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Nous devons nous-mêmes incarner les changements que nous voulons voir se réaliser. મોહનદાસ કરમચંદ ગાંધી . Le Mahatma Gandhi

Déclaration, mais pas application, universelle des droits de l'Homme, 10/12/1948 | 16 novembre 2008

Atricle 3 de la "Déclaration Universelle des Droits de

l'Homme" du 10 décembre 1948 :

 - Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne -

Source : http://www.un.org/french/aboutun/dudh.htm

 

...et pourtant...60ans après...

 

...Selon Amnesty International, la prolifération des armes de petit calibre attise les conflits et accroît la pauvreté et les atteintes aux droits humains dans le monde entier.

    • Deux : nombre de balles par personne existant sur la planète ; il y a en outre un fusil pour dix personnes.
    • 1000 personnes, en moyenne, sont tuées chaque jour par des armes légères.
    • De un à 10 : pour chaque dollar dépensé pour l'aide au développement, on compte 10 dollars affectés aux budgets militaires.
    • 88 pour cent des exportations d'armes classiques recensées proviennent des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies : Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie.

Source : rapport 2006 d'Amnesty International, le 13/05/06

 

...et pourtant...60ans après...

 

....Selon la Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), la hausse des prix a plongé 75 millions de personnes de plus au-dessous du seuil de la faim, portant le nombre estimé de personnes sous-alimentées dans le monde à 923 millions en 2007.

Source : www.fao.org, Rome, le 18/09/2008.

 

...c'est pourquoi, 60ans après...

 

...Amnesty International, ATD Quart Monde, LST (Lutte Solidarité Travail) rappellent dans le cadre de la journée internationale de la lutte contre la pauvreté du 17 octobre que la pauvreté n'est pas qu'un manque,

c'est une violation des droits humains.

Source : http://www.amnestyinternational.be/doc/article13574.html

 

... ... ...

 

" Une civilisation qui ruse avec

ses principes est une civilisation menacée "

Aimé Césaire

http://fr.wikipedia.org/wiki/Aim%C3%A9_C%C3%A9saire


Arc-en-ciel'ment vôtre

Romano & Natalia

Publié par s.allende à 17:24:40 dans 6. Politique & Médias | Commentaires (0) |

Les droits de l'homme sont-ils un monopole de l'Occident? | 23 septembre 2008

"Entre, mon Père, aujourd'hui avec moi en cette maison .Je te montrerai les écrits, le supplice de mon peuple, de l'homme persécuté Je te montrerai les antiques douleurs."

Pablo Neruda , à la mémoire du père des droits de l'homme Fray Bartolomé de Las Casas Bouclier des Indiens


 Par le Professeur Chems Eddine Chitour


Les droits de l'homme sont, dit-on en Occident une préoccupation récente. On cite généralement l'Habéas Corpus, la Déclaration américaine d'indépendance, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et enfin la Déclaration des Droits de l'homme des Nations Unis de 1948. Nulle trace d'une réflexion ou de textes concernant les Droits de l'homme dans les civilisations et les textes sacrés.. Il est vrai que les grandes civilisations de l'humanité ont eu recours à l'asservissement des peuples vaincus. C'est le cas de l'Empire perse et des dynasties pharaoniennes et des civilisations hellénique et romaine. Cependant que naissait les premières organisations sociales que l'on appellera démocratie, tout en rappelant que la démocratie en concernait que les patriciens les aristocrates, et pas la plèbe.

Par ailleurs, dans chaque religion révélée l'esclavage, un fait social, a graduellement été humanisé et même combattu. Cependant il perdura dans les faits. En Europe, les serfs étaient véritablement des esclaves à la merci des seigneurs. Ce que la terminologie européenne a appelé « Les grandes découvertes » entendons par là la conquête par le fer et pas le feu du « nouveau monde », la Renaissance, et plus tard, ce qu'on appelle le « siècle des lumières », qui fut, à bien des égards un siècle des ténèbres pour les pays colonisés, ont cherché, justement, les esclaves en dehors de l'Europe. Il faudra attendre l'an 2002, pour qu'à Durban on déclare que l'esclavage était un crime contre l'humanité.

« La controverse de Vallalodid » et le combat de Bartholomé de Las Casas.
On dit souvent que l'Amérique est un pays sans passé (le Nouveau Monde). Cette amnésie cache en fait un souvenir d'horreur : le continent américain moderne résulte des deux plus grands génocides de l'humanité; celui des Indiens et la Traite des Noirs. L'inconscient collectif américain en est peut-être imbibé. Par contre, en Europe qui des siècles durant en a bénéficié pour son développement, l'oubli est profond et la reconnaissance niée au nom de l'œuvre positive : Ce fut sous le prétexte de "libérer les terres de leurs sauvages" qu'on extermina les Apaches au 19e siècle, comme d'autres ethnies indiennes, en les chassant comme du gibier ("Indian Hunt"). Cette sauvagerie de l'homme civilisé envers les Indiens commença au XVIme siècle. Déjà en décembre 1511, à Santo Domingo, le dominicain Antonio de Montesinos dénonce la réduction des Indiens d'Amérique à la servitude par le système de la encomienda imposé par les colons espagnols: "Ne sont-ils pas des hommes? N'ont-ils pas une raison et une âme? N'êtes-vous pas tenus de les aimer comme vous-mêmes?" Une controverse eut lieu entre le franciscain Zumarraga, évêque de Mexico, antiesclavagiste, et le dominicain Betanzos, qui mettait en doute l'humanité des Indiens.

Ce fut au cri de "Je suis une voix qui clame au sein de la sauvagerie" que le père dominicain Anton de Montesinos fustigeait du haut de la Chaire de la Cathédrale de Saint-Domingue, au soir de l'Avent de 1511. Il s'adressait aux esclavagistes réunis autour du fils de Colomb Don Diego Colón, ahuris de l'entendre, car ils savaient que par "sauvages" il n'entendait pas les Indiens. Ce fut ce sermon qui parla à la conscience du conquistador Bartolomé de Las Casas, pour en faire, d'un conquistador de père en fils, le Bouclier des Indiens. Il leur consacra toute sa vie, développant le sermon de Montesinos en une Éthique au service des opprimés. Le père de cette Éthique fut donc Fray Don Bartolomé de Las Casas, évêque au Mexique. Les nouvelles lois de 1542 supprimèrent effectivement l'esclavage des Indiens, mais le débat rebondit, notamment entre le dominicain Bartolomeo de Las Casas (1474-1566) et son adversaire J.G. de Sepulveda. Las Casas, dans son Apologetica historia de las Indias, écrite entre 1555 et 1559, défendit l'égale dignité et l'unité du genre humain:

"Il n'y a point de nations au monde, pour rudes et incultes, sauvages et barbares [...] qu'elles soient, et même parfois proches des bêtes brutes, qui ne puissent être persuadées, amenées et réduites à un ordre policé, et devenir paisibles envers les autres hommes, à condition d'user à leur égard de moyens appropriés et de suivre la voie digne de l'espèce humaine, à savoir amour, mansuétude et douceur, sans jamais s'écarter de cette fin. Tous ont leur entendement, leur volonté et leur libre arbitre puisqu'ils sont formés à l'image et à la ressemblance de Dieu; [...] tous ont en germe les principes naturels qui leur permettront d'entendre, d'apprendre et de connaître les sciences et choses qu'ils ignorent, non seulement ceux qui ont une inclination naturelle, mais même ceux que leurs coutumes dépravées entraînent au mal; tous se réjouissent du bien et ressentent du plaisir à ce qui est agréable, et tous fuient et haïssent le mal et éprouvent du désagrément à ce qui est déplaisant et nuisible [...]. C'est ainsi que tout le lignage des hommes est un, et tous les hommes sont semblables par leur origine et leur nature, et aucun ne naît instruit; et ainsi nous avons tous besoin au début d'être guidés et soutenus par ceux qui sont nés avant nous." (1)

De ce moine castillan, historien, théologien, juriste et militant, on connaissait fameuse Controverse de Valladolid. Or son Histoire des Indes n'est pas seulement un plaidoyer humaniste en faveur de ses « protégés » et une chronique documentée des ravages opérés par Christophe Colomb et par ses successeurs. Las Casas montre comment les meilleurs esprits, les hommes politiques les plus éclairés deviennent comme fous et enragés dès qu'ils sont saisis par la fièvre du profit et de la domination. (1)
Les Droits de l'Homme dans l'histoire

L'une des certitudes assénée à la manière d'une incantation est l'exclusivité de l'émergence en Europe et uniquement en Europe de cette notion des droits de l'homme. On connaît le parcours officiel selon les pays. En Grande Bretagne, on n'oubliera pas d'arrimer ces droits à l'Habéas Corpus et Thomas Moore en 1679, Aux Etats-Unis, ce sera la Déclaration d'indépendance de 1776, en France ce sera la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen de 1789, qui reprend dans les grandes lignes les idées de la Déclaration américaine. Plus tard en 1947, fut annoncée la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme des Nations Unies. Dans le discours sur la paternité des Droits de l'homme, une chape de plomb s'est abattue sur le passé et cette amnésie occidentale fait que les Droits de l'Homme sont devenus une marque déposée, notamment dans la « Patrie des Droits de l'homme !!! » Cela n'empêcha pas Jules Ferry de déclarer que « Les droits de l'homme ne sont pas valables dans nos colonies !». Traduit en clair : c'est la liberté du renard dans le poulailler ! Qu'en est–il vraiment ?

Pour le professeur Amartya Sen, Prix Nobel d'économie, il n'y a pas de spécificité occidentale des Droits de l'Homme. Ecoutons le : «On se demande souvent s'il est vrai que les sociétés non-occidentales devraient être encouragées, voire poussées à se conformer aux "valeurs occidentales de libération et de liberté". N'est ce pas là de l'impérialisme culturel ? La réponse, bien sûr, est que la notion de Droits de l'Homme repose sur l'idée d'une humanité commune. Ces droits ne dérivent pas de la citoyenneté propre à un pays quelconque, ou de l'appartenance à une nation, mais sont octroyés à chaque être humain. En ce sens, le concept d'universalité des Droits de l'Homme est une idée unificatrice. ».

« Y a t il réellement des différences aussi strictes au sujet des Droits de l'Homme entre les traditions et les cultures du monde ? Il est sans doute vrai que les porte-parole gouvernementaux de nombreux pays asiatiques n'ont pas seulement contesté la pertinence et la force obligatoire de droits universels de l'homme, ils ont fréquemment émis cette opposition au nom de "valeurs asiatiques", en les opposant aux valeurs occidentales. La revendication porte sur le fait que dans le système de valeurs dites asiatiques, par exemple dans le modèle confucéen, on insiste davantage sur l'ordre et la discipline, et moins sur les droits et les libertés. De nombreux représentants politiques ont argumenté que faire appel à une acceptation universelle des Droits de l'Homme illustre l'imposition de valeurs occidentales à d'autres cultures Il y a une tendance en Europe et aux États-unis à admettre, au moins de manière implicite, que c'est en Occident -- et seulement en Occident -- que les Droits de l'Homme ont acquis leur valeur, et cela dès l'Antiquité. En considérant la civilisation occidentale comme le lieu naturel de la liberté individuelle et de la démocratie politique, il y a déjà une tendance à déduire le passé à partir du présent. Toutefois, d'autres idées, telle que la valeur de la tolérance et l'importance de la liberté individuelle y ont été pensées et défendues depuis longtemps, et à de nombreuses reprises pour certaines. Par exemple, les écrits d'Aristote sur la liberté et la prospérité de l'espèce humaine représentent un important fondement pour les théories contemporaines des Droits de l'Homme. Néanmoins pour d'autres philosophes occidentaux (Platon et Saint Augustin par exemple) la prédominance de l'ordre et de la discipline sur la liberté n'était pas moins une priorité que pour Confucius lui-même (..) . Il y a beaucoup de variété dans les traditions intellectuelles asiatiques. Ainsi, de nombreux écrivains ont souligné l'importance de la liberté et de la tolérance, quelques uns les considérant comme ce qui revient de droit à chaque être humain. Pour donner un seul exemple, l'empereur indien Açoka, au 3e siècle avant Jésus-Christ, réalisa de nombreuses inscriptions politiques en faveur de la tolérance et de la liberté individuelle ».


Des questions spécifiques se posent souvent à propos de la tradition islamique.(...) La civilisation musulmane est souvent dépeinte comme étant fondamentalement intolérante et hostile à la liberté individuelle. Mais autant pour l'Islam que pour les autres traditions, la diversité et la variété qui existent à l'intérieur d'un mode de pensée sont à prendre en considération. Les empereurs turcs étaient souvent plus tolérants que leurs contemporains européens. Les empereurs mongols en Inde, à une exception près, n'étaient pas seulement extrêmement tolérants en pratique, mais certains ont même théorisé la nécessité de tolérer la diversité. En Inde, les déclarations d'Akbar, le grand empereur mongol du 16e siècle au sujet de la tolérance pourraient compter parmi les grandes déclarations politiques classiques et auraient dû recevoir davantage d'attention en Occident, si seulement les historiens occidentaux de la politique avaient conçu autant d'intérêt pour la pensée orientale que pour leur propre héritage intellectuel. A titre de comparaison, il est à remarquer que l'Inquisition faisait encore des ravages en Europe lorsque Akbar en faisait une politique d'Etat que de protéger tous les groupes religieux. Un érudit juif tel que Maïmonide a dû fuir l'Europe intolérante du XIIe siècle et les persécutions contre les juifs pour la sécurité offerte au Caire sous la protection du sultan Saladin. Alberuni, mathématicien iranien, fut l'un des premiers anthropologues du monde. Il remarqua et s'indigna du fait que "la dépréciation de l'étranger est un trait commun à toutes les nations". » (2)

Pour aller dans le même sens, il nous a paru intéressant de verser au plaidoyer le fait que la notion des droits de l'Homme n'était pas étrangère à l'Afrique, le continent des ténèbres chers à Victor Hugo et à Hegel. Ecoutons l'historien Djibril Tamsir Niane : « La charte de Kurukan Fuga est un ensemble de décisions et de recommandations prises par l'assemblée des alliées de l'empereur Soundjata. C'était en 1236. Ces décisions et recommandations de fait constituent une loi fondamentale qui a servi d'assise à l'empire créé par Soundjata, l'empire du Mali. La charte du Mandé enseigne la tolérance, la fraternité entre clans et ethnies. Il est dit dans la charte du Mandé : Chacun a le droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique... Peut-on mieux dire pour garantir la sécurité de l'individu. Cela, la charte l'a exprimé avant la Déclaration des droits de l'homme de 1789, et même avant la Magna Carta des Britanniques de 1297 ; le habeas corpus est le fondement historique des libertés civiles anglaises qui dispose : Aucun homme libre ne sera pris et emprisonné, ni dépossédé, ni exilé, ni ruiné, de quelque manière que ce soit, ni mis à mort ou exécuté, sauf à la suite d'un jugement loyal des ses pairs et par les lois du pays. Cette idée capitale qui fonde les droits de l'homme a été exprimée en 1236 à Kurukan au cœur du continent africain » (3)

Après la boucherie de la seconde guerre mondiale, il est apparu nécessaire de poser les règles d'un nouvel ordre mondial basé sur plus de justice. On parle alors des Droits de l'Homme , de tous les droits pour tous les hommes. Beaucoup des " droits " consacrés par ces dispositions ont été perçus comme des idéaux plutôt que comme de réelles prérogatives ouvrant la voie d'un recours devant les tribunaux. Leur mise en œuvre commanderait qu'on alloue des deniers publics. Elle imposerait aussi aux gouvernement concernés l'obligation de faire quelque chose alors que, pour les droits civils et politiques, la protection passe le plus souvent par la chasse à certains comportements notamment de ceux qui ne sont pas de souche. (4)

Depuis le 11 septembre 2001 Dans les pays occidentaux ont mis entre parenthèse beaucoup de droits Humains pour cause de terrorisme. Les Etats-Unis avaient donné le La avec le « Patriotic act » suivi par la France et les autres pays d'Europe . En Grande Bretagne, les attaques en juillet 2005 ont encore plus durci les règles concernant les étrangers. La suppression de l'habeas corpus (« Que tu aies ton corps ») est généralisée à l'ensemble des habitants. On entre dans un état d'exception généralisée.. Mieux encore, la Forteresse Europe par la directive du 19 juin 2008 a déclaré la guerre à l'immigration illégale. Les rétentions sans procès peuvent aller jusqu'à 18 mois pour des individus, des familles des enfants. Au besoin on les tatouera d'une façon moderne en leur prenant leur ADN. En définitive quel pays peut se prévaloir dêtre le chantree des droits de l'homme ? Les droits de l'homme sont-ils les droits de tous les hommes ? La question reste posée.


1.Bartolomeo de Las Casas: Apologetica historia sumaria destas Indias occidentales y meridionales, Traduction :M. Roland Minnerath. éd. E. Gorman, tome 1, Mexico, 1967 .

2. Amartya Sen : Les Droits de l'Homme et l'illusion occidentalisante. La République des Lettres, 04 mai 2008

3. Chérif Elvalide Sèye :Entretien avec Djibril Tamsir Niane .Les Afriques.com 25-08-2008

4. C.E. Chitour : La mondialisation : l'espérance ou le chaos ? Editions Anep. Alger. 2003

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

http://www.alterinfo.net/Les-droits-de-l-homme-sont-ils-un-monopole-de-l-Occident-_a24137.html?PHPSESSID=dfb7d5e750f0829155bf0d6e1392c842

Publié par s.allende à 21:39:52 dans 3. Education & Histoire | Commentaires (0) |

L'histoire des choses... | 09 août 2008

 
L'histoire des choses:
 
D'où viennent les choses que nous achetons ?
Où vont-elles quand on les jette ?
 
 
 
 
 

...En 30 ans, nous avons perdu près de 30 % de tout ce qui vit sur Terre...

 
Source : http://wwf / www.wwf.fr

Dans son rapport Planète vivante, le Fonds mondial pour la nature (WWF) a livré une estimation de l'état des écosystèmes naturels de la planète, notamment forestiers, aquatiques et marins. Ce chiffre de 30 % sur 30 ans est une moyenne. Pour les écosystèmes d'eau douce, la perte est de 50 %, pour les écosystèmes forestiers, elle est de 10 %, pour les écosystèmes marins, 30 %.

Une espèce sur 4 est menacée chez les mammifères, Une sur 8 chez les oiseaux, Une sur 3 chez les poissons ou les amphibiens. Source : Union mondiale pour la nature (UICN) /
http://www.uicn.org

Mise à jour en 2006, la liste rouge des espèces menacées à l'échelon mondial, dressée par l'UICN, comporte 16 119 espèces.

En 100 ans, 50 % des zones humides ont disparu. Source : Convention de Ramsar /
http://www.ramsar.org

Depuis 1900 la moitié des zones humides du monde ont disparu. Ce sont des milieux où l'eau se mêle à la terre. Les zones humides rassemblent les tourbières, les étangs des plaines intérieures, les prairies humides alluviales ou encore les marais littoraux, les forêts humides et jusqu'aux plus petites mares.

Il ne reste que 6000 tigres en Asie. Alors qu'ils étaient 100 000 il y a un siècle. Source ; Convention de Washington /
http://www.cites.org

Les différentes estimations donnent une fourchette de 5 000 à 7 000 individus appartenant à 5 sous-espèces. Les tigres du Bengale sont les plus nombreux. L'aire de répartition du tigre va de l'Inde et de la Russie jusqu'en Chine et en Asie du Sud-Est. C'est un animal qui a besoin d'un vaste territoire, de 10 à 1 000 km2, selon l'abondance des proies. Les tigres de Sibérie ont besoin des plus vastes territoires. La chasse au tigre est à présent partout illégale et le commerce international des tigres et de leurs produits est complètement interdit par la Cites. Pourtant, la destruction de l'habitat continue à un rythme rapide, des tigres vivants sont vendus illégalement dans le commerce des animaux de compagnie exotiques, des peaux de tigres sont vendues et achetées, et certaines parties de cet animal sont recherchées comme apportant un bénéfice présumé pour la santé.

L'homme n'est qu'une espèce parmi les deux millions officiellement recensées. Source : Unep /
http://www.unep.org

Ce chiffre correspond aux espèces décrites par les scientifiques, soit quelque 1,75 million d'espèces. On découvre et on nomme environ 15 000 espèces par an. Chez les vertébrés (poissons, oiseaux, reptiles, amphibiens, mammifères), les espèces décrites sont 45 000. Il y en aurait peut-être au total 50 000. Les champignons sont moins bien connus : 70 000 espèces décrites sur le million qui existeraient sur la planète. C'est encore plus vrai avec les bactéries et les virus. Les estimations sur le nombre total d'espèces vont de 3 à 100 millions.

Dans les forêts tropicales humides vit 50 % de la faune et de la flore mondiales.

Ces sont dans les forêts tropicales humides que l'on recense la plus grande densité et diversité d'espèces.

Pour 3 milliards de personnes sur la planète, le bois est la principale source d'énergie. Source : Conseil mondial de l'énergie - WEC /
http://www.worldenergy.org

Il s'agit de tous les biocombustibles y compris le charbon de bois.

Dans le monde, chaque minute, 28 hectares de forêts sont détruits. Source : Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture /
http://www.fao.org

Par an,c'est l'équivalent d'un pays comme la Grèce. Selon les années, la déforestation touche de 13 à 15 millions d'hectares.

Dans le monde, 75 % de la population se soigne avec des plantes. Source : OMS /
http://www.oms.org

C'est variable selon les pays. En Chine par exemple, 30 à 50 % de la consommation totale de médicaments sont des préparations traditionnelles à base de plantes.

50 % de nos médicaments viennent de la nature. Source : Programme des Nations Unies pour l'Environnement /
http://www.pnue.org

Le paludisme tue 2 millions de personnes chaque année. Source : OMS / http://www.oms.org

En fait le chiffre serait, selon un rapport de l'OMS, de 1,1 à 1,3 millions de morts par an directement imputables au paludisme sur la période 1999/ 2004.

En Europe, 15 à 40 % des plantes auront disparu avant cent ans. Source : Programme des Nations Unies pour l'Environnement /
http://www.pnue.org

En Europe, 84 % des plantes cultivées dépendent directement des insectes pour leur pollinisation. Source : Institut national de la recherche agronomique/ http://www.inra.org

80 % des glaces du Kilimandjaro ont fondu en un siècle. Source : Professeur Lonnie Thompson, université de l'Ohio

Plus exactement entre 1912 et 2002.

Aujourd'hui, le rythme d'extinction des espèces est 100 à 1000 fois plus élevé que le rythme habituel. Source : Union mondiale pour la nature (UICN) /
http://www.uicn.org

Si tout le monde consommait aujourd'hui comme un Français, il faudrait trois planètes pour satisfaire tout le monde. Source : $wwf / http://www.wwf.fr

40 % de la banquise arctique a fondu depuis 1960. Source : Nasa / http://www.nasa.org

Il s'agit du volume des glaces de mer et non de leur surface. La Nasa a mesuré une diminution de l'épaisseur moyenne de cette banquise. La diminution de sa superficie est de 15 %.

Il reste aujourd'hui 22 000 ours blancs sur la planète. L'espèce pourrait disparaître d'ici 100 ans. Source : Union mondiale pour la nature (UICN) /
http://www.uicn.org

L'UICN donne une fourchette de 20 à 25 000 individus. La disparition dans un siècle serait concomitante avec celle de la banquise arctique sous l'effet du changement climatique.

http://bellaciao.org:80/fr/spip.php?article69705
 
 

 

...La moitié des primates sont menacés par les activités humaines...


La moitié des 634 espèces de primates de la planète risque de disparaitre, d'après un rapport de la Société internationale de primatologie, réunie en congrès en Ecosse.

En se basant sur l'étude des singes, lémurs et autres cousins de l'homme la plus vaste jamais menée, les spécialistes lancent une mise en garde. Des espèces allant du gorille géant des montagnes d'Afrique centrale au plus petit lémurien de Madagascar sont sur la liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale pour la protection de la nature.

En Asie par exemple, plus des deux-tiers des primates sont classés comme vulnérables, en danger ou grave danger d'extinction. "Ce qui
arrive en Asie du sud-est est terrifiant" affirme Jean-Christophe Vie, responsable adjoint du programme de l'Union internationale pour la protection de la nature. "Un tel niveau d'alerte, cela ne s'est jamais vu pour aucune autre espèce".

En Afrique également, onze variétés de singes rouges dit colobe sont en danger de disparaître.

http://canadianpress.google.com:80/article/ALeqM5jIMnWsZLG7z9IlBkL-kX-uTKMPJA
 
 

 

...Les dates d'épuisement des richesses exploitables de notre planète au rythme actuel de consommation...

2021 : fin de l'argent
2025 : fin de l'or et du zinc
2028 : fin de
l'étain
2030 : fin du plomb
2039 : fin du
cuivre
2040 : fin de l'uranium
2048 : fin du
nickel
2050 : fin du pétrole
2064 : fin du platine
2072 : fin du
gaz naturel
2087 : fin du
fer
2120 : fin du
cobalt
2139 : fin de
l'aluminium
2158 : fin du
charbon

Notre planète n'est pas infinie. On le sait. Ses ressources sont limitées et ne peuvent satisfaire ad vitam eternam les exigences voraces de milliards d'êtres humains.

Nous devons anticiper la pénurie proche des matières premières en vivant tout simplement autrement. Sinon des guerres terribles risquent d'éclater dans un futur proche à la surface de tout le globe pour l'accaparement des gisements restants, atomisant les villes et faisant un carnage parmi les populations. Cela en moins d'une petite génération!

Si nous voulons éviter le pire, retroussons nos manches! Une nouvelle civilisation reste à inventer, ici et maintenant, plus propre, plus économe, plus respectueuse et dont l'objectif premier soit réellement le bonheur de tous et non le profit égocentrique de quelques uns au détriment de tous les autres.


D'après Science et Vie hors série N° 243, construire un monde durable, de Juin 2008.

 
 


"Earth song"

de Michael Jakson :

 
 
 

 
" Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants"
 
Antoine de Saint-Exupéry
 

 

    Arc-en-ciel'ment vôtre

    Natalia & Romano

Publié par s.allende à 00:02:51 dans 2. Environnement & Développement durable | Commentaires (1) |

Réfugiés de la faim par Jean ZIEGLER | 01 juillet 2008

La nuit était noire, sans lune. Le vent soufflait à plus de 100 kilomètres à l'heure. Il faisait se lever des vagues de plus de 10 mètres qui, avec un fracas effroyable, s'abattaient sur la frêle embarcation de bois. Celle-ci était partie d'une crique de la côte de Mauritanie, dix jours auparavant, avec à son bord 101 réfugiés africains de la faim. Par un miracle inespéré, la tempête jeta la barque sur un récif de la plage d'El Medano, dans une petite île de l'archipel des Canaries. Au fond de la barque, les gardes civils espagnols trouvèrent les cadavres de trois adolescents et d'une femme, morts de faim et de soif.

La même nuit, quelques kilomètres plus loin sur la plage d'El Hierro, un autre rafiot s'échoua : à son bord, 60 hommes, 17 enfants et 7 femmes, spectres titubants à la limite de l'agonie (1).

A la même époque encore, mais en Méditerranée cette fois-ci, un autre drame se joue : à 150 kilomètres au sud de Malte, un avion d'observation de l'organisation Frontex repère un Zodiac surchargé de 53 passagers qui – probablement par suite d'une panne de moteur – dérive sur les flots agités. A bord du zodiac, les caméras de l'avion identifient des enfants en bas âge et des femmes. Revenu à sa base, à La Valette, le pilote en informe les autorités maltaises, qui refusent d'agir, prétextant que les naufragés dérivent dans la « zone de recherche et de secours libyenne ». La déléguée du Haut Commissariat des réfugiés des Nations unies Laura Boldini intervient, demandant aux Maltais de dépêcher un bateau de secours. Rien n'y fait. L'Europe ne bouge pas. On perd toute trace des naufragés.

Quelques semaines auparavant, une embarcation où se pressaient une centaine de réfugiés africains de la faim, tentant de gagner les Canaries, avait sombré dans les flots au large du Sénégal. Il y eut deux survivants (2).

Des milliers d'Africains, y compris des femmes et des enfants, campent devant les clôtures des enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta, dans le Rif aride. Sur injonction des commissaires de Bruxelles, les policiers marocains refoulent les Africains dans le Sahara (3). Sans provisions ni eau. Des centaines, peut-être des milliers d'entre eux périssent dans les rochers et les sables du désert (4).

Combien de jeunes Africains quittent leur pays au péril de leur vie pour tenter de gagner l'Europe ? On estime que, chaque année, quelque 2 millions de personnes essaient d'entrer illégalement sur le territoire de l'Union européenne et que, sur ce nombre, environ 2 000 périssent en Méditerranée, et autant dans les flots de l'Atlantique. Leur objectif est d'atteindre les îles Canaries à partir de la Mauritanie ou du Sénégal, ou de franchir le détroit de Gibraltar au départ du Maroc.

Selon le gouvernement espagnol, 47 685 migrants africains sont arrivés sur les côtes en 2006. Il faut y ajouter les 23 151 migrants qui ont débarqué sur les îles italiennes ou à Malte au départ de la Jamahiriya arabe libyenne ou de la Tunisie. D'autres essaient de gagner la Grèce en passant par la Turquie ou l'Egypte. Secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, M. Markku Niskala commente : « Cette crise est complètement passée sous silence. Non seulement personne ne vient en aide à ces gens aux abois, mais il n'y a pas d'organisation qui établisse ne serait-ce que des statistiques rendant compte de cette tragédie quotidienne (5). »

Pour défendre l'Europe contre ces migrants, l'Union européenne a mis sur pied une organisation militaire semi-clandestine qui porte le nom de Frontex. Cette agence gère les « frontières extérieures de l'Europe ».

Elle dispose de navires rapides (et armés) d'interception en haute mer, d'hélicoptères de combat, d'une flotte d'avions de surveillance munis de caméras ultrasensibles et de vision nocturne, de radars, de satellites et de moyens sophistiqués de surveillance électronique à longue distance.

Frontex maintient aussi sur sol africain des « camps d'accueil » où sont parqués les réfugiés de la faim, qui viennent d'Afrique centrale, orientale ou australe, du Tchad, de la République démocratique du Congo, du Burundi, du Cameroun, de l'Erythrée, du Malawi, du Zimbabwe... Souvent, ils cheminent à travers le continent durant un ou deux ans, vivant d'expédients, traversant les frontières et tentant de s'approcher progressivement d'une côte. Ils sont alors interceptés par les agents de Frontex ou leurs auxiliaires locaux qui les empêchent d'atteindre les ports de la Méditerranée ou de l'Atlantique. Vu les versements considérables en espèces opérés par Frontex aux dirigeants africains, peu d'entre eux refusent l'installation de ces camps. L'Algérie sauve l'honneur. Le président Abdelaziz Bouteflika dit : « Nous refusons ces camps. Nous ne serons pas les geôliers de nos frères. »

Organiser la famine et criminaliser ceux qui la fuient

La fuite des Africains par la mer est favorisée par une circonstance particulière : la destruction rapide des communautés de pêcheurs sur les côtes atlantique et méditerranéenne du continent. Quelques chiffres.

Dans le monde, 35 millions de personnes vivent directement et exclusivement de la pêche, dont 9 millions en Afrique (6). Les poissons comptent pour 23,1 % de l'apport total de protéines animales en Asie, 19 % en Afrique ; 66 % de tous les poissons consommés sont pêchés en haute mer, 77 % en eaux intérieures ; l'élevage en aquaculture de poissons représente 27 % de la production mondiale. La gestion des stocks de poissons dont les déplacements s'effectuent tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des zones économiques nationales revêt donc une importance vitale pour l'emploi et la sécurité alimentaire des populations concernées.

La plupart des Etats de l'Afrique subsaharienne sont surendettés. Ils vendent leurs droits de pêche à des entreprises industrielles du Japon, d'Europe, du Canada. Les bateaux-usines de ces dernières ravagent la richesse halieutique des communautés de pêcheurs jusque dans les eaux territoriales. Utilisant des filets à maillage étroit (interdits en principe), elles opèrent fréquemment en dehors des saisons où la pêche est autorisée. La plupart des gouvernements africains signataires de ces concessions ne possèdent pas de flotte de guerre. Ils n'ont aucun moyen pour faire respecter l'accord. La piraterie est reine. Les villages côtiers se meurent.

Les bateaux-usines trient les poissons, les transforment en surgelés, en farine ou en conserves, et expédient du bateau aux marchés. Exemple : la Guinée-Bissau, dont la zone économique abrite un formidable patrimoine halieutique. Aujourd'hui, pour survivre, les Bissagos, vieux peuple pêcheur, sont réduits à acheter sur le marché de Bissau – au prix fort – des conserves de poisson danoises, canadiennes, portugaises.

Plongés dans la misère, le désespoir, désarmés face aux prédateurs, les pêcheurs ruinés vendent à bas prix leurs barques à des passeurs mafieux ou s'improvisent passeurs eux-mêmes. Construites pour la pêche côtière dans les eaux territoriales, ces barques sont généralement inaptes à la navigation en haute mer.

Et encore... Un peu moins d'un milliard d'êtres humains vivent en Afrique. Entre 1972 et 2002, le nombre d'Africains gravement et en permanence sous-alimentés a augmenté de 81 à 203 millions. Les raisons sont multiples. La principale est due à la politique agricole commune (PAC) de l'Union européenne.

Les Etats industrialisés de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont payé à leurs agriculteurs et éleveurs, en 2006, plus de 350 milliards de dollars au titre de subventions à la production et à l'exportation. L'Union européenne, en particulier, pratique le dumping agricole avec un cynisme sans faille. Résultat : la destruction systématique des agricultures vivrières africaines.

Prenons l'exemple de la Sandaga, le plus grand marché de biens de consommation courante de l'Afrique de l'Ouest. La Sandaga est un univers bruyant, coloré, odorant, merveilleux, situé au cœur de Dakar. On peut y acheter, selon les saisons, des légumes et des fruits portugais, français, espagnols, italiens, grecs, etc. – au tiers ou à la moitié du prix des produits autochtones équivalents.

Quelques kilomètres plus loin, sous un soleil brûlant, le paysan wolof, avec ses enfants, sa femme, travaille jusqu'à quinze heures par jour... et n'a pas la moindre chance d'acquérir un minimum vital décent.

Sur 52 pays africains, 37 sont des pays presque purement agricoles.

Peu d'êtres humains sur terre travaillent autant et dans des conditions aussi difficiles que les paysans wolof du Sénégal, bambara du Mali, mossi du Burkina ou bashi du Kivu. La politique du dumping agricole européen détruit leur vie et celle de leurs enfants.

Revenons à Frontex. L'hypocrisie des commissaires de Bruxelles est détestable : d'une part, ils organisent la famine en Afrique ; de l'autre, ils criminalisent les réfugiés de la faim.

Aminata Traoré résume la situation : « Les moyens humains, financiers et technologiques que l'Europe des Vingt-Cinq déploie contre les flux migratoires africains sont, en fait, ceux d'une guerre en bonne et due forme entre cette puissance mondiale et de jeunes Africains ruraux et urbains sans défense, dont les droits à l'éducation, à l'information économique, au travail et à l'alimentation sont bafoués dans leurs pays d'origine sous ajustement structurel. Victimes de décisions et de choix macroéconomiques dont ils ne sont nullement responsables, ils sont chassés, traqués et humiliés lorsqu'ils tentent de chercher une issue dans l'émigration. Les morts, les blessés et les handicapés des événements sanglants de Ceuta et de Melilla, en 2005, ainsi que les milliers de corps sans vie qui échouent tous les mois sur les plages de Mauritanie, des îles Canaries, de Lampedusa ou d'ailleurs, sont autant de naufragés de l'émigration forcée et criminalisée (7).  »

Jean Ziegler.

1) Cf. El País, Madrid, 13 mai 2007 ; la nuit est celle du 11 au 12 mai.

(2) Le Courrier, Genève, 10 décembre 2006.

(3) Le 28 septembre 2005, des soldats espagnols ont tué cinq jeunes Africains qui tentaient d'escalader la clôture électrifiée entourant l'enclave de Ceuta. Huit jours plus tard, six autres jeunes Noirs étaient abattus dans des circonstances similaires.

(4) Human Rights Watch, 13 octobre 2005.

(5) La Tribune de Genève, 14 décembre 2006. NDLR : voir cependant le travail réalisé sur cette question par United et Migreurop : « Des morts par milliers aux portes de l'Europe ».

(6) Ce chiffre exclut les personnes employées dans l'aquaculture. Cf. Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture, Rome, 2007.

(7) Aminata Traoré, intervention au Forum social mondial, Nairobi, 20 janvier 2007.

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/ZIEGLER/15658

Arc-en-ciel'ment vôtre

Romano

Publié par s.allende à 20:43:48 dans 4. Consomation & croissance | Commentaires (2) |

Lettre du Président Evo Morales à l'Union Européenne | 18 juin 2008

Mercredi 11 juin 2008

Jusqu'à la fin de la Seconde guerre mondiale, l'Europe était un continent d'émigrants. Des dizaines de millions d'Europe partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques.

Aujourd'hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite 'directive retour'. Ce texte, validé le 5 juin passé par les ministres de l'Intérieur des 27 pays de l'Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu'il durcit de manière drastique les conditions de détention et d'expulsion des migrants sans papier, quelque ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.

Les Européens sont arrivés dans les pays d'Amérique latine et d'Amérique du Nord, en masse, sans visa ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent, dans nos pays du continent américain, qui absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les peuples premiers de l'Amérique. Comme par exemple dans le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIème et le XIXème siècle. Les personnes, les biens, les droits des migrants européens furent toujours respectés.

Aujourd'hui, l'Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive d'espace de prospérité et de libertés publiques. L'immense majorité des migrants viennent dans l'Union européenne pour contribuer à cette prospérité, non pour en profiter. Ils occupent les emplois de travaux publics, dans la construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux, que ne peuvent ou ne veulent occuper les Européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs qui rend possible ses généreux systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l'UE.

Pour nous, nos émigrants représentent l'aide au développement que les Européens ne nous donnent pas
–
vu que peu de pays atteignent réellement l'objectif minimum de 0,7 % du PIB d'aide au développement. L'Amérique latine a reçu, en 2006, 68 milliards de dollars de transferts financiers de ses émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300 milliards de dollars, qui dépassent les 104 milliards de dollars octroyés au nom de l'aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, a reçu plus de 10 % de son PIB en transferts de fond des migrants (1,1 milliards de dollars), soit un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.

Il apparait que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et, de manière marginale, aussi pour nous du Tiers-Monde, vu que nous perdons des millions de personnes de main-d'
œ
uvre qualifiée en laquelle, d'une manière ou d'une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières.

Il est regrettable que le projet de 'directive retour' complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou groupe d'États puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino-américains. La directive retour prévoit la possibilité d'un enfermement des migrants sans papier jusqu'à 18 mois avant leur expulsion
–
ou 'éloignement' selon le terme de la directive. 18 mois ! Sans procès ni justice ! Tel qu'il est le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948. Et en particulier l'article 13 qui énonce :

'1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.'

Et, pire que tout, il existe la possibilité d'emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans prendre en compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides. Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans papier, dont l'immense majorité travaille et s'intègre depuis des années ? De quel côté est aujourd'hui le devoir d'ingérence humanitaire ? Où est la 'liberté de circuler', la protection contre les emprisonnements arbitraires ?

Parallèlement, l'Union européenne tente de convaincre la Communauté Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou) de signer un 'Accord d'association' qui inclue en son troisième pilier un traité de libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu'imposent les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics. De plus, au nom de la 'protection juridique', on nous reproche notre processus de nationalisation de l'eau, du gaz et des télécommunications réalisés le Jour des travailleurs. Je demande, dans ce cas : où est la 'sécurité juridique' pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en Europe ?

Promouvoir d'un côté la liberté de circulation des marchandises et des flux financiers, alors qu'en face nous voyons des emprisonnements sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement... Ceci est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques.

Dans ces conditions, si cette 'directive retour' devait être approuvée, nous serions dans l'impossibilité éthique d'approfondir les négociations avec l'Union européenne et nous nous réservons le droit d'imposer aux citoyens européens les mêmes obligations de visas qui nous ont été imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de réciprocité. Nous ne l'avions pas exercé jusqu'à maintenant, attendant justement des signaux positifs de l'UE.

Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles, connaissent d'importantes difficultés globales : le réchauffement global, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et de la biodiversité alors qu'augmentent la faim et la misère dans tous les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu'ils soient sans papier ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n'est en rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l'Europe ne sont pas la faute des migrants, sinon le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.

Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des régions du monde comme le Maghreb et les pays de l'Afrique, je fais appel à la conscience des dirigeants et députés européens, des peuples, citoyens et militants d'Europe, pour que ne soit pas approuvée le texte de la 'directive retour'. Telle que nous la connaissons aujourd'hui, c'est une directive de la honte. J'appelle aussi l'Union européenne à élaborer, dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse des droits de l'Homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes l'énorme dette historique, économique et écologique que les pays d'Europe ont envers une grande partie du Tiers-Monde, et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de l'Amérique latine. Vous ne pouvez pas faillir aujourd'hui dans vos 'politiques d'intégration' comme vous avez échoué avec votre supposée 'mission civilisatrice' du temps des colonies.

Recevez tous, autorités, eurodéputés, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier notre solidarité envers tous les 'clandestins'.

Evo Morales Ayma

Président de la République de Bolivie (traduction - Juin 2008)

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« Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous,

faites-le vous-mêmes pour eux : voilà la Loi et les prophètes. »

La règle d'or : Evangile selon Matthieu 7,12

Arc-en-ciel'ment vôtre

Romano

Publié par s.allende à 22:33:27 dans 6. Politique & Médias | Commentaires (0) |

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