C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
<< Guy de Maupassant, toujours vivant. | Apocalypse sur Hiroshima | Mata-Hari prise pour une espionne. >>
Après la défaite inéluctable de l'Allemagne nazie, la fin de la seconde guerre mondiale était suspendue à la fermeté du Japon, allié de l'Axe. Les Américains connaissaient la bravoure et le fanatisme des kamikazes comme la détermination de toute la nation japonaise et craignaient d'avoir à effectuer un débarquement sur l'île, ce qui serait synonyme d'environ 500.000 morts supplémentaires de chaque côté pour espérer entrevoir la paix. Le Japon avait montré qu'il ne céderait pas facilement car les villes détruites par les tonnes de bombes déjà larguées, depuis Janvier 1945, ne l'avait pas fait bouger d'un iota. Il fallait donc trouver le moyen de faire capituler rapidement l'Empereur nippon pour épargner d'autres vies humaines.
Le Président Harry S. Truman, qui vient de remplacer Roosevelt, sait que la « bombe atomique », objet du Projet Manhattan, est arrivée à maturation et que le premier essai au plutonium nommé Trinity, dans le désert du Nouveau-Mexique, a été concluant. Sa décision est prise. Le 26 Juillet 1945, lors de la conférence de Postdam, les Alliés exigent de Tokyo une capitulation inconditionnelle, sous peine de « destruction totale ». Bien entendu, les Japonais refusent de se rendre.
Dans le même temps, une équipe de pilotes de l'US Air Force, dirigée par le lieutenant-colonel Paul Tibbets, s'entraîne au largage à bord de Super-Fortress. C'est elle qui se rend sur l'île de Tinian, dans les îles Mariannes, non loin de Guam au Sud du Japon. Le 06 Août 1945, Tibbets décolle aux commandes de son bombardier B-29, qu'il a nommé « Enola Gay » en pensant aux prénoms de sa mère. Il est le seul des 11 membres d'équipage à savoir que la bombe qu'ils ont baptisée « Little Boy » est une « bombe A spéciale » qui contient 64 kg d'uranium 235 enrichi, en provenance des mines du Katanga, au Congo belge. L'équivalent de 15 kilotonnes de TNT.
A 08 h 15, l'objectif que l'on survole à 31.000 pieds ( environ 9.500 m ) est en vue et brille de toutes ses lumières. La 7ème ville du Japon, gros centre industriel de guerre, compte 343.000 habitants. Beaucoup lèvent la tête pour voir passer ce quadrimoteur mais ... un avion seul, pas de danger ! Pourtant Little Boy chute inexorablement et actionne automatiquement la mise à feu barométrique. A 580 mètres du sol, c'est l'explosion. Un immense halo blanc précède une formidable onde de choc et une boule de feu radioactive qui vitrifient tout sur 360°. Jusqu'à 4 km, tout s'écroule et prend feu et les personnes situées encore à 8 km de l'épicentre souffrent de brûlures au 3° degré, alors que leurs vêtements ont été arrachés.
78.000 morts instantanés seront rejoints par 50.000 personnes qui décèderont dans les semaines suivantes. Le chiffre total, imprécis, est de l'ordre de 150.000 morts, sans compter les milliers de blessés, les séquelles des radiations, les enfants nés difformes ou handicapés, les suicides, les cancers ou leucémies. Une ville anéantie en quelques secondes. ( voir la vidéo ).
Mais le gouvernement japonais ne veut toujours pas céder. Alors, la prochaine cible sera la ville de Kokura, le principal arsenal. Le 09 Août, un autre B-29 survole la ville avec à son bord le grand frère de Little Boy, « Fat Man », bombe au plutonium, l'équivalent de 20 kilotonnes de TNT. Comme Kokura est sous les nuages, on se dirige vers Nagasaki, la prochaine sur le plan. A 11 h 02, Fat Man ajoute 60.000 morts à la folie des hommes. Au total, les bombardements de l'Empire du Soleil levant auront fait environ 260.000 morts. Un « détail » dirait quelqu'un, comparé aux « millions » de victimes de Staline, Pol Pot ou Hitler. Mais l'impact psychologique est tel que l'Empereur Hirohito accepte la capitulation immédiate sans condition, le 14 Août. La signature officielle, le 02 Septembre 1945, à bord du Missouri, provoquera la fin de la WW2.
Paul Tibbets ne verra pas les peaux brûlées et les tympans crevés des fantômes hagards qui errent dans les ruines, à la recherche de proches volatilisés. Il sera décoré de la Distinguished Service Cross, passera Général en 1959, dirigera une compagnie d'aviation privée et s'éteindra, sans remords, le devoir accompli, le 1er Novembre 2007.
Après avoir largué sa bombe meurtrière, il s'était écrié, à l'adresse de son équipage : « Les gars, vous venez de larguer la première bombe atomique ». Tout fier le Paul. Ce qui me gêne est qu'il n'ait jamais eu, jusqu'à sa mort, un mot pour les victimes. Rien qu'un mot de compassion, Paul, pas plus, c'était dur ?
Publié par Papyves à 01:23:06 dans Faits politiques. | Commentaires (4) | Permaliens
08-08-2008 21:35
De Frédéric Sujet:
Staline aussi pour quelque chose :)
06-08-2008 11:59
De gaugain pierre Sujet:
Hiroshima....
06-08-2008 11:02
De Papyves Sujet:
Mea culpa Url: [Liens]
06-08-2008 08:54
De Bomber X Sujet:
Beaucoup de morts inutiles