... ou le personnel en mode impersonnel.
Moui... si le GoB avait une traduction ou sa place dans le dictionnaire (soyons fou !), ce serait très juste.
Je suis quelqu'un d'anonyme, et je tiens à le rester.
Note qu'ici je ne m'y soustrais pas. Non seulement, comme je le disais déjà, je trouvais ma présence ici et façon de faire, un peu trop personnel pour un support visible de tous (je tente de comprendre cette sensation qu'on appelle "blog"); mais faire part de tout ce dont je garde le silence habituellement, qui plus est en occultant ma véritable identité... je trouve cela même carrément ambigu.
Dans le genre péjoratif, je suis un jour tombée sur un "bouquin" qui s'appelle "le psy de poche". Désolée de ne plus me souvenir de l'auteur, pour bien faire les choses.
J'ai regardé le format, donc de poche, et son titre d'un œil critique, puis je me suis demandée ce que pouvait contenir un livre pareil, laissant mes préjugés (c'était il y a au moins cinq à sept ans avant que l'eau ne coule un peu sous les ponts de la réflexion... bonjour la métaphore !) me soumettre tout ce sur quoi se nourrit le commerce, de nos pauvres états d'âmes.
En fait l'auteur, une psychologue on pense bien, sur ses connaissances et expériences psychologiques acquises dans divers domaines, tente de répondre aux questions qui ressortent en générale lors de thérapies, le tout dans un travail de vulgarisation et, ainsi, à la porter de tous. Mis à part le côté insistant sur l'amour de soi un peu lourd, elle y soulève des vues intéressantes.
Notamment sur le besoin de possession.
Ce qui me ramène aux travaux d'Henri Laborit sur la dominance qui régit le comportement humain. Ce qui me ramène également à Bernard Werber, pour qui au passage Laborit n'est pas non plus un inconnu, et qui dans son Empire des Anges, ne laisse à ces derniers accéder à la pensée de ceux qu'ils protègent.
Pour l'antithèse, je m'appuierais sur d'autres pour parler d'une conviction bien personnelle. Une sorte de complétude, qui m'aidera certainement à faire le pas. Sans m'attarder à expliquer pourquoi je ne crois pas en des termes tels que "la vérité" ou "la réalité" - même si parfois je parle de rester réaliste (sereine ou terre-à-terre serait aussi exacte) - je dirais juste que dans ma vie, ce que je fais de mon existence et de ce que je perçois, je suis à peu de chose près d'accord. Bien que je n'irais pas jusqu'à dire (comme la psy, même si un moment je l'ai pensé également) que réellement nous ne possédons rien; à compter que la définition de posséder est de détenir et d'utiliser une chose (ect...); je pense que combien même le matériel (entre autres) ou ce qu'il représente (confort, sécurité, par exemple) motive la dominance ou nos désirs de domination et d'accession, nous travaillons notre vie pour mettre les choses à notre disposition, mais leur possession n'est aussi concrète que nous voulons le croire. Soit elles ne nous subsistent, soit nous ne leur subsistons pas. Et généralement, on vit peu en les concevant par ce qu'elles ont de temporaire (aussi relatif, long ou court en soit le temps de détention ou d'utilisation).
Sauf ce qui est du corps et de l'esprit.
Houla... que je me fasse bien comprendre : toujours peu une pseudo philosophie illuminatrice (non, sans moquerie) ou je ne sais quoi qui serait pour étaler ma confiture intellectuelle (ou culturelle... se référer au dicton... moins on en a... plus bref !) mais encore une fois, telle est ma simple - voire incomplète - vision des choses.
Je crois qu'il est important de savoir ce que l'on fait, bien au-delà du besoin des apparences et de la performance. Plus précisément ce que nous faisons de l'intimité et de la réflexion. (Voilà qui, me semble-t-il, cadre mal avec certains mœurs de notre époque, non ?)
Par conséquent, j'ai plus ou moins pour perspective que nos pensées nous appartiennent et que les dire tout haut n'a pas vraiment de sens. Que, tant que l'on se contente d'être soi-même sans laisser qui ou quoi que ce soit nous dicter notre façon de le concevoir et de le faire, il n'y a nul besoin d'en exprimer le fait.
Alors, je disais, je suis quelqu'un d'anonyme.
Pour ce que j'exprime, puisqu'un minimum est inévitable, il y a surtout la discrétion. Par exemple, je n'ai aucun signe distinctif - qui est de ma volonté du moins - et ma préférence va franchement aux habits noirs. Face aux gens, je parle peu, et personne ne sais réellement ce que je fais. Mais véritablement on ne peut dire que je fréquente qui que ce soit. C'est un choix. Non à cause de ma phobie, ce qui serait logique, mais par nature.
Bien sûr il existe toujours un fossé que les tabous mettent entre les bipolaires et la société. En revanche pour cette raison, ma propre famille ne me connaît pas. On pense juste que j'ai échoué dans ma vie, avec toute la nécessité du monde que l'on peu avoir à me faire la morale, et personne ne sait que je suis malade. Je crois que les bipolaires ont presque tous cela en commun (j'ai dit presque).
En résumé, voici ce que je suis, ce que sont mes appartenances, pour le monde extérieur.
Attention j'ai dis être anonyme, pas quelconque. Si de me savoir une personnalité me suffit - comme on a tous une tant que l'on se donne la peine de la regarder - maintenant avec tout cela, j'en suis venue à me demander quelle part d'existence je pouvais m'accorder de cette manière ? Quelle place, pour être plus précise, je pouvais espérer me faire dehors ?
À suivre...
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