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Il caille ici. Fait vraiment froid.
Il caille pas parceque la chaudière a des problemes.
Il caille dans cette maison rongée par la haine et l'indifference.
Il caille parce que ca fait longtemps que les murs n'entendent plus de paroles gentilles, voire normales. Trop longtemps.
Les murs sont délavés par la quotidienne froideur qui regne ici.
J'me les pele , pas parce que j'ai toujours froid, juste parce que les mots
"communication","dialogue","echange" n'ont pas de sens entre ces murs.
J'me les pele parcequ'ici, un mot devient un missile qui fuse, qui blesse, qui monte vite dans les aigues ou qui descend vite dans les graves, et parceque les mots sont vites jetés à terre et les lettres se repandent, comme mortes, les mots disloqués trainent à terre et s'empilent, année apres année, comme un terreau fertile au degout.
Les mots deviennent vite des verres qui cassent, des tons inaudibles, une lassitude des cris, qui ronge à force.
Une veille lassitude.
Trop longtemps qu'une discussion normale n'a pas effleuré ces murs. Trop longtemps qu'une voix audible, naturelle, n'a pas porté des mots normaux et gentils.
Fausses conceptions, paranoïa même.
Haine, même rengaine, à chaque fois.
On se ment en se disant qu'en grandissant ca va mieux. " les enfants passent les 3/4 de leur vie deguisés en adulte", m'a t'on chuchoté...
Tanpis, ferais avec.
C'est bien pire dans beaucoup de cas.
Mais parfois, j'me demande juste, ce que ça ferait, si c'était autrement... Juste pour voir. Comment ça serait. Si c'était pas, ... pas comme ça.
Si y'avait pas besoin de casser les murs a coup de pied pour pouvoir se calmer. Si y'avait pas une colère qui moi aussi, a force d'etre dissoute dans l'air et l'atmosphere de cette putain de baraque, m'atteint et me contamine aussi, peu à peu, comme une tache d'encre qui deborde, fléau qui s'etend, si y'avait pas besoin de pleurer et d'hurler un bon coup pour faire passer les mois et les années de violence qui séparent de l'enfance. Pour faire passer toute la violence emmagasinée, accumulée a l'interieur, et non restituée.
On monte jamais dans sa chambre pour ne plus entendre, mais pour faire semblant de ne plus entendre...
Publié par fang à 18:09:34 dans fang | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par fang à 18:04:56 dans just some words... | Commentaires (0) | Permaliens
L'élève, dans sa sueur frontale et son desespoiur, ne parvient a formuler les mots attendus.
Alors madame C., la prof d'anglais, propose d'un ton parfaitement naturel :
" Bon, vous me la faite cette phrase, ou j'vous casse la gueule ? "
Publié par fang à 18:01:50 dans just some words... | Commentaires (0) | Permaliens
waiting for the right moment...
Publié par fang à 21:35:26 dans fang | Commentaires (2) | Permaliens
Ca fait du bien.
Un peu de couleurs,dans ce bleu-gris du nord et des esprit- cerveaux troués, tanpis pour eux,(lui?) le(s) pauvre(s)...
.
Un peu moins fort, radiohead, un peu moins compressée dans un monde aux limites floues mais tranchantes.
Baisse un peu le son, de Radiohead.
Ne pas l'arreter, juste baisser un peu le son...
... petit lampadaire, ce soir, si petit face à la nuit, ridicule presque,
l'ami a ma gauche, derriere la surface vitrée froide et humide du soir et de la pluie
de tous les soirs de mélancolie se fait ce soir tout petit, je m'en etonne :
Grand lampadaire majestueux de cynisme, t'es passé ou
toi et tes grandes considérations sur la vie?
toi et ton égoïsme?
Ton napage de sodium sur les larmes, il est ou?
T'es tout petit, dans la nuit, ridicule presque, mais j'aime ta couleur sodium, definitivement.
"Who's in bunker Who's in the bunker
Women and children first
I have seen too much
I haven't seen enough
And children first..." ...(radiohead)
Le miel, sous la pluie, c'est encore meilleur, se dit-elle en souriant aux anges qui n'existent plus.
Publié par fang à 21:39:15 dans fang | Commentaires (0) | Permaliens
Murmures écrits :