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WOKO ET WOKI
Le vieux sage, au bord du feu mangeait une figue en compagnie de braves petits
d'hommes, et le vieux sage se mit à parler:
_ Savez vous petit d'hommes d' où vient ma figue ?
_ La figue vient d'un figuier.
_ Oui mais le figuier, d' où vient il ?
_ De la graine d'un figuier.
_ C'est bien les enfants, il faut que je vous raconte l'histoire de Woko et
Woki. C'est une histoire triste. Mais il faut que je vous la dise afin que vous
compreniez que parfois le grand esprit choisit des êtres courageux pour
accomplir des prodiges et alors peu importe leurs souffrances : le grand esprit
les a choisi pour leur courage.
Woko et Woki vinrent au monde la même nuit de pleine lune. Tous les signes
indiquaient qu'ils seraient des amis fidèles, tous les deux déjà bien costaux.
Les anciens décidèrent de les élever tous les deux ensembles. Woko était aussi
sage que Woki avait du coeur. Ils passaient tout leur temps au bord d'une
rivière.Ils avaient développé un don véritable pour la pêche. Malgré leur âge,
ils dépassaient les anciens en talent. Dans la tribu tout le monde mangeait à
leur santé.
Le temps passa ainsi dans la pureté et l'innocence. Mais les anciens décidèrent
que le temps était venu de les marier. Alors ils levèrent le camps pour
rejoindre les autres tribus et trouver leurs deux épouses. Ils en profiteraient
pour troquer: ils avaient besoin de peaux de bisons car la tribu c'était
agrandie. Pendant une fête, ils tombèrent amoureux de la même jeune indienne.
Leur sang était chaud. La jeune indienne conclua un marché : celui des deux qui
danserait le plus longtemps serait son époux. La première nuit, ils dansèrent
avec beaucoup de vigueur, la nuit suivante, un peu moins et, la troisième nuit
ils tombèrent d'épuisement dans les bras l'un de l'autre.
Pendant ce temps les deux tribus rigolaient bien : au réveil, quand ils
sortirent tous les deux de leur tente avec une petite tête de belette, ils
pensaient tous les deux avoir gagné. Tout le monde se mit à rire à se faire mal
au ventre, quand elles apparurent elles aussi toutes les deux. On les maria le
soir même. Mais Woko et Woki durent danser tellement qu'ils étaient épuisés ;
les anciens se demandèrent, si finalement, cela avait été une bonne
plaisanterie. Les deux jumelles étaient très heureuses de la beauté et de la
gentillesse de Woko et Woki. Quelque temps passa avec les deux tribus. Puis
Woko et Woki demandèrent aux anciens si tous les quatre pouvaient partir afin
de mieux vivre leurs joies.
Woko et Woki continuèrent leur pêche pendant que les jumelles faisaient avec la
terre de leur grotte divers objets et bijoux pour se parer de beauté. Elles
travaillaient les peaux de leur gibier. Le temps passait tranquillement mais
elles n'avaient pas d'enfant. Elles s'inquiétaient de leur beauté, ce qui faisait
beaucoup rigoler nos deux amis, qui se moquaient d'elles à leur tour. Mais
comme elles n'avaient pas d'enfant, elles décidèrent d'aller chercher le
conseil des anciens. Et prétextant des petits problèmes de santé, elles n'en
auraient pas pour longtemps.
« Soit » dit Woko:
_ Je monterai au sommet de la montagne, comme ça je vous verrai revenir de
loin.
_ Woki: Moi je préparerai de bon petit repas pour que tu es de la force.
Le jour du départ Woko monta sur la colline; Il vérifia les signaux de fumée.
Tout fonctionna bien. Mais dés que les deux disparurent loin dans la plaine,
des vautours les attaquèrent et les mangèrent. Woko ne le vis pas.
Woko fut fidèle à sa promesse et monta tous les jours au sommet de la montagne.
Pendant ce temps Woki, lui, préparait à manger. Au bout d'une lune, elles
n'étaient pas revenues. Puis une deuxième. Et l'été passa. L'hivers, il fit des
provisions pour le rassemblement du printemps où les tribus ce réunissent. Mais
Woko émit un doute:
_ Pourquoi ne sont elles pas revenues! Ont elles trouvaient d'autres époux. Te
rend tu compte de la honte qui pèse sur nous! Si c'était vrai, je ne pourrai
pas le supporté. Aussi peut être vaudrait il mieux en savoir plus, pour user
nos ennemis et reprendre nos belles. Il nous faut réfléchir.
Après une bonne nuit de sommeil, Woko décida au petit matin d'interroger la
montagne. Il avait repéré sur le chemin une pierre qui vacillait dans le vide.
Et le grand esprit disait: " Ce n'est pas la montagne que tu interroges.
Il est interdit d'interroger la mort. Tu es fou, car pendant que tu interroges
la mort, ton ami Woki a besoin de toi ».
En effet, Woki était encerclé de vautour. Le vautour est perfide. Et Woki, tout
naïf qu' il était, discutait avec le chef des vautours :
_ Dit moi jeune indien, que fais tu ici sur mon territoire!
_ Je pêche un peu et je chasse quelques castors pour leur fourrure. Enfin tu
vois c'est la belle vie.
_ C' est la belle vie en effet, dit le vautour, mais pourquoi dis tu ça avec
tant de tristesse ?
_ Et bien, c'est-à-dire que j'attend mon épouse et celle de mon ami de
toujours. On se fait du soucis, et j' imagine le pire à présent : elles sont
peu être avec d'autres indiens. N' aurais tu pas des nouvelles par hasard ?
Elles sont jumelles avec de très long cheveux.
_ Cela me dit quelque chose en effet. Le vautour tirait la langue,caquetait
tout en ce grattant la tête. N' avaient elles pas aussi une chair tendre, avec
une poitrine bien fraîche et de belles joues bien rondes?
_ Oui c' est ça, s'exclama Woki, ça ne peut être qu'elles! Tu les a vu ? Dis
moi!
_ Pour sûr je les vu! Vois tu mes yeux de vautour ? à ton avis, sont ils de
bons yeux ? Non ! Qu'en penses tu?
_ A oui certainement de bons yeux de vautour.
_Alors à ton avis je les ai vu ? J' étais bien haut dans le ciel et je les
aurais vu de loin, et à ton avis qu' est ce que tu crois que j' ai fait, moi le
chef des vautours ? Vos gueules derrière ! C' est qui le patron ?
Les vautours s' esclaffaient avec des rires de lâche.
_ On en était où ? je sais plus. Reprit le chef des vautours.
_ On en était que tu avais de bons yeux et que de loin, peut-être tu les aurais
vu?
_ A oui je me rappelle... Je volais haut dans le ciel, et quand j' ai vu de
loin deux superbes créatures, alors je me suis rapproché et je me rapprochais,
encore, encore, et la je vois quoi ? Attends on en étais ou ?
_ A oui je me rapprochais encore parce que tu sais nous les vautours on vole
toujours en cercle, pas en ligne droite comme les hirondelles.A oui ça y est je
me rappelle on me tira dessus c'était un piège, deux énormes indiens armaient
d' arcs et de flèches me tirèrent dessus. J' ai évité les flèches empoisonnées.
Ils m'ont tiré mais j' ai eu de la chance et je suis là comme tu vois.
_ Alors c' est bien se que croyais, elles sont parties avec d'autres indiens.
Woki était désespéré. Alors le chef des vautour lui dit:
_ Si tu veux je peux t' aider. Je peux faire un tour de magie et tu deviendras
un vautour comme nous tous. Nous sommes des vautours nous faisons les quatre cent
coups tous les jours. Personne ne nous en veut parce qu' on est les meilleurs
dans le nettoyage de carcasse. Ainsi on évite que les maladies se répandent
tout en ce remplissant bien la panse.
_ A oui je veux bien, car j' ai honte à présent de retourner dans la tribu.
Le chef des vautours s'envola haut dans le ciel, et pendant que des nuages
noirs cachèrent le soleil, il cria de toute ses forces. Un éclair jaillit de sa
bouche, et frappa Woki.
Quand Woko redescendit de la montagne, il ne vit pas Woki et fut désemparé. Il
criait partout: « Woki!! Woki!! Woki !! ». Mais Woki était parti loin dans la
bande de non retour.
Woko resta là hébété par le désespoir et la solitude. Au bout de quelques
jours, il décida de partir pour les terres de glaces. Son cœur était triste, et
il souhaitait mourir de froid. Après une lune de marche, il se perdit dans les
neiges. Il était résolu à mourir, mais il n' y avait rien pour marquer sa
sépulture, pas un arbre, pas un rocher, rien que des étendues de neige à perte
de vu. Désemparé il tomba de fatigue. Ses os allaient se geler, quand, comme
par miracle, il se réveilla et vit au loin un unique arbre. Woko rassembla ses
dernières forces, et alla jusqu'à l' arbre.
Soudain l' arbre se mit à parler: « je suis Aswatane ».
Aswatane était perdu dans le froid lui aussi. Mais il était Aswatane le plus
sage des arbres. Aswatane disait à Woko : «moi aussi on a tué mon épouse, on
l'a brûlé devant moi ».
Woko
n'arrêtait pas de pleurer et Aswatane pleurait lui aussi.
Si Woko était faible de pleurer sans cesse, en l'étreignant de toutes ses
forces Aswatane le relevait toujours : ses branches se pliaient mais elles ne
cassaient pas, elles le relevaient. Au bout de quelques jours Woko sentit une
chaleur dans sa poitrine, son ouïe était meilleure, il commençait à prendre des
forces. Aswatane disait « moi aussi, moi aussi ».
Quand Woko regarda l'arbre il l'écouta enfin et comprit alors que si lui était
malheureux, l'arbre l'était plus encore. Il avait eu froid mais Aswatane vivait
dans le froid depuis toujours et celui-ci lui dit : « enfin tu regardes ma
peine je suis Aswatane l'arbre de la sagesse et personne ne m'égale dans la
douleur. Un jour des hommes blancs qui sentaient mauvais ont tué mon épouse et
l'ont brûlé devant mes yeux. Je me suis alors vengé ! Je regrette à présent
d'avoir du sang sur mes branches mais cela avait été plus fort que moi. Je sais
bien des choses que tu veux savoir ».
Woko rétorqua aussitôt : « où est mon ami Woki ? où sont mes épouses ?»
Le grand arbre lui répondit sagement :
« Tes épouses ont été mangé par des vautours. Et notre ami Woki est devenu un
condor, le prince des oiseaux. Il ne sait pas qu'il est un condor. Aussi il
faut que tu le lui dises pour te venger toi aussi. Si tu veux prendre de la
force toi aussi pends toi a mes branches. Nous allons faire un peu d exercices
ça va nous réchauffer»
Alors Woko s entraîna. Il n'y avait pas d'autre moyen pour prendre plus de
force et Woko devint vite plus fort qu un géant.
Et l arbre pour la première fois depuis longtemps eut des fruits. Grâce à la
chaleur des sanglots de Woko le printemps aussi revint car même si l'hiver
parfois est dur le printemps revient toujours. Retenez bien cela petits hommes
c'est très important.
Avec les beaux jours des oiseaux vinrent se nourrir auprès de Woko.
Une fois ce fût un petit moineau et il dit à Woko :
_ Je suis Rama le plus petit, le plus malin et le plus terrible des oiseaux.
_ Celui-ci rétorqua : comment peux tu dire que tu es le plus terrible des
oiseaux.
_ Tu ne sais pas pourquoi non ? Tu ne vois pas ?
_ Non vraiment je ne vois pas
_ Et bien parce que la ruse est la plus terrible des armes, disait il tout en
mangeant les figues.
Après s être gavé de figues il lui raconta aussi la même histoire, il avait même
un plan d'attaque pour tuer tous les vautours les un après les autres.
Il s appelait Rama le plus petit, le plus malin et le plus brave des oiseaux.
Woko et Rama retournèrent sur la terre des meurtres. Rama avait son plan : d
abord les vautours se gavèrent de figues ce qui les rendit malades puis Rama
invoqua la pluie. Un orage terrible gronda. Tous les vautours voulurent
s'abriter sous la grotte. Rama et Woko qui étaient en embuscade les tuèrent les
uns après les autres dans le silence de la mort ; et le bruit terrible des
éclairs qui les brûlaient un part un. Si les vautours sont très bons pour
manger les cadavres Woko et Woki s'étaient préparé à la guerre.
C'est ainsi que le racontait Vieux Buffle.
Publié par BatisteLeConteur à 14:06:23 dans Woko et Woki | Commentaires (2) | Permaliens
Ishankar le prince maudit
De la lignée des Pandavas il ne restait
que Ishankar le prince maudit.
En effet sa royale famille fut massacrée dans un bain de sang horrible sous ses
yeux d'enfant.
Ses ennemis l'épargnèrent et après plusieurs mois d'errance, il trouva enfin
refuge chez les Sadacks.
Revêtant l'habit des sadous, les sages l'honorèrent comme un roi.
Petit à petit il oublia ses cauchemars.
Les clans continuaient à
s'affronter.
C'était un bain de sang qui terrorisait même les plus sauvages.
Alors Ishankar accueillit
sous sa protection, dans les montagnes, les enfants des chefs de clans afin de
les marier entre eux et d'instaurer une paix nouvelle.
Mais un jour une petite fille arriva à l'ashram et se présenta :
"Je suis la déesse Ishikevarra."
Mais les sages voyant cette
princesse habillée comme une souillon lui dirent:
"Tu dis que tu es
Ishikevarra mais tu ne l'es pas, tu sent trop mauvais."
Le visage de Ishikevarra
s'assombrit, en même temps que le ciel se chargeait de nuages terribles.
Et la petite se mit à crier avec colère:
"Je suis Ishikevarra!
Ishikevarra!"
Et à chaque fois les éclairs
éclataient.
Et quand tous les Sadacks s'inclinèrent de frayeur devant ce miracle, le soleil
réapparut.
Elle exigea de se marier avec Ishankar.
Le jour même les arbres fleurirent et lancèrent le printemps.
Mais Ishankar la prévint:
"Je veux bien que tu
partages ma couche, mais tu es trop jeune, si tu avais des enfants maintenant,
tu pourrais en mourir."
"Aussi ne m'éprouves pas de ton désir."
Le temps passait, les enseignements des sadous étaient tous récités en musique
que les enfants jouaient sur leurs instruments.
Ils dansaient aussi tous admirablement bien.
Tout cela dans l'amour infini des sages.
Même le royaume espérait dans le règne de Ishankar époux de Ishikevarra la
déesse.
Mais le désir de Ishikevarra
était terrible et lancinant.
Aussi une nuit où tout son corps brûlait, elle se lova dans le bras droit de
Ishankar et éprouva un désir foudroyant de déesse.
Au petit matin, sentant l'odeur de la jouissance dans sa main, il demanda à son
épouse.
Elle lui avoua son plaisir.
Il lui dit seulement:
"Je te l'avais dit belle
déesse, de ne pas m'éprouver."
"Te rends tu compte que tu pourrais en mourir?"
Alors Ishankar sans dire plus, alla dans sa grotte et se coupa le bras en
sacrifice.
Quand son épouse le vit avec un bras coupé, elle fut terriblement surprise.
Il s'inclina devant elle et lui dit:
"Il ne sera pas dit que
le bras le plus puissant de l'Inde ait pêché deux fois."
A ses mots, elle fondit en
larmes.
Les sadoux était ennuyés de voir un Pandava sans bras droit.
Alors ils confectionnèrent une épée.
On dit que l'ouvrage était tellement bien fait qu'il ne l'enleva jamais.
Quant à l' entraînement il progressa encore !
La déesse obéie pour un temps.
Mais plus le temps passait, plus son désir grandissait.
Aussi elle abandonna ses études pour se consacrer, grâce à l'enseignement des
sages, à le faire grandir tant même que le feu ne la brûlait plus.
On dit même que Ishankar la sauva des flammes et que lui non plus ne se brûla
pas.
Cependant elle grandissait.
Une fois dans la forêt, un tigre voulut voir sa beauté et perdit sa vie sur
l'épée d' Ishankar.
Et ce soir là, Ishankar l'enlaça dans son sommeil et elle but sa semence
délicieuse comme du miel.
Au petit matin, elle lui
avoua son plaisir prétextant que maintenant elle était une femme.
Mais Ishankar n'était que de noblesse humaine et il ne supporta pas l'idée de
mettre en danger une déesse.
Aussi il se retira dans un lieu secret et se coupa le sexe et les parties d'un
seul coup de lame tranchante comme celle d'un rasoir.
Revenant auprès d'Ishikevarra et lui dit:
"Il ne serra pas dit que
le sexe de l' empereur des hommes ait pêché deux fois."
La déesse lui répondit en
larmes:
"Mon bel époux je vous
ait aussi embrassé."
Et avant de se couper la
langue il la rassura :
"Le plus beau des
langages des amoureux est celui du silence."
Il se retourna et se coupa la
langue.
Publié par BatisteLeConteur à 14:03:23 dans Ishankar le prince maudit | Commentaires (0) | Permaliens
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