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Le palmipède austral popularisé par La Marche de l'empereur, le film de Luc Jacquet, pourrait disparaître d'icià la fin du siècle. C'est ce qu'annoncent des chercheurs français du Centre d'études biologiques de Chizé (CNRS), associés à deux équipes américaines, dans l'édition en ligne du 26 janvier de la revue de l'Académie des sciences américaine (PNAS). Le cycle de vie (mue et reproduction) et la nourriture (calmars, poissons, krill) de l'oiseau marin sont en effet étroitement liés à la banquise antarctique. En combinant les prévisions de réduction de l'étendue des glaces, établies par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), et le suivi démographique, entre 1962 et 2005, d'une colonie de manchots empereurs de Terre Adélie, les chercheurs ont calculé que les effectifs de cette population pourraient chuter de 6 000 couples reproducteurs, au début des années 1960, à seulement 400 à l'horizon 2100. "La probabilité d'une quasi-extinction est d'au moins 36 %", évaluent-ils. Pour survivre, l'espèce devrait faire preuve d'une capacité d'adaptation rapide (migration, modification de la période d'accouplement et de ponte...), dont elle semble pour l'instant dépourvue.
Pierre Le Hir
Publié par captain_smart à 22:44:48 dans Actualités | Commentaires (0) | Permaliens
Mieux que n'importe quel discours, un chiffre résume l'ampleur du choc auquel est soumise l'Amazonie : 17 % de la forêt ont été détruits en cinq ans, entre 2000 et 2005. Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) l'affirme dans le rapport sur l'"Environnement en Amazonie" qu'il s'apprête à publier et qui constitue probablement le travail le plus complet sur le sujet depuis dix ans.
Ce chiffre donne la mesure, à l'échelle des huit pays qui se partagent le plus vaste massif forestier de la planète (Bolivie, Brésil, Colombie, Equateur, Guyana, Pérou, Surinam, Venezuela), d'un bouleversement qui n'est, la plupart du temps, appréhendé qu'à travers le prisme du géant brésilien. Au cours de cette période, 857 000 km2 d'arbres - l'équivalent de la surface du Venezuela - sont partis en fumée ou ont été passés à la coupe rase sur une superficie de 5 148 millions de kilomètres carrés correspondant à la définition la plus stricte de l'Amazonie. Celle qui, selon les spécialistes, répond aux trois critères hydrographique, écologique et politique.
L'essentiel du défrichement s'est produit au Brésil, mais les autres pays, à l'exception du Pérou et du Venezuela, sont aussi confrontés, à leur échelle, à une disparition rapide du couvert végétal. "La progression des fronts pionniers en Amazonie et les transformations qu'elle introduit sont telles que le mouvement d'occupation de ces dernières "frontières de la planète" paraît irréversible", constatent les auteurs.
Partout derrière la déforestation, se joue une vaste course pour s'approprier les gigantesques réserves de terre et de matières premières de la région. "La dynamique économique en réponse à la demande des marchés étrangers alimente une pression forte sur les ressources naturelles. Le modèle de production dominant, qui ne prend en compte aucun critère de développement durable, conduit à la fragmentation des écosystèmes et à l'érosion de la biodiversité", déplorent-ils en dénonçant un système prédateur. Exploitation forestière souvent illégale, conquête de nouvelles terres pour l'élevage ou les cultures vouées à l'exportation comme le soja, extraction minière et pétrolière, construction de routes et d'infrastructures...
La colonisation de l'Amazonie s'accompagne d'une multiplication des conflits avec les populations locales dans un contexte où les droits de propriété restent peu clairement définis. Le PNUE ne condamne pas seulement l'exploitation de l'Amazonie au nom du désastre écologique auquel elle conduit. Il stigmatise aussi un modèle de développement déplorable socialement, alors que la population - en majorité concentrée dans des villes - dépasse plus de 33 millions d'habitants, contre 5 millions dans les années 1970 et augmente plus vite que dans le reste des pays de la zone. "Le revenu élevé par habitant affiché par certaines localités ne doit pas masquer une situation générale de grande pauvreté. La richesse tirée de l'exploitation des ressources naturelles n'est, dans la majorité des cas, pas réinvestie sur place", met en garde le rapport. En Equateur, dans les villes pétrolières d'Orellana et de Sucoubios, le revenu par habitant dépasse 25 000 dollars par an, huit fois plus que la moyenne nationale, mais les indicateurs de développement humain y restent plus mauvais qu'ailleurs. Le rapport souligne aussi l'impact de la dégradation de l'environnement, de la pollution des cours d'eau sur l'accroissement des carences alimentaires ou la propagation de certaines maladies comme la dengue ou le paludisme. La disparition de certaines espèces, qui faisaient fonction de prédateurs naturels sur les agents de transmission de ces maladies, facilite la diffusion des épidémies.
Face à ce tableau accablant, des initiatives pour introduire un développement plus soutenable existent. Mais elles restent marginales. Les plans de développement durable adoptés par la plupart des pays, le classement en zones protégées d'environ 15 % du territoire amazonien ne semblent pas non plus, aux yeux du PNUE, des raisons suffisantes de se montrer rassuré sur l'avenir. Un avenir pour lequel l'institution de l'ONU envisage quatre scénarios possibles. D'une mise en valeur contrôlée à la disparition du paradis vert : toutes les options sont explorées, sauf celle qui consisterait à transformer l'Amazonie en une gigantesque réserve naturelle.
Néanmoins, le PNUE estime que la nécessité de préserver la biodiversité et de lutter contre le réchauffement climatique en donnant un coût d'arrêt à la déforestation doit être au coeur des politiques. L'enjeu est régional mais aussi planétaire. Ce qui conduit le PNUE à plaider pour que la communauté internationale prenne sa part du fardeau en appuyant financièrement l'effort demandé aux pays amazoniens. La création du fonds brésilien pour l'Amazonie est une des pistes possibles.
Publié par captain_smart à 22:38:50 dans Actualités | Commentaires (0) | Permaliens
Face à l'hyperconsommation et à l'hyperprécarisation, vive les autoréductions ? Une forme de «taxe-Robin» (des bois), prélèvement-shopping subversif très tendance pour les oubliés, les «sans». «Bienvenue chez les gueux, note Laurent, un des animateurs de ces happenings. Face à la régression des droits, aux attaques hallucinantes contre les précaires, on doit multiplier les formes concrètes de solidarité.» On n'en est pas encore aux «soldes 100 % avant fermeture définitive du capitalisme», comme en appelle un texte de la Coordination des intermittents et précaires.
Saint Précaire. Mais les actions essaiment : de la mutualisation de logements aux sorties cinés «gratuites», en passant par la lutte pour la gratuité des transports. Un texte des «Interluttants» résume l'affaire : «Face aux plans de relance, aux gesticulations "antiterroristes", à la réforme permanente et à l'inflexion sécuritaire, on doit enfoncer des coins contre l'organisation des privilèges et le refus de l'égalité.»
Héritiers des laboratoires des luttes sociales des années 70, ces actions de désobéissance nouvelle vague tentent de mobiliser loin des cadres établis. Elles ont pu avoir, ici et là, d'autres formes «mini-insurrectionnelles» promues par des artivistes (artistes-activistes). Comme chourer des fringues, avec YoMango en Espagne, pour les donner aux sans-abri. Imaginer un jeu de société (Precariopoly) ou créer un saint Précaire (San Precario) avec les Italiens de Chainworkers. Mettre en ligne, avec les Américains de Re-code.com, de faux codes-barres pour que les consommateurs fassent leurs propres prix... Après avoir fané entre 2004 et 2008, période de la mondialisation triomphante, elles fleurissent à nouveau. «Effet crise et chape de plomb politique, assure Guillaume, l'un des initiateurs de Jeudi noir, adepte de réappropriation festive de logements, il y a une tendance, comme dans les autoréductions ou avec RESF (Réseau éducation sans frontières), à renvoyer de façon subliminale les images de dureté de la société actuelle.»
Fausses queues. Gus Massiah, figure de l'altermondialisme - qui attend 100 000 militants en janvier à Belem (Brésil) - assure que «de nouvelles formes d'autonomie et d'insoumission radicales voient le jour». Il pointe aussi «l'essor de la réflexion et des modes d'actions sur la non-violence active» et la désobéissance. Cela va des faucheurs d'OGM, des déboulonneurs de pub, des perturbateurs de politique, comme la Brigade des clowns. Cela transite par des associations de solidarité qui envoient plus de 100 jeunes dans le monde pour mutualiser des expériences. Cela émerge d'un brainstorming d'une poignée de «précog», intellectuels précaires : organiser de fausses queues devant les banques, prêter du cash à son banquier désargenté et faire germer des plantes dans la ville. «On assiste à l'émergence de mouvements de plus en plus spontanés et de plus en plus jeunes, note André Gattolin, sociologue des nouveaux mouvements de contestation.
Des collectifs se montent et se démontent via les nouvelles technologies avec l'aide de la preuve par la vidéo plus que par le texte. Sorte de génération Thoreau 2.0. «On voit arriver des mômes de 15-16 ans, avec pas mal de naïveté mais une vraie volonté de rébellion, ajoute Gattolin. Evidemment, la culture virtuelle l'emporte et la non-organisation est absolue, sur fond de radicalité.» «On nous a qualifiés de génération amorphe, résume Guillaume. On a subi dix ans de précariat, d'inexistance de la gauche politique. On se rebelle, reste à trouver un sens à la nébuleuse.» Mot d'ordre des révoltes actuelles : «Merry crisis and a happy new fear».
Libération, CHRISTIAN LOSSON, 3/01/09
Publié par captain_smart à 23:58:55 dans Actualités | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par captain_smart à 23:48:22 dans Actualités | Commentaires (0) | Permaliens
Alors que Barack Obama a fait de la lutte contre le réchauffement climatique une de ses priorités, une nouvelle étude vient confirmer l'ampleur des bouleversements auxquels il faut s'attendre. Les travaux, menés par Susan Solomon, une des principales scientifiques du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), mettent en avant que certains changements sont «largement irréversibles pour plus de mille ans après que les émissions de dioxyde de carbone (CO2) auront complètement cessé».
Le changement de la température à la surface des océans, les précipitations dans certaines régions du globe et la montée du niveau des océans, notamment, sont des phénomènes qu'il sera difficile d'enrayer. Susan Solomon rappelle en effet que «le CO2 provenant des activités humaines et émis dans l'atmosphère peut y rester pendant des milliers d'années».
Les travaux, basés sur plusieurs modèles informatiques, examinent les conséquences de laisser le CO2 s'accumuler dans l'atmosphère selon différents niveaux au-delà de la teneur actuelle moyenne de 385 parties par million (ppm) de CO2. Ainsi, laisser le dioxyde de carbone atteindre de 450 à 600 ppm entraînerait une diminution persistante des précipitations en été, comparable à la sécheresse du «Dust Bowl» en Amérique du Nord dans les années 30. D'autres conséquences néfastes sont à prévoir : diminution de l'eau disponible, plus grande fréquence des incendies, changements de l'écosystème et une plus grande désertification.
(Source AFP)
Publié par captain_smart à 23:32:11 dans Actualités | Commentaires (0) | Permaliens
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