C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
<< La Momie des glaces. | Les diamants de Bokassa 1er. | Au Revoir. >>
Elevé par les missionnaires, après le décès de ses parents, dans cette région appelée alors Oubangui-Chari (du nom des fleuves locaux), Jean-Bedel Bokassa s'engage dans l'Armée française à l'âge de 18 ans, en 1939, ce qui va l'amener à participer, dans les rangs des Forces françaises libres, au débarquement en Provence et à la bataille du Rhin. Il servira la France plus de 20 ans.
Dans son pays d'origine, la Centrafrique, David Dacko arrive au pouvoir en 1959, juste avant l'indépendance, lorsque le Président Barthélémy Boganda est tué dans un crash d'avion. En 1964, lorsque Dacko voit revenir son cousin Jean-Bedel au pays, en capitaine de la Légion, tout auréolé de gloire et la poitrine couverte de médailles, justement gagnées en Indochine et en Algérie, il n'hésite pas une seconde à lui confier, avec le titre de Chef d'état-major et le grade de colonel, la réorganisation de l'Armée à Bangui. Fin 1965, le chef de la Gendarmerie tente un coup de force pour destituer Dacko mais c'est J.B. Bokassa qui retournera la situation à son profit en neutralisant les gendarmes et en prenant le pouvoir, le 31 Décembre 1965. C'est ce qu'on appellera le « coup d'Etat de la Saint-Sylvestre ».
Dans les premières années où il assoie son pouvoir de façon brutale, avec l'assentiment tacite de la France, Bokassa reste populaire du fait des grandes idées de retour à la terre, de réforme agraire et de valeur travail. Rapidement cependant, le « soudard », comme l'appelait le Général de Gaulle, perd tout sens de la mesure et, grisé par le pouvoir absolu, il s'auto-proclame « Président à vie » en 1972, puis « Maréchal » en 1974, en souvenir de Napoléon qu'il avait étudié en France. C'est par une monumentale et fastueuse cérémonie, en Décembre 1977, au cours de laquelle il se place lui-même la couronne « d'Empereur » sur la tête, que le ridicule atteint son comble. Pour l'occasion, le souverain avait revêtu le même costume que le Maréchal Ney lors du sacre de Napoléon 1er mais, parmi les 5.000 invités, aucun Chef d'Etat n'avait fait le déplacement.
Le pays est mené d'une main de fer, avec son lot d'exécutions et de torture contre les opposants, les ressources détournées « normalement » et le peuple reste à l'écart des distributions, bien évidemment. Pour payer les fonctionnaires, JBB se tourne vers le voisin Libyen. Afin de séduire Kadhafi, de qui il attend une aide financière, il n'hésite pas à se déclarer musulman et à changer son nom pour des consonances plus coraniques.
En Janvier 1979, des étudiants manifestent contre le prix élevé qu'ils doivent payer pour confectionner l'habit à l'effigie de l'Empereur. Bokassa 1er s'implique personnellement dans la répression de ce mouvement qui fait une centaine de morts parmi les étudiants. Dés lors, non seulement « notre cher ami » n'est plus en odeur de sainteté auprès de la diplomatie française mais il devient carrément gênant. Le 21 Septembre de la même année, lors d'une nouvelle visite qu'il effectue en Libye, la France de Valéry Giscard d'Estaing lance une opération commando, appelée « Opération Barracuda » dont l'objectif est double : destituer le dictateur Jean-Bedel Bokassa pour le remplacer par son prédécesseur plus docile, David Dacko, et récupérer des documents compromettants liés à la proximité, voire l'amitié, entre les deux présidents, Bokassa et Giscard d'Estaing dont la passion de la chasse au gros gibier l'avait amené à de nombreuses reprises en Centrafrique. Les deux objectifs sont atteints.
Pendant que l'Empereur déchu se réfugiait à Abidjan, en Côte d'Ivoire, la presse française, le Canard enchaîné et Le Monde en tête, ressortait une lettre de 1973, signée de la main de Bokassa lui-même et autorisant le don d'une plaquette de diamants de 30 carats au profit du ministre des finances de l'époque, un certain VGE. C'est dans cette rivière de diamants que va se noyer le Président Giscard, alors qu'il brigue un second mandat de 7 ans. A mesure que la polémique et les doutes enflaient sur la véracité de ces « cadeaux », VGE les balayait d'un silence de mépris. « Il faut laisser les choses basses mourir de leur propre poison » déclare-t-il. Erreur, car les électeurs se sont passionnés pour cette affaire bien exploitée par la gauche et certains gaullistes. Qui ne dit mot, consent. C'est finalement François Mitterrand qui rafle la mise le 10 Mai 1981.
Jean-Bedel reste en exil pendant 4 ans chez Houphouët Boigny, pendant que son successeur à Bangui tente de rétablir un fonctionnement républicain des institutions, puis on le revoit en France, dans les Yvelines jusqu'en 1986, où il se décide à rentrer dans le pays qui l'a condamné à mort. En l'espace de 6 ans, de 1987 à 1993, sa peine sera commuée en prison à vie, puis en 10 ans de réclusion puis en amnistie. Il meurt en 1996 d'un arrêt cardiaque, à 75 ans, persuadé que son peuple et ses 17 femmes l'avaient toujours aimé. Il laisse 50 enfants reconnus.
Il est étonnant de constater, au travers de cet exemple, que les intérêts de la France aient conduit ses présidents successifs à appuyer des dictatures africaines jusque dans leurs aberrations les plus flagrantes.
Publié par Papyves à 00:47:47 dans Faits politiques. | Commentaires (4) | Permaliens
11-10-2009 21:26
De bouleau Sujet:
bocassa
22-09-2008 03:57
De Gilles Sujet:
Jean-Bedel
20-09-2008 10:15
De Papyves Sujet:
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20-09-2008 03:32
De Gilles Sujet:
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