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7. | 24 janvier 2005

Chapitre 7...

La femme derrière le bureau se repassa en boucle trois ou quatre fois le rapport de Laïla. Ses mains la facinaient. De vrais petits papillons... vraiment. Mais c'est des pinces qu'il lui aurait fallu, pas des papillons... Des grosses pinces de crabe pour attraper le contact ! Encore raté le contact...
Encore, encore, en-co-rra-té.
Dé-pri-mant.
Elle appela par l'intercom le Chef du Service Technique, qui entra dans le minuscule bureau quelques secondes plus tard.
"-Oui Control ?
- Votre bijou a raté le contact.
- Oui, j'ai lu le rapport...
- Et c'est la faute de ses mains ! Ses mains ! vous entendez ! Comme des papillons... comme des papillons..." Control agita lui aussi ses mains... mais plutôt comme de grosses mouches, pensa le Chef du service technique.
"- Oui, bien sûr, Control. Mais c'est vous qui vouliez de la légèreté dans cette affaire... de la finesse...
- Oui mais... des papillons... !
- A propos, nous suivons le contact. Il se dirige vers Toulon, Nice, etc. Il a volé une auto, débranché le GPS embarqué et le système de guidage GEO, mais la puce implantée, elle, fonctionne.
- Bien. Très bien... Au moins quelque chose qui marche... Ah ! Et puis, à cette gourde de Laïla vous lui grefferez des pinces à la place des papillons, hein ? Je ne veux plus voir de papillons... Plus de papillons !
- Très bien Control. Des pinces...". Le chef du Service Technique sortit. Elle n'avait pas dit que la puce... ben... elle marchait... c'était justement ça le problème...

St-Raphaël borde la Méditérannée et juste derrière se dresse le Massif de l'Estérelle. Un massif de terre rouge et de pierres de calcaire blanc comme des os. L'homme savait que cet endroit solitaire allait lui permettre de remettre un peu d'ordre dans ses pensées. Car en sortant du bar, il avait de la peine à se souvenir de quoi que ce soit. Il voulait aller voir le port, puis avait vu cette voiture, et... il ne savait plus. Le dessous du tableau de bord était à moitié arraché, sa main droite lui faisait mal, et après avoir saigné du nez il souffrait maintenant d'une migraine. Il ne comprennait pas les derniers évènements. Il lui semblait que certaines choses échappaient à son contrôle. Il lui fallait dormir. Et manger. Il avait faim. Encore. Il regarda l'heure... 17h00. Dire que les Français ne mangent pas avant 19 ou 20 heures...
Et cette douleur dans sa main... Une douleur qui progressait tranquillement vers les doigts, entre le majeur et l'index, très exactement...




Les chapîtres précédents sont toujours soit chez CarpeDiem, soit chez Dulci (Cher Journal). Cliquez sur le Blogroll pour y aller :)

Publié par otorevek à 23:28:27 dans Cadavre exquis | Commentaires (5) |

P***** de journée | 24 janvier 2005

Pffffff. Journée grise, neigeuse (comment peut-il encore neiger à -20 ? Elle gèle pas, la neige ?). Mon collègue d'en face m'interrompt dans mon travail pour me lire une phrase que j'ai écrite dans une procédure il y a environ un an pour me demander s'il peut "préciser" (toujours des trucs inutiles, en plus). Le pire, c'est que ce qu'il fait là... ça fait environ nu an qu'il aurait du le faire...

Il me déprime.

Et j'arrive pas à penser à un truc positif....

C'est la galère. C'est lundi.
P***** de journée.


PS : et J'ai même pas mes écouteurs pour écouter de la musique. Arrrrrrrrrrrrrrrrrrrgggggggggg.

Publié par otorevek à 22:33:03 dans Revek | Commentaires (0) |

sans titre | 24 janvier 2005

Sans titre, parce que pas envie de me prendre le chou à trouver un titre à ce post sauvage.

Lundi matin.
La température remonte tranquillement à un niveau "raisonable". Il ne fait que -19, aujourd'hui, un degré plus froid que dans votre congélateur...
La dernière semaine a permis de battre des records de temp. -37.5 les nuits...
J'ai guère eu l'occasion d'en profiter pleinement, mais les quelques minutes dehors dans mon gros anorak (voir photo, mais l'imaginer en vert...), furent du pur plaisir...
Le froid qui glace les narines et les poumons, le front qui glace, la neige qui bruisse sous les pas et les roues, le froid presque palpable tellement qu'il est intense...

Le cadavre exquis avance bizarement : de longues périodes d'attente suivies de rafales de textes... C'est amusant de voir les différents styles : EclatDuSoleil et son énergie, Dulci dont on sent la poésie sous-jacente, tranquille...


Publié par otorevek à 17:56:48 dans Revek | Commentaires (3) |

4- | 21 janvier 2005

Au début il avait cru que c'était une fée. Pas un modèle de combat, bien sûr, mais au minimum un modèle d'escorte, ... de plaisir peut être. Il avait fait la grimace. Maintenant... il avait un goût amer dans la gorge.
Et il se sentait sale.

Elle s'était levée, et lui avait demandé d'une voix douce s'il y avait de la place au comptoir pour elle, et sans attendre la réponse, s'était assise. Elle sentait le muguet... une odeur qu'il avait presque oubliée.
"- Vous êtes soldat ?
- J'étais."
Il n'avait pas envie de parler. Son verre n'était pas terminé, et il ne voulait pas le finir rapidement. Il voulait trouver pour chauqe gorgée le bon moment.
"- Fin d'engagement ?
- Démission.
- Oh ! Je vois..."
Il eut envie de lui demander ce qu'elle voyait, au juste.
Il se contenta de tourner lentement la tête et plonger un regard éteint dans son regard à elle. Il y trouva quelque chose de doux, de confiant, et en même temps une petite ombre, comme perdue. Elle baissa les yeux, sage. Elle connaissait la suite... Et elle sourit au-dedans quand l'homme commença...

"J'étais dans une section RD. Notre mission était officiellement de pacifier... C'est à dire de rechercher et détruire les snipers. Pas les snipers-machines, juste les humains... Les putes.
Cette fois, c'était le tour d'un jeune, encore un gamin, les yeux tout grand ouvert sur la vie, de servir d'appât. Il a enlevé son armure LCD, débranché ses brouilleurs, puis il est descendu lentement vers des ruines, en se retournant plusieurs fois vers nous. Nous, on suivait de loin, selon les procédures... en LCD-ON.
Finalement... ... on a entendu tirer. Sans pouvoir déterminer la direction. Quelques minutes plus tard, on a entendu un hurlement. Une plainte. Comme un trait de douleur pure qui s'élèverait dans le ciel.

On a trouvé une fille qui tenait le corps du gamin dans ses bras, le dos tellement cabré vers l'arrière que j'ai cru qu'elle allait se casser en deux.. Deux rigoles de larmes avaient creusé la poussière et le maquillage de camouflage. Et elle hurlait. Elle hurlait. Sans s'arrêter. Mes hommes lui gueulaient de se taire, mais elle n'entendait rien. Ils l'ont fait taire d'une balle dans la tête.
... En la fouillant, j'ai trouvé la photo du gamin."

Il laissa le silence trouver la conclusion qui s'imposait, puis en finissant sa bière d'un trait - c'était le bon moment - il lui cracha "et maintenant que tu as eu ta dose de sang tu dégages.".

Elle s'était levée, le visage en feu, avait déposé un billet-plastique sur le comptoir et était sortie.
L'homme avait payé à son tour sans un regard pour le barman, et son sac sur l'épaule s'était retrouvé sur le trottoir.
Un goût amer dans la gorge.
Parce que cette dernière phrase, il l'avait dite qu'elle pleurait déja, cette fille.
Il avait cru que c'était une fée... Il se sentait sale.

La gare ou le port ? Le port ou la gare ?

Il choisit le port. Pour aller vomir dans l'eau noire.

Publié par otorevek à 21:46:06 dans Cadavre exquis | Commentaires (3) |

Gestes d'enfant | 21 janvier 2005

Un autre geste dont je me suis souvenu hier en cherchant un mot dans le Larousse : celui de regarder les planches et de me prendre pour un héro de Jules Vernes, essayant de retenir les noms savants de tel arbre, ou le fonctionnement d'un moteur de fusée.

Hier, donc, j'ouvre le Larousse 2000, et je tombe sur une magnifique planche de poissons tous plus laids les uns que les autres. Et tous avec des noms à coucher dehors (pas une seule sardine ou requin...)
Je regarde un moment, appréciant les couleurs (genre dessins des années 1900), tourne la page et tombe sur les algues...

En fin de compte, j'ai regardé ces planches en me disant que si Robert est pour les adultes, Larousse est vraiment fait pour les enfants de tout âge. Et C'est bien comme ça.

Publié par otorevek à 19:28:28 dans Revek | Commentaires (0) |

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