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Archives associées à la revue Hippocampe

Sade | 12 février 2008

Les 120 journées, Marquis de Sade

Il était arrivé quelque chose de très plaisant le soir précédent: le duc, absolument ivre, au lieu de gagner sa chambre, avait été se mettre dans le lit de la jeune Sophie, et quelque chose que pût lui dire cette enfant, qui savait bien que ce qu'il faisait était contre les règles, il n'en démordit pas, soutint toujours qu'il était dans son lit avec Aline, qui devait être sa femme de nuit. Mais comme il pouvait prendre avec Aline de certaines privautés qui lui étaient encore interdites avec Sophie, quand il voulut mettre celle-ci en posture pour s'amuser à sa guise, et que la pauvre enfant, à qui on n'avait encore rien fait de pareil, sentit l'énorme tête du vit du duc frapper à la porte étroite de son jeune derrière et vouloir l'enfoncer, la pauvre petite se mit à faire des cris affreux et à se sauver toute nue au milieu de la chambre. Le duc la suit, en jurant comme un diable après elle, la prenant toujours pour Aline: "Bougresse, lui disait-il, est-ce donc la première fois?" Et croyant l'attraper dans sa fuite, il tombe sur le lit de Zelmire qu'il prend pour le sien, et embrasse cette jeune fille, croyant qu'Aline s'est mise à la raison. Même procédé avec celle-ci qu'avec l'autre, parce que, décidément, le duc voulait en venir à ses fins; mais dès que Zelmire s'aperçoit du projet, elle imite sa compagne, qui s'était sauvée la première, voyant bien qu'il n'y avait d'autres moyens de mettre ordre à ce quiproquo que d'aller chercher et de la lumière, et quelqu'un de sens froid qui pût venir mettre ordre à tout, en conséquence elle était allée trouver Duclos. Mais celle-ci, qui s'était saoulée comme une bête aux orgies, était étendue sans presque de connaissance dans le milieu du lit du duc, et ne put lui donner aucune raison. Désespérée, et ne sachant à qui avoir recours dans une telle circonstance, et entendant toutes ses camarades appeler au secours, elle osa entrer chez Durcet qui couchait avec Constance, sa fille, et lui dit ce qui arrivait. Constance, à tout événement, osa se lever, malgré les efforts que Durcet, ivre, faisait pour la retenir, en lui disant qu'il voulait décharger. Elle prit une bougie et vint dans la chambre des filles: elle les trouva toutes en chemise au milieu de leur chambre, et le duc les poursuivant les unes après les autres et croyant toujours n'avoir affaire qu'à la même, qu'il prenait pour Aline et qu'il disait être sorcière cette nuit-là. Enfin Constance lui montra son erreur, et le priant de permettre qu'elle le conduisît dans sa chambre où il trouverait Aline très soumise à tout ce qu'il voudrait en exiger, le duc qui, très ivre et de très bonne foi, n'avait réellement point d'autre dessein que d'enculer Aline, se lassa conduire; cette belle fille le reçut, et on se coucha; Constance se retira, et tout rentra dans le calme chez les jeunes filles. On rit beaucoup, tout le lendemain, de cette aventure nocturne, et le duc prétendit que si malheureusement, dans un tel cas, il eût fait sauter un pucelage, il n'aurait pas été dans le cas de l'amende parce qu'il état saoul: on l'assura qu'il se trompait, et qu'il l'aurait très bien payée. On déjeuna chez les sultanes à l'ordinaire et toutes avouèrent qu'elles avaient eu une furieuse peur. On n'en trouva cependant aucune en faute, malgré la révolution; tout était de même ordre chez les garçons et le dîner, non plus que le café, n'ayant rien offert d'extraordinaire, on passa au salon d'histoire, où Duclos, bien remise de ses excès de la veille, amusa l'assemblée, ce soir-là, des cinq récits suivants:

Publié par g-perthu à 16:05:46 dans Lecture du jour | Commentaires (0) |

Rouleau Sade | 12 février 2008

 

Écrit à la Bastille à la fin de 1785, Sade croyait l'avoir irrémédiablement perdu (il ne le reverra en effet jamais) lors de l'incendie de la forteresse, le 14 juillet 1789, et le pleura « en larmes de sang ». Il fut en fait récupéré durant le sac par un certain Arnoux Saint-Maximim, puis offert au marquis de Villeneuve-Trans. Vendu par ses descendants en 1900 à un amateur allemand, il est édité pour la première fois en 1904 par le psychiatre allemand Iwan Bloch sous le pseudonyme d'Eugen Dürhen. Racheté en 1929 par Maurice Heine pour le compte du vicomte de Noailles, édité enfin avec un soin particulier, il est à présent chez un collectionneur privé genevois.
Le rouleau est constitué de petites feuilles de 12 cm de large collées bout à bout qui forment ainsi une bande unique de 12,10 m sur laquelle, d'une écriture microscopique, le prisonnier a rédigé la totalité de son roman.

Publié par g-perthu à 16:00:52 dans Friction | Commentaires (0) |

Château Lacoste - Sade | 12 février 2008

Publié par g-perthu à 15:53:06 dans Iconothèque | Commentaires (0) |

Bartolomeo Veneto | 12 février 2008

Bartolomeo Veneto

Portrait de femme idéalisé

ca 1525

tempera et huile sur panneau de bois

0,44 x 0,34

Francfort, Städel Museum (Inv.No. 1077)

Publié par g-perthu à 11:00:08 dans Iconothèque | Commentaires (0) |

Esprit de groupe | 12 février 2008

Mars 1942 à New York

de gauche à droite : Matta,Zadkine, Tanguy, Ernst,Chagall, Léger.
arrière plan : Breton, Mondrian,Masson, Ozenfant, Lipchitz, Tchelitchev,Seligmann, Berman

Publié par g-perthu à 10:53:24 dans Iconothèque | Commentaires (0) |

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