
"L'ardeur en secret, l'adieu à la vérité, le silence de la dalle, le cri du poignardé, l'ensemble du repos glacé et des sentiments qui brûlent a été notre ensemble et la route du chien perplexe notre route.
Nous ne nous sommes pas reconnus dans le silence, nous ne nous sommes pas reconnus dans les hurlements, ni dans nos grottes, ni dans les gestes des étrangers Autour de nous, la campagne est indifférente et le ciel sans intentions.
Nous nous sommes regardés dans le miroir de la mort. Nous nous sommes regardés dans le miroir du sceau insulté, du sang qui coule, de l'élan décapité, dans le miroir charbonneux des avanies. Nous sommes retournés aux sources glauques."
H.M
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Tournées les pages, ou en passe de l'être.
Non. Tournées, et définitivement.
Toutes ces chimères restées pendues à ses cieux si longtemps, se décrochent en silence une à une.
La pluie est tombée sur celles qui devaient le tuer, et les mène à présent dans les impitoyables couloirs de l'oubli, dans ce coin de son cerveau que la Grise a laissé ébréché, la nuit où elle le vit tenter de ne pas naître. Et son ciel bas et gris revient peu à peu se reposer sur ses épaules meurtries par les crocs de démons qui n'étaient pas les siens. Comme avant.
Les plaies ouvertes par d'autres se refermeront bien, et il retrouvera ses vieilles ombres-amies, qu'il a osé un temps, croire loin de lui...
Seul.
Les ténèbres sont vraies. Les pauvres soleils morts-nés qu'on espère capable d'éclairer sur le chemin, n'existeront jamais vraiment. Rien ne réchauffe à travers la longue marche.
Et les coeurs des maudits n'allument aucun soleil...
Il reprendra son chemin loin de la Grande Route, sans plus verser de larmes même si ses mains sont vides, même si son coeur est triste, si ses pieds sont en sang.
Et même s'il se retourne, de temps à autres, même si ces fantômes qu'il a abandonnés, derrière lui le saluent avec regrets, il saura bien apprendre à préserver son coeur, il le gardera froid et sourd à leurs appels, sourd à leurs complaintes, à leurs mélodies douce-amères qui rendent l'âme triste et rouvrent toutes ces plaies qui ne cessent jamais de saigner...
Il trébuchera sur les pierres qui bordent les falaises, se noiera presque dans les marais immondes dans lesquels meurent les rêves, et tracera sa voie au milieu des ronces, sans jamais s'arrêter.
En ayant toujours froid.
Jusqu'à ce que cette nuit qui n'appartient qu'à lui, le reprenne en son sein et balaie souvenirs et tourments inutiles ; il sera pardonné d'avoir trop espéré, et on lui accordera une place où se lover, dans le Noir.
Comme auprès de l'âtre, quand il neige dehors, et qu'on ferme les yeux...
Publié par Super Pépin à 00:50:17 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) | Permaliens

Publié par Super Pépin à 00:41:02 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Super Pépin à 23:41:56 dans - Irlande | Commentaires (0) | Permaliens
Premier week end de juin 2007, coucher de soleil sur la baie de Youghal...


Publié par Super Pépin à 23:26:12 dans - Irlande | Commentaires (0) | Permaliens
La Grise rôde chez les géants, presque palpable elle se plante dans l'air à la tombée du soir, prête à serrer le coeur des vagabonds mélancoliques, qui se plaisent à errer sous la pluie en longeant la falaise.
Rien d'humain ne semble s'être ancré ici. Rien que le Vide, la morsure du Nord, le grondement formidable de la mer tout autour... Et des nuages... des nuages qui filent sans prendre le temps de paresser au-dessus des clochers tant ils sont hauts et pressés... des nuages qui roulent et courent comme sur nul autre ciel...
Village de Ballitoy, Antrim, Irlande du nord
Publié par Super Pépin à 21:05:23 dans - Irlande | Commentaires (0) | Permaliens
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