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Fruits du temps et du repos. | 10 avril 2008


Je ne sais pas si je vais dresser là une liste des changements qu'il est toujours heureux de constater, mais j'ai peur que quelques blocs de phrases à rebours sur un cahier, ne suffisent pas. Après, on se motive comme on le peut. Bien qu'une fois de plus, je ne manquerai pas de souligner, justement, toute la motivation que je n'arrive pas à trouver sur le blog présent.
Et c'est dans cette contradiction absolue que je profite d'une nuit pauvre en sommeil (ainsi que d'un moment irréaliste accompagné des Doors), pour venir y aligner un minimum de compte rendu. Une sorte d'élan déraisonné qui, avec un peu de chance, trouvera peut-être son utilité au bout (soyons foufou... et c'est bien le cas).

À vrai dire, ce que je crains c'est de regretter plus tard, comme cela m'est déjà arrivé, le peu de traces écrites de mes périodes, ou des évènements majeurs environnant celles-ci. Sans compter que prendre du grade quitte à regarder par la suite en arrière d'un œil péjoratif, est toujours intéressant. Non de comprendre avec du recul - oui, également - mais surtout avec davantage d'informations (alors, to be continued comme on dit).


Toujours est-il que, pour commencer (quelque part), nouvelle chose se rajoutant à mes perspectives, déjà, depuis cet été j'ai eu l'occasion de remettre ma phobie à sa place.
Jusque là, il me semblait qu'elle avait précédé de peu ma bipolarité, ses premiers symptômes. Mais je me suis souvenu qu'avant de me trouver face à mes premières situations de panique, d'angoisse, j'avais déjà été dépressive et suicidaire. Et indifférente. D'où le souvenir peu conséquent.
Puis, autre constat - toujours cet été - j'ai découvert que me concernant, la phobie pouvait être au-dessus de l'instinct de survie. Ce qui s'appelle un problème grave. D'avoir été en phase dangereuse est une chose, mais l'anticipation que l'esprit exerce des problèmes, a été pour exacerber celle-ci. Il y a bien eu quelques instants lucides, où j'ai très bien compris qu'il fallait accepter l'internement, mais la peur a été plus forte.
Et pour finir (parce qu'il faut bien aussi finir quelques part), si j'ai d'abord vu mes débuts phobiques puis ma bipolarité, en revanche, jusque là encore j'avais tendance à me focaliser davantage sur cette dernière, reléguant ma phobie au second plan. Mon dernier constat a été de voir que, mes états bipolaires sont certainement plus flagrants - pour me prendre tant d'attention -, mais ma phobie sociale en fin de compte, me préoccupe davantage. Ses difficultés au quotidien me prennent bien plus de temps et d'énergie.

Évidemment avec tout cela, il y a de quoi envisager, analyser et appréhender chaque jour, chaque démarche aussi - parfois-, différemment.

Ensuite, un isolement de six ou sept mois, a forcément été synonyme d'un éloignement avec une partie de mes problèmes également, des gens qui en rajoutent dessus et tout un tas de choses bien insignifiantes qui néanmoins ont le don de pourrir la vie (tant que l'on est amené avec sa phobie, à faire des choses usuelles et dans des lieux publiques, on n'est jamais à l'abri de l'agressivité, par exemple).
Prendre repos de sa phobie, tout simplement. Cela remet d'aplomb. Gars à l'excès tout de même, au risque de perdre pied avec des terrains acquis puis de refaire une seconde fois les mêmes efforts.
Par contre, un excès de repos tout court, n'a jamais tué personne. Même si les habitudes actives que l'on acquière à être un acteur eu... et bien actif de la société, condamne l'improductivité (voir ici le vieux vocabulaire de contestataire qu'en sait une croûte... et merci à la société... de souffler des termes si lisses), j'avoue qu'un laisser-aller de plus d'un mois, d'horaires scandaleuses (c'est mal ! ... tu parles...) de glande à outrance, m'a fait le plus grand bien. Cela m'a même redonner envie de me bouger. Ce temps appréciable écoulé, maintenant passons à autre chose.

Pour ce qui est de mes sujets favoris; attention ironie quand tu nous tiens, loin de moi de me discipliner là-dessus; récemment j'ai eu l'occasion de me trouver face à quelques empêcheurs de tourner en rond qui, du coup, ne me sont plus coutumiers. Contre toute attente, le sanglier à parler. Ces pauvres, mais pauvres - car ils n'attendent que cela, que l'on s'apitoie autant qu'eux-mêmes sur leur sort - donc ces pauvres gens qui passent leur journée à se plaindre, il était temps de se montrer à leur hauteur. Et tant pis pour la discrétion, les "vous n'm'aurez pas bande de quilles !" à poing levé - j'exagère, bien sûr. Bizarrement, se plaindre aussi est efficace. Même plus efficace que toute autre alternative. Personne ne bronche, ne commente, même si les têtes sont un peu pantoises (comprendre par là que j'ai l'air bien jeune pour avoir des problèmes, mais que de voir ces derniers sur mon visage livide et cerné, constitue une sorte de preuve à l'appui indiscutable, irréfutable).
On pourrait appeler cela de la moquerie - moi qui affirmais ne pas être moqueuse et que c'était dommage. Pourtant je dirais que, combien le côté parodique de dépit, c'est surtout une façon de revenir sur un point oublié de ma mémoire : le passé d'une vie sociale qui n'est plus et qui souvent me faisait adopter cette attitude. Le fait de brandir quelques détails pour me préserver. Ou encore, comme cela m'est toujours actuel, de se montrer banale afin d'éviter - entre autre - discussions et débats stériles (puisque l'on ne m'accorde ni vraiment de respect, ni l'éventualité d'avoir mes propres opinions - en fait, la quille, c'est moi).
Il y a peu je remettais en cause mon mutisme, malgré lequel on réussit quelques fois à me soutirer tout de même une réaction. De la posture qu'il convient le mieux à prendre, la superficialité me semble une solution parfaite. C'est vrai. Être superficielle est tellement plus facile. Chose que je sais, que la terre entière sait déjà... mais pour revenir à une questions à double sens (et creuser toujours), je conclurais - pour l'instant - que d'adopter ce comportement (je parlais de réponse à contre cœur auparavant), est finalement préférable, moins fatiguant.

L'authenticité tue. Ce devrait être écrit sur le front de chaque interlocuteur, comme pour les clopes.


Ce qui sera tout pour la liste (si l'on peut qualifier cela de liste) de ce qui a changé ou qui évolue - quoique en dernier, je parle d'un retour -, et que j'espère retrouver plus tard avec la satisfaction d'y voir des détails précieux pour mes appréciations et observations personnelles.

D'ailleurs, je ne l'ai pas dis jusque là. Je ne suis pas suivie. Ni par un médecin, ni par un(e) psychologue, psychiatre ou psychanalyste. D'où, justement, ce penchant pour l'auto-analyse.
D'où aussi la mise à contribution (note : ajouter à mes objectifs) de ce blog...

Toujours à suivre...

P. s. : en ce qui concerne le moment dit "irréaliste" (avec Jim Morrison) : non, je ne fume pas.

Publié par droledoctobre à 22:32:53 dans Le Lapin | Commentaires (0) |

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