C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Lorsque le roi Hassan II du Maroc décède, à 70 ans, le 23 Juillet 1999, tous les chefs d'Etat du monde entier, ou presque, font le déplacement à Rabat pour venir saluer sa dépouille. Contrairement à la tradition musulmane, on a même repoussé l'enterrement de 2 jours pour que ceux-ci aient le temps de se rendre devant le Mausolée.
Son père, Sultan depuis 1927 sous le protectorat français, deviendra roi du Maroc, après l'indépendance en 1956, en adoptant le nom de Mohamed pour montrer sa filiation avec le Prophète. Il va éduquer son fils aîné Moulay Hassan, né en 1929, en l'initiant très tôt à la politique internationale. C'est ainsi que celui-ci dîne, à l'Hôtel Anfa en Janvier 1943, aux côtés de Roosevelt et de Churchill, alors qu'il n'a que 14 ans. Il participe au discours du Trône, en 1952, considéré comme la charte du nationalisme marocain contre le protectorat et accompagne même son père lorsque le sultan est exilé en Corse puis à Madagascar. Il partagera donc son triomphal retour dans le royaume, en 1955.
Une fois l'indépendance acquise en 1956, son père le nomme Chef d'état-major des toutes jeunes Forces armées royales. C'est à ce titre qu'il réprime, durement, le soulèvement du Rif. Il est proclamé Prince héritier en Juillet 1957 puis devient vice-Premier ministre et ministre de la Défense en 1960.
Le 03 Mars 1961, à la mort de son père, feu Sa Majesté Mohamed V, Moulay Hassan est proclamé roi du Maroc et donc Commandeur des croyants. Un règne de 38 ans, sans partage, va s'instaurer dans lequel l'opposition sera officiellement autorisée mais pratiquement jamais permise. Malgré l'adoption d'une Constitution, inspirée de celle de la France, en Décembre 1962, le régime est celui d'un pouvoir absolu qui jettera dans les prisons mouroirs des milliers d'opposants réels ou supposés. Après les émeutes de Casablanca, en 1965, par exemple, ce sont 10 ans d'exception qui vont s'abattre sur le pays. C'est à cette époque aussi que le chef charismatique et intègre de l'Union nationale des forces populaires, Mehdi Ben Barka, est mystérieusement enlevé à Paris puis livré à la police d'Etat marocaine, coiffée par le Général Oufkir. On ne le reverra plus.
Si le pays est tenu d'une main de fer à l'intérieur, c'est un souverain modéré qui s'affiche à l'extérieur du Maroc, auprès des nations occidentales et du monde arabe. Il jouera notamment un rôle actif en faveur des efforts de paix au Proche-Orient, rencontrant l'Israélien Shimon Pérès en 1986, négociant le rétablissement des relations diplomatiques avec l'Algérie en 1988 et en étant l'instigateur de la création de l'Union du Maghreb arabe.
Les abus que constate la population marocaine ( sévère répression à la suite d'une « suspicion » de complot, par exemple ) vont engendrer le désir, chez certains opposants, de faire disparaître le souverain. Hassan II échappera ainsi à plusieurs attentats dont deux sérieux en 1970 et en 1972 et assouplira le régime à la fin de son règne, en se réconciliant avec les chefs de l'opposition. Il n'aura alors plus qu'une ambition « Etre un grand roi » mais il ne renonce pas à sa fortune personnelle qui dépasserait, et de loin, la dette nationale du pays, de quoi entretenir les nombreux palais opulents qu'il possède au Maroc, sans compter un riche manoir près de Paris.
En Octobre 1975, Sa Majesté le Roi organise la glorieuse « Marche verte » de 350.000 Marocains brandissant des drapeaux et le Coran, en direction de l'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental, ce qui lui fournit l'occasion de refaire l'unité autour de sa personne et d'annexer ensuite, par occupation, le territoire que lui disputait la Mauritanie et, surtout le Front Polissario.
Ce fin politique, diplômé en France, père de cinq enfants, à l'aise et diplomate sur le plan international, dur et arbitraire sur le plan intérieur, aura tenté de concilier modernisme et tradition, Orient et Occident dans un Maroc qu'il a, certes, structuré et unifié mais qu'il laisse à son fils, Mohammed VI, en net retard social et éducatif.
Quelle facette de sa personnalité les 60 chefs d'Etat, venus s'incliner devant son cercueil, vénéraient-ils le plus, ou le moins ? Mystère de la politique.
Publié par Papyves à 02:11:18 dans Grands Chefs | Commentaires (2) | Permaliens
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