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rencontre avec Jean-Philippe Basello, Le | 24 octobre 2009

Quelques questions posées à Jean-Philippe Basello, devenu, le temps du festival Playtime, "le peintre sur le pont du parc".

 

 

Pourrais-tu nous expliquer comment tu es arrivé dans la programmation de Playtime ?

Les commissaires de Playtime m’on contacté après avoir entendu parler de mon projet « Peinture XIXème » réalisé lors d’une résidence au 104. Ce projet correspondait à l’esprit de Playtime. « Peinture XIXème » est le titre de l’exposition que j’ai réalisée avec les tags, et non les graffitis, du quartier, le 19ème arrondissement. Les rues du 19ème devenaient un lieu d’exposition. J’ai réalisé et édité le catalogue de l’exposition puis j’ai fait des visites guidées de l’expo, donc du quartier, en proposant un autre regard: les murs était le décor de l’exposition, les gens, des visiteurs…

Le festival Playtime veut, lui aussi, jouer avec le nouveau quartier de la ZAC, développer des histoires et l’habiter. Les deux démarches ont des points communs voilà pourquoi je pense qu’on ma contacté. J’ai alors proposé l’histoire du « peintre sur le pont du parc » pour le festival qui joue aussi avec la perception du lieu, crée des histoires et de la fiction avec les nombreuses personnes de la ZAC. Et me voilà dans la programmation de Playtime.

 

 

Parle-nous un peu de ton projet « le peintre sur le pont du parc » ?

Une passerelle surplombe un parc, je l’utilise et pendant la durée du festival je deviens « le peintre sur le pont du parc », du moins j’essaie de le devenir. D‘ordinaire, mon activité de peintre est très réduite, je me fais peintre pour ce projet. La performance dure une quarantaine de jours où je vais peindre quasi quotidiennement sur le pont du parc, j’ai le temps de prendre une place dans le paysage et de créer un lien avec le lieu et les personnes qui l‘habitent.

Ce qui m’intéresse le plus c’est de voir comment je peux changer la perception du lieu et quelle autre perception je peux offrir. La ZAC est un lieu neuf, elle s’y prête très bien. J’aimerais que la passerelle devienne un pont, les immeubles, un paysage, etc… Les architectes ont créé un décor maintenant on peut écrire des pièces de théâtre et jouer pour lui donner vie.

 

Puisque je veux être « le peintre sur le pont du parc », je peins, et j’essaie avec les peintures de continuer ce que je fais avec le personnage. J’essaie de créer d’autres images, d’autres perceptions, associées aux différentes vues de la ZAC.

Il y a entre autre la série des « grand moulins de paris », c’est un bâtiment réaménagé qui reçoit maintenant la faculté paris 7. J’aime bien ces moulins, ils sont comme les moulins de Don Quichotte, qu’il prend pour des géants et va les attaquer avec son épée. Quand je les peins je suis une sorte de Don Quichotte, j’ai un pinceau à la place de l’épée et j’hallucine une peinture à la place des moulins qui se retrouvent sur la toile.

Lorsque je suis sur le pont, j’aligne mes toiles sur le sol parce que je peins en alternance différentes toiles.  Cela ressemble au marchand d’allumette dans Mary Poppins qui à la craie fait des peintures sur le bord du trottoir. Il leur suffit alors avec Mary Poppins de sauter dans les peintures pour se retrouver  dans le paysage de la peinture. J’aimerais que les passants, lorsqu’ils voient les toiles sur la passerelle, plongent dedans, la passerelle serait une passerelle entre deux mondes, elle serait bien mieux. Ils le font parfois, en marchant sur les toiles.

 

 

 

Quelle est la réaction des gens qui te croisent sur la passerelle (les étudiants, les profs, les habitants du quartier ou même les employés des grandes entreprises qui se tiennent juste derrière toi) ? Est-ce ce à quoi tu t’attendais?

Je ne m’attendais à rien, je n’y réfléchissais pas trop. Je me doutais bien que ça allait provoquer quelque chose, mais quoi? J’attendais de voir.

Les gens me regardent peindre, recherchent le sujet dans ce qui est devant moi et restent souvent perplexes.

En faite, il y a beaucoup de réactions différentes, un peu en fonction des gens.

Les étudiants par exemple, pour la majorité, ne se préoccupent pas de la peinture mais plus du personnage. Ils remarquent que je suis jeune, j’ai effectivement leur âge, et que je suis là tout le temps. Alors les questions qui reviennent le plus souvent c‘est : si je suis à la fac? En école d’art? si c’est une occupation, ou un si j’en vis? Je pense qu’ils ne comprennent pas qu’eux ils vont en cours et que moi je passe toute la journée sur un pont à peindre. J’ai l’impression qu’ils voudraient m’inscrire à la fac…

D’autres esquissent juste un sourire et parlent entre eux, j’entends quelques expressions de surprise ou des moqueries.

Pour les gens d’entreprises, j’ai droit à des sourires quand ils font attention à moi. Certains veulent m’acheter des tableaux.

Des enfants viennent souvent me voir, m’aident à porter mes affaires et peignent avec moi.

Certaines personnes qui ont le temps me donnent leur avis, me conseillent dans les couleurs, j’ai eu le droit à un cours de langue arabe, par exemple. On me pose des questions sur ce que je fais, pourquoi je le fais et élabore des théories sur moi, je suis un dragueur, un journaliste…

 

 

Que représente ce projet à tes yeux ? Comment s’inscrit-il dans ton projet personnel ?

Je continue d’expérimenter, je joue avec les perceptions qu’on peut avoir des choses souvent sans y toucher, d‘un point de vue physique. Je raconte des histoires. C’est aussi une suite, dans la démarche artistique, à « Peinture XIXème ». Ces projets de performances dans un centre d’art au contact d’un public sont enrichissants, j’apprends à connaître le visiteur, il m‘apprend aussi des choses. Ce qui est moins le cas dans le travail d’atelier ou les expositions d’accrochages où on est moins présent lors de la confrontation.

 

 

Etudiant aux beaux arts, tu as 21ans, on peut dire que tu es un tout jeune artiste, mais artiste tout de même. J’imagine que ce n’est pas un statut facile à assumer, quel est ton sentiment à ce sujet ? Te sens-tu pleinement artiste, toi qui, avec « le peintre sur le pont du parc » joue avec cette image d’Epinal du peintre impressionniste réalisant ses toiles à l’extérieur de son atelier avec son chevalet ?

Je me sens plus artiste que boulanger, ingénieur en aéronautique ou militaire. L’avantage de mon âge, qui est plutôt l’avantage de ma situation, c’est que je suis aussi étudiant et j’ai sûrement plus le temps que d’autres artistes. Peut être que ça influence dans les démarches artistiques, je peux me permettre de rester sur un pont pendant quarante jours à faire quelque chose qui ne me rapportera rien d’un point de vue financier, encore une fois c’est un détail technique mais qui, je pense, peut influencer la démarche artistiques.

 

 

Quel regard portes-tu sur Bétonsalon et sa particularité, un centre d’art et de recherche au milieu d’une université elle-même au centre d’un quartier en construction ?

Bétonsalon est dans un cadre particulier, un quartier en construction, d’un point de vue d’urbanisme mais aussi d’un point de vue du public puisqu’il est dans une faculté.  Ce cadre particulièrement inachevé libère les possibilités et la création. Il est ouvert aux expériences. C’est nouveau pour le public, il est peut être plus sollicité et même amené à participer, j’espère qu’il s’ouvrira de plus en plus.

 

 

 

Et après Playtime ? As-tu d’autres projets ?

Après Playtime? Je retourne à l’école. Je serais peut être un peu là pour « partie prenantes». Le projet du « peintre sur le pont du parc » n’est pas fini, il serait question d’une exposition  rétrospective des quarante jours de la performance. Et puis j’aimerais dans le cadre de l’école publique donner des cours d’initiation à la peinture sur le pont du parc. Imaginez qu’une habitude s’installe et que plusieurs peintres viennent peindre sur le pont, même après avoir fini ma performance, il y aurait une trace.

Ou sinon, je vais commencer la rénovation de l’Antenne Jeune Flandres, qui correspond à la peinture des murs intérieurs et de la façade. Ça ne sera pas de la simple décoration… En faite je continue à peindre!


Comment vois-tu l’avenir pour les jeunes artistes d’aujourd’hui?

L’avenir des jeunes artistes, je n’en sais rien. Ça dépend sûrement des soutiens politiques, de l’ouverture des structures artistiques, d’initiatives de ceux qui peuvent montrer l’art. Mais peut être que ça dépend avant tout d’eux mêmes, des jeunes artistes je veux dire.

 

 

 

Je te laisse le mot de la fin !

Superoisifragilistivolialidocious

ATTENTION : dès mercredi 28 octobre, les toiles de Jean-Philippe Basello, "traces" du passage du peintre sur le pont seront exposées à Bétonsalon.

 

Son site Internet :  http://jp.basello.free.fr

 

Publié par betonsalon à 12:07:00 dans Playtime | Commentaires (0) |

Audition à Bétonsalon ! | 23 octobre 2009

Publié par betonsalon à 13:41:49 dans Agenda et Evénements | Commentaires (0) |

Performance de Claudia Triozzi et Haco 15/10/09 | 22 octobre 2009

Ce jeudi 15 octobre 2009 à 18h, l'artiste italienne Claudia Triozzi et la musicienne japonaise Haco se sont invitées dans le cours de Neuroscience de Marc Maier, professeur à Paris Diderot - Paris 7 pour une performance acclamée par son public.


Les étudiants de psycho déconcertés mais pour la plupart séduits ont assisté à un cours à deux voix sur le thème de la schizophrénie. Il va sans dire que l’artiste Claudia Triozzi, double musical de Marc Maier, offrait un exemple des plus édifiants. Avec l’aide des étudiants du DNAP 2 de l’école supérieure d’art de Rueil Malmaison, les artistes ont su créer un moment d’intensité rare dans l’amphithéâtre 8C du bâtiment de la Halle aux Farines de l’université. Entre extase, angoisse, peine douloureuse et tension érotique, jamais un cours n’aura été aussi vivant !  

 

Voici ce qu’écrivait Claudia Triozzi avant que la performance ne prenne corps:

« Pour cette création dans le cadre de Playtime, ce qui m’intéresse ici c’est d’intervenir musicalement et vocalement, à l’intérieur d’un lieu - une Université -, d’un contenu organisé et centré sur le langage - un cours de littérature, de dramaturgie ou de sciences -, d’une temporalité - un cours magistral de trois heures -, où le discours, le savoir sont mis en scène pour être transmis.

Un lieu de représentation donc, où la voix fait corps avec une pensée en acte, avec un énonciateur et son énoncé. Comment rentre-t-on dans cette parole ? Comment analyser cette parole qui surgit ? Quelles distances instaure-t-on avec le discours ?
J’aimerais ainsi travailler sur les aspects fictionnels que le cours va d’emblée mettre en jeu, puisque le professeur a organisé en amont son cours, son déroulé, la manière dont il va l’exposer. C’est cette dimension performative, cette inventivité qui m’intéresse et dont je souhaite montrer et démonter la construction, en souligner les rythmes, distendre les temporalités, composer avec. »


On peut affirmer que le défi a été relevé. Certaines de ces questions ont su trouver leurs réponses. En discutant avec les étudiants de Marc Maier, public presque malgré eux
d’une performance artistique et témoins d’une expérience intellectuelle qu’ils n’oublieront pas de si tôt, on a même pu entendre d’étonnantes réflexions telles que « j’ai mieux compris mon cours », « jamais il ne m’a paru plus clair ». Comme si ces étudiants avaient « écouté » pour la première fois leur cours de neuroscience, s’étaient concentrés sur les mots, les avaient ressentis. Expérience étrange, celle d’un langage qui pénètre le corps de celui qui le reçoit, résonne; comme si la musique, les notes comme la mélodie et le timbre de Claudia, portaient les mots et les aidaient à faire sens.


La performance avait été quelque peu préparée, les artistes savaient toutes deux de quoi il serait question pendant ce cours, comment articuler leur discours (chanté ou instrumentalisé) à celui de l’enseignant. C’est donc à dessein qu’elles en ont dramatisé une partie, en rendant une autre plus légère. A cela s’ajoutait cependant une part d’improvisation non négligeable, fondamentale même, pour que s’immisce dans ce cours la magie de la musique. Certains étudiants se sont par exemple prêtés au jeu. Ils sont intervenus pendant leur cours, ont posé des questions à leur professeur, non pas sur la performance elle-même mais bien sur le contenu du cours, comme si rien ne se produisait autour d’eux. En conscience de cause ou non, ils ont su intégrer leur propre voix à la performance, chose que nul ne pouvait véritablement prévoir, et qui échappait à tout contrôle. Ces courageux, même assez peu nombreux, ont pris part à la performance. Au même titre que Marc Maier, victime consentante, leur voix a été « musicalisée » et rendue « performative » par la seule présence du son et tout simplement par le contexte imposé par Haco et Claudia Triozzi.


Les voix viennent alors de tous les coins de la salle, les étudiants de Reuil Malmaison, complices des artistes, parcourent la salle en dispersant leurs voix. « Ma que bellissimo » disent-ils, comme s’ils cherchaient à résumer en une seule exclamation ce qu’ils venaient de voir, et ce à quoi ils avaient participé.

 

 

Publié par betonsalon à 13:42:53 dans Playtime | Commentaires (0) |

deuxième édition du festival PLAYTIME à Bétonsalon ! | 15 octobre 2009

Depuis le 16 septembre et jusqu'au 24 octobre 2009, Bétonsalon propose sa seconde édition du festival PLAYTIME !

 

 

Quelques photos du vernissage du mercredi 16 septembre 2009...

 


Des performances théâtrales avec nos visiteurs...

 (d'après une pièce écrite pour l'occasion par Ana Monteiro, artiste portugaise et guide pour le festival)


 et un Buffet Africain préparé par l'association franco-africaine des femmes du 13e arrondissement...


 

    Le Principe de PLAYTIME, édition 2009 :

A l'instar du film de Jacques Tati, ce festival prend le contexte dans lequel est implanté Bétonsalon, la ZAC Paris Rive Gauche et ses environs, comme un terrain de jeu. Cette quasi-ville encore en construction est perçue comme une invitation à en déplier les fictions par une logique d'infiltration dans le quotidien.

 

L'édition 2009 de Playtime explore la parole, à travers ses formes et ses effets, comme moteur à la construction de communautés éphémères. Le choix s'est porté cette année sur des projets qui constituent, pour chacun d'entre eux, un type d'organisation collective et une inscription spécifique dans le contexte élargi de Bétonsalon: l'Université Paris Diderot-Paris 7, la ZAC Paris Rive Gauche et les communes francilennes limitrophes.

Quelles expériences, savoirs ou pratiques se produisent et se partagent au sein de ces projets?

Quelles places occupent les participants au sein de ces échanges?

Chacun de ses projets implique différents modes de participation, avec, entre autres visiteurs ou participants, des personnes ayant des pratiques dites "amateurs",les membres de l'équipe du lieu ou des étudiants de l'université.

 

Playtime édition 2009, c'est aussi :

- Une future bibliothèque pour Bétonsalon grâce au Projet Shared Letters de l'artiste Katinka Bock et de la librairie Castillo Corrales

Une radio "RADIO TOPO" née de l'imaginaire de Marcello & fils (Mathieu Prat, Ciguë et Tal Hadad) ouvertes aux initiatives du public et diffusée en podcast, ici

- L'occasion de lancer une nouvel espace d'échange des savoirs grâce à la version française de la PUBLIC SCHOOL de Los Angeles. L'ECOLE PUBLIQUE DE PARIS a ouvert ses portes! vous pouvez vous inscrire et participer aux cours ou même en proposer sur le site officiel, cliquez ici

Les artistes présentés cette année:

Pierre Bal-Blanc, Jean-Philippe Basello, Katink Bock et Castillo/Corrales, Isabelle Cornaro, Tim Etchells, Aurélien Froment, Pierre Joseph, Franck Leibovici, Marcello & fils, Mickaël Phelippeau, Haco et Claudia Triozzi.


 

Publié par betonsalon à 17:13:20 dans Agenda et Evénements | Commentaires (0) |

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