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Le Gob

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L'aigreur est humaine... | 14 juin 2008

... et moi aussi, apparemment.

Mes mésaventures extérieures pourraient m'inspirer toutes les aigreurs du monde. En fait, ce serait surtout de la lassitude. Marre des méchants qui pourrissent l'existence. Envie d'être tranquille, dans le plus tranquille des mondes... autant dire une utopie.
Bref, rien d'extraordinaire sur terre, ni d'original parmi le règne humain. (Pour une fois, je m'aligne près de certains de mes semblables.)
...
Au passage, si l'on pouvait vraiment faire un monde meilleur, il ne tournerait pas à l'avarie plus rapidement que les pauvres (mais notables) efforts qui tentent de l'en préserver.


Non, mes aigreurs - plutôt physiques - me faisaient pensé l'autre jour, à ma vie d'avant. Celle qui me donne l'impression que justement, c'était une autre vie. Je passe sur le chapitres "belles apparences, intégration sociale et respect" - j'en aurais bien quelques autres d'aussi lourdes en réserve - pour aller directement à pire : le côté cliché. À savoir que j'étais une autre personne et que depuis, le chemin parcouru me semble si loin, qu'il m'est difficile de croire qu'il s'agissait de moi. (Arrachez-moi vite la langue, avant d'être cuite pour passer sur M6.)

Je n'ai jamais été plus aigrie qu'il y a une dizaine d'années.
"Salut, je suis graphiste, bien habillée, je souris beaucoup. Mon quotidien consiste à me lever à la dernière minute, boire mon café debout, me laver en deux secondes, finir de me boutonner dans ma rue et à courir après mon bus.
Ma journée : café, boulot, café, boulot, ha ! Un resto (midi avec les collègues)... puis café, boulot, café, boulot, café, café, café...
Mes soirées : pas bouger petit doigt, crevée. Manger... quoi ? N'importe. Bidouiller mon site. Et enfin dodo.
Heureusement qu'il y a le week-end. Hein, heureusement !
Pff, trop fatiguée, pas bouger. Grasse matinée ? Manger ? En tous les cas bidouiller, dodo puis recommencer."

Quand on sait que mon salaire ne me servait qu'à mal bouffer et à frôler l'overdose de fringues - un peu de matos informatique aussi - c'est une image de moi que j'ai eu longtemps du mal à assumer. Évidemment, un brin caricaturale, j'ai aussi eu longtemps tendance à me rappeler de moi comme d'une pouffe bien avec son temps. Active, forcément. La wineuse qui assure ? Non, pas jusque là, mais disons suffisamment jeune pour avoir la motivation de pousser ses projets. Car ensuite, me semble-t-il - après quelques claques, difficultés ou déceptions - n'est pas trentenaire digne de ce nom celui qui n'a pas connu la fatigue et/ou la dépression. (Bon, je ne suis pas unanime non plus.)

Je ne sais pas si c'est l'univers de compétition qui motive cela, ou simplement notre dominance primitive qui est exacerbée par celui-ci, mais il y a une forme de critique facile dont il est rare de se dispenser. J'ai toujours observé que l'on est peu content de soi, de son sort - rien ne peut être parfait, mais combien l'acceptent ? -, et du sort, de ce que sont les autres pas plus. Que l'on prend peu les choses, personnes, situations telles quelles, en se disant juste que ce n'est pas si mal. (Ce qui est dans la continuité de mes propos précédents, sur les choses simples.) Et lorsque c'est le cas, celui-ci va souvent avec l'éphémère.
L'insatisfaction est sans doute banale dans nos systèmes, mais les défauts sont également roi dans les relations humaines. Étant donné qu'ils alimentent les conversations, rassurent de ne pas être si médiocre, ou qu'ils nous placent toujours au-dessus de quelqu'un, même pour une broutille (etc, etc).
À condition toutefois de l'admettre, voire de SE l'admettre... tout simplement.

Je n'étais pas trop mauvaise langue, voilà, ce n'était déjà pas si mal ! (Ô ironie ?)
Bien sûr, je n'en pensais pas moins. Peu me plaisait et tout avait toujours un travers. Ma vie sociale débordante n'avait d'égal que le nombre de rancœurs qui en résultaient, à force de reproches souvent sans intérêts (tout le monde n'a ma retenue et certains pensent même que c'est une faiblesse... d'être bien éduquer ? Ha.). Quant à ma vie professionnelle, elle a fini dans la grande démotivation, notamment parce que l'élitisme cache souvent une ascension au prix de mauvaises conditions.

Sans revenir sur cette aspiration à la performance quasi-compulsive que l'on nous inculque sur les généralités de la vie et sous prétexte de survivance, je dirais juste que... c'est débile. Et comme passe temps, et comme perte de temps. Puis surtout comme attitude.
Aussi, dépendre de détails pour se valoriser plus qu'un autre, est une idée assez déplorable.

Avec les années, j'ai décortiqué l'origine de ces anciennes aigreurs. Pourquoi être aigrie alors tant de choses pour s'épanouir ?
Pendant longtemps j'ai cru comprendre que si j'entrais dans les champs de la convenance, les possibilités cadrant avec les standards, c'était ma manière de me prouver que, malgré tout, je n'étais pas comme cela. Par ailleurs, c'est ce que j'ai eu le plus de mal à assumer : d'avoir tant gober ce que l'on exigeait que je gobe. De n'avoir pas su donné la bonne part à ma propre réflexion. D'où une certaine image erronée, de jolie idiote. (Erronée pour jolie ou pour idiote ? ... mouais, merci de remarquer l'effort d'autodérision.)
Je disais dans mes sujets sur les hallucinations que :
"(...) après une période de précarité, l'époque en question était également celle où il s'agissait d'adopter des normes et des possibilités inaccessibles auparavant. L'encouragement, la félicité qui accompagnent l'adhésion à la mécanique collective et l'ascension que l'on peut y faire, ne laisse que peu de place à la réflexion... puisque la satisfaction, est une raison à elle seule."
Autant parfois je me dis que c'est donc compréhensible. Autant d'autre fois je me dis que ce n'est, justement, pas une raison.
Évidemment, je n'aborde jamais la question de l'âge ou de la maturité. Il me semble que trop indéfinissables ou relatifs au point de vue et au vécu de chacun, ce serait inutile. Sans compter que je ne souhaite surtout pas me confronter à la tentation d'y trouver une excuse - après tout pourquoi cela ne m'arriverait pas ?

Finalement, je ne suis pas si sûre. Du moins il y a des jours avec, des jours sans. Si vraiment c'était une forme de refus, de rébellion. Car bien sûr il m'arrive encore d'être aigrie, certes davantage lassée, mais tout de même aigrie. Pas à plein temps, comme la super citadine que j'ai été autre fois (d'ailleurs est-ce typiquement citadin ? Ou c'est comme la population des grandes villes : juste plus concentré). Cependant je dois reconnaître que si je disais le contraire, dans la situation à laquelle me contraint la maladie (souvent subir), je serais une menteuse. Et je pense franchement que derrière les pilule et parodie du bonheur qui nous sont ambiantes, il y a beaucoup de ces mensonges. (Ce qui là encore reste dans la même continuité - le post du 15 mai - et des commentaires qui ont creusé sur davantage.)
Lorsque j'observe les difficultés à faire et assumer une vie, dans tout ce que cela comporte ne serait-ce qu'à l'échelle d'une personne (il y a aussi l'échelle familiale), ou de la politique qui nous encadre (entre autres), je ne vois pas comment l'on pourrait être brimer, sans jamais éprouver d'amertume.
Tout est compliqué (c'est aussi un revers de l'évolution : la complexité); les problèmes, les crises sont partout (idem, les conséquences en plus); et il n'y a plus de solutions possibles sans désavantages ou qui ne soient dommageables pour personne. Comment alors vivre dans un sac de nœuds et clamer tant de bons sentiments ?

...

Moi je sais (attention, la moue carnassière est de sortie) :
On n'œuvre pas pour construire des utopies (bha non, c'est idiot et puéril), on y croit juste très fort (ha oui c'est mieux).
Sourire dans l'adversité, c'est très crédible.


Quoiqu'il en soit, heureusement depuis cette décennie écoulée, je me suis rappelé que j'ai toujours été une fille sympa... combien les apparences (puis question pouffe, cela exige un sens du guindage inutile et des manières débordantes tout sauf miens). Si le fait d'être jeune n'est pas forcément à débattre en maturité, cela ne signifie en tous les cas une situation qui prête à trop de maturité, en général. Comme d'habiter encore chez sa maman par exemple (le mien), et de n'être encore confronter à de vrais choix ou de grandes obligations. En revanche, cela est une raison valable de ne pas chercher trop loin.

Pour conclure, je pourrais mettre le passer sur compte de l'erreur, philosopher sur ce que celle-ci peut servir à l'expérience, mais je ne pense pas en avoir fait. Vivre les choses pour savoir ce que l'on refuse, n'est pas plus mal. Puis surtout se conformer ou suivre la même voix que les autres est une possibilité, la première et plus systématique qui s'offre, mais certainement pas une erreur. De même façon que de ne pas être fait(e) pour, en une autre... de possibilité. Et la notion d'échec qui s'y attache est à repenser.

L'échec serait plutôt de s'obstiner. Vivre une vie dont on a pas envie, un cadre qui ne satisfait pas. Devenir quelqu'un d'autre et ne pas se donner une véritable chance d'être.


À suivre ?
Je ne sais pas. Peut-être à suivre...



P. s. : Le terme de gober, plus haut, me rappelle là, d'un coup, soudainement, une nouvelle que j'ai écris en 2004... lorsque le personnage décris brièvement de sa jeunesse, qu'on voulait lui faire comprendre qu'il y a des conséquences pour tout... il dis le savoir déjà, déjà gober... comme pour le reste.
P. s. bis (c'est plus malin que de dire ps2) : Puis cela me fait inévitablement penser au titre de ce blog... oui "Le GoB"... rien à voir mais... j'avais juste envie de dire que... effectivement, cela n'a rien à voir... avec le gobage... en fait... ce n'est qu'un recoin tordu de mon cerveau qui me l'a suggérer spontanément... voilà... si je me sens mieux ? Ouaiiiiis, quand même...


Publié par droledoctobre à 23:47:17 dans L'oeil péjoratif | Commentaires (0) |

Thèse et antithèse... | 23 janvier 2008

... ou le personnel en mode impersonnel.
Moui... si le GoB avait une traduction ou sa place dans le dictionnaire (soyons fou !), ce serait très juste.

Je suis quelqu'un d'anonyme, et je tiens à le rester.

Note qu'ici je ne m'y soustrais pas. Non seulement, comme je le disais déjà, je trouvais ma présence ici et façon de faire, un peu trop personnel pour un support visible de tous
(je tente de comprendre cette sensation qu'on appelle "blog"); mais faire part de tout ce dont je garde le silence habituellement, qui plus est en occultant ma véritable identité... je trouve cela même carrément ambigu.

Dans le genre péjoratif, je suis un jour tombée sur un "bouquin" qui s'appelle "le psy de poche". Désolée de ne plus me souvenir de l'auteur, pour bien faire les choses.
J'ai regardé le format, donc de poche, et son titre d'un œil critique, puis je me suis demandée ce que pouvait contenir un livre pareil, laissant mes préjugés
(c'était il y a au moins cinq à sept ans avant que l'eau ne coule un peu sous les ponts de la réflexion... bonjour la métaphore !) me soumettre tout ce sur quoi se nourrit le commerce, de nos pauvres états d'âmes.
En fait l'auteur, une psychologue on pense bien, sur ses connaissances et expériences psychologiques acquises dans divers domaines, tente de répondre aux questions qui ressortent en générale lors de thérapies, le tout dans un travail de vulgarisation et, ainsi, à la porter de tous. Mis à part le côté insistant sur l'amour de soi un peu lourd, elle y soulève des vues intéressantes.
Notamment sur le besoin de possession.
Ce qui me ramène aux travaux d'Henri Laborit sur la dominance qui régit le comportement humain. Ce qui me ramène également à Bernard Werber, pour qui au passage Laborit n'est pas non plus un inconnu, et qui dans son Empire des Anges, ne laisse à ces derniers accéder à la pensée de ceux qu'ils protègent.

Pour l'antithèse, je m'appuierais sur d'autres pour parler d'une conviction bien personnelle. Une sorte de complétude, qui m'aidera certainement à faire le pas. Sans m'attarder à expliquer pourquoi je ne crois pas en des termes tels que "la vérité" ou "la réalité" - même si parfois je parle de rester réaliste (sereine ou terre-à-terre serait aussi exacte) - je dirais juste que dans ma vie, ce que je fais de mon existence et de ce que je perçois, je suis à peu de chose près d'accord. Bien que je n'irais pas jusqu'à dire (comme la psy, même si un moment je l'ai pensé également) que réellement nous ne possédons rien; à compter que la définition de posséder est de détenir et d'utiliser une chose (ect...); je pense que combien même le matériel (entre autres) ou ce qu'il représente (confort, sécurité, par exemple) motive la dominance ou nos désirs de domination et d'accession, nous travaillons notre vie pour mettre les choses à notre disposition, mais leur possession n'est aussi concrète que nous voulons le croire. Soit elles ne nous subsistent, soit nous ne leur subsistons pas. Et généralement, on vit peu en les concevant par ce qu'elles ont de temporaire (aussi relatif, long ou court en soit le temps de détention ou d'utilisation).
Sauf ce qui est du corps et de l'esprit.

Houla... que je me fasse bien comprendre : toujours peu une pseudo philosophie illuminatrice (non, sans moquerie) ou je ne sais quoi qui serait pour étaler ma confiture intellectuelle (ou culturelle... se référer au dicton... moins on en a... plus bref !) mais encore une fois, telle est ma simple - voire incomplète - vision des choses.
Je crois qu'il est important de savoir ce que l'on fait, bien au-delà du besoin des apparences et de la performance. Plus précisément ce que nous faisons de l'intimité et de la réflexion. (Voilà qui, me semble-t-il, cadre mal avec certains mœurs de notre époque, non ?)
Par conséquent, j'ai plus ou moins pour perspective que nos pensées nous appartiennent et que les dire tout haut n'a pas vraiment de sens. Que, tant que l'on se contente d'être soi-même sans laisser qui ou quoi que ce soit nous dicter notre façon de le concevoir et de le faire, il n'y a nul besoin d'en exprimer le fait.


Alors, je disais, je suis quelqu'un d'anonyme.
Pour ce que j'exprime, puisqu'un minimum est inévitable, il y a surtout la discrétion. Par exemple, je n'ai aucun signe distinctif - qui est de ma volonté du moins - et ma préférence va franchement aux habits noirs. Face aux gens, je parle peu, et personne ne sais réellement ce que je fais. Mais véritablement on ne peut dire que je fréquente qui que ce soit. C'est un choix. Non à cause de ma phobie, ce qui serait logique, mais par nature.
Bien sûr il existe toujours un fossé que les tabous mettent entre les bipolaires et la société. En revanche pour cette raison, ma propre famille ne me connaît pas. On pense juste que j'ai échoué dans ma vie, avec toute la nécessité du monde que l'on peu avoir à me faire la morale, et personne ne sait que je suis malade. Je crois que les bipolaires ont presque tous cela en commun (j'ai dit presque).
En résumé, voici ce que je suis, ce que sont mes appartenances, pour le monde extérieur.

Attention j'ai dis être anonyme, pas quelconque. Si de me savoir une personnalité me suffit - comme on a tous une tant que l'on se donne la peine de la regarder - maintenant avec tout cela, j'en suis venue à me demander quelle part d'existence je pouvais m'accorder de cette manière ? Quelle place, pour être plus précise, je pouvais espérer me faire dehors ?


À suivre...

Publié par droledoctobre à 22:22:34 dans L'oeil péjoratif | Commentaires (0) |

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