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Lebuzuk - historik

Les délires d'histoire de Papyves.../...ça s'est passé aujourd'hui !

Papyves

C'est  sympa  un  Blog : On  peut  aller  au  bout  de  son  monologue  sans  risquer  d'être  interrompu.  On  n'est  même  pas  obligé  de  lire  les  commentaires  d'autrui.


Non,  je  rigole,  si  j'écris  c'est  pour  être  lu,  pardi.  Alors,  bonne  lecture.  Vous  pouvez  zapper,  je  ne  m'en  offusquerai  pas.


En  fait,  si  je  suis  là,  c'est  parce  que  je  cherche  surtout  à  me  souvenir  de  l'anniversaire  du  jour.  Que  s'est-il  passé  aujourd'hui ?  On  oublie  trop  le  passé.  L'histoire  nous  apprend  pourquoi  nous  en  sommes  arrivés  là.  J'évite  quand  même  de  choisir  un  événement  anniversaire  qui  sera  bien  médiatisé. 

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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.

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Champollion et la pierre de Rosette. | 19 juillet 2008

 

En ce 19 Juillet 1799, au beau milieu de l'expédition que Bonaparte mène en Egypte, l'officier français Pierre Bouchard exhume, au pied du fort Rashîd ( Rosette pour les Croisés), à l'embouchure du Nil, une stèle de basalte noir avec des inscriptions. Apparemment, trois écritures différentes ont été utilisées sur cette pierre, peut-être le même texte traduit pour des contemporains n'ayant pas la même langue. Sans le savoir, Bouchard vient de mettre la main sur un décret de Ptolémée V ( 196 av JC ) retranscrit en hiéroglyphique ( écriture sacrée des Pharaons ), en démotique ( ou hiératique ) et en grec, trois langues dérivées l'une de l'autre. C'est la fameuse « Pierre de Rosette » qui permettra à l'archéologue français Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens, ces représentations figuratives dont on a longtemps cru qu'elles n'étaient que des idéogrammes désignant l'image sculptée, alors que la langue est beaucoup plus complexe et transcrit aussi des sons et des idées. Hiéroglyphe vient de mots grecs signifiant « graver » et « sacré » et désignait les inscriptions des monuments pharaoniques que les Grecs ne savaient, pas plus que d'autres, déchiffrer.

Jean-François Champollion, né en 1790 à Figeac dans le Lot, est très tôt un élève doué pour les langues étrangères qu'il collectionne à l'envie : hébreu, arabe, araméen, persan et syriaque. A 16 ans, il est pris en charge par son grand frère Joseph qui décide de financer les études de cet enfant prodigieux, à Grenoble puis Paris.

Le retour de l'expédition égyptienne de Bonaparte lui fournira matière à aiguiser sa curiosité linguistique. En effet, les hiéroglyphes, apparus vers 3150 avant JC, disparaissent au IV° siècle après JC et avec eux leur signification. Pour percer le mystère de ces signes étranges, après 14 siècles, Champollion comprend qu'il lui faudra posséder la langue copte qui panache le grec avec des caractères démotiques, dernier stade de la simplification successive de l'écriture égyptienne. Patiemment, il s'en imprègne méthodiquement, dans son bureau de Paris. «  Je parle copte tout seul. C'est le vrai moyen de me mettre mon égyptien dans la tête  ». Il a entendu parler de la pierre de Rosette mais celle-ci a été confisquée par les Anglais avec les autres monuments rapportés de la campagne du Caire.

D'ailleurs, c'est un Anglais, Thomas Young, médecin-physicien, qui prétend, en 1814, avoir percé le secret des cartouches de hiéroglyphes et avoir identifié les noms de plusieurs pharaons, en comparant les trois textes de la pierre de Rosette. Heureusement pour lui, Champollion qui avait du quitter les bibliothèques parisiennes pour Figeac après la chute de l'Empire, apprend que des copies de la pierre de basalte avaient été dessinées à l'intention de savants européens. Il les étudie en parallèle avec d'autres textes du livre des morts.

Son poste de professeur d'histoire lui permet de poursuivre ses études sur les hiéroglyphes qu'il compare aux textes en hiératique, ancienne écriture abréviative et cursive. Il découvre l'importance de l'alphabet phonétique qui lie les mots dans la phrase ou définit les sons. En 1821, il déchiffre les premiers cartouches royaux dont celui de Ptolémée V puis celui de Cléopâtre sur la base de l'obélisque de Philae et sur un papyrus bilingue. Et, en Septembre 1822, reconnaissant grâce à sa méthode, les noms de Ramsès et de Thoutmosis sur un nouveau dessin rapporté du temple d'Abou Simbel par un archéologue, il est convaincu, après 15 années d'acharnement, d'en avoir trouvé les clefs et il écrit une lettre au secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, M. Dacier, dans laquelle il fait part de sa découverte d'un système de déchiffrement des hiéroglyphes. «  C'est un système complexe » dira-t-il «  une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique, dans un même texte, une même phrase, je dirais presque dans un même mot  ». Sa communication est un succès qui ouvre les portes de l'égyptologie. En 1826, il est nommé conservateur du musée égyptien du Louvre.

En 1828, après la visite des collections égyptiennes de Turin, Jean-François Champollion réalise enfin son rêve et part pour deux ans en Egypte où il est le premier à pouvoir lire l'égyptien ancien dans le texte. Il rapporte de ce voyage moult données complémentaires et quelques objets. C'est, bien sûr, la chaire d'Antiquité égyptienne au Collège de France qui l'attend à Paris au retour mais, épuisé par ses travaux, il meurt le 04 Mars 1832, à l'âge de 42 ans, sans avoir eu le temps d'achever sa Grammaire égyptienne et son Dictionnaire égyptien. On peut encore lui rendre visite au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Quant à la pierre de Rosette, exposée au British Museum, que l'amiral Nelson avait dérobée aux Français, on peut rêver qu'elle retraverse la Manche un jour, peut-être en même temps que le cercueil de Napoléon III ? Oui, vraiment je rêve !

 

Publié par Papyves à 01:45:08 dans Conquêtes | Commentaires (7) |