
C'est l'histoire rapide d'une rencontre par stylos interposés.
C'est juste l'histoire de Fang, qui le matin rentre dans le train, s'installe ou elle peut, sort lourdement sont petit carnet à grande spirale, pour dessiner ce qu'elle voit.
Un homme au fond à gauche est penché sur un agenda electronique. Donc concentré. Cible parfaite.Je commence.
Le monsieur à l'air mechant, mais tout en dessinant ses traits, quelquechose me dit qu'au fond, il doit être gentil, malgrès sa barbe et son air grincheux... rarement le temps de finir un dessin parce que "j'ai fini", et pas parce que le train arrive au terminus et qu'il faut aller affronter le froid à la sortie du train, puis une deuxième fois à la sortie de la gare,...
Mais cette fois, j'ai fini
parce que j'ai fini.Je ferme le carnet, le laisse sur mes genoux,et me laisse aller à ne plus penser. Le vieil homme sort alors un petit agenda, et un crayon de bois. A moitié endormie, j'observe le mouvement de sa main alors qu'il va commencer a écrire... c'est alors qu'il lève les yeux en ma direction et se met, a son tour, à me dessiner.
En parfait modèle, je reprend rapidement ma posture de " ou-suis-je? qui me parle? je revasse, je ne bouge pas d'un poil, non je ne vois pas qu'on me dessine, absolument pas..."
Je dois me concentrer pour ne pas sourire de la situation.C'est dur mais j'arrive a ne pas rire.
Arrivée a la gare, je me lève, j'aurais voulu aller le voir et dire..." Bonjour! On se montre ce qu'on a fait, mutuellement ?" avec un grand sourire.
Mais je n'ose ni sourire, ni dire bonjour, ni aller voir les gens.
Alors je suis descendue comme si rien ne s'était passé.
Je regrette, mais qui sait, peut être que je recroiserais le vieil homme à l'air mechant qui
devait être gentil, un de ces 7h07 ...
Murmures écrits :