
"L'ardeur en secret, l'adieu à la vérité, le silence de la dalle, le cri du poignardé, l'ensemble du repos glacé et des sentiments qui brûlent a été notre ensemble et la route du chien perplexe notre route.
Nous ne nous sommes pas reconnus dans le silence, nous ne nous sommes pas reconnus dans les hurlements, ni dans nos grottes, ni dans les gestes des étrangers Autour de nous, la campagne est indifférente et le ciel sans intentions.
Nous nous sommes regardés dans le miroir de la mort. Nous nous sommes regardés dans le miroir du sceau insulté, du sang qui coule, de l'élan décapité, dans le miroir charbonneux des avanies. Nous sommes retournés aux sources glauques."
H.M
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"La Terre te convient, Ã toi. Elle, elle est ailleurs. La terre ne suffira jamais. Elle sera toujours loin."
Il y avait cet homme. Voyageur de toujours, amoureux des eaux qui jamais ne sut nager. Les mers lointaines, les océans, il les avait tous parcourus. Et si les blattes couraient sur son visage durant les nuits de veille dans son padock, les pays visités en valaient bien la peine. Les naufrages et le froid, l'errance des voyageurs clochards, qui courrent le monde sans un sous en poche et qui s'en sortent toujours...
Pour atterrir en pleine réalité. Enfin, pas vraiment la sienne. Une vie de rien, une vie "normale", une vie "de merde".
Les neiges des pôles, les ice-breakers brisant la banquise, les falaises des Assors, la pampa, et les plaines du canada... Il en avait plein la tête, des couchers de soleils de tous les coins du monde, il en gardait les stygmates, dans son esprit, loin de tout, même s'ils ne comprennent pas... Les autres...
Parce qu'ils ne savent pas...
Loin. Loin de tout, loin l'un de l'autre. Des milliers de mondes les séparaient, pourtant ils étaient faits du même bois. Jamais là , jamais vraiment présents.
L'absence.
La quête de l'autre, même sans illusion, portant malgré tout, ce vieil espoir qui nécrose le coeur... Des milliers de mondes... Pourtant de loin, ils sont pareils, de loin il l'aime et l'admire...
son père.
Il le déteste autant qu'il l'aime, parce qu'il sait que le même feu consume son âme.
Lui, il n'a rien vu de tous ces rivages. Lui, il a peur des eaux il faut le dire.
Ce n'est pas parce que ses rêves sont submergés de vagues noires qu'il s'embarquera pour nulle-part, il le sait bien, et c'est son drame.
Le rêve ne suffit pas.
Mais dans le fond tout est là . "le diamant de Polichinelle"...
"Trop de saletés, trop de poussière"
"BALAIE, BALAIE MON GARS..."
Ce marin qui balayait la mer...
Le diable Vauvert, il ne le rencontrera pas.
Les rails sur l'eau. Les rails qui tracent sous les embrins. La lèvre sèche, la cornée irritée, le coeur battant, haletant dans la brise il marche.
Parce que l'immobilité le tuera, il s'en doutait, on le lui a confirmé, une fois...
Avancer sous ce ciel plombé, sur les eaux qui ruminent tous les conflits du monde...
Et les silures tranquilles, au fond du fond des eaux...
"Toujours ailleurs..."
Il y a ceux-là .
Qu'il nomme "amis", les frères de Rien...
Ceux-là qu'il a appris à aimer plus que sa vie. Plus importants.
Plus aptes peut-être, à accomplir une oeuvre qui le narguait depuis toujours...
Il y a celle-là , accrochée à son radeau brisé, cherchant en vain du regard des rivages qu'elle sait inexistants. Qui refuse de voir les silures qui nagent au fond du fond des eaux...
Il y a celui-là , qui erre dans l'ombre de la Grise, qui les a vus souvent, peut être de trop près...
Cet autre coeur maudit, qui converse avec Rien, et qui parle de quarks, mais que l'on comprend trop bien...
Cet autre qui ne dit rien... Mais l'on sait, parce qu'on apprend à comprendre... à force...
A force...
Et les vapeurs qui enivrent, qui perdent l'esprit dans le néant...
Et les silures du fond du fond des eaux...
"Comment ça, tu as besoin d'eux? En quoi? Pourquoi?...
TOI ?!"
L'éveil du double, le maudit. Celui qui erre au fond de l'oubli et qui dérange, frappe et assome, quand, égaré on baisse la garde...
La Route est longue, semée d'embûches, tu seras seul, quoique tu croies. Quand même ceux-là te salueront; tu seras pour toujours damné.
Tu le sais bien. Aucune porte. Tu avanceras, vide s'il le faut, mais tu iras.
Et finiras comme les autres, les maudits, les incompris...
Les bienheureux...
image : Kubin
Publié par Super Pépin à 06:04:40 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (2) | Permaliens
13-10-2007 01:21
De BlackS Sujet:
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11-10-2007 14:05
De Europa's Inc © Sujet:
bô
De quoi?