Accueil | Créer un blog |

NaB

POLEMIQUE n. f. (gr. polemikos, qui concerne la guerre). Discussion, contreverse violente sur les questions politiques, littéraires, scientifiques - adj. Qui appartient à la polémique.

Les autorités Française institutionnalisent le vol de la propriété privé | 01 septembre 2005

Incendie : le «J'accuse» du propriétaire

Quatre jours après l'incendie du boulevard Vincent-Auriol qui a coûté la vie à dix-sept personnes, dont quatorze enfants, et quatre mois après celui de l'hôtel Paris-Opéra qui avait fait vingt-quatre victimes, la communauté africaine est une nouvelle fois endeuillée. Les flammes ont ravagé dans la nuit de lundi à mardi, un immeuble squatté du Marais. Le bilan s'établit à sept morts, dont quatre enfants, et quatorze blessés, dont trois graves. Hier soir, l'hypothèse accidentelle était privilégiée. Joseph O'Dru, un Lyonnais de 70 ans propriétaire de l'immeuble jusqu'à son expropriation, raconte comment l'administration l'aurait autoritairement dépossédé de son bien.

Le Figaro. - Comment réagissez-vous au drame de la rue du Roi-Doré ?

Joseph O'DRU - Je suis profondément bouleversé. Mon avocat m'a appris la nouvelle ce matin. Je n'y croyais pas. Il faut être des monstres pour avoir maintenu de pauvres gens aussi longtemps dans une situation pareille. Aujourd'hui, on veut faire croire que le propriétaire n'a pas fait son devoir. Je considère que ce drame était annoncé. Il est le produit d'une mécanique administrative effroyable et de l'inconscience de certains qui considèrent que le droit au logement justifie tout. Depuis cinq ans, j'ai absolument tout fait pour récupérer cet immeuble. J'en suis à mon septième avocat. En 1999, des familles se sont installées indûment chez moi et je n'ai pas pu les déloger.

Comment cela s'est-il passé ?

J'ai acheté cet immeuble en 1983. Il s'agissait d'un hôtel de préfecture. Le gérant louait des meublés. En 1999, ce monsieur est décédé. Ses ayants droit n'ont pas repris l'activité et j'ai récupéré mon bien. Sur le papier seulement. En quatre jours, des squatters ont pris possession des lieux. On a changé trois fois les verrous, trois fois les portes ont été enfoncées. J'ai fait un référé devant le tribunal de grande instance de Paris qui a donné un mois aux occupants pour partir. Bien conseillés, ils ont fait appel. En septembre, le juge leur a une nouvelle fois demandé de partir.

Pourquoi avoir laissé pourrir la situation ?

Pendant des mois, des huissiers se sont rendus rue du Roi-Doré pour faire exécuter la décision. En vain. Ils ont demandé l'intervention du commissaire de police en 2001 et 2002 qui n'a jamais répondu. Le 1er juillet 2004, le préfet a prononcé une interdiction d'habiter. Il m'informait que je ne devais plus percevoir de loyers. Un comble ! La situation de l'immeuble a continué à se dégrader. En avril 2004, le préfet a rendu cette fois un arrêté de péril. Tout le monde savait que cet immeuble était dangereux.

N'aviez-vous pas une responsabilité en tant que propriétaire ?

C'est une situation ubuesque. Je vous rappelle que l'immeuble était squatté depuis cinq ans. Le premier août 2004, la mairie a engagé une procédure d'expropriation en arguant que je n'avais pas rempli mes responsabilités. Mais, depuis cinq ans, je n'ai pu entrer chez moi. Le 8 décembre 2004, j'ai été exproprié. Quelques mois plus tard, j'ai commencé à recevoir un premier commandement à payer de 40 000 euros pour des travaux effectués pour remédier aux problèmes de saturnisme. Ensuite, j'ai reçu les factures des chambres d'hôtel dans lesquelles les résidents avaient été provisoirement installés pour permettre l'exécution du chantier. A ce moment-là, la mairie a su les reloger. Pourquoi n'a-t-elle rien fait auparavant ? L'administration s'est comportée comme si j'étais un marchand de sommeil qui exploitait de pauvres malheureux alors que deux décisions de justice m'avaient donné raison.

La ville affirme vous avoir proposé de racheter le bien...

C'est vrai. La ville m'a proposé de le racheter pour une bouchée de pain. Ils m'ont proposé royalement 303 000 euros alors que des marchands de biens m'offraient au même moment un million d'euros. Je ne suis pas un professionnel de l'immobilier, je n'ai pas d'autres biens à Paris. Je voulais récupérer la valeur réelle. J'ai perdu beaucoup d'argent dans cette affaire. Le dossier est désormais devant la cour de Cassation. Mais, à côté des vies qui ont été sacrifiées dans cette affaire, ce n'est rien.

Publié par yucca à 04:59:03 dans Articles repris dans la presse | Commentaires (1) |

Nicolas Baverez | 25 mars 2005

Un long interview de Nicolas Baverez à propos du débat européen et du contexte politique et économique mondial dans lequel il se déroule.
Si vous êtes intéressé par le débat européen, pour prendre de la hauteur et comprendre les VRAIS enjeux, j'en conseille fortement la lecture.
Ses analyses sont juste et d'une pertinence rare. Il a, et c'est rare, absolument tout compris des mécanismes actuellement en mouvement.

http://www.lefigaro.fr/referendum/20050322.FIG0251.html

Publié par yucca à 11:45:36 dans Articles repris dans la presse | Commentaires (19) |

La France et le cliché américain. | 16 décembre 2004

Voici un article publié dans Liberation et trouvé sur http://www.u-blog.net/FulcanelliPolitik Je le trouve particulièrement pertinent.

 

Elle s'érige en modèle spirituel et moral à sa rivale américaine supposé brutale.

La France et le cliché américain.

Par Régis TURRINI

Lundi 29 novembre 2004

Une mer de lamentations a envahi la littérature politique française, sur l'américanisation des esprits, l'homogénéisation des cultures, la mécanisation de l'existence, la déshumanisation de la globalisation, l'individualisme des Américains, l'égoïsme de la mondialisation, etc. Aux Français, on ne propose plus comme remède que la restauration artificielle des valeurs anciennes du «rôle historique de la France». Voilà comment le bon vieux rêve gaullien, nécessaire dans les circonstances historiques du XXe siècle, se voit remplacé par le cauchemar d'une France chaque jour plus isolée. L'idée de faire de la France une sorte de parc naturel régional, et des Français des dahus protégés du reste du monde, est désormais de plus en plus partagée, à droite comme à gauche. Il faudrait choisir, aujourd'hui, entre la brutalité incarnée par les Etats-Unis et l'aménité de la France, entre la nature et la culture. Tout ceci ne constitue pas seulement une régression stupide et une solution illusoire, mais représente bel et bien le problème majeur que notre pays doit résoudre : son hibernation politique et économique.

La France semble plongée dans un état de langueur dont on ne voit pas l'issue. La religion : morte. L'art : pauvre. La politique : passive. Le travail : superficiel. La vie quotidienne : quotidienne. L'espoir : aucun. Particulièrement naïves, les explications qui incriminent l'Autre, les Etats-Unis, le libéralisme, la globalisation. En vérité, le laisser-faire anonyme qui règne à tous les niveaux est devenu le principal mot d'ordre de l'époque. Si l'on en croit Stefan Zweig dans le Monde d'hier, «vivre et laisser vivre, telle était la maxime viennoise par excellence». Ne pourrait-on en dire autant aujourd'hui de la France, où tout subsiste par la force de l'habitude en équilibre instable sans jamais prendre le risque ni d'avancer ni de reculer ?

Cette installation complaisante dans la passivité et l'attentisme, qu'il faut bien appeler conservatisme, est une illusion. Prenons-en le pari, la grande idée de la France universelle, qui a pu germer dans l'esprit de certains dirigeants français, n'empêchera malheureusement pas l'Occident de se ranger, le moment venu, aux côtés des Etats-Unis. La France présente la particularité d'avoir réussi ce prodige de conserver un système de valeurs, un mode de vie et des formes d'organisation sociale et politique, que le développement de la civilisation capitaliste moderne est en train de rendre complètement archaïques partout ailleurs en Occident. Pour combien de temps encore ?

Notre pays est celui où règnent les apriorismes les plus faux sur la nature véritable du contre-modèle (les Etats-Unis), et où en contrepartie l'art de ne pas résoudre ses problèmes propres a atteint son plus haut degré. L'idée reçue qui consiste à opposer les Etats-Unis, comme symbole de l'organisation et de la force, à la France, comme symbole de la culture et du savoir-vivre, est totalement stérile. Les Etats-Unis, en tant que stade ultime et dégénéré de la civilisation, souffriraient d'un manque fondamental d'idéalisme ou de raffinement ? La France serait cette patrie de l'esprit qui montre à l'humanité tout entière les chemins de l'avenir ? La France peuplée de Français qui, comme nul homo sapiens n'est censé l'ignorer, est une variété spéciale de primate supérieur, appartenant à une nation élue dont la grandeur et le destin patati patata...

On peut déduire de ceci que la France souffre d'un sérieux complexe d'infériorité à l'égard des Etats-Unis. Elle tente de le compenser en érigeant en une supériorité spirituelle et une vertu morale synonyme de paix et d'harmonie sa propension fâcheuse au laisser-faire et à l'inaction, opposés à l'activisme suspect et supposé dangereux de sa rivale américaine. A défaut de pouvoir être une grande puissance mondiale, la France se présente comme ayant une vocation naturelle à devenir la patrie universelle de l'esprit républicain et des droits de l'homme. Mythe pur et simple, pourtant, l'espoir qu'on puisse compenser par sa supériorité spirituelle supposée son infériorité politique et économique manifeste. Pauvre consolation digne de la Cousine Bette. Vieille histoire ! Robert Musil observait déjà que la référence par l'Autriche à l'Histoire universelle n'était pas l'expression d'une supériorité morale, mais l'aveu d'un complexe d'infériorité par rapport à l'Allemagne.

Ainsi sur la question de l'avenir du monde, la France prétend opposer deux types de réponse : pour les Français, le principe kantien classique ; pour les Américains, la morale nietzschéenne de la nation héroïque décrite par Robert Kagan dans la Puissance et la faiblesse, qui se situe au-dessus des principes, celle de la nation forte, qui ne se soumet pas à la loi mais crée et impose sa propre loi. A cet aune, la réélection de George W. Bush constitue certainement l'une des critiques les plus fondamentales contre le genre d'histoires pieuses et édifiantes que la France persiste à se raconter à propos du rôle qu'elle prétend jouer dans le monde actuel, à l'encontre de tout bon sens.

Oui, dans ces Etats-Unis qui ont misé sur la puissance et sur le réalisme économique, la méfiance à l'égard des idées et des grands mots a atteint un niveau que nous, Français, sommes tout simplement incapables d'appréhender. Mais les Etats-Unis ne sont pas seulement plus réalistes, ils sont aussi plus conséquents. C'est une naïveté typiquement française de croire que la France des grandes idées, de la puissance et de la gloire, est un pays où l'on serait disposé à faire quelque chose de spécial pour cette puissance et cette gloire. Rien ne prouve, en réalité, qu'elles y soient traitées avec plus de sérieux qu'on ne le fait ailleurs, et notamment aux Etats-Unis. Si l'on veut bien renoncer deux minutes à se payer de mots, force est de constater que, du libéralisme politique et économique, la France a connu, comme tant d'autres pays, tous les inconvénients culturels, mais pas les avantages pratiques et matériels considérables que les Etats-Unis ont été capables d'en retirer. Les idéaux quant à eux n'y ont pas triomphé davantage.

Régis Turrini avocat.

Publié par yucca à 15:33:24 dans Articles repris dans la presse | Commentaires (1) |

1|