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Les aventures d\'un Ensarien en vadrouille

Ou comment je découvre la vie

Evolution ? | 28 juin 2009

Encore une longue période sans nouvelle, je sais, je ne suis pas très assidu. La raison en est simple : il ne se passe rien dans ma vie. Oui, on peut être exilé à 13 000 km de son pays et s’ennuyer.

 

Il m’arrive de sortir, mais globalement, je ne me plais pas ici. J’aimerais trouver un endroit calme où me poser pour bronzer avec un bouquin sans suffoquer sous la poussière ni me faire accoster, mais ce que les gens d’ici appellent « parc » correspond à des plates-bandes de pelouse de 10 mètres de large au milieu d’avenues. Pour la tranquillité, on repassera. J’aimerais aller en boîte, mais je me suis adapté au rythme khmer et je suis claqué dès 22h. De toute manière j’ai sympathisé avec trop peu de gens pour réellement sortir.

 

J’expérimente donc quelque chose de nouveau : la solitude. Bon, ce n’est pas si nouveau, je l’ai été volontairement une bonne partie de ma vie, mais depuis mon éveil à la vie sociale, il y a déjà quelques années, ça n’était pas arrivé pour une si longue période. Bonne et mauvaise nouvelle : je n’aime pas ça du tout. Bonne parce que ça signifie que j’ai enfin maté le sauvage qui sommeillait en moi, mauvaise parce que du coup je « souffre » encore plus du manque de contact humain.

 

Alors je compte les jours. Ceux qui me restent à vivre avant le décollage. 48. Moins de sept semaines, moins de deux mois. Si ça passe aussi vite que les quatre premiers mois, autant dire que le décollage est pour demain, d’autant que la semaine prochaine, je pars pour une expédition « Visites de plantation d’hévéas et exploration de la jungle » qui durera plusieurs jours. J’ai d’autant plus hâte que j’ai remarqué que le mardi suivant c’est le 14 juillet, et qu’il y a donc moyen que je fasse le pont le lundi, ce qui me permettrait de retourner à la plage, pour enfin peaufiner ce bronzage qui n’a pas progressé d’une nuance de brun depuis mon arrivée.

 

A part ça, rien de fondamentalement nouveau n’agite ma vie. Je me suis mis à chercher du travail et je découvre les joies des journées passées à dénicher des annonces, des journées passées à personnaliser des lettres de motivation et des heures passées à envoyer des mails. Je redécouvre aussi une angoisse qui ne m’avait pas agité depuis les concours d’entrée à l’école d’agro, cette petite boule au ventre qui exalte jusqu’au moment où elle paralyse, et vice versa, quand on ouvre sa boîte mail et qu’on voit qu’on a de nouveaux messages.

 

Je commence à me rendre compte que ça y est, je ne joue plus. La vraie vie commence bientôt et il s’agit de ne pas manquer le départ. Jusqu’ici, ce n’était qu’un vague entraînement : apprendre à faire ses démarches administratives, chercher un stage, trouver un logement, avec en arrière-plan une certaine sécurité financière et en tête un « Ce n’est pas grave, prends ton temps » permettant de dédramatiser les problèmes. L’époque où l’aventure et le manque d’organisation étaient permis est en passe de prendre fin, pour une petite cinquantaine d’années, jusqu’à la retraite, laissant la place aux plans en tous genres : plan de carrière, plan épargne-logement, plan de mon éventuel futur appartement, plan pour les vacances... Ce sera l’occasion de voir si je suis aussi organisé que je le prétends, mais en attendant je suis dans un flou total, ce que je n’apprécie pas tellement. Je m’aperçois que ma philosophie (« On verra bien ») était tout à fait acceptable quand je n’avais aucune décision importante à prendre (faire un stage à Bruxelles plutôt qu’à Perth, à Phnom Penh plutôt qu’à Madrid, n’était pas si crucial), mais qu’aujourd’hui il faut que je choisisse un leitmotiv un peu plus… engagé, quelque chose comme « A l’attaque ! » ou « Trace ton propre chemin ». J’espère bien poursuivre ma quête du grand frisson, mais ce ne sera malheureusement plus mon objectif prioritaire dans la vie : il s’agira d’abord de manger et de s’intégrer dans une société où ceux qui rêvent à voix haute ne sont pas bien vus. On verra comme je m’y prendrai. Et voilà, encore ce « on verra », ce sera difficile de changer totalement de cadre de pensée ! Un autre défi à relever !

Publié par Guillaume1712 à 19:40:25 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (2) |

Le con qui s'adore | 13 juin 2009

Classe : Gentil

Sous-classe : Con qui s’adore

 

Je vais avoir du mal à parler de celui-là en toute objectivité. Ah, on me dit que de toute façon je n’ai pas été objectif pour les autres catégories. Soit. Le con qui s’adore ne fait de mal à personne, il a simplement une haute opinion de lui-même et s’appuie, pour justifier son ego, sur des faits plus ou moins cohérents. S’il assume pleinement sa condition, « moi » et « je » sont les deux mots les plus présents à sa bouche. Contrairement aux idées reçues, il n’est pas forcément méprisant envers les autres cons : il sait juste qu’il est bon, ce qui ne préjuge en rien des capacités des autres. Certes, il lui arrive de penser qu’il est meilleur, plus ou moins fréquemment selon son aveuglement. Grosso modo, il est rapidement insupportable.

Publié par Guillaume1712 à 11:38:26 dans Réflexions intéressantes (ou pas) | Commentaires (0) |

Le con buté | 13 juin 2009

Classe : Gentil/Méchant, selon les cas

Sous-classe : Buté

 

Le con buté a toujours raison. Vous n’arriverez jamais à convaincre un con buté de son erreur : c’est le roi de la mauvaise foi. Si vraiment il est au pied du mur, une explosion de rage lui permettra souvent de faire faire marche arrière à son adversaire. La confrontation de deux cons butés est généralement spectaculaire : le ton du dialogue de sourds, au début cordial, finit par monter, jusqu’à aboutir à des éclats de voix d’une violence potentiellement impressionnante, fusillade d’insultes plus ou moins bien amenées, jusqu’à ce qu’un con sensuel décrète que les deux ont raison et qu’il fait beau dehors.

A noter qu’un con buté qui a raison est aussi agressif qu’un con buté qui a tort.

Publié par Guillaume1712 à 11:37:58 dans Réflexions intéressantes (ou pas) | Commentaires (1) |

Le con passionnel | 13 juin 2009

Classe : Gentil

Sous-classe : Passionnel

 

Le con passionnel, ou compatissant, est carrément envahissant. Il déborde de bons sentiments et accourt à chaque événement douloureux pour déverser ses sanglots, assurer la victime de son soutien humide et étouffant. En l’absence d’événement tragique à exploiter, le con passionnel se fait volontiers conseiller matrimonial ou juge de la vie privée d’autrui. « Tu devrais chercher quelqu’un, c’est pas bon de rester seul… Même si je serai toujours là pour toi, tu sais. ». Oui, on sait. Comment pourrait-on l’oublier ?

Publié par Guillaume1712 à 11:37:11 dans Réflexions intéressantes (ou pas) | Commentaires (0) |

Le con sensuel | 13 juin 2009

Classe : Gentil

Sous-classe : sensuel

 

Le con sensuel, aussi appelé con plaisant, n’a pas d’avis, il n’a que des amis. Son seul but dans la vie est de se faire aimer. Pour atteindre cet objectif chimérique, le con sensuel rejette tout conflit : il est d’accord avec tout le monde, son discours s’adapte à son public et aux circonstances, il console, il ne s’énerve jamais… La contrepartie à cette apparence cordiale, c’est qu’on ne lui trouve généralement aucune profondeur et donc aucun intérêt. Comment avoir des atomes crochus avec quelqu’un qui s’efforce d’être lisse ? En gros, le con sensuel arrive à l’effet inverse que celui qu’il recherche : il n’est pas aimé, il indiffère, voire suscite un certain mépris.

Publié par Guillaume1712 à 11:36:37 dans Réflexions intéressantes (ou pas) | Commentaires (0) |

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