Ce post est spécialement pour Cosmic Dancer, qui n'a presque pas insisté pour avoir des renseignements sur la faune locale canadienne et québécoise en particulier

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Tout d'abord je dois préciser qu'une mouffette (ou moufette), c'est un putois. Plus exactement, voici la définition du dictionnaire : "mammifère carnivore d'Amérique, au pelage noir orné de blanc, qui projette la sécrétion malodorante de ses glandes anales lorsqu'il est attaqué."
Avant de voir une mouffette, on la sent. Une odeur forte, qui n'est pas sans rappeller le houblon, la bière très houblonnée comme la Heineken.
La présence des mouffettes en centre ville n'est pas exactement un problème. Elles se baladent la nuit la plupart du temps, se nourissent des poubelles, et je n'ai jamais entendu parler de dégats causés par ces animaux. Par contre, les services de capture d'animaux indésirables sont souvent sollicités par des propriétaires qui veulent se débarrasser de la mouffette qui a élu domicile quelque part autour de leur maison, voire dans le garage.
Personnellement, je n'en ai vu qu'une seule, à deux heures du matin, dans le jardin du voisin. Par contre, j'ai vu des traces de pattes dans de la boue ou de la poussière, en bas de chez moi, devant des poubelles éventrées.
Pour les ours : (à noter que j'ai déja entendu certains québécois prononcer "un our", sans dire le "s" à la fin). Le Québec n'abrite que des ours noirs, beaucoup plus petits que les ours bruns, ou Grizzly. En Colombie Britanique (Vancouver...), il y a une espèce résidente d'ours sur l'île de Kodiac, dont les ours en portent le nom. Ils sont assez proches du Grizzly. Au nord, bien sûr, il y a les ours blancs.
Le Parc de la Gatineau, à quelques kilomètres d'Ottawa, habrite bien évidemment des ours noirs. Il y en a généralement dans tous les parcs de la province suffisamment grands (je pense à la Mauricie en particulier, et les réserves fauniques qui par définition sont plus sauvages que les parcs).
Bien que moins dangereux qu'un ours brun, l'ours noir devient un problème lorsqu'il s'approche trop près des habitations pour fouiller dans le compost ou les poubelles. Quand un ours est repéré plusieurs fois à trainer autour des habitations, il sont capturés, marqués et relâchés au nord du québec. Quand l'ours revient plusieurs fois, il doit malheureusement être abattu, pour la sécurité des habitants.
Je ne connais pas grand chose sur les lieux qu'il choisit pour hiberner, mais au printemps, une fois, j'ai failli marcher sur un ours endormi. J'étais en Estrie, au Mont Sutton, hors des sentiers, assez "creux" (profond) dans le bois, et je remontais des trâces d'ours toutes fraiches dans la neige. Ma jambe s'est soudainement enfoncée dans une poche d'air créée par la neige, entre deux arbres et leurs branches qui empêchent la neige d'attendre le sol (piège connu sous le nom de piège blanc, par les trappeurs). J'ai posé la main pour ne pas perdre l'équilibre sur la neige, et en regardant où ma main était, j'ai vu une masse de poils noirs qui dépassait de la neige. J'ai fait un bond... !
Un peu plus loin, j'ai revu des trâces, puis une grande zone de neige tassée. Je m'approche, et j'ai compris qu'un ours s'était couché sur la neige pour fouiller avec ses pates la neige à la recherche des pousses de végétation pour se nourir. Mes deux poings serrés faisaient juste la largeur de la patte et des griffes imprimées dans la neige et la terre.
J'avoue m'être tiré du coin très vite. Très très vite même.
Je sais que les ours, comme toute bête sauvage, aiment les endroits reculés loin des humains. Un creux de rochers, une grosse souche ou un trou dans un arbre, à la base, ou encore un plis de terrain qui sera protégé de la neige par des branches peuvent constituer un bel abris.
Pour se balader en toute sérénité, il est conseillé de faire du bruit, et bien sûr de ne pas chercher à nourrir les ours. Quand on fait du camping, les sacs à dos doivent être suspendus aux arceaux de métal plantés près des sites de camping sauvages ou dans un arbre (10-12 pieds dans les airs), ou rangés dans la voiture pour les campings aménagés.
J'ai aussi eu la chance, à -35, de nuit, près de Chicoutimi, d'entendre 3 loups hurler pour se situer l'un l'autre. Un hiver particulièrement froid, et les villageois rentraient leurs chiens pour la nuit, suite à ce qu'un chien, ayant voulu défendre sa patée face à un loup, se fasse arracher la moitié d'une patte d'un coup de machoire du loup.
Par contre, j'ai vu des trâces de loups, et la taille est impressionante ! Et elles démontraient une connaissance du terrain vraiment notable : le loup marchait toujours du côté du chemin ayant le moins de neige. Quand je marchais dans ses trâces, mes raquettes enfonçaient à peine dans la neige. Sinon, je m'enfonçais parfois jusqu'au genou ! Il y a quelque chose de particulier de marcher seul, par -25, en raquette, sur les trâces d'un animal qui visiblement connait son territoire parfaitement. On se sent... petit.
Bon. Fin de l'exposé, j'ai du travail...

Cosmic Dancer, I hope I made your day !
Dérives