C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Au début des années 1930, le Fascisme et le Nazisme vont prospérer sur les difficultés des peuples à faire face aux conséquences de la grande crise financière de 1929. En France, les émeutes du 06 Février 1934, organisées par la droite nationaliste, vont réveiller le spectre du coup d'état et faire se lever un sentiment de défiance qui conduira à l'union des partis de gauche et des syndicats pour l'amélioration des conditions de travail.
Après la victoire aux élections législatives du 03 Mai 1936, les forces coalisées de gauche en France, réunies dans ce qu'on a appelé le « Front Populaire » vont, pour la première fois, accéder au pouvoir avec 376 sièges sur 614. C'est ainsi que, le 04 Juin, le dirigeant de la SFIO, Léon Blum, est appelé à former un nouveau cabinet, lequel va surprendre par la création d'un sous-secrétariat d'Etat aux Loisirs et aux Sports et par l'entrée de trois femmes au ministère, alors que celles-ci n'ont pas encore le droit de vote. Edouard Herriot est élu Président de la Chambre des députés et Jacques Duclos, élu vice-président.
Mais, dès le 11 Mai, le pays s'est progressivement mis en grève, de façon massive et spontanée, en commençant par les ateliers d'armement ou aéronautiques et les usines Renault puis en impliquant tous les ouvriers. Bien que les occupations d'usines se passent dans le calme et de façon presque joyeuse, le patronat sent qu'il faut lâcher du lest.
Dans la nuit du 07 au 08 Juin, le patronat et les syndicats ( CGT en tête ) signent, après arbitrage du gouvernement, les Accords de Matignon. Droit syndical et délégués sont reconnus, des hausses de salaire de 07 % (hauts salaires) et 15 % (bas salaires) sont accordés ainsi que 15 jours de congés payés annuels (grande première), l'âge de la scolarité obligatoire est repoussée à 14 ans, la semaine de travail passe de 48 à 40 heures et les conventions collectives voient le jour. Fort de ce résultat et sous l'impulsion de Maurice Thorez, PCF, qui déclare « il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue », le travail reprend. Les forces de l'ordre sont restées discrètes et « ainsi s'achève sans une goutte de sang, le plus formidable conflit social qu'ait connu la République » conclura Roger Salengro, ministre de l'Intérieur. Puis viendront, durant l'été, la loi réformant le statut de la Banque de France, une autre qui crée l'Office National Interprofessionnel du Blé, garantissant un cours minimal aux agriculteurs, la nationalisation des industries d'armement, la création de la SNCF.
Malheureusement, Léon Blum n'a pas de majorité cohérente pour le suivre ni de finances à la hauteur pour concrétiser ses réformes. De plus, la brutale hausse des prix va gommer les hausses de salaires et les 40 heures, créateurs de chômage, seront contournées par le recours aux heures supplémentaires. L'euphorie est de courte durée et la désillusion est vite au rendez-vous (j'ai l'impression de parler de 2008) lorsque Blum doit opérer une première dévaluation du Franc et déclarer une pause dans les réformes en Février 1937. Une attaque anti-sémite, à base de calomnies, visant Léon Blum lui même, atteindra en fait Roger Salengro qui se suicide, en Novembre 1936.
L'année 1936 voit aussi la réoccupation de la Rhénanie par Hitler et l'éclosion d'un Front populaire en Espagne où le gouvernement républicain, poussé par la population des villes, va devoir s'opposer à la montée du fascisme et au Général Franco mais sans l'aide de Léon Blum qui cède devant les radicaux français. Aux jeux olympiques de Berlin, Hitler quitte la tribune pour ne pas serrer la main d'un athlète noir et la délégation française fait le salut nazi, comme d'autres équipes apeurées devant le monstre.
Au final, ce formidable espoir d'amélioration des conditions de vie des travailleurs sera tué dans l'œuf et Léon Blum sera contraint de démissionner en Juin 1937. Le gouvernement radical de Daladier qui va suivre rognera sur toutes ces avancées sociales puis ira piteusement signer les accords de Munich, croyant empêcher la guerre.
Mais le peuple, enfin, avait compris qu'il pouvait obtenir des réformes par la pression de la grève. Il ne l'oubliera pas de sitôt. Il avait goûté aux congés payés et aux réductions d'heures de travail. Ce seront ses chevaux de bataille pour le futur, plus que l'augmentation des salaires. Au fait, démocratie ça vient bien de « dêmos » en grec, qui veut dire « peuple », n'est-ce pas ?
Publié par Papyves à 01:31:55 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
Après la démesure du combat pour les conquêtes spatiales que se livrèrent Américains et Soviétiques, au milieu du XX° siècle, un autre champ d'application va concerner l'aéronautique. Lorsque Khrouchtchev fut averti des recherches sur le supersonique Concorde, il ordonna à son réseau d'espionnage d'infiltrer les usines de l'Aérospatiale à Toulouse pour les devancer. Des agents russes vont ainsi transférer des documents ultra confidentiels et des secrets de fabrication, simplement sur microfilms, à l'ancienne.
Dès 1964, la CIA alerte la DST sur le fait que le chef de l'Aeroflot à Paris, Sergueï Pavlov, est un agent secret soviétique mais les Français ne se méfient pas. Ils doivent faire voler leur premier Concorde au printemps 1969 et la technique est si révolutionnaire que les Russes peuvent toujours s'accrocher. Pourtant, les soviétiques mettent les bouchées doubles et le 31 Décembre 1968, le TU-144, « Charger » en code Otan, sort du hangar des ateliers Tupolev. A quelques détails près, c'est la copie conforme du Concorde mais ce « Concordovski » a 3 mois d'avance sur l'original. Le vol supersonique démontre quand même que l'aile est à revoir et les équipes replongent sur leur planche à dessin, en même temps que les ingénieurs français et anglais.
Ce dimanche 03 Juin 1973, il fait beau au Bourget et le 30° Salon de l'Aéronautique a rassemblé 200.000 personnes. Les deux mastodontes sont présents. C'est au tour du Concorde d'évoluer et c'est un triomphe. Le Tupolev, qui le suit dans le planning des vols, doit faire mieux. On remarque tout de suite que ses réacteurs sont implantés sous la partie centrale du fuselage et non pas sous les ailes et les spécialistes observent que la forme de l'aile delta est moins optimisée que celle du Concorde. Après son dernier passage à faible vitesse, pour faire admirer l'innovation de ses plans canard rétractables, les « moustaches », le TU-144 vire vers le Sud pour se présenter en QFU 07 et atterrir. Mais la tour de contrôle lui apprend que le vent a changé et le sens de la piste aussi. Pour être axé en piste 25, il entreprend alors de monter, en virage vers le Nord, avec la puissance de ses 4 réacteurs.
Dans cette manœuvre, il est soudain surpris par la présence d'un Mirage III qui filmait les évolutions. Afin de l'éviter, le pilote russe fait piquer brutalement son Tupolev, ce qui étouffe les moteurs. C'est au moment de la ressource, brutale elle aussi pour reprendre de l'altitude, que la cellule ne peut résister aux contraintes et se disloque. L'appareil se désintègre littéralement en vol et les débris s'éparpillent sur la ville de Goussainville, à 5 kilomètres seulement de la ville de Gonesse où s'illustrera tragiquement un autre Concorde, au départ de Charles de Gaulle, le 25 Juillet 2000. Voir mon précédent article.
Le pilote Mikhail Kozlov et 5 membres d'équipage périrent ainsi que 8 personnes au sol. Les boites noires furent emportées en Union soviétique et la version officielle, sans doute concertée, fit état d'une sur-réaction du pilote face à la présence du Mirage qui était plus loin qu'il le croyait. Mais le mal était fait, le Tupolev ne fut jamais employé en transport supersonique de passagers, hors de l'URSS, et finit même sa carrière comme convoyeur de courrier longue distance. La carrière des Tupolev ( 13 avions construits dont 4 pour les passagers ) s'achève après un second crash en 1978.
C'étaient pourtant de beaux oiseaux ! Voir la video :
Publié par Papyves à 00:48:17 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
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