
"L'ardeur en secret, l'adieu à la vérité, le silence de la dalle, le cri du poignardé, l'ensemble du repos glacé et des sentiments qui brûlent a été notre ensemble et la route du chien perplexe notre route.
Nous ne nous sommes pas reconnus dans le silence, nous ne nous sommes pas reconnus dans les hurlements, ni dans nos grottes, ni dans les gestes des étrangers Autour de nous, la campagne est indifférente et le ciel sans intentions.
Nous nous sommes regardés dans le miroir de la mort. Nous nous sommes regardés dans le miroir du sceau insulté, du sang qui coule, de l'élan décapité, dans le miroir charbonneux des avanies. Nous sommes retournés aux sources glauques."
H.M
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Publié par Super Pépin à 16:36:27 dans - Dessins, croquis et autres tentatives... | Commentaires (0) | Permaliens
Je n'ai pas peur et je ne me réveillerai pas
Et les portes claquent dans la grande entrée froide.
Dressés les escaliers de marbres qui ne mènent nulle part.
-Des fenêtres fermées sur des murs de briques sales-
L'air est vidé, les murmures étouffés, même si le silence continue de gémir...
Fermés les coffres, jetées les clefs, brisée l'échelle pour monter aux greniers. Rien que des ruines, de la poussière, de la poussière, trop de saletés, trop de saletés.
Enterrées les histoires, les rêves et les espoirs. Enterrée l'Histoire, la seule, mortelle, la chaîne, le lien, qui semait la folie et déchainait les eaux. On ne la contera plus, on ne s'y perdra pas, on ne s'y perdra plus, l'ombre demeurera et creusera les plaies. Pour toujours.
Le silence et le froid, les bruits blancs qui comblent les trous d'eau qui n'auraient jamais dû se refermer, l'absence, l'absence.
L'absence
Le froid, l'indifférence, le silence et le vide, les marais qui s'étendent, et toujours le courant qui file entre les doigts.
L'obscurité pesante et les silhouettes fantômes des silures tranquilles au fond du fond des eaux. La solitude et son liceul glacé, ses pièges trop bien pensés et la douce malédiction qui portera le coup. Tout à la fin.
Les gifles des embrins qui sèchent l'oeil, la fuite sur les rails posés sur la mer et qui tracent, et le train pour nulle part qui ne repassera pas. Seul sur les rails, rien devant ni derrière, la mer autour et l'horizon interdit. Rien devant, rien derrière, venu du néant pour aller au néant et s'y trouver toujours.
Publié par Super Pépin à 01:47:57 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) | Permaliens
Voilà , c'est fait, un premier pas hors de ma bouillasse insulaire, pour mieux me plonger das celle de mes névroses.
Parti enfin, pour de vrai, et malgré cette impression naturelle de n'être qu'en pause, me voici malgré tout au pied du mur, forcé d'avancer, sans aucune idée de ce qu'il adviendra, sans filets, sans certitude, et au fond, c'est ça qui m'plaît.
Du moins pour l'instant.
Heureux de retrouver des gens que j'aime, heureux de faire des projets, des plans sur la comète pour sûr, mais qu'importe, l'important est d'évoquer, de rêver, de voir "plus loin"... ou pas.
L'important c'est d'être là , d'avoir largué les amarres et posé mon cul sous d'autres cieux, même si c'est pas si loin.
Ce qui va se passer, je n'en sais rien ; comment, encore moins ; ce don j'ai envie... pfff allons, allons ^^
C'était la fin d'une ère on se l'était bien dit, cette fois c'est à mon tour de laisser le terrier.
Et j'me souhaite bonne chance
et bon courage pour la suite
Une accolade à moi-même pour ce que j'ai réussi à enterré
Un coup de gueule à la justice dont la souche est pourrie
Un gros fuck comme dans un mauvais rap
Et une bière pour cette année d'merde, et toutes celles qui suivront...
Avec un clin d'oeil à ceux-là à qui je pense très fort en ce moment.
Cheers!
Publié par Super Pépin à 04:47:27 dans - Trucs en vracs | Commentaires (0) | Permaliens
Je distingue mal le pays derrière l'orage.
Un monde tout entier peut-être, un autre...
J'ai
beau sentir la terre molle gorgée d'eau sous mes pieds, il me semble
pourtant n'être pas là .. La pluie battante ne trouble même plus
mes yeux dont les paupières ont cessé de s'agiter frénétiquement en
réaction aux attaques des aiguilles glacées... Je suis sans consistance je suis fait
de pluie et mes pieds dans la terre ne m'appartiennent même plus, et
pourtant je suis figé...
Je suis un arbre, sans racines et sans fruits, dont la sève a gelé sous l'écorce froide de ses branches nues.
Je sens l'odeur de la vase, des fruits pourrissant et des feuilles en décomposition...
Et
les ombres dansent, je peux les distinguer derrière le formidable rideau de pluie, s'agiter sur les mosolés imposants d'un cimetière grand comme
le monde...
Je l'ai reconnu, dressé là , cynique et fier, immobile
comme une croix de marbre. J'ai senti son regard vide sur moi et je
l'ai reconnu...
"Il n'y a rien de plus, de l'autre côté du monde..."
Publié par Super Pépin à 21:44:58 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (1) | Permaliens
"Saignant sur le mur, vivante, rouge ou à demi infectée, c'est la plaie d'un homme; d'un Mage qui l'a mise là . Pourquoi? Par ascèse, pour mieux en souffrir; car, sur soi, il ne pourrait s'empêcher de la guérir grâce à son pouvoir thaumaturgique, naturel en lui, au point d'être totalement inconscient.
Mais, de la sorte, il la garde longtemps sans qu'elle se ferme. Ce procédé est courant.
Etranges plaies qu'on rencontre avec gêne et nausée, souffrant sur des murs déserts..."
Henri Michaux - Au pays de la Magie
Publié par Super Pépin à 14:13:14 dans - Dessins, croquis et autres tentatives... | Commentaires (0) | Permaliens
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