu l'agression sur Mers-el-Kebir et enfin, le 08 Juillet, le cuirassé Richelieu est endommagé à Dakar par les appareils du Porte-avions Hermes.
C'est au port militaire de Mers-el-Kebir (le grand port, en arabe), à quelques miles d'Oran, que la surprise est la plus grande quand, au matin du 03 Juillet, la Force H, sous la bannière anglaise de l'Amiral James Somerville, se présente dans la rade avec le cuirassé amiral Hood, les cuirassés Resolution et Vaillant, ainsi que le Porte-avions Ark Royal. Les bâtiments français, 04 cuirassés ou croiseurs, 06 destroyers, 10 contre-torpilleurs et 01 transporteur d'hydravions, alignés sur les jetées, sont à l'amarre, chaudière éteinte. Somerville transmet un ultimatum au Contre-amiral Marcel Gensoul qui a 06 heures pour choisir l'une des trois solutions suivantes, faute de quoi il ferait donner du canon :
- se rallier aux Anglais, via Gibraltar,
- rallier définitivement un port des Antilles françaises,
- se saborder lui-même.
L'Amiral Gensoul ne veut recevoir d'ordres que du gouvernement français. Un compromis est sur le point d'être trouvé lorsque l'adjoint de Darlan fait savoir, par radio, à Gensoul que les escadres françaises de Toulon et d'Alger se portent à son secours. Mais les Britanniques interceptent le message et Londres ordonne à Somerville d'attaquer. Les navires français, plus récents, avaient une allonge plus grande que les britanniques mais leurs canons étaient tournés vers l'intérieur des terres et ne purent ainsi pas riposter. Les tirs furent faciles à régler, sur des cibles fixes, et les explosions se succédèrent sur les ponts et dans les soutes où les marins français faisaient l'impossible pour remettre en marche les chaudières. Ecrasés sous les salves d'obus, le Provence et le Dunkerque s'échouent. Le Bretagne prend feu et coule avec son équipage, en quelques minutes, suivi par le Mogador. Seuls, le Strasbourg et le Commandant Teste sont épargnés.
Quand ils comprirent que les deux bâtiments les plus redoutables n'avaient pas été complètement coulés, les Anglais renvoyèrent une mission de destruction, le 06 Juillet, pour achever le travail par des avions torpilleurs, décollant du Ark Royal. La tragédie, sans victime côté anglais, fit 1.380 morts français qui reposeront tranquillement dans le cimetière marin de Mers-el-Kebir jusqu'à ce que des vandales, en 2005, viennent profaner et détruire les tombes dont celle de l'amiral Darlan.
Ce Pearl-Harbourg national est largement oublié aujourd'hui. C'est un traumatisme que les marins devront revivre en 1942 lorsque la Flotte de Toulon préfèrera se saborder plutôt que passer à l'ennemi. La raison d'Etat commande souvent des actes que les hommes répugnent à accomplir. J'imagine le calvaire moral des officiers britanniques et français, chacun à leur tour.
Publié par Papyves à 01:45:23 dans Faits politiques. | Commentaires (2) | Permaliens
Ayant participé activement, à divers titres, aux deux conflits mondiaux du 20ème siècle ainsi qu'à la guerre civile en Espagne en 1936, Ernest Hemingway sera marqué par ces affrontements inutiles et sanglants dont il reviendra blessé et désabusé. Le 02 Juillet 1961, malade, dépressif et devenant aveugle, il se suicide avec son fusil de chasse, reproduisant 30 ans après le geste de son père.
Ernest Miller Hemingway naît en 1899 près de Chicago d'un père dentiste, chasseur et pêcheur qui lui apprendra, très jeune, à se servir d'un fusil et d'une canne à pêche. Aimant le sport et la vie active, le jeune Ernest ne dédaigne pas la lecture et découvre Shakespeare, Dickens et Stevenson à la High School d'Oak Park, où il publiera ses premiers poèmes à 17 ans. Après l'équivalent du Bac, il décide de devenir journaliste et entre au Kansas City Star.
Lorsque les Etats-Unis entrent en guerre, en 1917, Hemingway voit une chance de concrétiser la part d'aventurier qui germe en lui. C'est avec la Croix-Rouge qu'il débarque en Italie, en Juin 1918 et réussit à rejoindre le front comme ambulancier. Blessé aux jambes par un tir de mortier, il est évacué sur un hôpital de Milan où il rencontre une jeune infirmière qui lui inspirera le personnage de Catherine Barkley dans « L'Adieu aux armes ». A la fin de la guerre, fuyant la prohibition, il devient correspondant du Star à Paris où, influencé par Ezra Pound et Gertrude Stein, il délaissera le métier de journaliste pour se consacrer à l'écriture. C'est à Paris, en effet, de 1921 à 1923, que naît sa carrière littéraire.
Après un premier recueil de nouvelles et poèmes en 1923, son premier roman « Le soleil se lève aussi » en 1926 va établir sa renommée. Mais c'est surtout avec « A Farewell to arms », écrit avec les souvenirs de la guerre d'Espagne, que son style épuré, réaliste va s'affirmer. Cet adieu aux armes lui permettra de clamer l'absurdité de la guerre et la nécessité de la liberté partout dans le monde.
Les récits d'Hemingway sont imprégnés de ses expériences personnelles. Bon vivant, gros mangeur et buveur notoire, se plaisant à côtoyer la mort, mais appréciant aussi le calme de la Suisse, il peint des personnages dégoûtés par la perte des valeurs morales de l'après guerre, comme dans « Le soleil se lève aussi », ou des aventuriers aux plaisirs simples et virils, comme « In our time » en 1925, sur le monde du sport, « Mort dans l'après-midi » en 1932, ode à la tauromachie ou « Vertes collines d'Afrique » en 1935, consacré à la chasse au gros gibier. « Pour qui sonne le glas » en 1940 fera le tour du monde.
C'est à Cuba, dans le « bordel des américains » de l'époque prè-révolutionnaire des années 40 et 50, que le souvenir d'Hemingway est le plus vivace. Ses 22 ans à La Havane ont marqué l'île qui le revendique. Ecrit aux côtés de Fuentes, le vieux pêcheur cubain avec qui il partait pêcher sur son bateau El Pilar, « Le vieil Homme et la mer », en 1952, lui vaudra le Prix Pulitzer puis le Prix Nobel de littérature en 1954. Le reste de ses écrits sera publié de manière posthume.
Celui qui boxait dès l'âge de 12 ans, se querellait avec quiconque le contrariait, est resté plusieurs jours perdu dans la jungle africaine, après s'y être crashé en avion, qui a créé le fameux « Papa Hemingway special » du Floridita Bar de La Havane, en ajoutant une ration de rhum, sans sucre, au punch local, était capable de jeûner comme de se lancer dans des beuveries monstres, qui pouvait écrire « En avoir ou pas » (1937) aussi bien que des « Œuvres poétiques » (1960), se marier quatre fois par amour, élever des dizaines de chats et quatre chiens, est bien devenu une légende de son vivant, capable d'étonner par l'exubérance de son comportement autant que par la sobriété de son style.
Figure exemplaire de la « génération perdue » de l'entre-deux-guerres, Hemingway a exercé sur le roman moderne une influence considérable. A ta santé, « Papa » !
Publié par Papyves à 01:13:25 dans Grands Chefs | Commentaires (2) | Permaliens
Chers amis, je dois faire une pause dans l'émission de mes bulletins journaliers.
Mais cette parenthèse sera courte.
Alors, patience et merci pour votre fidélité.
En attendant, voici une photo de la France, l'Italie et les Pays-Bas, qui se demandent ce qu'a ce ballon de particulier pour qu'ils aient été, tous les trois, éliminés de l'Euro 2008 de Foot.Publié par Papyves à 11:21:41 dans Faits de Société. | Commentaires (7) | Permaliens
Finalement vaincus, en 1918, par une coalition plus puissante qu'eux, les forts Prussiens et autres fiers Bavarois qui s'élancèrent à la conquête de la France en 1914, durent signer, contre leur gré, le Traité de Versailles du 28 Juin 1919, après de longues années de guerre de tranchées où les deux jeunesses se sont mutuellement anéanties. Les Français, qu'ils avaient assommés à Sedan en 1870, pouvaient prendre, grâce à l'oncle Sam, une revanche d'estime.
Le Traité avait été préparé par les vainqueurs, Américains, Anglais et Français, du 18 Janvier au 20 Juin 1919, en fonction des intérêts que chacun voulait retirer de cette nouvelle donne géopolitique. « L'Allemagne doit payer » fut le leitmotiv de ces 6 mois de palabres délicats au cours desquels l'appétit colonial des uns le disputait au désir de revanche des autres. Et pour bien montrer de quel côté étaient les vainqueurs, on fit effectivement payer durement l'addition à l'Allemagne qui devra s'acquitter de « réparations de guerre », c'est-à-dire d'une lourde amende et sera amputée d'une partie de ses territoires. La France récupère l'Alsace-Lorraine. Les trois Empires, allemand, austro-hongrois et ottoman sont démantelés. De nouveaux Etats sont créés, tels que la Pologne renaissante qui récupère l'accès au couloir de Dantzig, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie. Ainsi morcelée, l'Europe centrale est de nouveau sous contrôle des « Grandes puissances » ou supposées telles. De plus, les colonies allemandes sont partagées entre le Royaume-Uni, la France et le Japon pendant que le Proche-Orient passe sous mandat français ou anglais, avec la bénédiction de la Société des Nations ( ancêtre de l'ONU ) que l'on crée à cette occasion. L'armée allemande ( en partie confisquée ) est strictement limitée en volume de moyens et la rive gauche du Rhin, y compris Köln, Koblenz et Mainz, est démilitarisée et occupée. La Sarre est sous administration internationale pour 15 ans. Plusieurs sanctions commerciales et des livraisons en nature complètent ces mesures draconiennes.
Le lieu choisi pour la signature, la Galerie des Glaces du Château de Versailles, n'est pas innocent. Il permet de laver l'affront fait lors de la proclamation de l'Empire allemand, le 18 Janvier 1871. La date est aussi symbolique car le 28 Juin est l'anniversaire de l'assassinat de l'Archiduc autrichien François-Ferdinand à Sarajevo, geste qui a servi de détonateur pour le déclenchement de la guerre mondiale. Bien sûr, ni Llyod George l'Anglais, ni Woodrow Wilson l'Américain, et encore moins Georges Clemenceau le Français n'avaient convié les représentants allemands à cette conférence où les Russes étaient également absents pour punition d'avoir quitté la guerre en 1917. Clemenceau insiste pour de lourdes indemnités afin de financer la reconstruction en France ( de fait, celles-ci se monteront à 132 milliards de Marks-or ). Les Anglais ont soin de ne pas favoriser, en diminuant trop l'influence allemande, la prééminence française. Les Américains, enfin, dont la voix compte à la hauteur de leur effort considérable pour la victoire, cherchent à ménager l'Allemagne pour éviter la résurgence de l'esprit revanchard.
Wilson ne croit pas si bien dire car, pour les Allemands, ces dispositions sont un « Diktat » infamant qu'ils ne peuvent accepter. « der Vertrag ist unannehmbar », irrecevable. Tenus pour « seuls responsables des dommages de guerre », ceux-ci ont le sentiment d'une profonde injustice. Malgré les efforts entrepris, l'Allemagne de Weimar ne peut pas répondre à l'oukase global, dans les délais imposés. Aussi, la France et la Belgique envahissent-elles la Ruhr, en 1923, ce qui aggrave le ressentiment populaire. Les plans US Dawes puis Young tenteront bien d'aplanir les difficultés et d'échelonner les paiements sur le long terme mais sans réel impact sur l'économie ni sur le moral.
On ne s'étonne plus, dès lors, qu'un homme puis tout un parti politique fanatisé derrière lui, accède au pouvoir, en 1933, en revendiquant le non paiement des indemnités et le recouvrement de l'intégrité et de la dignité nationale. Hitler va accompagner la vague de colère qui montait des länder, en l'incorporant dans son programme. Redonnant espoir et fierté à des Allemands humiliés, s'appuyant sur son talent oratoire autant que sur des succès réels en politique étrangère et des réalisations sociales fort appréciées en période de récession, il va s'imposer comme le chantre d'un renouveau du nationalisme allemand qui explique son ascension fulgurante au poste de Chancelier du Reich. L'anschluss de l'Autriche apparaîtra ainsi aux Allemands comme une concrétisation logique du besoin « d'espace vital » dont parle le Führer. Le ressentiment, fort aussi en Italie qui attendait la réalisation des promesses sur l'Istrie, la Dalmatie et le Trentin, mènera, de façon parallèle, au fascisme de Mussolini.
Le déclenchement de la seconde guerre mondiale n'est donc pas seulement l'œuvre d'un fou mégalomane mais c'est aussi le résultat prévisible d'un traité inique et du désir d'un peuple, rabaissé plus que de raison, à recouvrer sa dignité. Les militaires savent qu'on ne doit jamais acculer un adversaire traqué sans lui laisser une petite porte de sortie, sinon le désespoir décuple ses forces et il devient imprévisible.
( Photo : George, Orlando, Clemenceau, Wilson ).Publié par Papyves à 00:15:53 dans Faits politiques. | Commentaires (11) | Permaliens
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