C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
<< La Guerre est Hors-la-Loi. | I have a dream ! | Pizarro trahit les Incas. >>
Si, en 2008, Barack Obama, noir de peau, peut raisonnablement espérer avoir des chances d'être élu Président des Etats-Unis d'Amérique, c'est peut-être à un autre noir américain qu'il le doit.
Martin Luther King, métis d'un père Kenyan et d'une mère américaine, devient pasteur, comme son père, après avoir fait des études de sociologie et de théologie à Atlanta. Il officie, pour commencer, à Montgomery dans l'Alabama. Pas facile de prêcher quand on est noir dans ces Etats du Sud ségrégationnistes, comme la Georgie, l'Alabama, le Mississipi ou les Carolines. C'est à Montgomery, justement, qu'une autre femme noire se rebellera, elle aussi, le 1er Décembre 1955. Assise à l'avant d'un bus, elle refuse ce jour-là de se lever pour laisser sa place à un passager blanc. « No » dit Rosa Lee Parks. « Get up », « No ». Scandale, arrestation, commissariat de police, amende ! Le jeune Martin Luther King, 26 ans, organise alors un vaste mouvement de solidarité : pendant 380 jours, les autobus de la ville sont boycottés par les noirs, occasionnant des difficultés à l'entreprise. Ce mouvement aura un fort retentissement, particulièrement dans la communauté noire qui prend conscience qu'elle peut agir. En somme, Rosa Parks « s'est assise pour que nous puissions nous lever » résumera le révérend Jesse Jackson au New York Times.
Ce mouvement, non-violent, sera suivi par d'autres avec toujours plus de sympathisants. Le pasteur King en devient le chef naturel, après ce premier succès. Son charisme et son élégance ajoutent à la force de ses discours qu'il prononce devant des foules d'Afro-américains de plus en plus nombreuses. La législation locale commence alors à changer, puis au niveau fédéral, en 1956, la Cour suprême déclare la ségrégation raciale « anticonstitutionnelle ». Première victoire. Mais sur le papier seulement car les moeurs n'évoluent pas au même rythme.
La réputation de King franchit les frontières et il incarne partout un véritable espoir pour les noirs muselés. Aux Etats-Unis, cependant, certains préféreraient une solution plus radicale que la non-violence. Le 28 Août 1963, le pasteur organise une grande marche de la liberté qui s'achève devant la statue de Lincoln, à Washington DC. C'est là que, devant 250.000 personnes, à 90% noires bien sûr, il prononce ce fameux discours qui s'achève par cette phrase : « I have a dream ... ». Son rêve est de voir ce pays réconcilié, blancs et noirs côte à côte, sans distinction, que les fils d'esclaves et leurs maîtres puissent s'asseoir à la même table, que ses 4 enfants puissent être jugés un jour, non pas sur la couleur de leur peau mais pour le contenu de leur personne. « I have a dream that ... in Alabama, little black boys and blacks girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers ». Exhortation, rêve ou prémonition ? . « I have a dream that one day this nation will rise up ... ».Peu de temps avant l'assassinat de celui-ci, en 1963, il rencontre John F. Kennedy qui lui apporte un grand soutien dans sa lutte contre la ségrégation raciale. En 1964, il devient le plus jeune lauréat du prix Nobel de la Paix pour sa lutte non-violente. Son discours d'acceptation, en Décembre 1964, fera date. Ce qui n'empêche pas les radicaux blancs de le surveiller de près, voire de le diffamer. Ce qui n'empêche pas, non plus, le mouvement Black Panthers et Black Power, beaucoup plus radical, de le déborder par un appui plus grand dans les ghettos noirs notamment. Aux jeux olympiques de Mexico, en Octobre 1968, peu de temps après la fusillade sur la place des Trois-Cultures, qui fera 250 morts, deux athlètes sur les marches du podium, Tommie Smith et John Carlos, oseront lever leur poing fermé et recouvert d'un gant noir. Blasphème d'une cérémonie lisse et harmonieuse mais courage et détermination d'une population qui ne veut plus se laisser faire. Le triplé noir US sur 400 mètres quelques jours plus tard, montera sur le podium avec un béret noir sur la tête pour manifester également contre l'injustice dans leur pays.
« I have a dream ». Malheureusement, Martin Luther King ne le verra pas se réaliser car il sera abattu sur le perron de sa chambre d'hôtel à Menphis, le 04 Avril 1968, par un illuminé. L'apôtre de la non-violence, qui croyait dur comme fer en l'égalité entre les races, passera en une journée du statut de fauteur de troubles à celui d'icône de la réconciliation. L'héritage de Luther King reste omniprésent dans l'histoire de son pays.
Aujourd'hui, bien que ses frères de peau ne le trouvent pas assez noir à leur goût, il se pourrait bien que Barack Obama réalise, dans quelques semaines, le rêve du pasteur d'Atlanta.
Publié par Papyves à 01:20:20 dans Grands Chefs | Commentaires (2) | Permaliens
28-08-2008 06:15
De Pierre Gaugain Sujet:
Obama,