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Lebuzuk - historik

Les délires d'histoire de Papyves.../...ça s'est passé aujourd'hui !

Papyves

C'est  sympa  un  Blog : On  peut  aller  au  bout  de  son  monologue  sans  risquer  d'être  interrompu.  On  n'est  même  pas  obligé  de  lire  les  commentaires  d'autrui.


Non,  je  rigole,  si  j'écris  c'est  pour  être  lu,  pardi.  Alors,  bonne  lecture.  Vous  pouvez  zapper,  je  ne  m'en  offusquerai  pas.


En  fait,  si  je  suis  là,  c'est  parce  que  je  cherche  surtout  à  me  souvenir  de  l'anniversaire  du  jour.  Que  s'est-il  passé  aujourd'hui ?  On  oublie  trop  le  passé.  L'histoire  nous  apprend  pourquoi  nous  en  sommes  arrivés  là.  J'évite  quand  même  de  choisir  un  événement  anniversaire  qui  sera  bien  médiatisé. 

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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.

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Nasser et le canal de Suez. | 26 juillet 2008

 

A la tête de l'Egypte depuis 1954, le colonel Gamal Abdel Nasser rêve de moderniser son pays. Il veut commencer par construire un immense barrage, en amont du Nil, pour réguler le débit du fleuve, multiplier les surfaces irriguées et fournir de l'électricité à sa population. Le coût de ce barrage, à Assouan, est exorbitant mais les USA et la Banque mondiale lui prêtent les fonds nécessaires. Dans le même temps, Nasser envisage d'anéantir Israël et se fait livrer, en 1955, des armes soviétiques depuis la Tchécoslovaquie. Il n'en faut pas plus pour inquiéter le Sénat américain qui retire son offre de prêt, suivi par la Banque mondiale et même les Soviétiques.

C'est une humiliation pour ce jeune Président qui décide de se procurer l'argent en nationalisant le canal de Suez, construit par le Français Ferdinand de Lesseps, et en réaffectant les fonds perçus à la construction du barrage du siècle. Sans doute, a-t-il été influencé par la nationalisation récente des pétroles iraniens par Mossadegh ou incité à le faire par une suggestion américaine. Le 26 Juillet 1956, après s'être assuré du retrait, par accord, des troupes britanniques occupant la zone du canal, il prononce un discours ferme et nationaliste à Alexandrie. « Ce canal est la propriété de l'Egypte ... » puis, ponctuant ses phrases par plusieurs évocations à de Lesseps ( mots codes à ses hommes de main ) «  ... à cette minute même, des fils de l'Egypte assurent le contrôle de la Compagnie du canal de Suez, de ses installations et de la direction du trafic ». Il coule ensuite des bateaux dans le canal pour bien montrer sa détermination et entraver la circulation.

Le canal de Suez évite aux navires de faire le tour de l'Afrique pour convoyer des marchandises de l'Asie vers l'Europe, et inversement. Son importance est donc primordiale pour les occidentaux qui l'exploitent et commercent avec les Indes, le Moyen-Orient et l'Asie. Sa liberté d'accès l'est tout autant pour les Israéliens qui ont vu Nasser bloquer le golfe d'Aqaba à plusieurs reprises.

Cette nationalisation surprise provoque donc une crise dans les chancelleries. En France, où l'on voit d'un mauvais œil le soutien égyptien à la rébellion du FLN algérien, Guy Mollet, appuyé par le ministre de la Défense et celui de la Justice, François Mitterrand, mais contre l'avis de Pierre Mendès France, se rallie à l'idée d'une guerre préventive. En Angleterre, le Premier ministre, Anthony Eden, peine aussi à convaincre, contre Neville Chamberlain, de la nécessité d'une démonstration de force contre le « Mussolini du Nil ». Pour Israël, qui n'a que la France comme allié, c'est une occasion de faire stopper les raids croissants des Fedayins, les combattants palestiniens poussés par l'Egypte. Les Etats-Unis temporisent.

Une réunion secrète, à trois, entre Français, Britanniques et Israéliens, se tient à Sèvres, le 22 Octobre 1956, au cours de laquelle il est décidé que Israël mènerait une attaque surprise en direction du canal, provoquant ainsi la montée au front des troupes arabes et que les gouvernements français et anglais imposeraient un ultimatum aux deux belligérants pour qu'ils se retirent à 10 miles de la zone du canal. Nasser refusera l'ultimatum ( c'est ce qu'on avait prévu à Sèvres ), ce qui autorisera les troupes franco-britanniques à bombarder les installations d'aviation égyptiennes et de larguer des parachutistes sur Port Saïd et de part et d'autre du Nil. Le plan marcha à merveille et les positions furent facilement réoccupées le 06 Novembre.

Cependant, Russes et Américains, écartés des préparatifs de cette intervention, n'entendent pas la laisser se dérouler sans qu'ils en tirent profit. Le Maréchal Boulganine menace aussitôt de lancer des fusées nucléaires si l'attaque n'est pas stoppée et le Président Dwight Eisenhower exige, lui aussi, un cessez-le-feu. Pour forcer la main aux Britanniques, qui ont agi sans les avertir, les Américains lancent une attaque monétaire contre la Livre sterling et envoient leurs forces aéronavales en Méditerranée. Les Anglais cèdent et, par contrecoup, les Français. Bien que vainqueurs, leurs troupes doivent se replier et quitter le pays. Une force internationale, sous l'égide de l'ONU, la première apparition des casques bleus, s'installera sur la ligne d'armistice et les Nations Unies condamneront l'action franco-britannique.

Nasser exulte. Sa défaite militaire prend des allures de triomphe diplomatique. Les deux puissances européennes, puissances coloniales déchues, subissent une grave perte de prestige pendant que deux autres puissances, américaine et soviétique, réaffirment leur suprématie. Nasser, devenu le héraut du panarabisme, gouvernera l'Egypte jusqu'à sa mort, à 52 ans, le 28 Septembre 1970.

Une page est définitivement tournée, celle de la « diplomatie de la canonnière » qui annonce l'heure de la décolonisation dans toute l'Afrique et au-delà. Le Proche-Orient deviendra un enjeu durable dans la lutte que se mèneront les nouvelles puissances du monde bipolarisé jusqu'à la chute du mur de Berlin en 1989.

 

Publié par Papyves à 08:33:18 dans Faits politiques. | Commentaires (3) |

26-07-2008  15:59  26-07-2008 15:59
Oui bravo  De  Gilles  Sujet:  Oui bravo Url: [Liens]
C'est vrai que c'est contraignant en heures de recherches quotidiennes et en ecriture de textes originaux, alors que certains se contentent souvent de faire des copier-coller! C'est vrai aussi que l'on apprecie les felicitations de temps en temps. Alors voici les miennes cher Yves!
26-07-2008  12:40  26-07-2008 12:40
Merci  Jacques  De  Papyves identité certifiée Sujet:  Merci Jacques Url: [Liens]
Merci Jacques pour ces éloges. J'essaye de conciser des événements complexes en une page, ce n'est pas toujours facile et toujours contraignant en termes d'heures de recherche. Je suis donc sensible aux remerciements. Jusqu'alors, aucune contradiction reçue d'un historien. Je touche du bois.
26-07-2008  12:16  26-07-2008 12:16
qualité  De  Jacques Herman  Sujet:  qualité Url: [Liens]
Je tiens à te féliciter pour la qualité de ton blog. C'est toujours clair, net, précis. Agréable à lire. Bravo. Amitiés. Jacques

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