C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
Depuis le 27-12-2007 :
352272 visiteurs
Depuis le début du mois :
676 visiteurs
Billets :
272 billets
Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
<< Le cuirassé Potemkine. | Le Diktat de Versailles. | Pause. >>
Finalement vaincus, en 1918, par une coalition plus puissante qu'eux, les forts Prussiens et autres fiers Bavarois qui s'élancèrent à la conquête de la France en 1914, durent signer, contre leur gré, le Traité de Versailles du 28 Juin 1919, après de longues années de guerre de tranchées où les deux jeunesses se sont mutuellement anéanties. Les Français, qu'ils avaient assommés à Sedan en 1870, pouvaient prendre, grâce à l'oncle Sam, une revanche d'estime.
Le Traité avait été préparé par les vainqueurs, Américains, Anglais et Français, du 18 Janvier au 20 Juin 1919, en fonction des intérêts que chacun voulait retirer de cette nouvelle donne géopolitique. « L'Allemagne doit payer » fut le leitmotiv de ces 6 mois de palabres délicats au cours desquels l'appétit colonial des uns le disputait au désir de revanche des autres. Et pour bien montrer de quel côté étaient les vainqueurs, on fit effectivement payer durement l'addition à l'Allemagne qui devra s'acquitter de « réparations de guerre », c'est-à-dire d'une lourde amende et sera amputée d'une partie de ses territoires. La France récupère l'Alsace-Lorraine. Les trois Empires, allemand, austro-hongrois et ottoman sont démantelés. De nouveaux Etats sont créés, tels que la Pologne renaissante qui récupère l'accès au couloir de Dantzig, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie. Ainsi morcelée, l'Europe centrale est de nouveau sous contrôle des « Grandes puissances » ou supposées telles. De plus, les colonies allemandes sont partagées entre le Royaume-Uni, la France et le Japon pendant que le Proche-Orient passe sous mandat français ou anglais, avec la bénédiction de la Société des Nations ( ancêtre de l'ONU ) que l'on crée à cette occasion. L'armée allemande ( en partie confisquée ) est strictement limitée en volume de moyens et la rive gauche du Rhin, y compris Köln, Koblenz et Mainz, est démilitarisée et occupée. La Sarre est sous administration internationale pour 15 ans. Plusieurs sanctions commerciales et des livraisons en nature complètent ces mesures draconiennes.
Le lieu choisi pour la signature, la Galerie des Glaces du Château de Versailles, n'est pas innocent. Il permet de laver l'affront fait lors de la proclamation de l'Empire allemand, le 18 Janvier 1871. La date est aussi symbolique car le 28 Juin est l'anniversaire de l'assassinat de l'Archiduc autrichien François-Ferdinand à Sarajevo, geste qui a servi de détonateur pour le déclenchement de la guerre mondiale. Bien sûr, ni Llyod George l'Anglais, ni Woodrow Wilson l'Américain, et encore moins Georges Clemenceau le Français n'avaient convié les représentants allemands à cette conférence où les Russes étaient également absents pour punition d'avoir quitté la guerre en 1917. Clemenceau insiste pour de lourdes indemnités afin de financer la reconstruction en France ( de fait, celles-ci se monteront à 132 milliards de Marks-or ). Les Anglais ont soin de ne pas favoriser, en diminuant trop l'influence allemande, la prééminence française. Les Américains, enfin, dont la voix compte à la hauteur de leur effort considérable pour la victoire, cherchent à ménager l'Allemagne pour éviter la résurgence de l'esprit revanchard.
Wilson ne croit pas si bien dire car, pour les Allemands, ces dispositions sont un « Diktat » infamant qu'ils ne peuvent accepter. « der Vertrag ist unannehmbar », irrecevable. Tenus pour « seuls responsables des dommages de guerre », ceux-ci ont le sentiment d'une profonde injustice. Malgré les efforts entrepris, l'Allemagne de Weimar ne peut pas répondre à l'oukase global, dans les délais imposés. Aussi, la France et la Belgique envahissent-elles la Ruhr, en 1923, ce qui aggrave le ressentiment populaire. Les plans US Dawes puis Young tenteront bien d'aplanir les difficultés et d'échelonner les paiements sur le long terme mais sans réel impact sur l'économie ni sur le moral.
On ne s'étonne plus, dès lors, qu'un homme puis tout un parti politique fanatisé derrière lui, accède au pouvoir, en 1933, en revendiquant le non paiement des indemnités et le recouvrement de l'intégrité et de la dignité nationale. Hitler va accompagner la vague de colère qui montait des länder, en l'incorporant dans son programme. Redonnant espoir et fierté à des Allemands humiliés, s'appuyant sur son talent oratoire autant que sur des succès réels en politique étrangère et des réalisations sociales fort appréciées en période de récession, il va s'imposer comme le chantre d'un renouveau du nationalisme allemand qui explique son ascension fulgurante au poste de Chancelier du Reich. L'anschluss de l'Autriche apparaîtra ainsi aux Allemands comme une concrétisation logique du besoin « d'espace vital » dont parle le Führer. Le ressentiment, fort aussi en Italie qui attendait la réalisation des promesses sur l'Istrie, la Dalmatie et le Trentin, mènera, de façon parallèle, au fascisme de Mussolini.
Le déclenchement de la seconde guerre mondiale n'est donc pas seulement l'œuvre d'un fou mégalomane mais c'est aussi le résultat prévisible d'un traité inique et du désir d'un peuple, rabaissé plus que de raison, à recouvrer sa dignité. Les militaires savent qu'on ne doit jamais acculer un adversaire traqué sans lui laisser une petite porte de sortie, sinon le désespoir décuple ses forces et il devient imprévisible.
( Photo : George, Orlando, Clemenceau, Wilson ).Publié par Papyves à 00:15:53 dans Faits politiques. | Commentaires (11) | Permaliens
02-07-2008 07:58
De Frédéric Sujet:
Économie et politque
01-07-2008 13:09
De Candide Sujet:
Deux agendas différents
01-07-2008 12:29
De Papyves
Sujet:
Tous raison Url: [Liens]
01-07-2008 08:17
De Candide Sujet:
Quel révisionnisme ?
01-07-2008 05:30
De gaugain Sujet:
un peu vrai aussi...
30-06-2008 12:44
De Frédéric Sujet:
Révisionisme ?
30-06-2008 08:34
De Candide Sujet:
Une vision unique ?
29-06-2008 11:29
De Frédéric Sujet:
Gaffe et réflexion Url: [Liens]
29-06-2008 11:24
De Frédéric Sujet:
Traité de Brest-Litovsk
28-06-2008 10:10
De Jacques Herman Sujet:
Découverte Url: [Liens]