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La nécessité d’une transition consensuelle
( paru le 9/5/2009 )
Bien que les affrontements ouvertement violents et mortels soient de moins en moins visibles ces dernières semaines, l’atmosphère reste corrosive. La crise n’a pas trouvé son issue, malgré les discours résolument magnifiants des partisans du nouveau pouvoir. C’est une crise qui attaque l’individu, l’acculant au chômage, à la précarité, et à une insécurité quasi-quotidienne. C’est une crise qui gangrène l’économie en catapultant les secteurs porteurs au rang de parents pauvres, ballotant les projets dans une incertitude malsaine. C’est une crise qui agresse la cohésion sociale, dessoudant les familles, créant des conflits entre les fidèles et les églises, générant une pression sans pareille dans les communautés. C’est une crise qui a détruit la confiance de l’opinion publique en certaines institutions comme le Parlement et l’Armée, en la crédibilité des hommes et des femmes politiques et oui, admettons-le, au professionnalisme des médias. C’est enfin une crise qui a mis le «fihavanana» malgache à rude épreuve, le réduisant à ses plus lointaines frontières.
Le retour au dialogue et aux négociations n’est pas une alternative : c’est un chemin obligé qu’il faudra bien emprunter tôt ou tard. Ce statu quo, en dehors du champ inconstitutionnel et de la légitimité discutable où il est planté, a aussi le très sérieux désavantage d’être un foyer de tensions, prompt à exploser. Les germes du mal sont déjà semés : menaces et intimidations, liberté d’expression bafouée, arrestations brutales et faites dans le désir simpliste et peu honorable de réduire la dignité des interpellés, des promesses et décisions économiques qui laissent perplexes. Et bien sûr, ces autres courants d’opinions politiques, importants par leur nombre ou par le bien-fondé du raisonnement, qui ne sont pas écoutées.
Bien sûr, il faudra faire des concessions, tant du côté de la HAT que de celui des contestataires. Ces concessions sont incontournables parce que cette transition n’est pas seulement une passerelle vers une autre étape de notre vie nationale ; elle n’a pas à être réduite en la seule expression d’une lutte de factions politiques ; elle ne doit pas être confiée à la gestion unilatérale d’une seule entité ; elle doit être un des piliers solides de la nouvelle étape. Solide, parce que réfléchie, consensuelle, négociée et inclusive.
Le collectif des organisations citoyennes et des citoyens, (CCOC) reste aujourd’hui l’une des structures capables d’être le maître d’œuvre de ces négociations, grâce et à travers sa neutralité et son indépendance. Ce sont deux conditions sine qua non pour que les issues des rencontres entre les mouvances principales soient gérées et facilitées, dans un esprit définitivement non partisan et participatif. Dans un climat de partis pris et de mainmise sur le pouvoir, il se peut que cette entité reste la dernière chance pour aboutir aux négociations d’un côté et à la résolution de la crise malgache par les Malgaches eux-mêmes, de l’autre côté. Une perspective qui, si elle réussit, inaugurera une nouvelle ère dans nos pratiques politiques.
Mialisoa Randriamampianina
Publié par MTS à 09:45:18 dans Actualité | Commentaires (1) | Permaliens
10-02-2010 22:24
De RAMILIJAONA Sujet:
Tena tiako ny Fireneko
Commentaires