C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Le 14 Mai 1948, conformément à la décision de l’ONU, David Ben Gourion, président du Conseil national juif, et Chaïm Weizmann, futur chef de l’Etat, proclament la naissance de l’Etat d’Israël. Que de chemins épineux pour en arriver là !
A l’époque d’Abraham ( vers 2.000 avant Jésus Christ ) et des patriarches qui l’ont suivi, ce peuple choisi par Yahvé ( Jéhovah ) portait le nom d’Hébreux, tribus semi-nomades de Syrie ayant traversé l’Euphrate vers la terre de Canaan ( la Palestine ). Puis, à la période des rois, David, Salomon et autres, ce furent les « fils d’Israël » ou Israélites, du nom que prit Jacob après avoir lutté toute une nuit avec l’ange envoyé par Dieu. Enfin, les Judéens ou Juifs tireront leur nom du royaume de Juda ( vers 700 av JC ), bâti autour de Jérusalem.
Au premier millénaire avant notre ère, la Palestine connaît une forte poussée démographique qui entraîne une première vague d’émigration qu’on appellera « diaspora » du grec dispersion. Mais ce « croissant fertile » reste très attrayant donc très peuplé et à l’époque du Christ, soit au début de notre ère, la Palestine est aussi peuplée qu’aujourd’hui alors que le monde entier ne compte que 250 millions d’habitants, c’est-à-dire 27 fois moins que de nos jours.
Pourtant, Jérusalem, capitale de l’ancien royaume de Judée, est mise à sac par l’armée romaine de Titus en l’an 70. Tout est détruit, y compris le Temple de Salomon dont il ne reste qu’un pan de mur, le « mur des lamentations ». Les trésors du Temple sont pillés, la Ménorah, ce chandelier sacré à 7 branches, disparaît.
Juifs et Chrétiens ont en commun la foi dans un même Dieu unique, celui d’Abraham. Mais les Juifs, à la différence des Chrétiens, ne reconnaissent pas en Jésus un Messie, fils de Dieu car ils attendent encore ce Messie rédempteur qui viendra un jour les délivrer de l’oppression et sauver l’humanité. La Bible, ensemble de récits théologiques écrits quelques siècles avant J.C, est la source du Judaïsme et son inspiration. Elle relate l’alliance conclue entre le Dieu unique et les Hébreux, selon l’annonce faite à Abraham et confirmée à Moïse.
Les deux communautés religieuses reconnaissent la Bible, dans sa version Ancien Testament ( car les Chrétiens ajouteront le Nouveau avec les Evangiles des apôtres ), mais l’interprètent de façon différente, au travers du Christ ( traduction grecque de Messie ) Jésus de Nazareth ( qui pourtant était juif ) ou de la Torah ( la loi en Hébreu ). Une autre différence est que l’on devient chrétien par croyance et souhait alors qu’on n’est juif seulement si l’on descend d’une mère juive. En fait, les premiers chrétiens sont des juifs qui ont suivi le Christ et cru en lui.
Depuis la plus haute antiquité, il y eut toujours des juifs en Terre Sainte malgré les occupations grecque, romaine ou arabe et les exodes entraînés par ces invasions. L’important empire sémite du 3ème millénaire, découvert grâce aux tablettes cunéiformes d’Ebla, en témoigne. Mais la population juive s’est considérablement multipliée hors de ce creuset, au sein de la diaspora extérieure ( aujourd’hui encore, il y a plus de juifs aux Etats-Unis qu’en Israël ). Ce sera sa force pour développer un lobby de par le monde mais aussi sa faiblesse de ne pouvoir s’appuyer sur un Etat enraciné et reconnu.
Aucune véritable conscience d’appartenance à une communauté spécifique ne vit le jour avant l’affaire Dreyfus en France :
Un journaliste hongrois, d’origine juive, Theodor Herzl, assiste à la cérémonie de dégradation du Capitaine Dreyfus, dans la cour des Invalides à Paris, le 05 Janvier 1895. L’officier avait été condamné à tort pour haute trahison, notamment du fait de son statut de juif. Herzl est révolté par la flambée d’antisémitisme dans la patrie des Droits de l’Homme. Il en tire la conclusion, dans son livre qu’il intitule « l’Etat juif » : « Der Judenstaat » que les Juifs doivent posséder leur propre Etat et il se lance dans une croisade, à base de congrès, qui portera le nom de Sionisme. Sa thèse du retour à Jérusalem suscite d’emblée l’enthousiasme des juifs exilés.
Le Sionisme tire son nom de Sion, l’une des collines de Jérusalem. Ce mouvement, initié par le choc de l’affaire Dreyfus mais aussi par les pogroms ( destruction totale en russe ) d’Europe centrale, vise à la création d’un Etat juif indépendant en Palestine, dans le triangle Sinaï, Jourdain, Liban-Syrie.
Herzl avait pourtant accepté, faute de mieux, la proposition du britannique Joseph Chamberlain qui offre une partie de l’Ouganda, alors possession anglaise, comme terre d’accueil. Les juifs « territorialistes » s’en satisfont mais les « sionistes » ne veulent rien d’autre que la terre d’Israël.
Pendant la première guerre mondiale, Français et Anglais concluent des accords secrets en vue de se partager les futures dépouilles de l’empire Ottoman ( turc ), allié des puissances centrales, notamment la Syrie et la Palestine. Parallèlement, les Britanniques promettent au chérif Hussein de La Mecque tous les territoires arabes sous occupation turque. Or, ce sont les mêmes. L’hypocrisie atteint son comble, en 1917, lorsque le ministre britannique des Affaires Etrangères, Arthur James Balfour, qui veut se rallier le soutien des juifs, notamment américains, adresse une lettre ouverte à Lord Rothschild dans laquelle il déclare : « Le gouvernement de sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, … ». La Palestine a donc été « promise » à la fois aux Juifs et aux Arabes, lesquels revendiquent leurs propres lieux saints dans la même Jérusalem.
( Lire la suite dans l'article ci-dessus ).
Publié par Papyves à 05:51:04 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
Il s’en fallut vraiment de peu que l’Europe ne devienne Mongole, à l’époque de Saint-Louis, des croisades et des cathédrales.
En 20 années de conquêtes sans pitié ( de 1205 à 1225 ) dans les grandes plaines de l’Asie centrale, le grand Genghis Khan, avec ses cavaliers-archers imprévisibles, avait non seulement unifié la Mongolie en proie à une quarantaine de clans nomades mais avait aussi réussi l’une des plus grandes dominations territoriales de tous les temps, battant même l’ancien conquérant Alexandre le Grand.
Après la Mandchourie, la Chine du Nord et la prise de Pékin malgré la Grande Muraille, ce seront les grandes steppes qui s’étendent du lac Baïkal à la mer Caspienne, en passant par l’Afghanistan et le royaume de Kharezm, l’Iran d’aujourd’hui.
En 1227, le grand Khan, le « souverain suprême », meurt à la suite d’une chute de cheval, à plus de 65 ans. Ses fils dont Obodeï, puis ses petits-fils vont poursuivre la conquête vers l’Ouest avec autant de succès à partir de 1235. Pour ces cavaliers nés à cheval, la traversée des immenses steppes du Caucase n’est qu’une formalité. Les voici aux portes de l’Europe et de la chrétienté avec quelques centaines de milliers de valeureux combattants et encore plus de chevaux.
Le 11 Avril 1241, en effet, les Mongols de Batû-Khan, petit-fils du grand Gengis-Khan, alliés aux Turcs, remportent une éclatante victoire, grâce à une manœuvre en tenaille, sur les troupes hongroises du roi Bela IV, à Mohi où 50.000 combattants environ sont massacrés, après les déroutes de Breslau et Liegnitz. L’Europe est à leur merci depuis la Baltique ( la Pologne est soumise ) jusqu’au Danube et à la Croatie. Vienne la capitale autrichienne n’est plus qu’à quelques dizaines de kilomètres. Jamais les hordes mongoles ne s’étaient aventurées aussi loin en occident, plus loin même que lors de la première conquête de la Crimée face aux Coumans et Russes ( pour une fois réconciliés contre l’envahisseur ).
Pourtant, malgré leur succès, ces guerriers tant redoutés vont se retirer vers l’Est. Pourquoi ? Mystère. La mort d’Obodeï, des problèmes pour nourrir leurs innombrables chevaux, ou le mal du pays ? On ne sait pas.
C’est l’organisation des troupes et la tactique mise au point par ces farouches combattants, plus que leur armement rudimentaire à base de lances et d’arcs, qui ont fait le succès de ces « razzias des plaines » comme on les appellerait de nos jours :
Attaques de flanc et sur les arrières, scission en plusieurs corps d’assaut par multiples de dix, prisonniers utilisés en premières lignes pour subir le premier choc, monte de chevaux frais changés plusieurs fois durant les combats pour surgir comme l’éclair et semer la panique dans les rangs adverses, catapultages massifs de flèches et de pierres précédant l’assaut, simulacres de repli en retraite désorganisée pour attirer l’ennemi dans le piège d’une embuscade, bateaux démontables pour franchir les cours d’eau, logistique simple et campements à base de yourtes traditionnelles, tout était tourné vers le mouvement, le harcèlement et la surprise d’où les faibles pertes enregistrées à chaque campagne.
C’est lors de la conquête de l’Iran que la férocité des Mongols a été la plus marquée : incendies des grandes cités et habitants égorgés vont faire la réputation de ces « barbares ».
Pourtant, malgré sa brutalité, Gengis Khan est considéré aujourd’hui comme une légende en Mongolie bien sûr mais il est également reconnu comme un héros national chinois, sous prétexte qu’il y a plus de mongoliens en Chine qu’en Mongolie.
Passant sous silence son côté guerrier impitoyable, on veut voir en lui celui qui a promulgué un « Yassak » en 1206, sorte de code de lois s’appliquant à tous les domaines de la vie quotidienne mongole, justice, religion, hospitalité, jusqu’à l’adultère, tout était régi et codifié.
Bref, un Napoléon avant l’heure ?
Publié par Papyves à 05:51:17 dans Conquêtes | Commentaires (8) | Permaliens
Il y a exactement 60 ans, le 18 Mars 1949, était publié le texte établissant l’OTAN, Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, traduction française du NATO, North Atlantic Treaty Organization. On ne blasphème pas ni ne trahissons le concept en francisant le sigle car, dès l’origine, la langue française fut acceptée comme langue officielle de l’organisation, si bien qu’on peut s’y exprimer ( fait unique ) dans l’une ou l’autre langue.
Fondé sous l’égide des Etats-Unis et signé le 4 Avril de la même année par le Canada et la plupart des pays de l’Europe de l’Ouest, ce traité visait à organiser l’Europe, ravagée par la deuxième guerre mondiale, face à une Union Soviétique victorieuse prête à y instaurer le communisme en élargissant ce qui allait devenir le Pacte de Varsovie.
De fait, en aidant à la reconstruction de l’Europe avec le Plan Marshall et en y maintenant des troupes américaines et canadiennes aux côtés des forces européennes, l’OTAN a largement contribué à l’équilibre planétaire de la terreur, bloc contre bloc et a donc évité un nouvel affrontement pendant un demi-siècle.
Cependant, après l’effondrement du mur de Berlin en 1989 et donc du bloc soviétique, on aurait pu se demander à quoi allait servir cette usine à gaz puisque sa cible ennemie avait disparue. Elle a su justifier de son utilité et se maintenir, s’élargir même, en se transformant à la marge pour continuer à paraître incontournable. Les 22.000 employés permanents respirent. Par exemple, c’est l’OTAN qui aide actuellement le gouvernement irakien en matière de sécurité, aux côtés de la Force internationale de stabilisation, à Bagdad.
Depuis la décision du Général de Gaulle, en Mars 1966, de retirer la France du Commandement intégré de l’OTAN, afin d’éviter l’automaticité de soumission et d’engagement et pour conserver aux décideurs nationaux le plein emploi des forces nucléaires notamment, la planète savait que la France tenait une place particulière au sein de l’Alliance, à la fois allié fidèle quand il le faut et à la fois membre jaloux de son autonomie de décision quand elle le souhaitait. Le meilleur exemple de cette singularité nous est fourni par le discours de Dominique de Villepin, à la tribune des Nations Unies, en Février 2003, lorsque le Ministre des Affaires étrangères qu’il était alors fut le seul à plaider contre la guerre en Irak. Cette position originale, cette liberté de parole et d’action qui n’entamaient pas la fidélité sans réserve aux grands principes, avait fini par être acceptée par tous les membres et notamment par les Américains eux-mêmes.
Or voici que le Président de la République actuel prend tout le monde à contre pied en annonçant, sans consulter le Parlement ni le peuple, le retour complet et définitif de la France dans la structure intégrée. Le bénéfice de cette mesure, hormis la satisfaction des américains, me semble douteux et incertain pour la France :
Le président nous dit qu’il faut choisir des alliés « forts » mais le plus grand d’entre eux accumule justement les déboires, autant stratégiques qu’économiques. Pourquoi le suivre dans ses naufrages ? Il assène que « les perdants ont toujours tort », ce qui est généralement vrai mais le fait d’être présent dans une organisation essentiellement anglo-saxonne ne nous fera pas être plus écouté que de l’extérieur où, justement parce qu’elle était souvent discordante, la voix de la France avait un gros écho de l’autre côté de l’Atlantique. Je crains que noyé dans la masse, et même si deux commandements subalternes, à Lisbonne et à Norfolk, Virginie, lui étaient confiés à titre de remerciement ( après l’affront de celui de Naples ), le petit doigt que lèverait le représentant français ne pèserait pas lourd face à la forêt de mains des affidés. Je doute donc que la France sera « plus forte et plus influente ». Elle aura simplement perdu cette confiance des non-alignés en affichant un ralliement inconditionnel avec le « diable US », tel que le désigne en particulier le monde musulman.
Le président nous prédit aussi que c’est le seul moyen de relancer la construction européenne qui stagne. Les Américains, pas plus que les Chinois, futurs nouveaux maîtres du monde, ne veulent d’une Europe forte et puissante économiquement, encore moins unie militairement ( et on est loin du compte sans les Anglais et les Scandinaves ). Ils auront beau jeu de rappeler que tous les pays européens sont désormais sous la protection du parapluie otanien. Alors, à quoi bon dépenser des fonds pour une défense séparée et difficilement commandable ?
En résumé, je ne crois pas qu’on puisse dire que « notre rapprochement avec l’OTAN conforte l’indépendance nationale ». Le Grand Charles de Colombey doit se retourner dans sa tombe.
A l’inverse, sans doute demandera-t-on à ce revenant de ne plus rester seulement le 5ème contributeur financier de l’Alliance mais de faire un effort supplémentaire. Cet effort étant déjà fait en termes humains. Espérons que le jeu en vaut la chandelle et que les petits Gaulois ne soient pas un jour envoyés au combat, dans une nouvelle croisade atlantique, contre la volonté des Français eux-mêmes. « C’est un pari » aurait dit le président Sarkozy. Parfois, on les perd. Je souhaite de tout cœur que celui-ci soit gagnant. Wait and see !
Publié par Papyves à 05:43:08 dans Faits politiques. | Commentaires (3) | Permaliens
L'année 2001 est restée dans les mémoires du fait de l'effondrement, le 11 Septembre, des deux tours jumelles du World Trade Center de NY, ainsi que d'une l'aile du Pentagone, après que des terroristes extrémistes aient propulsé des avions de ligne sur ces objectifs ciblés.
Mais une autre catastrophe, culturelle celle-là, eut lieu le 26 Février de la même année, lorsque le mollah Mohammed Omar, émir autoproclamé des Taliban en Afghanistan, émit un décret qui stipule que « toutes les statues situées dans les différentes régions du pays doivent être détruites ( ... ) de façon à ce qu'à l'avenir, personne ne leur rende de culte ni ne les respecte.».
Or, le centre de l'Afghanistan fourmille de vestiges anciens et de statues. Ce fut une voie de passage des pèlerins bouddhistes vers la Chine et l'Inde, avant l'arrivée des Musulmans au IXe siècle. Bamiyan, en particulier, sur l'ancienne route de la soie vers l'occident, était une cité religieuse prospère, comptant de nombreux monastères, comme en témoignaient les deux statues monumentales ( 55 et 35 mètres de haut ) des deux Bouddhas debout, excavées au VIe siècle dans la paroi d'une falaise de grés, au milieu de cette vallée à 2.500 mètres d'altitude et à 230 kilomètres au Nord-Ouest de Kaboul. Avec les peintures des grottes et cavités annexes, elles faisaient partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Pourtant, bravant le tollé général de toutes les nations du monde, hormis le Pakistan, l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, les Taliban ( pluriel de Taleb, étudiant en théologie ) tirent au canon et à la roquette sur ces Bouddhas, le 08 Mars 2001, détruisant les parties inférieures, la tête ayant été détruite en 1998. « Cela n'est pas aussi facile qu'on peut le penser, se plaint le ministre de l'information taliban, car les statues sont fermement attachées à la montagne ».
Deux jours plus tard, les artificiers pakistanais et saoudiens, issus de leurs rangs, parachèvent l'œuvre de destruction à coups d'explosifs. « Nous ne faisons que casser des pierres » déclare le mollah, désireux de faire disparaître toute image de dieux infidèles à l'Islam.
« La reconstruction n'a pas été jugée prioritaire » déclare piteusement le représentant de l'UNESCO en 2002 alors que le site faisait partie de son patrimoine à sauvegarder avant la destruction des statues.
C'est qu'il ne reste plus grand chose à sauver à Bamiyan ... sauf, peut-être, une statue encore plus colossale ! Celle-ci représenterait un Bouddha couché de 350 mètres ( plus de 1000 pieds ) de long, entrant dans le nirvâna. Selon un pèlerin bouddhiste chinois, nommé Xuanzang ( ou Hiuan-Tsang ), qui se rendit en Inde en 632, l'année même de la mort de Mahomet, ce Bouddha couché était recouvert d'or et de bijoux fins.
Sans doute aussi, devrait-on se préoccuper de ces peintures découvertes derrière les statues, dans des grottes ornées de fresques millénaires représentant des scènes de bouddhisme. Ces peintures à l'huile sont plus anciennes que celles des pionniers hollandais et italiens qui pensaient en avoir inventé la technique aux XIVe et XVe siècles mais elles sont très abîmées.
Après la chute des Taliban, les chercheurs de tous pays se mirent en quête de ce troisième Bouddha. On crut l'avoir découvert en Septembre 2008 lorsqu'une équipe d'archéologues franco-afghane mit à jour les restes ( le cou, une main et l'épaule droite ) d'un Bouddha couché de 19 mètres de long seulement, non loin du lieu du dynamitage. Trop petit.
Même s'ils ne seront vraisemblablement jamais reconstruits, la population locale, faite de Chiites Hazara, espère pourtant le retour des Bouddhas qui leur assuraient des revenus touristiques appréciables. Elle avait mal vécu l'arrivée de cet Islam rigoureux, inspiré du Wahhabisme saoudien, appliquant la charia, la lapidation des adultères et l'amputation des voleurs, la non scolarisation des filles et l'exclusion de toute référence occidentale.
La population locale sait intuitivement que l'Islam ne prône pas l'obscurantisme mais bien la tolérance. Allah, que de mal fait-on en ton nom ! Je suis sûr que tu ne cautionnes pas tout ce que ces fanatiques orchestrent, en vérité, à leur propre profit.
Publié par Papyves à 14:18:47 dans Faits de Société. | Commentaires (1) | Permaliens
Pas un mot aujourd'hui, 27 Janvier, dans la Presse ( mais je n'ai sans doute pas bien cherché ) sur un évènement historique attendu par le monde entier il y a 36 ans. Je veux nommer le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et le Nord Vietnam, intervenu à Paris, le 27 Janvier 1973, après 10 années acharnées de guerre.
Le temps me manque pour retracer ce traumatisme insensé qui a vu toute une génération de jeunes soldats américains mourir aux portes d'Hanoï ou de Saïgon, pendant que des milliers de Vietnamiens anonymes brûlaient sous les bombes au napalm.
La défaite française de Dien Bien Phu, 20 ans auparavant, n'aura fourni aucune leçon aux belligérants qui s'entêtèrent, les uns dans leur certitude de vaincre militairement, les autres dans leur rage idéologique.
J'aurais aimé reprendre la trame chronologique de cette guerre qui remonte au conflit entre la France et le Viêt-minh, de 1946 à 1954, qui renaît avec les actions de guérilla contre le Vietnam du Sud en 1959. J'aurais souhaité dépeindre l'implication des USA bien sûr mais aussi de la Chine, du Cambodge et de l'URSS, parler de la forêt et du bourbier indochinois où s'épuisèrent tant de bonnes consciences, des 135 milliards de dollars engloutis, des caches d'armes et des trésors d'ingénuité de ces coolies asiatiques aux mains nues finalement invaincus face à la première puissance mondiale.
J'aurais voulu vous parler de ces négociations secrètes entre l'américain Henri Kissinger et Le Duc Tho, l'envoyé spécial de Hanoï. J'aurais voulu surtout rendre compte de la douleur des peuples et des mères, des deux côtés de l'océan pacifique, devant le corps inerte de leurs proches qu'on leur rendait sous un drap blanc.
Pour les hommes de ma génération, la guerre du Vietnam sonne encore douloureusement aux oreilles et des noms claquent comme des bulles de gaz nocif : Raids de B 52, Da-Nang, Viêt-congs, offensive du Têt, 17ème parallèle, Khe-Sanh, Hué, ...
A l'époque du Watergate qui éclabousse la Maison Blanche, c'est finalement l'effet psychologique des images chocs, plus que le nombre horrible de pertes humaines, qui amènera le Président Nixon à rapatrier ses troupes, honteusement sans victoire.
On comprend pourquoi le silence est fait sur cet évènement. La honte, voila la raison du silence. C'est pourquoi j'aurais aimé que la Presse en parlât.
Des millions de réfugiés, 57.000 G.I.s et 2 millions de Viets morts pour rien, pour un peu d'amour propre blessé et quelque influence économique et stratégique perdue, à l'autre bout du monde. Tristesse déjà oubliée.
Publié par Papyves à 23:05:00 dans Faits politiques. | Commentaires (4) | Permaliens
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