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Hans Baldung Grien, Les trois ages et la mort, 1509-1510, 0,48 x 0,33, Vienne, Kunsthistorisches
Publié par g-perthu à 08:12:21 dans Iconothèque | Commentaires (0) | Permaliens
MATISSE A ARAGON
Lundi 20/4/42
Mon cher ami,
Seriez-vous malade ? ou peut-être absent simplement, ou occupé ? Je vous ai envoyé
un télégramme hier après-midi vous priant de me téléphoner quand vous le pourriez -
et quoi qu'il n'y ait pas longtemps je suis étonné que vous ne l'ayez pas fait.
Je voulais vous dire que j'ai reçu les épreuves de Paris pour le livre de dessins. Qu'elles
sont satisfaisantes. Que je ne suis pas tout à fait décidé pour leur dimension dans la page,
et comme vieil éditeur vous pourriez peut-être voir avec moi. Ce livre vous intéresse. [...]
Peut-être pourriez dire par une note marginale que j'ai enfin trouvé objet désiré depuis un an.
C'est une chaise en baroque vénitien en argent teinté ou vernis. Comme un émail. Vous avez
probabalement déja rencontré un objet pareil. Quand je l'ai rencontré chez un antiquaire il y a
qq. semaines j'ai été complètement retourné. Il est splendide, j'en suis habité. C'est avec lui que
je vais bondir lentement à ma rentrée d'été - en revenant en Suisse.
/(croquis du fauteuil dans la page)/
Si vous croyez devoir en dire un mot il ne serait pas mal que vous l'ayez vu avant. Quand vs voudrez !
Excusez mon groffonnage. Je me suis levé aujourd'hui pour un instant - pour la 1ère fois je vais mieux,
mais suis fatigué.
Mes bonnes amitiés à tous deux.
H. Matisse
Publié par g-perthu à 08:01:01 dans Lecture du jour | Commentaires (0) | Permaliens
Louis Aragon, Henri Matisse, roman., Paris, Gallimard, 1998
première édition chez Gallimard en 1971
Cet extrait est introduit dans le texte d'ARAGON par la transcription d'une lettre de Matisse.
Un croquis du fauteuil est joint à la lettre.
Tout commentaire affaiblirait ce texte. On imagine que je me suis aussitôt précipité à Cimiez.
En fait, je connaissais le fauteuil, l'ayant apperçu à Nice, dans l'étalage d'un antiquaire de la rue
Paradis, je crois. Il m'avait arrêté, parce que j'en connaissais la réplique à Paris chez Lise Deharme.
Mais il faufrait pouvoir dire avec quelles précautions, quelles préparations théâtrales Matisse me fit
voir le fauteuil "dont il avait été complètement retourné". Et, pour faire cette partie-ci de mon livre,
quatre ans plus tard, Matisse ne m'a pas donné moins de huit photos de ce fauteuil, sans parler de
celle d'une esquisse dessinée à l'ocre (huile), 1942, pour le tableau qui est le portrait de ce fauteuil
(printemps 1946), et qui le représente remplissant entièrement la toile avec un petit bouquet dans un
verre posé sur le siège. On voit que le flirt a été de longue durée. Le tableau que j'ai vu récemment chez
Matisse [...], est pour moi une des toiles les plus mystérieuses de ce monde, avec les Batailles d'Ucello,
le Prisonnier de La Tour, l'Enseigne de Gersaint, et le Clown blanc de Renoir. Presque le seul tableau
avec lequel je comprenne qu'on vive (...).
Publié par g-perthu à 07:47:39 dans Lecture du jour | Commentaires (0) | Permaliens
Hermann Hesse, Le Voyage à Nuremberg, Calmann-Lévy, 1994
première édition 1927
Je désirais de toute façon emporter mon matériel de peinture et un bon choix de livres.
Les vêtements et le linge devaient être vérifiés, les boutons recousus, les accrocs réparés.
Toutes les boîtes, tous les tiroirs étaient ouverts. Au dernier moment, il s'avéra que le
costume noir que je portais toujours lors de mes conférences n'était plus en bon état.
Il dut, lui aussi, subir toutes sortes de raccommodages. Avant même que ma valise fût
bouclée, je reçus une nouvelle invitation en provenance de Nuremberg. On me proposait de
me rendre directement là-bas après la conférence d'Augsbourg. Cela demandait réflexion.
L'étape de Nuremberg s'intégrait merveilleusement bien à mon itinéraire. Pour un voyageur
cultivé, surtout intéressé par les villes, cela constituait un complément presque indispensable
après Ulm et Augsbourg. Je donnai donc mon assentiment à une date se situant non pas le
lendemain de ma conférence d'Augsbourg, mais cinq jours après. Ce laps de temps suffirait
bien pour parcourir la distance qui séparait les deux villes et me permettrait de voyager dans
des conditions confortables.
Publié par g-perthu à 07:23:37 dans Lecture du jour | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par g-perthu à 20:17:16 dans Iconothèque | Commentaires (0) | Permaliens
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