Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

HIPPOCAMPE

édition revue Hippocampe | soirées littéraires

Manomètre - revue Dada lyonnaise | 10 février 2008

En écho au thème Dés ordres ?, nous insérons des pages extraites de la revue d'avant garde des années 1920, Manomètre (9 n° de 1922 à 1928). Créée et dirigée à Lyon par Emile Malespine, cette revue d'esprit Dada a bénéficié du soutien de Tristan Tzara et d'importants poètes ayant fréquentés le Cabaret Voltaire de Zurich. Notre intérêt s'est porté sur la page de titre à la typographie d'une grande modernité et sur la première page du Manifeste du suridéalisme. Enfin un clin d'oeil page 30 avec la page d'annonce. Manomètre a été réimprimé par Jean-Michel Place dans un volume de grande qualité respectant les propriétés de la revue (1977).

Publié par g-perthu à 20:43:52 dans Hippocampe N° 2 | Commentaires (0) |

Caroline Corsand | 10 février 2008

 Xenakis et la musique mathématique

Caroline Corsand

 

Iannis Xenakis, un des plus grands compositeurs du XXe siècle.

Souvent la musique se construit comme une succession de notes, l'évocation d'évènements qui mis bout à bout, nous racontent une histoire, nous chantent une mélodie, ou nous décrivent un développement au cours du temps.

La musique de Xenakis est tout autre. Le compositeur a l'esprit mathématique d'un architecte.

Dans les années 1950 : Xenakis, en parallèle de sa formation d'ingénieur aux côtés du Corbusier, veut exprimer par la musique le souvenir d'une manifestation nazie à Athènes. Ce qui compose son souvenir : les bruits de tirs des mitraillettes, les cris, les slogans scandés en rythme, puis le silence, lourd, de la fin du combat. Xenakis cherche dans un premier temps à faire correspondre chaque bruit à un son, une note, une gamme, afin de créer son premier opus Metastaseis. Mais l'essence même du souvenir n'est pas dans la succession de traductions sonores. Il manque quelque chose pour participer à la réminiscence ; Xenakis comprend alors que, si chacun de ces sons, pris indépendamment, deviennent anodins, alors ce ne sont pas les sons en eux-mêmes qui déterminent l'évènement, mais plutôt leur répartition dans un même espace sonore qui en devient caractéristique. La composition doit donc être envisagée dans sa globalité, afin de ne pas perdre le souvenir lui-même.

La musique sérielle, qui fait l'objet de toutes les attentions de la part des musiciens à cette époque, repose sur une succession de sons préétablie et invariable, basée sur l'énumération d'intervalles stables. Elle représente une réelle évolution dans le domaine de la composition, dans le sens où c'est la modulation qui fait la musique et non la recherche d'une harmonie tonale. Mais avec la structure des séries, chacun des douze sons de la gamme chromatique correspond à un évènement, ce qui ne répond pas aux attentes de Xenakis, qui va considérer dès lors la musique sérielle comme obsolète.

Ayant suivi en auditeur libre, mais non sans difficultés, les cours d'Olivier Messiaen au Conservatoire de Paris, il reçut du professeur comme conseil, de travailler la musique selon son expérience mathématique d'architecte, de manière à renforcer la singularité de son approche.

Il va donc, à partir de ses connaissances en physique, faire appel à la notion de champ, comme région de l'espace soumise à des forces électriques, ou à des sons. Dans un même champ sonore sont regroupées des forces telles que la dynamique, la fréquence, l'intensité et la durée. En variant la quantité et la direction de ces forces, on obtient de multiples durées ; celles-ci définissent tout changement dans l'état de la matière et de l'énergie, et correspondent ainsi à la fragmentation du temps selon sa conception moderne. Ainsi, pour Metastaseis, Xenakis se libère de la méthode sérielle en utilisant les gammes de douze tons, non pas comme sons manipulés, mais bien comme des points de repères constitutifs d'un spectre de fréquence continue. Le tout est ensuite d'organiser l'ensemble, sans faire appel à une hiér-archisation intrinsèque de la forme d'ensemble. La question est d'arriver à se détacher du principe formel de ce que l'on appelle le modèle organique: on part d'une cellule, qui, par une succession unique d'évènements, va passer par divers stades évolutifs comme la variation, l'expansion ou encore la soustraction. En travaillant avec Le Corbusier, il découvre que ce dernier utilise une alternative au modèle organique, à savoir la juxtaposition.

Le fait d' « accoler » les évènements les uns aux autres au sein de la structure d'ensemble permet ainsi à Xenakis de garder en tête son schéma physique de composition.

Reste alors à définir le système, la règle de composition.

Ce qui intéresse avant tout Xenakis dans les mathématiques, ce ne sont pas les valeurs qui en résultent, mais la forme d'outil que cette science peut endosser. L'outil doit être à la fois très précis pour garder en tête l'idée d'ensemble, de globalité de l'œuvre dans sa conception, mais doit en même

temps lui laisser la possibilité de varier les phénomènes, comme en physique. Toute partie participe de façon aléatoire à un ensemble qui reste prédéterminé. Ainsi la théorie des probabilités, et plus particulièrement la stochastique (1), s'imposent d'elles-mêmes. Le processus stochastique va permettre à Xenakis de prendre en compte certains paramètres comme les durées ou les intervalles, et de les soumettre sous forme de valeurs variables selon une distribution théorisée. Cette technique de composition, qui prend en compte des évènements aléatoires, repose malgré tout sur un processus global prévisible, où la probabilité est entièrement calculée. La composition dépend à la fois d'un raisonnement bien précis, et est, en même temps, constituée d'un jeu de hasards, de variations aléatoires en réseaux.

La première partition de Metastaseis était présentée sur des feuilles volantes, de grandes feuilles d'architecte, et c'est ainsi qu'elle est arrivée entre les mains d'Hermann Scherchen. D'un abord à première vue assez décontenançant, le chef d'orchestre sut lire la partition à sa juste valeur, c'est-à-dire comme une composition d'un genre totalement nouveau, sans rapport aucun avec la musique contemporaine. La partition fut ensuite retouchée : Xenakis dut supprimer quelques cordes et la réecrire de façon à la rendre plus lisible, donc plus abordable par le chef d'orchestre.

Metastaseis est divisée en trois sections : la partie centrale, limitée au jeu de quelques instruments solistes, sépare les deux parties extrêmes, décrites comme des sections de « masses ». Ces deux parties - la première introduisant les glissandi qui nous conduisent à un cluster, cette gigantesque masse sonore uniforme, et la dernière composée essentiellement de glissandi en mutation et d'un jeu de notes fixes basées sur une rythmique complexe - se concentrent sur la masse des instruments invités. Xenakis les appelle, dans ses notes, des personnages, ou paroles fixes, puisque ces timbres vont être le terrain de mutations, réagissant les uns par rapport aux autres, se modifiant puis réapparaissant. Alors que la partie centrale expose un thème mélodique, basé sur une série partielle, les sections de masses se définissent, en contraste, comme athématiques, et, au final, non-figuratives.

Xenakis définit lui-même ses compositions comme ne venant pas de la musique, mais d'un domaine tout différent.

[CC]

 

 

(1) Le terme stochastique vient du grec stokastês qui signifie « devin » et désigne tout phénomène lié au hasard, à l'aléatoire, d'où son lien avec les probabilités en statistique, et les variables en mathématiques.

 

Publié par g-perthu à 20:40:13 dans Hippocampe N° 2 | Commentaires (0) |

John Berger | 10 février 2008

 Wanting Now

John Berger

 

 

 

 

The world has changed. Information is being communicated differently.

Misinformation is developing its techniques. On a world scale emigration has become the principal means of survival. The national state of those who had suffered the worst genocide in history has become, militarily speaking, fascist. National states in general have been politically downsized and reduced to the role of vassals serving the new world economic order. The visionary political vocabulary of three centuries has been garbaged. In short, the economic and military global tyranny of today has been established.

 

At the same time new methods of resistance to this tyranny are being discovered. Rebels now have to be, not so much obedient, as self-reliant. Within the growing opposition centralised authority has been replaced by spontaneous co-operation. Long-term programmes are replaced by urgent alliances over specific issues. Civil society is learning and beginning to practice the guerilla tactics of political resistance.

 

Today the desire for justice is multitudinous. This is to say that struggles against injustice, struggles for survival, for self-respect, for human rights, should never be considered merely in terms of their immediate demands, their organisations, or their historical consequences. They cannot be reduced to «movements». A movement describes a mass of people collectively moving towards a definite goal, which they either achieve or fail to achieve. Yet such a description ignores, or does not take into account, the countless personal choices, encounters, illuminations, sacrifices, new desires, griefs and, finally, memories, which the movement brought about, but which are, in the strict sense, incidental to that movement.

 

The promise of a movement is its future victory; whereas the promises of the incidental moments are instantaneous. Such moments include, life-enhancingly or tragically, experiences of freedom in action. (Freedom without actions does not exist.) Such moments - as no historical «outcome» can ever be are transcendental, are what Spinoza termed eternal, and they are as multitudinous as the stars in an expanding universe.

Not ail desires lead to freedom, but freedom is the experience of a desire being acknowledged, chosen and pursued. Desire never concerns the mere possession of something but the changing of something. Desire is a wanting. A wanting now. Freedom does not constitute the fulfilment of that wanting, but the acknowledgement of its supremacy.

Today the infinite is beside the poor.

 

 

[JB]

 

 

 

 

Traduction française :

par Eve Münch

 

Le monde a changé. Alors que l'information se transmet différemment, des techniques de désinformation se mettent en place. De nos jours, le seul moyen de survivre, à une échelle mondiale, est l'émigration. Les pays qui ont vécus les génocides les plus dramatiques de l'histoire sont devenus, d'un point de vu militaire, des états fascistes et la politique de ces états a été réduite au rôle de vassal, se contentant d'être au service du nouvel ordre économique mondial. Trois siècles de discours politiques visionnaires sont partis en poussière. C'est ainsi que la tyrannie économique et militaire a pu s'installer.

Cependant, en opposition, de nouveaux moyens de résistance se développent. Les dissidents doivent être aussi dociles qu'autonomes. Parmi les opposants de plus en plus nombreux, le pouvoir centralisé a été remplacé par une coopération spontanée et les programmes de longues échéances par des alliances précipitées sur des problèmes particuliers. La société civile commence à apprendre et à pratiquer les tactiques de guérilla de résistance politique.

 

Aujourd'hui, les désirs de justice sont innombrables. La lutte contre l‘injustice, la lutte pour la survie, pour le respect de l'individu, pour les droits de l'homme, ne devraient pas être considérés uniquement dans leur demande immédiate, leur organisation ou leurs conséquences historiques. Elles ne peuvent être réduites au seul mouvement. Un mouvement décrit un groupe de personne allant ensemble vers un but précis, qu'il atteint ou non. Toutefois, une telle description exclus ou plutôt, ne tient pas compte des nombreux choix personnels, rencontres, illuminations, sacrifices, désirs nouveaux, peines et enfin des souvenirs que ces mouvements véhiculent et qui en sont complètement annexes.

La promesse d'un mouvement est sa victoire future alors que la promesse de ces moments annexes est immédiate. Ces derniers s'accompagnent, au bénéfice ou au détriment de la vie, d'expériences de liberté en action. (La liberté sans action n'existe pas.) Ils sont - comme ne pourra jamais l'être les « résultats » de l'histoire – transcendantaux. Ce que Spinoza appelait éternel, aussi nombreux que des étoiles dans un univers en expansion.

Tous les désirs ne mènent pas à la liberté mais la liberté est l'expérience d'un désir avoué, choisi et souhaité. Le désir n'a rien avoir avec la simple possession de quelque chose, mais avec le changement de quelque chose. Le désir est un manque. Un manque actuel. La liberté ne comble pas ce manque...

Aujourd'hui, l'infini est à la portée des pauvres.

 

[JB]

Publié par g-perthu à 20:35:23 dans Hippocampe N° 2 | Commentaires (0) |

Strawinsky | 10 février 2008

Publié par g-perthu à 16:51:26 dans Iconothèque | Commentaires (0) |

Werfel et Alban Berg | 10 février 2008

Publié par g-perthu à 16:50:19 dans Iconothèque | Commentaires (0) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| 53| 54| 55| 56| 57| 58| 59| 60| 61| 62| 63| 64| >>

Tous les derniers titres