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Ceci n'est pas un blog

Et je n'ai pas l'esprit de contradiction

Un pépin sur le toit...




"...Balaie le ciel, la terre et l'eau
Balaie, balaie mon gars..."


...


"L'ardeur en secret, l'adieu à la vérité, le silence de la dalle, le cri du poignardé, l'ensemble du repos glacé et des sentiments qui brûlent a été notre ensemble et la route du chien perplexe notre route.
Nous ne nous sommes pas reconnus dans le silence, nous ne nous sommes pas reconnus dans les hurlements, ni dans nos grottes, ni dans les gestes des étrangers  Autour de nous, la campagne est indifférente et le ciel sans intentions.
Nous nous sommes regardés dans le miroir de la mort. Nous nous sommes regardés dans le miroir du sceau insulté, du sang qui coule, de l'élan décapité, dans le miroir charbonneux des avanies. Nous sommes retournés aux sources glauques."

H.M

hmm...


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... | 27 septembre 2007

 

Et cette odeur encore...
Cette odeur qui surgit parfois si soudainement de l'indifférence, au coeur de ses déserts gris...
Cette odeur...
Celle que souffle le coeur quand, trop gros, il s'épanche.
Comme à chaque fois qu'une chose meurt.
Cette odeur de parquet, celui de sa vieille chambre, du bois melé au plomb de la mine sur le papier, lorsqu'à plat ventre par-terre il se racontait des histoires sans couleurs qu'il a depuis oubliées...

Polichinelle et son diamant...
L'odeur du feu de cheminée à la tombée des soirs d'hiver, et des chataîgnes grillés qu'il émiettait consciensieusement par crainte des vers... L'odeur du carton à dessins de papi, de ces fusains tendres qui meurent entre les doigts en crissant doucement...
Celle du petit port, témoin de ses premières errances mélancoliques, sous l'oeil menaçant et presque paternel d'une pendule de clocher, et sous les rires des pêcheurs attablés au bistrot... Du goudron de la cour de l'école, lieu tant aimé, peuplé de chers platanes et de vocations folles. De la pluie dont il écoutait les histoires à travers les murs humides de la salle de classe, les soirs de novembre qu'il chérissait tant...
L'odeur de l'encre sur les doigts, quand la plume lui tenait tête, ces soirs d'automne magiques en salle B20, quand les murs se paraient de feu au soleil couchant ; baignés dans la lumière chaude, tous se laissaient ennivrer par la beauté d'un monde qui éclate en couleurs pour ne pas mourir fade... Et les cahiers ressemblaient soudain à des livres précieux qui contiendraient un jour leurs vies...
L'odeur de l'attente de Noël avant qu'elle ne soit maudite, quand, même après que le père Noël se fut tué, on a su demeurer enfant...
Celle du temps qui passe, des souvenirs, des vieux greniers... des choses mortes qu'on se rappelle vivante comme un précieux trésor du creux de son âme, là où l'enfant qu'on était veille fièrement sur ce que nous fûmes, et ce que nous voulions devenir.
........ Et l'odeur de Son Livre sous l'oreiller...
L'odeur d'une salle d'arts-plastiques remplie de mille fusains comme ceux de papi... il en avait gardé quelques
miettes grises dans une boîte noircie, avec quelques crayons à la mine encore usée...
L'odeur des peaux de tambour, l'odeur du cuivre, l'odeur des rêves nouveaux et de projets qui devraient bientôt avorter.
L'odeur de ce matin où sa vie entière changea, sous les embrins qui sèchent les lèvres... Celle de la peur de l'avenir, des possibles regrets, des choses inévitables et qui arrivent à tous. De ces nouvelles joies et des peines qui suivraient. De ce fol espoir de "toujours" que l'on se force à nourrir, en vain...
L'odeur des souvenirs encore trop frais pour se baigner dedans...
Mais puisque même les étoiles s'éteignent, puisque tout s'apaise toujours, un jour il n'en pleurera plus.
Puisque même ses crépuscules fabuleux, dans lesquels il fuyait sur ses fougueuses chimères, là où le tableau noir s'habillait d'arcs-en-ciel, dans cette salle où il décida de laisser son coeur... puisque même ces soleils là peuvent mourir sur des pupitres vides derrière une porte fermée...
Alors il guérira... Il rangera tout dans sa boîte en couleurs -qui jure si fort dans ses paysages monochromes!- pour que tous les maux laissés par les choses perdues se transforment en sourires tristes, et ressuscitent un jour comme tant de poésies dansant dans le parfum de ce qui a été.

Publié par Super Pépin à 01:10:10 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) |

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