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Tribune des députés de la majorité contre le travail du dimanche - une analyse pertinente | 23 novembre 2008

Tribune des députés de la majorité contre le travail du dimanche - une analyse pertinente

«Il n'est pas question de faire travailler tous les français le dimanche». A peine, «Touche pas à mon dimanche !», la tribune des 48 députés de la majorité, opposés à l'extension du travail dominical, parue dans le Figaro

L'extension de l'ouverture dominicale des commerces n'est évidemment pas consensuelle, et pose, à l'inverse, de graves questions. Si, de fait, il ne peut s'agir d'interdire le travail dominical régulièrement pratiqué aujourd'hui, on doit, préalablement à toute volonté de libéraliser l'ouverture le dimanche, poser a minima trois questions.


Quel intérêt économique ? Il est dit qu' «ouvrir les magasins le dimanche, c'est créer 30 000 emplois». À cela, plusieurs études, dont celle du Conseil économique et social, répondent que l'acte d'achat ne serait que transféré de la semaine au dimanche. Les sites qui ouvrent le dimanche perdent ainsi 30 % de leur activité du samedi. Les 30 000 emplois «créés» ne seraient que transférés de la semaine au week-end. D'autres études montrent qu'à consommation égale, un emploi du dimanche supprimera trois emplois de la semaine. La menace portera également sur ceux qui travaillent déjà ce jour-là, notamment les multiples petits commerces de proximité dans nos centres-villes ou dans nos centres-bourgs en milieu rural.
La logique économique implique un lien entre augmentation de la consommation et celle du pouvoir d'achat. Or la hausse de celui-ci ne se décrète pas par l'ouverture des magasins le dimanche. À l'instar des heures de temps libre dégagées par les 35 heures, l'ouverture des magasins le dimanche risquerait plutôt de créer des frustrations et du surendettement.


Quel impact sur notre société ? «Ouvrir les magasins le dimanche, c'est donner une liberté supplémentaire aux individus, un jour de consommation en plus par semaine !» Et voilà comment on passe du dimanche chômé, acquis social obtenu de haute lutte au XIXe siècle, au dimanche chômé, menace pour la liberté individuelle des consommateurs. «Si nos concitoyens ont envie d'acheter le dimanche, qu'ils achètent ! Ouvrez tous les jours, le marché reconnaîtra les siens.» L'argument est difficilement recevable : les consommateurs y sont plus souvent favorables que ceux qui pourraient être appelés à travailler ce jour-là ! Or ouvrir les magasins le dimanche ne touchera pas que les commerçants. Il faudra trouver des modes de garde pour les enfants. Qu'en sera-t-il des services bancaires indispensables à l'activité commerciale ? Faudra-t-il livrer les magasins le dimanche ? Le travail le dimanche ne se fera que sur volontariat, nous dit-on. Comment peut-on y croire ? Chacun sent très bien que l'ouverture des commerces le dimanche est un «pied dans la porte» en vue d'une ouverture générale de l'activité professionnelle. Qu'en sera-t-il alors de toutes les activités dominicales, non seulement des cultes, mais également les activités sportives, associatives, familiales... ? N'est-il pas préférable de limiter la consommation pour conserver ces moments de fraternité qui donnent à la vie son sens ? Le travail le dimanche, c'est une menace pour la vie familiale, amicale et associative. Pourquoi mettre en danger ce moment essentiel ?


Quel sens donner à une telle revendication ? C'est en effet là qu'est la vraie question. L'homme contemporain est-il uniquement un «individu consommateur» ou est-il encore l'animal social que définissait Aristote ? S'il n'est que consommateur, ouvrons les magasins le dimanche sans limite. Si l'homme se construit par les relations qu'il tisse avec ses semblables, posons-nous la question de maintenir un jour dans la semaine en vue de faciliter cette construction.
«Les Français qui le veulent pourront ne pas consommer le dimanche. Il n'y a aucune obligation, mais une nouvelle offre proposée», affirment enfin les partisans de l'ouverture. Peut-être.
Sans tomber dans l'excès d'une réglementation trop lourde, il est ici nécessaire de fixer des limites au travail dominical. La préservation de la gratuité des relations est à ce prix ; et sans doute également la préservation de la vie familiale, qui n'a vraiment pas besoin d'être affaiblie !

Ci-dessous, un billet que j'avais publié ici, sur ce blog le 17 octobre 2008. Je suis heureux d'y retrouver quelques points communs avec la tribune publiée dans le Figaro.

L'analyse de ces députés est juste, et prend en compte la "respiration" de la société. Respirer, le dimanche est fait pour se détendre et non pour aller faire des boutiques dans des méga zones commerciales pour y respirer pots d'échappements, bouchons, stress à la caisse et j'en passe.

Au point de vue économique, travailler le dimanche ne résoudra rien, ce sera juste un "écran de fumée" supplémentaire pour ramener une hypothétique croissance. La croissance n'a pas besoin du travail du dimanche, la croissance à besoin pour exister de créations d'emplois, de bons salaires bien payés et de créations de richesse à l'exportation sur notre sol.

Enfin, j'ai toujours un peu peur qu'en France des décisions soient prises à la hâte au détriments des salariés déjà bien mal payés du fait du temps de travail partiel pour beaucoup d'entre eux et notamment les femmes. J'ai toujours un peu peur qu'une décision qui parle de volontariat (puisqu'il s'agit de cela) se transforme en obligation pour tous.

Le dimanche pour moi, doit être consacré à ses passions, sa famille et ses enfants. La vie familiale est tout aussi importante que le point de croissance !

>> lire ci-dessus et ci-dessous.

Travailler le dimanche, est- ce une nécessité économique? 17 octobre 2008

Depuis quelques temps le débat sur le travail du dimanche est relancé en ces temps de crise économique et de pouvoir d'achat.
Pourtant, je ne suis pourtant pas sûr que travailler le dimanche soit une nécessité économique.
En grande partie, la croissance française repose sur la consommation. Pour qu'il y ait consommation il faut du pouvoir d'achat. Pour un bon pouvoir d'achat il faut de bons salaires. La solution est donc là.
Je ne suis donc pas convaincu que le travail du dimanche participera à la croissance. Car ceux qui n'ont pas ou peu d'argent n'achèteront pas plus. A la rigueur ils regarderont les vitrines...sans plus...
Ceux qui ont de l'argent "lisseront" tout simplement leurs achats toute la semaine et jusqu'au dimanche.
Ou sera la hausse de croissance? Il y aura juste un ajustement des achats qui pourront être étalés sur 7 jours.
De plus, pourquoi juste le secteur des commerçants devrait-il travailler le dimanche? Les fonctionnaires des administrations devraient être eux aussi ouverts ce jour là ! Car excusez du peu mais si on n'a pas le temps de faire des achats en semaine on n'a pas le temps de se rendre dans des administrations non plus.
On me dit que les habitudes de consommations changent, qu'il faut bouger les lignes...Je suis d'accord à condition que tout le monde soit concerné...ou alors pas du tout.
Enfin, j'espère que tout ceci (si la décision est prise) sera bien réglementé par la loi et pour le bien des salariés concernés. Car la croissance ne doit pas être que pour les enseignes ou les patrons des commerces mais bien pour tous.
 

 

Publié par tricolor à 09:32:24 dans France | Commentaires (0) |

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