Vous allez me dire qu'avec un titre comme celui-là on ne peut pas espérer grand chose, ou encore, qu'on peut tout espérer. Il est vrai que pour être vague, c'est vague.
Mais (vous l'aurez compris sans moi) ce livre s'attaque à un des grands, voire le plus grand, thème de la littérature fantaisie (pour dire comme les Français) j'ai nommé : MERLIN.
Ah. Encore un. Pfff.
Un coup d'oeil sur la couverture, oh ! surprise quand tu nous tiens ! C'est signé René Barjavel !
Vous avez bien sûr tous en tête La Nuit des Temps célèbre roman de science fiction romantique (si si ça existe), bon allez, rien que pour le goût du risque j'achète.
Et me voilà repartie avec mon ouvrage, foi en l'humanité et en ces grands écrivains qui savent faire d'une histoire de patates le best-seller de l'année.
Ben oui mais en fait non.
C'est dit, on s'y prendra comme on voudra mais Merlin même avec de l'imagination ben... ça reste Merlin. Point.
Pour son roman, Barjavel se propose de décrire l'histoire de Merlin vu comme un Homme (avec un grand H) et non pas comme un sorcier. Basta donc les histoires de coucheries des uns et des autres (pourtant fort amusantes pour certaines.) On commence avec la naissance de Merlin, la découverte de ses pouvoirs et son arrivée au château de Caamelot. On aurait presque cru qu'à force il allait se passer quelque chose !
Que neni, on n'echappera pas à la tragique histoire Guenièvre & Lancelot vs Arthur, et, pire, on nous retrace toute l'histoire de Perceval. Non mais franchement. Pourtant j'étais certaine que Chrétien de Troyes était né avant Barjavel, mais si mais si, alors c'est juste du copiage? Ah non, c'est de l'inspiration, c'est qu'on ne peut pas faire ce qu'on veut avec les classiques Madame.
Zut alors, bon alors la quête du Graal on y coupera pas? Non. Reste juste les quelque pages concernant l'amour de Merlin pour Vivianne et ses combines pour faire réussir les hommes dans leur quête (bah oui, du graal... vous dormiez?) et de l'amour, ça il y en a. A base de "je t'aime, moi aussi, mais on ne peut pas, c'est trop triste, quand? jamais, oh mais je t'aime" et je m'arrête là. Merlin l'Homme, c'est vrai, je commence à voir...
Tout ça pour dire que, n'ayant jamais voulu lire L'accro du shopping me disant que j'allais m'ennuyer, je crois finalement que j'aurais peut-être dû, cela m'aurait préparé.
Snif, j'en aurais presque perdu ma verve tant cette histoire m'a fatigué.
Publié par Sheepy à 17:25:28 dans littérature (ou ce qui y ressemble) | Commentaires (0) | Permaliens
La révolte des accents d'Erik Orsenna...
Rien qu'au nom de l'auteur j'en entend qui soupirent : "Oh non pas encore lui". C'est vrai qu'il est un peu partout et surtout qu'il a presque tout fait, mis à part astronaute, physicien nucléaire ou sorcier vaudou. Académicien, conseiller culturel (dixit Wikipédia) et surtout écrivain cet homme saurait à priori tout faire.
Du moins est-il devenu le chouchou de toutes les mamans qui essayaient en vain jusqu'alors de faire apprécier notre langue complexe à leur chérubins entêtés. Comment faire comprendre la valeur de certaines choses, de certaines subtilités du français à ceux qui doivent commencer leur dur apprentissage? Qui n'a jamais pesté contre la grammaire ou les règles d'orthographe (quineserventàrienjetassure) et qui pourtant nous faisaient perdre de précieux points en dictée au grand désespoir de nos progéniteurs? Heureusement ce temps est révolu car Erik Orsenna EST LA! Après s'être attaqué au subjonctif (Les Chevaliers du subjonctif), à la grammaire (La grammaire est une chanson douce), le voici en train de nous expliquer la véritable valeur des accents. Il est vrai qu'on a tendance à les oublier ces bestioles là.
C'est une histoire assez simple, assez amusante. Il s'agit d'une petite île, personne ne s'y soucie plus d'utiliser les accents car tout le monde veut faire au plus vite. Ces accents (maniaco-depressifs visiblement) décident donc de s'en aller dans un autre pays pour faire comprendre aux gens de l'île à quel point ils sont utiles (non mais!)
Evidemment lorsque les habitants se rendent à l'évidence (les accents c'est quand même bien pratique) il est trop tard car ceux-ci ont déjà "taillé la route"...
S'ensuit une chasse à l'accent menée par une petite fille, qui va donc parcourir le monde pour retrouver le pays des accents.
Vous allez me dire "c'est assez léger", je vais vous répondre oui. Mais ça détend. C'est mignon, c'est bien écrit. Et la mise en page est très agréable, on y trouve des dessins et des aquarelles pas moches du tout pour ponctuer les étapes du récit.
C'est court, c'est rapide, à lire si on a envie de ne pas s'embêter, de sourire un peu, de se changer les idées..
Publié par Sheepy à 12:53:21 dans littérature (ou ce qui y ressemble) | Commentaires (0) | Permaliens
Lorsqu'on s'appelle Céline Robinet et que notre premier livre s'intitule Vous avez le droit d'être de mauvaise humeur mais prévenez les autres, on ne peut être que prometteuse.
C'est donc emplie de cette certitude que j'empoigne cet ouvrage à la couverture plus qu'alléchante. Un cerveau dans un mixeur, le sang qui gicle au premier plan, le tout verni pour mettre en avant le coté gluant, bref que du bon. Coté quatrième de couverture aussi, rien à redire : ici la maison d'édition a choisi un passage du livre (plutôt bien trouvé il faut le dire .)
C'est donc sans aucune méfiance que je m'attèle à la lecture de ce bouquin, presque en ronronnant.
Malheur à moi, on ne ronronne pas avant d'en être à la moitié, ma mère me l'avait dit.
Il s'agit de nouvelles, 19 pour être précise, qui n'ont d'autre but que de se montrer perverses, gores, dérangeantes, àvousfaireretrousserlesbabinesdansunegrimacededégoût. Aucun problème pour moi, je l'avais acheté pour ça.
Mais ça ne suffit pas. Tout le monde peut raconter des meurtres, des corps dépecés ou des étouffements par avalement de peinture. Cette Robinet y met autant de cœur que dans une description de soupe de calamar aux cornichons. C'est plat. Tellement plat qu'au bout de deux lignes on a deviné la fin de l'histoire. Ou deviné qu'il n'y aura pas de fin.
En effet c'est gore, si ce livre là avait été un film la production se serait ruinée en achat d'hémoglobine ou de vomi en boîte.
Tout au long de ces histoires elle devient tour à tour une cannibale tellement saoulée par son mari qu'elle décide de le grignoter, une femme complexée qui s'enlève les yeux avec une petite cuillère, une meurtrière de dame pipi ou encore une femme ménopausée se transformant en trou noir. Et tout cela avec la même constance. Pas un mot plus haut que l'autre. Les termes sont posés les uns à cotés des autres, sans réussir à susciter un intérêt quelconque. Le même effet que si elle faisait la météo.
Sur la quatrième de couverture était écrit « les nouvelles de ce recueil, tour à tour poétiques, (...) parfois graves ». Ben oui parce qu'il faut parfois être un minimum sérieux, et puis que ça peut remplir des pages. Alors voilà que cette demoiselle en vient à nous parler de sujets « sérieux », elle veut « s'engager », alors, vu que c'est tendance, elle nous parle des homosexuels. Beaucoup. Une nouvelle consacrée à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels. Le sujet à la limite, on s'en fout. Mais là, même sans être un grand auteur, si on a un avis, que l'on est un minimum intéressé (pour ou contre là n'est pas la question) eh bien on a des choses à dire. Mais là... ben non. Rien. C'est censé être drôle, un show à l'américaine où sont présentés des couples qui veulent adopter des enfants et qui doivent se débrouiller pour prouver qu'ils peuvent être des parents modèles. Evidemment n'y arrivent pas. Un peu de « beurk » quand même, allez juste pour le fun un petit passage décrivant les enfants présents sur le plateau:
« Ils ont été soumis au « bistournage », on les a rendus stériles en brisant, sans anesthésie, l'utérus ou les canaux spermatiques par torsion au moyen d'une pince. »
« Woa, super, et alors ? » fut la seule réaction que j'ai pu avoir tout au long de cet ouvrage.
Insipide est l'adjectif selon moi le plus approprié pour le qualifier.
Ceci est le premier livre de Céline Robinet qui fait du slam et des sketches comiques à Berlin. Je ne sais pas comment elle fait pour en vivre. Mais qu'elle ne compte pas trop sur la littérature pour la sauver.
Publié par Sheepy à 16:04:36 dans littérature (ou ce qui y ressemble) | Commentaires (2) | Permaliens
Loin de moi l'idée de m'improviser critique littéraire, je n'en ai ni l'envie ni le courage.
Mon but ici (si je devais en avoir un) est seulement de partager mes coups de coeur, ou, le plus souvent, mes déceptions.
Trouver des O.V.N.I.S littéraires, les disséquer puis vous les offrir toutes entrailles dégoulinantes.
Bon appétit.
Publié par Sheepy à 14:36:56 dans littérature (ou ce qui y ressemble) | Commentaires (1) | Permaliens
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