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Tout à l'heure en me promenant dans une librairie je tombe par hazard sur ce livre : Le B.A.BA du BHL. J'ai toujours observé Bernard Henri Levy avec une relative indifférence. A vrai dire je n'ai jamais compris ou il voulait en venir. Je n'est jamais compris la logique de son discours tellement elle semblait être celle que pense tout le monde. Le role d'un intello ne serait il pas plutôt d'être à contre courant pour éviter les endormissements et susciter des remises en question. Pourtant tout l'intelligencia le présente comme L'INTELLECTUEL français.
Bref, je n'ai jamais accroché. Sans doute même rien compris. Mais y a t' il quelque chose à comprendre ?
Je soulève donc machinalement ce bouquin : Le B.A.BA du BHL et comprend de quoi il s'agit. C'est une sorte de pamphlet qui dénonce l'imposture que serait BHL. Je feuillette le livre et le résumé et je comprend ce qui ma toujours dérangé : le fait de privilégier la forme au fond, et donc le symbole d'une époque ou les paillettes comptent plus que ce qui est caché derrière. Bien sur, voila pourquoi il est l'intellectuel de notre époque, tout se correspond.
Le résumé :
En 1977, sur le plateau d'" Apostrophes", un jeune homme télégénique, estampillé " nouveau philosophe ", devenait en une soirée la coqueluche des médias français. Le phénomène " Bernard-Henri Lévy " était né, un mélange ahurissant de lyrisme et de nombrilisme au service de formules à l'emporte-pièce qui dissimulent l'absence de toute véritable pensée.
À l'époque, nombreux sont ceux - P. Vidal-Naquet, C. Castoriadis, G. Deleuze, etc. - qui dénoncèrent la naissance d'une véritable imposture intellectuelle. Sans résultat : trente ans et trente-deux livres plus tard, le succès de Bernard-Henri Lévy ne s'est jamais démenti.
Comment a-t-il pu si longtemps faire illusion ? Comment " BHL " a-t-il acquis un tel pouvoir médiatique ? C'est à ces questions que ce livre, fruit d'une longue enquête, entend enfin répondre. De La Barbarie à visage humain à Qui a tué Daniel Pearl ?, des pages de Gala à celle du Monde, se dessine le portrait d'un homme à l'ego démesuré, qui met d'abord ses engagements au service de lui-même. D'un ami intime des stars, des grands patrons et des hommes politiques (gauche et droite confondues), à mille lieues de cette " liberté intellectuelle " dont il se fait sans cesse le lyrique défenseur.
Révélations à l'appui, on découvre à quel point le succès et l'audience d'un Bernard-Henri Lévy en disent long sur notre univers médiatique : il incarne au premier chef la crise profonde d'une société où le mensonge avéré vaut autant que la vérité, où le simplisme des idées - pourvu qu'elles soient flamboyantes - l'emporte sur l'intelligence des faits, où les connivences et les réseaux d'amitiés comptent plus qu'une œuvre intellectuelle authentique...
Publié par yucca à 01:21:21 dans NaB | Commentaires (12) | Permaliens
Je n'arrive plus trop à me faire une opinion de mon blog.
Je parle de chose que j'observe autour de moi, je l'exprime de manière cru, sans concession, par rapport à un vécu observé. C'est également une histoire d'honneteté vis à vis de moi et de ceux qui acceptent de me lire. Sinon à quoi bon entretenir un blog.
J'ai mon caractère. J'ai conciense que le contenu fait parfois rabat joie, mais la vie et la société ne sont pas le doux pays de Candy.
Je n'aime pas me voiler la face, j'aurais l'impression de verser dans le renoncement et dans la médiocrité.
En tout cas le blogg, j'aime ça, je parcours chaque jours des blogs différent du mien, plein de talent. C'est une source d'énergie !
Publié par yucca à 15:54:56 dans NaB | Commentaires (5) | Permaliens
On aime ou on aime pas Serge Dassault, peu importe. Voila ce qu'il a déclaré il y a quelques jours au micro d'une radio : "La France est bloquée. Intellectuellement, idéologiquement. Il suffit de voir les petites mesures de Raffarin. Immédiatement : grève dans les hôpitaux, à la SNCF, à l'EDF, n'importe quoi. On est un pays bloqué. On ne change rien, on reste comme ça. On va tous crever. Point. C'est tout !"
Ce type de petite déclaration se multiplie depuis quelque mois. Elles émanent toujours des personnes les plus renseignés du pays. Une des pires a probablement été écrit par Michel Camdessus, ancien directeur du FMI (Fond Monétaire International) et à qui le gouvernement avait commandé un rapport sur l'état du pays. Rapport qui a été imédiatement enterré.... et pour cause. En gros la situation du pays (de l'état) peut être qualifié de quasi banqueroute. 15 ans de gabegie à distribuer l'argent à tout le monde et n'importe qui.... le résultat est là. Une dette publique totalement irremboursable. A moins d'une inflation à 2 chiffres pour rembourser en monnaie de singe...
Mais tout le monde s'en branle. Les français, qui se croient issue de la cuisse de Jupiter se croient arrivées, ils sont plongés dans une grande sieste. Le réveil sera violent et TRES difficile, il concernera tout le monde dans sa vie quotidienne !
Tout cela est totalement stupéfiant et suréaliste, presque amusant... et Michel Camdessus de conclure "le système craquera".
Publié par yucca à 02:26:57 dans NaB | Commentaires (8) | Permaliens
Les lieux communs, le politiquement correct qui n'est rien d'autre qu'une dictature qui ne veut pas dire son nom, sont des conformismes à bannir. Il est nécessaire de garder sa liberté de ton pour ne pas être esclave.
Simplement être soi et ne pas se mentir (et aux autres par la même occasion).
Publié par yucca à 01:55:53 dans NaB | Commentaires (5) | Permaliens
Voici un article publié dans Liberation et trouvé sur http://www.u-blog.net/FulcanelliPolitik Je le trouve particulièrement pertinent.
Elle s'érige en modèle spirituel et moral à sa rivale américaine supposé brutale.
La France et le cliché américain.
Par Régis TURRINI
Lundi 29 novembre 2004
Une mer de lamentations a envahi la littérature politique française, sur l'américanisation des esprits, l'homogénéisation des cultures, la mécanisation de l'existence, la déshumanisation de la globalisation, l'individualisme des Américains, l'égoïsme de la mondialisation, etc. Aux Français, on ne propose plus comme remède que la restauration artificielle des valeurs anciennes du «rôle historique de la France». Voilà comment le bon vieux rêve gaullien, nécessaire dans les circonstances historiques du XXe siècle, se voit remplacé par le cauchemar d'une France chaque jour plus isolée. L'idée de faire de la France une sorte de parc naturel régional, et des Français des dahus protégés du reste du monde, est désormais de plus en plus partagée, à droite comme à gauche. Il faudrait choisir, aujourd'hui, entre la brutalité incarnée par les Etats-Unis et l'aménité de la France, entre la nature et la culture. Tout ceci ne constitue pas seulement une régression stupide et une solution illusoire, mais représente bel et bien le problème majeur que notre pays doit résoudre : son hibernation politique et économique.
La France semble plongée dans un état de langueur dont on ne voit pas l'issue. La religion : morte. L'art : pauvre. La politique : passive. Le travail : superficiel. La vie quotidienne : quotidienne. L'espoir : aucun. Particulièrement naïves, les explications qui incriminent l'Autre, les Etats-Unis, le libéralisme, la globalisation. En vérité, le laisser-faire anonyme qui règne à tous les niveaux est devenu le principal mot d'ordre de l'époque. Si l'on en croit Stefan Zweig dans le Monde d'hier, «vivre et laisser vivre, telle était la maxime viennoise par excellence». Ne pourrait-on en dire autant aujourd'hui de la France, où tout subsiste par la force de l'habitude en équilibre instable sans jamais prendre le risque ni d'avancer ni de reculer ?
Cette installation complaisante dans la passivité et l'attentisme, qu'il faut bien appeler conservatisme, est une illusion. Prenons-en le pari, la grande idée de la France universelle, qui a pu germer dans l'esprit de certains dirigeants français, n'empêchera malheureusement pas l'Occident de se ranger, le moment venu, aux côtés des Etats-Unis. La France présente la particularité d'avoir réussi ce prodige de conserver un système de valeurs, un mode de vie et des formes d'organisation sociale et politique, que le développement de la civilisation capitaliste moderne est en train de rendre complètement archaïques partout ailleurs en Occident. Pour combien de temps encore ?
Notre pays est celui où règnent les apriorismes les plus faux sur la nature véritable du contre-modèle (les Etats-Unis), et où en contrepartie l'art de ne pas résoudre ses problèmes propres a atteint son plus haut degré. L'idée reçue qui consiste à opposer les Etats-Unis, comme symbole de l'organisation et de la force, à la France, comme symbole de la culture et du savoir-vivre, est totalement stérile. Les Etats-Unis, en tant que stade ultime et dégénéré de la civilisation, souffriraient d'un manque fondamental d'idéalisme ou de raffinement ? La France serait cette patrie de l'esprit qui montre à l'humanité tout entière les chemins de l'avenir ? La France peuplée de Français qui, comme nul homo sapiens n'est censé l'ignorer, est une variété spéciale de primate supérieur, appartenant à une nation élue dont la grandeur et le destin patati patata...
On peut déduire de ceci que la France souffre d'un sérieux complexe d'infériorité à l'égard des Etats-Unis. Elle tente de le compenser en érigeant en une supériorité spirituelle et une vertu morale synonyme de paix et d'harmonie sa propension fâcheuse au laisser-faire et à l'inaction, opposés à l'activisme suspect et supposé dangereux de sa rivale américaine. A défaut de pouvoir être une grande puissance mondiale, la France se présente comme ayant une vocation naturelle à devenir la patrie universelle de l'esprit républicain et des droits de l'homme. Mythe pur et simple, pourtant, l'espoir qu'on puisse compenser par sa supériorité spirituelle supposée son infériorité politique et économique manifeste. Pauvre consolation digne de la Cousine Bette. Vieille histoire ! Robert Musil observait déjà que la référence par l'Autriche à l'Histoire universelle n'était pas l'expression d'une supériorité morale, mais l'aveu d'un complexe d'infériorité par rapport à l'Allemagne.
Ainsi sur la question de l'avenir du monde, la France prétend opposer deux types de réponse : pour les Français, le principe kantien classique ; pour les Américains, la morale nietzschéenne de la nation héroïque décrite par Robert Kagan dans la Puissance et la faiblesse, qui se situe au-dessus des principes, celle de la nation forte, qui ne se soumet pas à la loi mais crée et impose sa propre loi. A cet aune, la réélection de George W. Bush constitue certainement l'une des critiques les plus fondamentales contre le genre d'histoires pieuses et édifiantes que la France persiste à se raconter à propos du rôle qu'elle prétend jouer dans le monde actuel, à l'encontre de tout bon sens.
Oui, dans ces Etats-Unis qui ont misé sur la puissance et sur le réalisme économique, la méfiance à l'égard des idées et des grands mots a atteint un niveau que nous, Français, sommes tout simplement incapables d'appréhender. Mais les Etats-Unis ne sont pas seulement plus réalistes, ils sont aussi plus conséquents. C'est une naïveté typiquement française de croire que la France des grandes idées, de la puissance et de la gloire, est un pays où l'on serait disposé à faire quelque chose de spécial pour cette puissance et cette gloire. Rien ne prouve, en réalité, qu'elles y soient traitées avec plus de sérieux qu'on ne le fait ailleurs, et notamment aux Etats-Unis. Si l'on veut bien renoncer deux minutes à se payer de mots, force est de constater que, du libéralisme politique et économique, la France a connu, comme tant d'autres pays, tous les inconvénients culturels, mais pas les avantages pratiques et matériels considérables que les Etats-Unis ont été capables d'en retirer. Les idéaux quant à eux n'y ont pas triomphé davantage.
Régis Turrini avocat.
Publié par yucca à 15:33:24 dans Articles repris dans la presse | Commentaires (1) | Permaliens
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