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Stay & leave | 19 octobre 2008

      Quand nous sommes arrivés, elle était assise sur ce banc comme à son habitude, à regarder le court de tennis en face de chez elle. Il était souvent vide à cette heure là. Elle a entendu nos pas sur le gravier, le bruit de nos valises qui roulaient sur les cailloux ; et elle s'est retournée pour nous dire bonjour. Je la trouvais belle sur son banc, ma mamie. Avec ses yeux bleus à demi recouverts de paupières fripées, sa bouche plissée qui n'était jamais avare de sourires et son ventre rond ou l'on venait se blottir pour se réchauffer. Elle nous précéda jusqu'à chez elle en nous demandant si nous avions fait bon voyage, quel temps il faisait chez nous, et toutes les autres litanies rituelles que l'on se lançait pour se retrouver.

      Nous n'avions pas mangé avant de venir, et comme nous l'avions anticipé, une ratatouille et du confit de canard nous attendaient encore fumants sur la table du salon. Ma sœur alla jouer avec le chien sous le regard exaspérés de mes parents qui espéraient avoir un repas calme après leurs nombreuses heures de conduite de la journée. J'avais toujours eu horreur de ce clebs débile qui aboyait à la moindre mouche qui passait dans son champ de vision et qu'il fallait constamment amener dehors pour qu'il fasse ses besoins. C'est ma mère qui l'avait offert pour Noël à mamie, j'avais immédiatement compris le lien avec la place manquante qu'occupait jadis mon grand-père. Un chien en échange d'un mari, quelle idée conne. J'était petit à l'enterrement et j'avais pleuré au contraire de mon frère et ma sœur qui étaient trop jeunes pour comprendre ce qui passait. Ils devaient se demander pourquoi tout le monde pleurait, pourquoi tout le monde touchait une grosse boite en bois, pourquoi leur maman et leur tonton avaient les yeux rouges, pourquoi il fallait se taire pendant que des gens défilaient un à un pour parler devant tout le monde. Je voyais ma mamie, ses rides semblaient plus profondes que d'habitude, ses lèvres plus pincées. Elle n'avait pas versé de larme, mais je pouvais voir dans son regard une cicatrice béante et incurable. Et assise sur le canapé à nous regarder manger, je voyais encore la marque indélébile de l'absence soudaine et inattendue. Je levai les yeux vers une photo de mon grand-père accrochée l'air de rien sur le mur et mangeai en silence.

*

      - Ca va mamie ?
      - Oh oui, tu sais à mon âge... Et toi, raconte moi un peu comment ça se passe. Tu as une copine ?
      - Heu non, pas en ce moment.
      - Et pourtant, beau garçon comme tu es !
      - Ca fait pas tout, tu sais.
      - Raconte pas de sottises ! Je vais te dire quelque chose. Je suis vieille et je ne compte pas vivre jusqu'à 110 ans, mais quand tu te marieras, je serai présente. C'est la seule chose importante que je veux voir avant de partir.
Je n'ai rien pu répondre tant ma gorge était nouée. Elle me regardait avec son visage illuminé, en mettant ma main entre les siennes et je me retint pour ne pas exploser en larmes. « Qui arrivera en premier ? Le mariage, ou le départ ? ». C'était une course que j'étais sûr de perdre, vu mon incapacité à envisager ma vie entière avec une même personne. Le mariage, pour quelqu'un qui comme moi se lasse infatigablement de tout ce qu'il croise, était une idée abstraite et inenvisageable. Je la regardai dans les yeux et lançai avec tout ce qu'il me restait de sincérité :
      - Tu seras au premier rang à la mairie.
Je savais que c'était la bonne réponse.

*

      - Je prends une garde contre !
      - Mais mamie t'as un jeu nul, tu vas forcément perdre, laisse maman prendre elle a sûrement les trois bouts.
      - Tant pis ! Si je joue pas, je pourrais pas savoir si j'avais une chance de gagner ou non. Au pire, j'emprunterai des jetons à la banque. Quand je jouai avec ton grand-père, des fois j'avais tellement de dettes qu'on devait arrêter parce que j'avais épuisé la réserve de jetons !
      - A qui de jouer ?
      - Au couillon qui le demande

*

C'est la voisine qui a téléphoné. Elle avait ce ton neutre que l'on adopte pour annoncer les pires nouvelles. Nous avons pris l'avion le soir même. Quand nous sommes arrivés, tout était identique dans la maison, seulement un peu plus calme. Même le chien restait tranquillement dans son panier. Mon frère et ma sœur ont pleuré cette fois. Un peu à cause de moi, parce que j'étais assez grand à mon tour pour un discours devant l'assemblée, parce que j'évoquai les bonbons planqués dans les placards, les billets glissés dans les poches, le ronflement tonitruant auquel on s'était habitué, les parties de tarot jusqu'à une heure du matin, cette force qu'elle avait face à la merde qu'est la vie. J'ai pris une inspiration avant de prononcer les derniers mots, ceux qui me déchiraient le coeur de n'avoir pas pu tenir notre promesse tacite :
      « Je garderai une place au premier rang »
Personne ne comprit. Je savait qu'elle si.

Publié par Ptit-homme à 03:03:00 dans Once upon a love, | Commentaires (0) |

Take a chance | 04 octobre 2008

Je suis entré dans le métro, et comme tous les matins il n'y avait pas de place assise ; j'avais d'habitude, à force. Je m'accrochais donc à la barre et commençait la lecture du quotidien gratuit que l'on m'avait brandi sous le nez à l'entrée de la gare alors que j'étais encore à moitié endormi. Je lus rapidement la page économie (je me sentis très "golden boy" pendant un bref instant) puis zappais le reste du journal pour me rendre à l'horoscope ; non que cela soit pour moi parole de messie, mais j'aime toujours voir à quel point le décalage entre les "prévisions" (laissez moi rire) et la réalité est important. Alors, voyons ce que les planètes avaient pour moi ce matin : "Vous avez tendance à vous laisser abattre ! Comptez sur vos proches pour vous aider à aller mieux". Malheureusement pour ma destinée cosmique je me sentais très bien ce matin et comme j'avais peu de cours aujourd'hui et que j'allais au cinéma ce soir, il y avait très peu de chance que quoi que ce soit puisse m'abattre...

Je rangeai le journal dans mon sac, ouvert à la page des mots croisés, que je ferai pendant que notre prof inscrira d'incompréhensibles formules au tableau. C'était pile à ce moment qu'un monsieur assis près de moi décida de se lever, hallelujah ! Mais c'était aussi à ce moment que commença l'un des actes les plus violents et sournois de l'humanité : la lutte pour le siège libre dans un métro bondé. Seuls les plus forts et les meilleurs stratèges gagnent à tous les coups, car il faut allier empressement et politesse : si l'on est trop aimable, les autres en profiteront et bonjour le voyage debout ; au contraire si l'on se rue sur la place en bousculant tout le monde, il faut être prêt à passer outre les flots de haine qui émaneront des autres passagers. Bref, tout un art. Je faisait le tour d'horizon de mes adversaires : un mec qui pensif qui n'était apparemment pas gêné d'être debout, une jeune fille plongée dans ses cours et, malheur et damnation, une personne âgée. C'est game over pour moi. Je m'approchai du siège en même temps qu'elle
-Je vous en prie, Madame, allez-y.
Je tentai de rester courtois.
-C'est bien gentil jeune homme, mais ça ne me dérange pas d'être debout !
Fine manoeuvre, elle voulait une victoire écrasante sur moi, ce coup d'hypocrisie en était la preuve même. Comme pour confirmer ma théorie, une mini secousse agita le métro et ma rivale en profita pour simuler une chute.
"Ça va, ça va" dit-elle en souriant, mais je sentais un éclair de triomphe dans ses yeux.
Bon perdant, je m'écartai du siège, la laissant s'asseoir comme une reine sur son trône acquis avec courage.

J'aurai pu ruminer cette humiliante défaite mais quelque chose attira mon attention. Je ne sais pas depuis combien de temps il était là, mais je ne l'avais pas vu monter, il lisait tranquillement le même journal que j'avais rangé quelques instants plus tôt. Je n'avais jamais croisé ce garçon et pourtant son visage me parut tout de suite familier, ses traits dégageaient une chaleur inhabituelle mais tellement confortable. Je restai là à le fixer sans être capable de détourner mon regard. Je ne faisait même pas attention au fait que les autres passagers aient pu me prendre pour un psychopathe, tout ce qui comptait pour moi était de graver son physique dans ma mémoire. Alors que je continuai ma contemplation, il tourna la tête vers moi et me regarda dans les yeux. Par réflexe je baissai rapidement mon regard et je sentis mes joues devenir cramoisies. Cependant, mon rythme cardiaque avait doublé. Je n'osai pas relever les yeux pour le regarder à nouveau, alors je fis semblant d'être très intrigué par un chewing-gum collé au sol.
« T'as perdu quelque chose ? » Il se tenait debout face à moi, presque collés l'un à l'autre à cause de la foule. Il avait du se déplacer pendant que je regardai bêtement par terre.« Heu... nan ça va » fût la réponse qui sortit de ma bouche, je me suis haï à cet instant. Il me regardai toujours en souriant gentiment et je devais lutter pour ne pas approcher mes lèvres des siennes. Une voix féminine métallique annonça ma station. Je tournai le dos à l'inconnu, me laissant emporter par le flot humain qui me portait hors du métro vers les escaliers. J'étais bousculé de toutes parts et je ne voulais pas me retourner pour voir si IL était derrière moi. J'essuyai une larme d'amertume qui se formait au coin de mon œil.

Ma journée fût horrible, ce qui redoubla quand je me rendis compte que mon horoscope disait vrai. Je suis rentré chez moi avec la sensation d'avoir raté une grande occasion, un de ces moments où l'on se méprise soi-même, où l'on regrette sa lâcheté. En approchant de la porte de mon appartement je plongeai la main dans la poche de ma veste pour trouver les clés. Je sentis aussi une sorte de papier. Je sorti le trousseau ainsi qu'un mouchoir. Je vis alors le texte écrit à la va vite dessus : « Quand t'aura trouvé ce que tu faisais semblant de chercher, passe chez moi. Mon numéro est au dos ». Je franchit le pas de la porte et me dirigeai vers le téléphone avec une boule d'excitation au ventre. Je pris le combiné et tournai le mouchoir.
« 06.67.54.32.XX tu aurai bien voulu les deux derniers numéros hein ? rêve pas tapette ».

Et merde

Publié par Ptit-homme à 22:24:11 dans Once upon a love, | Commentaires (1) |

I lie | 02 septembre 2008

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Je hais ce vide après l'agitation, la vie. Ce silence lourd et omniprésent qui m'écrase la poitrine et me retourne le ventre alors que des éclats de rire me reviennent par flashs. Des images qui s'affichent devant mes yeux : des visages heureux, du soleil, de l'animation, des cris de joie. Je suis allongé dans mon lit, entouré par tout ce vide ; vous me manquez, je veux encore cette folie, cette insouciance !

Bientôt l'inconnu, l'excitation du grand plongeon. Je tremble de peur et d'impatience

Publié par Ptit-homme à 00:12:28 dans Once upon a love, | Commentaires (0) |

I'm useless | 09 août 2008

Des gens qui cherchent des lunettes à leur goût, une femme dans un fauteuil roulant, un garçon qui tombe amoureux au mauvais moment, des chats dans les rues de Paris, des geraniums fanés sur un balcon, le bruit des chaussures sur le pavé, un volet entrouvert et des ombres chinoises : voilà la situation initiale.
Que dit la suite ?
Je sais pas. A vous de me le dire

 

BONUS : quelques blagues bien niaises pour se détendre un peu

1) Il y a 11 poussins sur un fil et il en faut que 10, on fait comment ?
----> On en pousse un:)

 

2) Pourquoi n'y a-t-il plus de mamouths ?
---->
parce qu'il y a plus de papouths :)

 

3) C'est un mec qui rentre dans un café et qui dit "C'est moi !" mais en fait c'était pas lui


Vous avez le droit de me lancer des tomates ou toute autre denrée comestible :)

Publié par Ptit-homme à 20:01:58 dans Once upon a love, | Commentaires (1) |

Blah blah | 19 juillet 2008

Oui, oui
Garçon prudent

Souris mais reste froid
Ecoute mais ne croit pas
Embrasse mais ne tombe pas amoureux
Enlace mais n'étreint pas
Montre son coeur mais ne l'ouvre pas


"Qui promène son chien est au bout de la laisse"

Publié par Ptit-homme à 16:02:46 dans Once upon a love, | Commentaires (2) |

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