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68ème anniversaire de l'Appel du Général de Gaulle - 18 juin 1940
Revivons ensemble cette fantastique journée du 18 juin 1940 ou ce jour, le général de gaulle à lancé bien plus qu'un appel à continuer le combat: c'est un appel à l'espérance, à la liberté et au choix de maîtriser notre propre destin. Cet appel perdure aujourd'hui.
Le 18 juin, heure par heure
Lundi 17 juin 1940, début d'après-midi :Lundi 17 juin 1940, en milieu d'après-midi :
Le général de Gaulle rend visite à Winston Churchill au 10 Downing Street. Les deux hommes s'entendent très vite. Le premier ministre britannique décide de mettre la BBC à la disposition du Général. Il a été convenu qu'il ne l'utiliserait que lorsque le gouvernement Pétain aurait demandé l'armistice.
Lundi 17 juin 1940, en fin d'après-midi :
La nouvelle parvient à Londres que le maréchal Pétain vient d'annoncer aux Français qu'il faut cesser le combat. Le général décide alors de lancer son appel dès le lendemain...
Mardi 18 juin 1940, 8 heures :
9 heures :
Le général de Gaulle travaille toujours seul devant son bureau.
De Courcel téléphone à Elisabeth de Miribel, une jeune fille de 24 ans, attachée à la mission franco-britannique. Il lui demande de prendre en charge le secrétariat du général de Gaulle. Elle accepte.
10 heures :
Devant la table de travail le général de Gaulle rature toujours les feuillets couverts de sa fine écriture.
11 heures :
Dans l'appartement du 6 Seymour Place, les deux Français sont toujours seuls. Ils travaillent.
12 heures :
Elisabeth de Miribel arrive au 6 Seymour Place.
12 heures 30 :
Le général de Gaulle et le lieutenant de Courcel partent déjeuner avec le ministre de l'information britannique, Duff Cooper. Mlle de Miribel reste dans l 'appartement de Hyde Park. Pour quelques heures elle incarne seule la permanence de la France libre.
13 heures 30 :
Durant le déjeuner, de Gaulle et Duff Cooper règlent le rendez-vous à la radio. Le général parlera aux Français à 18 h.
15 heures :
De Gaulle et son aide de camp sont de retour au 6 Seymour Place. Le Général reprend sa place devant sa table de travail. Dans un état d'extrême tension et de fatigue, il corrige et remanie encore le texte qu'il lira tout à l'heure au micro de la BBC.
16 heures :
Alors que le texte de l'appel est prêt, le cabinet britannique réuni, sans Churchill, décide de refuser sa diffusion sur les ondes. Il faut l'intervention personnelle de Churchill pour que l'interdiction soit levée.
Le général français pourra s'exprimer à la BBC.
16 heures 30 :
Le lieutenant de Courcel tend à Elisabeth de Miribel quelques feuillets sur papier blanc, un texte fortement raturé, difficile à déchiffrer. C'est l'appel du 18 juin. Elisabeth de Miribel tape laborieusement avec deux doigts l'appel sur la machine à écrire de Courcel.
De Gaulle prend à peine le temps de relire les feuillets. Il se met en route vers les studios de la BBC.
17 heures 30 :
Accompagné de De Courcel, de Gaulle arrive en taxi à la BBC. Il est en uniforme, képi rouge orné de feuilles de chênes, gants blancs, tuniques, baudrier, culotte et leggings. Le général Spears et deux journalistes anglais, Elizabeth Barker et Patrick Smith, l'accueillent.
17heures 45 :
Patrick Smith conduit le Général à travers les méandres de la BBC vers le studio d'émission. Ils arrivent au studio B2. A la table, au centre du studio, deux Français sont assis : Maurice Thierry et Louis Cauzique. Il fait très chaud dans le studio. En entrant le Général enlève ses gants et les met dans son képi puis pose celui-ci sur la table.
18 heures :
Dans le studio B2, Patrick Smith glisse un bout de papier hâtivement crayonné à Thierry. Il lui demande d'annoncer : " Le général de Gaulle va parler aux Français ". Dans des pièces voisines, de Courcel , le général Spears et Jean Marin, tendent l'oreille vers un haut-parleur.
Le Général s'est assis. Il a déplié deux feuillets de papier. Il regarde fixement le micro.
Une voix qui va devenir célèbre s'envole vers la France.
Mercredi 19 juin, 6 heures :
Un planton motocycliste français remet à Geoffroy de Courcel un pli pour le général de Gaulle : c'est le texte du mandat d'arrêt lancé par Weygand de Bordeaux, dès que l'appel de De Gaulle a été entendu.
Dans la matinée :
Des Français de Londres se présentent pêle-mêle au 6 Seymour Place pour répondre à l'appel du Général. Parmi eux, des civils dont plusieurs jeunes filles, des militaires.
10 heures 30 :
Madame de Gaulle accompagnée de ses enfants - Elisabeth, Anne et le futur amiral Philippe de Gaulle - et leur gouvernante, débarquent sur les côtes anglaises. Ils ont réussi à prendre à Brest, la veille, le dernier bateau se dirigeant vers l'Angleterre.
16 heures :
Mlle de Miribel, avec l'aide de deux amies appelées en renfort, expédient plusieurs télégrammes adressés aux communautés françaises à l'étranger et aux généraux Noguès et Mittelhauser. De Gaulle offre de se placer sous leurs ordres pour continuer le combat.
Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.
Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un
jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres.

Publié par tricolor à 10:29:35 dans France | Commentaires (0) | Permaliens
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