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Super Pépin

Et je n'ai pas l'esprit de contradiction

Un pépin sur le toit...




"...Balaie le ciel, la terre et l'eau
Balaie, balaie mon gars..."


...


"L'ardeur en secret, l'adieu à la vérité, le silence de la dalle, le cri du poignardé, l'ensemble du repos glacé et des sentiments qui brûlent a été notre ensemble et la route du chien perplexe notre route.
Nous ne nous sommes pas reconnus dans le silence, nous ne nous sommes pas reconnus dans les hurlements, ni dans nos grottes, ni dans les gestes des étrangers  Autour de nous, la campagne est indifférente et le ciel sans intentions.
Nous nous sommes regardés dans le miroir de la mort. Nous nous sommes regardés dans le miroir du sceau insulté, du sang qui coule, de l'élan décapité, dans le miroir charbonneux des avanies. Nous sommes retournés aux sources glauques."

H.M

hmm...


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... | 01 avril 2008

 


Ce n'est donc pas la fin du Rêve Gris.
C'est seulement que je suis devenue ce dernier...

Enfant maudite du silence et des douleurs enfouies, je porte tes crimes depuis mon plus jeune âge.
"Le sacrilège qui reste inégalable"
Et tu voudrais me laisser? Me laisser là, avec le Silence pour toute relique, pour entrevoir ce que j'étais et ce que je deviendrai...

"La cicatrice prime" depuis toujours sur le coeur que je ne porte plus. La cicatrice suinte, s'infecte, et sa brûlure me meurtrit.


"la silencieuse. Le cap est franchi qui fait de ce qui est, ce qui était mais tu luttes contre la perte de sa mémoire.
La mutilation est ton expression de la séparation - ça n'est pas ma petite qui pourra la chasser mais bien la silencieuse qui devra quitter les sables que mon frère gardait jusque là" Hijigop 30-03-08



"tu as laissé les fourmis regagner leur forteresse chargées des morceaux de celle qui aime ce qui la trahit, mon frère devra ne plus barrer leur route"
Oui Hijigop, j'ai laissé les fourmis se repaître de Sa chair pourrissante qui s'accrochait à mes os. Lisses et blancs je les déterrerai, et de la boue me façonnerai un coeur.
Ou bien je resterai assise dans ta nuit sans savoir où errer.

Enfant maudite, je réclame ton nom depuis toujours, grotesque demande, en espérant ainsi me libérer de toi. Puisque toi tu t'en vas laisse-moi donc cela...
Mais les loups disent qu'il est poison.
Interdit jamais bravé, à jamais hors de ma portée...


"le tabou posé par rejoniK sur la silencieuse la dépasse - il s'agit de protéger le Fou de l'Impératrice"
"Rejonik est ceui qui interdit aux ancêtres de souiller les expériences, le nom reste est une brèche au milieu de son corps"

Puisque le mat est menacé... Soit, gargouille putain qui me toisait naguère, je ne t'offrirai pas ma nuque une autre fois.




Rouvrir les yeux et apprendre, comprendre ce qui m'apparaît mascarade,"Le cloisonnement nécessaire à la complétude de la loi"
Le mensonge que je vois est une autre illusion. Constamment balancer d'une illusion à l'autre...
Et la gueule du néant qui attend le faux pas...


"le néant est le sommeil de la loi, elle le peuple de cauchemars pour s'éveiller perpétuellement. C'est la trame de fond, nous nous balançons sur la toile que la grande fileuse tisse au dessus."

Je sens bien que je m'enfonce. Je sens bien que je vais me noyer de nouveau, bientôt. Hotouob si tu pouvais laisser ce cadavre avant que le limon n'emplisse encore mes bronches...

"le prédateur meure de faim si il ne sait pas être sa propre proie.
intégrer la destruction n'est pas résumer la création à la première-mais admettre la nécessité des deux.
la loi cherche des formes de création et de destruction équivalente, pas des cales"

Mais c'est pourtant si faux, ça semble si flagrant, tant d'impostures qui nous accablent, elles sont palpables, elles rient je les entends, et je devrais les intégrer et m'étourdir avec?
C'est cela la "lumière" qui devra contrebalancer l'ombre que j'ai intégrée... J'attendrai qu'elle s'impose donc, car d'ici je ne vois plus la route.
C'est que ma vue doit être encore troublée, par les brouillards épais des cicatrices encore brûlantes.


"l'amour propre bâti sur des charognes puantes,les blessures profondes infligées par des armes inoffensives, l'auto-humiliation d'avoir eu foi en ce qui n'est même pas."
"il faut
apprendre à marcher avec le pire de soi pour pouvoir découvrir la création construite à partir non pas des charognes mais du limon qu'offre leur assimilation.
La culpabilité originelle que scelle le rire est l'origine mais la silencieuse était là pour appuyer l'instinct des bannis - les autres blessures se sont construites autour de ce poteau mitan"



Il faudra reprendre la route, même aveugle... Marcher, encore encore...


"on n'en sort jamais ma petite que lorsqu'on rejoint le Néant, mais chercher à hâter le retour à lui ne fait que ralentir l'expérience"

___________________________________________________________________________ 

 

27 mars 

 

 

Je suis fatiguée...

"Je n'avais pas compris. Je te croyais délibérément alliée de l'invisible, alors que tu y es condamnée" Hotouob

De nouveau celle que j'ai choisi d'être. Devenue un reflet un peu plus conscient de son (non-) état.
Passeurs, pour tous ceux qui ne connaissent pas le chemin. Je peux traverser seule à présent.
Frère, nous sommes comme les loups, tu as compris l'envers du monde, moi je l'ai vu. Nous marchons sur les sentiers d'Etiloat, portant dans nos mains les fardeaux que le Grand-Père nous a attribués.
"Celui qui engendre et punit". La Loi elle-même.


"Pour être capables de supporter la compréhension du monde"
Celle qui grignote un peu plus chaque jour tout ce qui fut bâti.




Je suis la Silencieuse. Même si la noyée est à présent libérée, je suis toujours celle-là. Celle que je fus, que je suis, que je serai.
Dans mes mains, le Silence.


Et l'eau comme éternel berceau de ma loi.

Après la Nuit, s'acheminer vers "la grande délation", "hurler à l'imposture" pour mieux apprendre à se taire face à ce qu'il est vain de vouloir secouer. Consciemment.
S'affairer à le trouver, "Celui qui engendre et punit". Continuer de chercher les points d'accès, les fenêtres ouvertes sur les distorsions de l'invisible.

Je suis fatiguée.
Me fondre dans la pierre jusqu'à ce que les fourmis aient terminé de nettoyer mes os.
Attendre jusque là.
Attendre sans mot dire, retrouver la solitude pour lui montrer mes trophées de poussière.
Et disparaître au monde, disparaître à moi-même, le temps de jeter un regard sur les décors qui dansent.
Et si mon sang se glace encore aux plaintes de la corne de brume, c'est sûrement par réflexe, sans frisson, sans surprise. Je n'ai plus peur de ma voix..

Ecouter le vide.


Je suis fatiguée.
Et pour l'instant
Je n'ai plus rien à dire.

Publié par Super Pépin à 22:48:36 dans - Trucs en vracs | Commentaires (0) |

après dix ans.. | 24 mars 2008

Cette fois je me suis faite oiseau, et j'ai erré, piteux volatile malade, avec difficulté, entre les pins parasols squelettiques qui déchiraient le bleu d'une nuit aux allures de fausse Frontière.

Je connais cette orée fantomatique...



Des morceaux de murs de pierres, quelques ruines éparses au milieu de clairières misérablement belles.
Mais il n'y a rien de plus, rien de plus, rien de plus...

Etait-ce toi, Sapa, qui m'a poursuivie, grondant, haletant, l'oeil furieux, me forçant à m'élever malgré mes ailes lourdes, pour éviter de peu ta gueule d'affamé?
J'ai entendu le son de tes mâchoires claquant si près, si près de ma gorge...
Pourtant je ne suis pas certaine que tu ne m'aies pas mangé.
Probablement les deux. C'était cela n'est-ce pas?

Me forcer à voler...

Si bien sûr...

Me démener pour mon loup. Opprimé, opprimé, comme ce cheval en cage que j'avais veillé.

Me forcer à voler...


J'ai heurté les troncs rugueux et je me suis fait mal.
J'ai avalé la nuit et elle, elle m'a mangée.

Il n'y a plus de frontières, Hotouob.
Il n'y en a jamais eu.
Hotouob, j'ai un pied de l'autre côté, ce ne sont plus des rêves, c'est redevenu "moi".
Il n'y a pas de limites, plus de limites. Je suis Houmap. J'ai dévoré mon coeur et recraché sa hargne, j'ai enterré mes os au pied d'un arbre mort. Je suis Delapona, je suis seule, je suis plurielle, je suis multiple, je me répand et me confine. Je suis faite de pétrole, couverte de goudron, j'ai enfin compris, pourquoi la marée noire.
"Juste une masse noire, des fuites, des volutes noires"... C'était donc ça...

Je suis redevenue celle qui n'a pas de limite, je me suis souvenue n'avoir pas voulu naître et j'ai glané une terne paillette de fer, en grattant le granit.

Nous sommes des psychopompes pour ceux qui partent avant.
Nous sommes psychopompes autant que déjà morts.
Nous sommes comme vous.
Nous sommes vous.
Nous sommes tout cela, puisque rien que de l'ombre, rien que du vent.
Nous sommes mort-nés, affairés par défaut à préparer la traversée.
Nous sommes un.

Nous connaissons les contrées d'Etiloat, nous marchons sur une route qui n'a finalement jamais séparé les mondes, et qui n'a pas de fin. Nous sommes un, nous sommes Rien.
Nous sommes SeuL puisque l'Unique.
le Tout, le Rien, la grande nuit, et son froid mordant, cherchant dans l'autre un reflet le plus précis possible de notre être profond.
Un reflet noir, un reflet vide. Le plus précis possible, l'impossible à brouiller...
Nous sommes, tout ce qui est indescriptible, tout ce que le verbe oublie, ternit, les fragments nécessaires et même pas utiles, Seul et complet, nous sommes des morceaux de l'Un, infiniment seul, infiniment grand, infiniment petit, infiniment tout, infini, infini, terrible éternité-mortalité-finalité
continuité.
La boucle parfaite le cercle jamais rompu, la route jamais rongée.
Nous sommes la Route.
Nous sommes un seul, Seul.
L'Unique.




Ce soir sur le chemin du retour, deux clochards m'ont donné un oiseau en rameaux. Signe que j'attendais -pas- aujourd'hui.

Publié par Super Pépin à 01:01:36 dans - Trucs en vracs | Commentaires (1) |

... | 21 mars 2008

Une couleuvre rousse, une couleuvre blanche, lovées dans les cendres froides d'une cheminée sale, contre le ventre blanc d'un tigre grotesque aux pattes atrophiées. Et des lézards qui fuient pour ne pas qu'on les mange, partout des lézards, qui s'éparpillent, comme le font ces minuscules araignées qui, par milliers s'arrachent du dos de leur mère écrasée. Comme une fourmilière pulvérisée. Des flots...
Tandis qu'on envahit mon espace, tandis que le tigre s'éveille et referme ses mâchoires sur ma gorge, calmement. Puisque c'était prévu.

 

Les gens se hâtent, ils semblent refuser d'admettre que courir sous la pluie ne les protègent en rien de ce qu'ils considèrent comme un désagrément. Ainsi ils disparaissent dans les portails, trempés et contrariés, malgré tous leurs efforts hypocrites.
Sous une de ces mêmes petites averses qui révèlent mon ridicule, lorsque, enivrée, je laisse les mots de celle que je ne suis même plus, résonner à travers les méchantes plaies que je voudrais refermées pour toujours. Pour ceux qui les ont un jour ouvertes, et qui, devenus spectres fades, n'ont laissé que des bruits blancs, mais parviennent encore à me jeter à la face l'arrogance que j'ai, parfois, d'oser penser pouvoir oublier ma Faiblesse.
Je n'avais jamais remarqué, aux abords des barrages, le bruit de l'eau qui coule. Le tumulte artificiel qui ressemblerait presque au ressac des vagues, contre les tétrapodes de la jetée du dragon, vieux nexus peuplé d'ombres tenaces courant comme tant de chiens, autour d'un pauvre phare rouge.
Je ne suis que cela, rien qu'un reflet brouillé dans une flaque d'eau. Bousculée par des ombres haletantes qui me montrent "autre chose". Parfois.
Parce qu'il m'arrive encore de me mentir un peu, et de courir sous la pluie.

Publié par Super Pépin à 22:46:08 dans - Trucs en vracs | Commentaires (0) |

... | 19 mars 2008

J'ai marché mille fois sous de semblables cieux. Et où que je me trouve, les odeurs sont les mêmes, comme les cris des corbeaux, la lumière sur le pavé.
Je me souviens des crépuscules sous ce même ciel trop bas, en ces terres au-dessus desquelles les nuages roulent trop vite. J'aurais voulu les accrocher pour qu'il prennent le temps de se mirer dans les eaux sales de la morne Liffey, pour chasser mon reflet du miroir noir et gras que la pluie finissait toujours par brouiller tout à fait.
Pour me croire m'évanouir dans le gris du ciel, du fond des eaux noires d'un canal dégoûtant.
Les lumières maladives du couchant, perçant les nuages lourds vautrés sur le fleuve, ont ravivé ce soir ces sensations gluantes. Me revoilà, endolorie, étrangère au monde et à moi-même, traversant le large pont sur lequel [b]je n'ai croisé personne[/b]. Le flottement encore, l'engourdissement des sens et l'éveil d'autre chose...
Ce soir je me repais de tous ces lieux qui m'ont engluée. De tous les chant d'oiseaux détraqués, qui s'éveillent dans la nuit et pleurent aux réverbères. Du joueur de khéna, et de cette femme si belle sur l'escalier de la poste. Et tant et tant encore..
La plainte lancinante de la corne de brume...
Demain sera un beau jour pour mourir.

Publié par Super Pépin à 20:23:57 dans - Trucs en vracs | Commentaires (0) |

...suite bribes | 18 mars 2008

Je me suis humiliée avec des mots trop vagues
Petits, petits, si petits, tellement petits
Tellement vagues qu'ils demeurent vain, à tenter de dépeindre la la route, la loi, la nuit..
le reste
Mais l'incapacité à nommer n'a jamais démasqué l'imposture, pas plus que la maladresse.
Le mur est tombé et ce n'est pas le dernier.
L'illusion du protecteur s'est étiolée avec ma hargne, et je sais à présent que rien ne viendra plus troubler le calme qui règne sur ma route.
Tout à des conséquences pour qui s'attache à tout nommer la chute peut être rude.
Ecouter le silence derrière les mots. Puisqu'ils ne sont qu'oiseaux malades au plumage flatteur.
Ingérer ingérer ingérer
Intégrer
Qu'il n'est rien que la Grande Nuit ne traverse pas comme mille flèches froides et empoisonnées. Puisqu'il suffirait de les accepter, ne plus lutter pour ne plus avoir mal et retrouver le froid mordant et le sol aride.
Et si je meurs à moi c'est mollement, avec résignation
Il n'y a pas de différence. C'est une seule et même chose, à quelques détails près qui relèvent de l'Illusion.
N'apparaissant jamais que comme ce que nous reflétons faiblement dans l'eau noire.

De nouveau, j'entends la corne de brume...

Publié par Super Pépin à 17:45:43 dans - Trucs en vracs | Commentaires (0) |

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