
"L'ardeur en secret, l'adieu à la vérité, le silence de la dalle, le cri du poignardé, l'ensemble du repos glacé et des sentiments qui brûlent a été notre ensemble et la route du chien perplexe notre route.
Nous ne nous sommes pas reconnus dans le silence, nous ne nous sommes pas reconnus dans les hurlements, ni dans nos grottes, ni dans les gestes des étrangers Autour de nous, la campagne est indifférente et le ciel sans intentions.
Nous nous sommes regardés dans le miroir de la mort. Nous nous sommes regardés dans le miroir du sceau insulté, du sang qui coule, de l'élan décapité, dans le miroir charbonneux des avanies. Nous sommes retournés aux sources glauques."
H.M
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Les coeurs maudits qui errent, loin des routes aux abords des falaises, se connaissent tous déjà ...
Dans les bras de l`Immense Solitude, dans l`ombre caressante de la
grande dame grise, ils sont du même bois, quelque soit le chemin que
les coeurs tendent a suivre.
Partager le néant et contempler le vide ; entendre les pleurs obsédants dont sont faits les silences...
Bousculés
par les ombres visqueuses qui s`accrochent aux plaies et s`attardent
longtemps à élargir les trous dans les âmes meurtries, ils s`étonnent
des rumeurs qui s`élèvent au loin, complainte des fantômes qu`ils ne
seront jamais, mais qui pourtant éveillent quelques mélancolies...
L`ombre
ronge les coeurs, mais qu`il est doux parfois, le fragile interdit qui
empêche de Suivre et les condamne à se perdre en des terres
innondées...
Douce
malediction qui fait sourire la mort, car les cailloux tranchants qui
parsement les sentiers ne sont guère qu`illusions comme le reste.
Et
par delà les marais bouillonnants d`espoirs deçus et d`étoiles éteintes
chues du ciel de novembre, par delà les cieux calcinés peuplés de
chimères boiteuses, le grand rêve s`étale, sans pitié et sans but...

Publié par Super Pépin à 01:30:44 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) | Permaliens
Et cette odeur encore...
Cette odeur qui surgit parfois si soudainement de l'indifférence, au coeur de ses déserts gris...
Cette odeur...
Celle que souffle le coeur quand, trop gros, il s'épanche.
Comme à chaque fois qu'une chose meurt.
Cette odeur de parquet, celui de sa vieille chambre, du bois melé au
plomb de la mine sur le papier, lorsqu'Ã plat ventre par-terre il se
racontait des histoires sans couleurs qu'il a depuis oubliées...
Polichinelle et son diamant...
L'odeur
du feu de cheminée à la tombée des soirs d'hiver, et des chataîgnes
grillés qu'il émiettait consciensieusement par crainte des vers...
L'odeur du carton à dessins de papi, de ces fusains tendres qui meurent
entre les doigts en crissant doucement...
Celle du petit port, témoin de ses premières errances
mélancoliques, sous l'oeil menaçant et presque paternel d'une pendule
de clocher, et sous les rires des pêcheurs attablés au bistrot... Du
goudron de la cour de l'école, lieu tant aimé, peuplé de chers platanes
et de vocations folles. De la pluie dont il écoutait les histoires Ã
travers les murs humides de la salle de classe, les soirs de novembre
qu'il chérissait tant...
L'odeur de l'encre sur les doigts, quand la plume lui tenait tête,
ces soirs d'automne magiques en salle B20, quand les murs se paraient
de feu au soleil couchant ; baignés dans la lumière chaude, tous se
laissaient ennivrer par la beauté d'un monde qui éclate en couleurs
pour ne pas mourir fade... Et les cahiers ressemblaient soudain à des
livres précieux qui contiendraient un jour leurs vies...
L'odeur de l'attente de Noël avant qu'elle ne soit maudite, quand,
même après que le père Noël se fut tué, on a su demeurer enfant...
Celle du temps qui passe, des souvenirs, des vieux greniers... des
choses mortes qu'on se rappelle vivante comme un précieux trésor du
creux de son âme, là où l'enfant qu'on était veille fièrement sur ce
que nous fûmes, et ce que nous voulions devenir.
Et l'odeur de Son Livre sous l'oreiller...
L'odeur d'une salle d'arts-plastiques remplie de mille fusains
comme ceux de papi... il en avait gardé quelques miettes grises dans
une boîte noircie, avec quelques crayons à la mine encore usée...
L'odeur des peaux de tambour, l'odeur du cuivre, l'odeur des rêves nouveaux et de projets qui devraient bientôt avorter.
L'odeur de ce matin où sa vie entière changea, sous les embrins qui
sèchent les lèvres... Celle de la peur de l'avenir, des possibles
regrets, des choses inévitables et qui arrivent à tous. De ces
nouvelles joies et des peines qui suivraient. De ce fol espoir de
"toujours" que l'on se force à nourrir, en vain...
L'odeur des souvenirs encore trop frais pour se baigner dedans...
Mais puisque même les étoiles s'éteignent, puisque tout s'apaise toujours, un jour il n'en pleurera plus.
Puisque même ses crépuscules fabuleux, dans lesquels il fuyait sur
ses fougueuses chimères, là où le tableau noir s'habillait
d'arcs-en-ciel, dans cette salle où il décida de laisser son coeur...
puisque même ces soleils là peuvent mourir sur des pupitres vides
derrière une porte fermée...
Alors il guérira... Il rangera tout dans sa boîte en couleurs -qui
jure si fort dans ses paysages monochromes!- pour que tous les maux
laissés par les choses perdues se transforment en sourires tristes, et
ressuscitent un jour comme tant de poésies dansant dans le parfum de ce
qui a été.
Publié par Super Pépin à 01:10:10 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) | Permaliens
Tournées les pages, ou en passe de l'être.
Non. Tournées, et définitivement.
Toutes ces chimères restées pendues à ses cieux si longtemps, se décrochent en silence une à une.
La pluie est tombée sur celles qui devaient le tuer, et les mène à présent dans les impitoyables couloirs de l'oubli, dans ce coin de son cerveau que la Grise a laissé ébréché, la nuit où elle le vit tenter de ne pas naître. Et son ciel bas et gris revient peu à peu se reposer sur ses épaules meurtries par les crocs de démons qui n'étaient pas les siens. Comme avant.
Les plaies ouvertes par d'autres se refermeront bien, et il retrouvera ses vieilles ombres-amies, qu'il a osé un temps, croire loin de lui...
Seul.
Les ténèbres sont vraies. Les pauvres soleils morts-nés qu'on espère capable d'éclairer sur le chemin, n'existeront jamais vraiment. Rien ne réchauffe à travers la longue marche.
Et les coeurs des maudits n'allument aucun soleil...
Il reprendra son chemin loin de la Grande Route, sans plus verser de larmes même si ses mains sont vides, même si son coeur est triste, si ses pieds sont en sang.
Et même s'il se retourne, de temps à autres, même si ces fantômes qu'il a abandonnés, derrière lui le saluent avec regrets, il saura bien apprendre à préserver son coeur, il le gardera froid et sourd à leurs appels, sourd à leurs complaintes, à leurs mélodies douce-amères qui rendent l'âme triste et rouvrent toutes ces plaies qui ne cessent jamais de saigner...
Il trébuchera sur les pierres qui bordent les falaises, se noiera presque dans les marais immondes dans lesquels meurent les rêves, et tracera sa voie au milieu des ronces, sans jamais s'arrêter.
En ayant toujours froid.
Jusqu'à ce que cette nuit qui n'appartient qu'à lui, le reprenne en son sein et balaie souvenirs et tourments inutiles ; il sera pardonné d'avoir trop espéré, et on lui accordera une place où se lover, dans le Noir.
Comme auprès de l'âtre, quand il neige dehors, et qu'on ferme les yeux...
Publié par Super Pépin à 00:50:17 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) | Permaliens

Publié par Super Pépin à 00:41:02 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Super Pépin à 23:41:56 dans - Irlande | Commentaires (0) | Permaliens
De quoi?