
"L'ardeur en secret, l'adieu à la vérité, le silence de la dalle, le cri du poignardé, l'ensemble du repos glacé et des sentiments qui brûlent a été notre ensemble et la route du chien perplexe notre route.
Nous ne nous sommes pas reconnus dans le silence, nous ne nous sommes pas reconnus dans les hurlements, ni dans nos grottes, ni dans les gestes des étrangers Autour de nous, la campagne est indifférente et le ciel sans intentions.
Nous nous sommes regardés dans le miroir de la mort. Nous nous sommes regardés dans le miroir du sceau insulté, du sang qui coule, de l'élan décapité, dans le miroir charbonneux des avanies. Nous sommes retournés aux sources glauques."
H.M
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Rien n'a changé.
C'est que si ma vie change tout est toujours pourri. Gangrenné un peu plus à chaque fois que je m'attarde sur moi..
Je ne peux me dédouaner cette fois. Impossible d'imputer la pluie et le froid au comportement odieux de ceux qui n'existent plus.
Je me trouve forcé d'admettre que je suis seul chef d'orchestre de mes tourments.
C'est... étrange...
Même pas... Comme si je ne savais pas...
Et les vapeurs ethyliques qui atténuent un peu.. je ne sais plus penser, tout comme j'ai oublié de dormir. Rien n'a changé, surtout pas moi.
Le train continue de tracer et je suis toujours aussi immobile. Le désert a bougé mais la plaine demeure familière..
pffff rien que d'l a merde encore..
Publié par Super Pépin à 18:41:28 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) | Permaliens
Je me suis absenté.
Encore, et pour ne pas changer.
Je me suis absenté, perché bien haut sur le bord de ma nuit, j'ai confondu mon souffle avec le silence enivrant, et j'ai juste observé.
Parce que je ne sais rien faire d'autre. Scruter, sentinelle oubliée en haut d'une tour foudroyée constamment.
Constater que je ne comprend pas. admettre que je suis loin.
Douce amère est la conscience de n'être jamais là .
De n'être rien du tout. L'ombre du renoncement.
Une miette de rien.
Je me suis absenté.
Publié par Super Pépin à 13:41:57 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) | Permaliens
Que rien ne passe et que tout se fonde dans l'immuable tristesse.
La dissonnante symphonie des existances bâclées, les airs redondants qui bâtissent les êtres et rebondissent sur des murs vides. Les choeurs vains et douloureux qui emplissent les silences, et les soupirs suspendus ça et là aux coins perdus des solitudes amères.
Le brouillard impénétrable, et le givre qui se dépose sur le carreau et sur les coeurs endoloris par le simple effort d'être, parfois.
L'Ennui vertigineux logeant au fond de l'âme pour étourdir l'enfant quand la nuit s'éternise.
La lassitude encore, dans l'absence et le vide, les mots couchés pour rien et qui se font témoins de cette incohérence.
L'oscillation permanente, tout et rien à la fois, invariable inconnue brouillant toute raison.
Publié par Super Pépin à 18:55:23 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Super Pépin à 23:31:37 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) | Permaliens
La vieille carbonnelle tant aimée est rendue bredouillante sous les doigts maladroits de la petite-fille. Au moins ne s'est-elle pas tue pour toujours.
Il y avait eu les premières parties de pêche, les rochers rougeoyants sous l'oeil du clocher. Les voiliers dont on a retenu les noms pour certains. Le souvenir de l'Etoile Matutine qu'elle n'avait pourtant pas connu, l'Atolle aimé jadis à qui il fallut dire adieu. Il y avait eu ses pinceaux éparpillés, ses crayons gras et ses fusains, dont Il savait user pour faire parler ces bouts de vide à encadrer.. Les regards vibrant de tristesse de clowns désespérés au maquillage épais, qui seuls demeurent à présent pour le rappeler. Les natures mortes que les enfants trouvaient austères, à l'époque..
Dans la cuisine vétuste et chaleureuse qui sentait bon les vieilles enfances, il y avait eu les jeux de cartes des après midi pluvieux, les chansons pendant les rituels que les familles instaurent pour s'étourdir de vin et de trop copieux repas, et même un vieil accordéon qu'on n'a jamais revu. Ce qu'Il cachait ou pas, derrière sa bienveillance, tout ce qu'elle croyait voir de vieux désenchantements se consumer dans le cendrier mauve ou fumaient les gitanes. Ce qu'il avait l'air de voir, lui, et le sourire satisait d'une vie remplie "comme il faut", de filles, de gendres, et de petits-enfants.
Sourire qui, un jour, se tinta de tristesse.
Les morceaux de bambous sur la table, et les tours même pas magiques qui les amusaient "les petits".
Les souvenirs évoqués qui se perdraient bientôt...
C'est que c'est loin tout ça...
Sept tout petits hivers, tant d'images pourtant..
Sept tout petits hivers d'une toute petite vie..
Il y eu ce réveillon qui finit de tuer le Père Noël. La fièvre massacrante et le retour inattendu de démons redoutés.
On s'est caché les quelques larmes qu'Il versa ensuite.
Les trois larmes pudiques qu'arrachèrent la douleur, recueillies par l'accoudoir en cuir de son trop vieux fauteuil.
Elles ne pouvaient lui appartenir, c'était si dur à croire.
Il n'y eut pas d'adieu.
L'incrédulité.
Et il s'en est allé, avec le printemps.
Publié par Super Pépin à 18:49:14 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) | Permaliens
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