C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
<< Pompéi engloutie par le Vésuve. | Massacre à la Saint-Barthélemy. | Le chêne de Saint Louis. >>
La paix de Saint-Germain, en 1570, met fin à 3 années de terribles guerres civiles entre catholiques et protestants français. Mais cette paix est précaire car mal acceptée des deux côtés. Pour apaiser les rancoeurs, la Reine-mère Catherine de Médicis laisse revenir les protestants à la Cour du jeune roi Charles IX et, notamment, Gaspard de Coligny, le chef des protestants, qui intègre le Conseil royal.
Pour faire bonne mesure et concrétiser la paix entre les deux communautés religieuses, Catherine pousse plus loin l'initiative jusqu'à proposer le mariage de sa fille catholique Marguerite de Valois, dite Margot, avec le prince bourbon protestant Henri de Navarre, le futur Henri IV, même si le mariage, prévu le 18 Août 1572, n'est pas du goût du Pape ni de celui du roi d'Espagne Philippe II.
L'amiral de Coligny, chef des Huguenots (terme péjoratif désignant les Protestants), ayant pris un ascendant certain sur le roi Charles IX, tentait de convaincre celui-ci de reprendre la guerre contre les Pays-Bas espagnols, alors que Catherine avait eu tant de mal à instaurer une période de paix. Coligny échappa de peu à un tir d'arquebuse. Catherine de Médicis a-t-elle commandité l'attentat ? Est-elle aussi à l'origine de la décision de profiter du rassemblement des principaux gentilshommes huguenots, montés à Paris pour les noces et très en colère contre cette agression ratée, pour les faire tuer ? On n'en est pas sur, même s'il est établi qu'elle craignait les représailles des chefs protestants. Le Duc de Guise, catholique revanchard, est nommé également dans les probables suspects.
C'est cet événement, la décision d'éliminer les chefs protestants trop influents sur la Cour, qui va entraîner l'hystérie collective de la « Saint Barthélemy », commencée dans la nuit du 24 au 25 Août 1572. Le peuple parisien, en effet, est très remonté contre le mariage arrangé, d'autant que le luxe déployé pour l'organiser contraste avec les difficultés liées aux mauvaises récoltes et aux hausses des prix. La sonnerie des matines donne le signal du massacre des nobles protestants, dont l'amiral de Coligny qui sera défenestré. Les corps sont traînés dans les rues et rassemblés dans la cour du Louvre.
Au petit matin, le peuple découvre le massacre et se met, lui aussi, à pourchasser les protestants dans toute la ville pour les achever sauvagement avant de jeter les cadavres dans la Seine. La folie meurtrière durera plusieurs jours, malgré les tentatives du roi pour la faire cesser. Pire encore, la nouvelle s'étant répandue hors des murs de la ville, ce sont d'autres villes de province qui déclenchèrent leurs propres massacres. Le 25 Août, la tuerie atteint Orléans et Meaux, le 28 Angers et Saumur, le 31 Lyon, le 11 Septembre Bourges puis en Octobre Bordeaux, Troyes, Rouen et Toulouse. Albi, Gaillac, Valence et Orange seront aussi touchées. Parfois, les autorités locales, au lieu de calmer les esprits, encouragent la chasse. Plusieurs milliers de victimes dans toute la France feront les frais de ce carnage spontané.
Comme on pouvait s'y attendre, le massacre de la Saint-Barthélemy déclencha la 4ème Guerre de religion. Il faudra attendre Avril 1598 et la signature de l'Edit de Nantes par Henri IV, lui-même protestant s'étant converti pour accéder au trône, pour voir enfin la paix s'installer entre les deux communautés religieuses. Malgré la liberté de culte qui leur était offerte, de très nombreux protestants, entre temps, avaient fui le royaume, notamment vers l'Est.
Quand on voit qu'une grande démocratie comme la France a du en passer par ces élans expiatoires de barbarie, au nom de la religion, avant de trouver la paix sociale, on comprend la lenteur des progrès qui sont faits dans certains pays en proie aujourd'hui aux mêmes affrontements fratricides.
Publié par Papyves à 00:17:44 dans Faits de Société. | Commentaires (6) | Permaliens
26-08-2008 15:02
De fang Sujet:
dommage Url: [Liens]
25-08-2008 23:45
De fang Sujet:
ouf ! Url: [Liens]
23-08-2008 06:36
De gaugain pierre Sujet:
sagesse...