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? | 06 mai 2005

Ca faisait longtemps que je ne m'étais pas posé de question sur "le blogg". Bloggland était devenu un espace apprivoisé. Curieux, mais apprivoisé. Je postais avec une relative régularité, je surfais, je commentais parfois, plutôt pas trop...
Et puis là, hier, après avoir trouvé du temps à voler pour un peu de surf, j'apprends que certains sont partis... j'apprends que j'ai compté... et en lisant les nombreux comments je me rends compte que le blogg est encore plus curieux que je pensais.
Pour la plupart on ne se connait pas de visage, juste de mots, de maux, ou de photos.
On affiche un masque, inconnu, et ce masque aide un autre inconnu. Certains le disent, d'autres le taisent.
Le blogg est-il un espace d'expression, ou un espace de guérison ? Quand je lis vos bloggs, j'ai l'impression souvent d'une souffrance, d'un mal relâché petit à petit, goutte à goutte, distillé. (A part quelques bloggs comme celui de maîtresse qui me semble d'un optimisme à toutes épreuves..., Mushi naki tsukiyo et sa musique, Map, CodexMystery...)
Quand je lis vos bloggs, j'ai l'impression de me soigner. Et souvent je me soigne, effectivement. Et je lèche alors mes plaies comme un loup blessé.
J'ai été surpris aussi de lire comment un texte aussi personnel de Bérénice avait pu toucher autant...

J'avais perdu de vue tout ça. J'avais oublié "l'apport" possible de ces mots écrits ça et là... En fait, pas vraiment oublié, mais plutôt mis de côté, tout en essayant de conserver une certaine "qualité d'écriture", une "ligne directrice". C'était passé dans l'inconscient, ou le subconscient (j'ai jamais trop percuté sur Freud...). Et là on dirait que ça me saute à la face. Comme un chat on "oublie" de donner à manger sait nous le rappeller. Le blogg est animal. Le blogg est vivant.
Nul doute que les "nouveaux" bloggs nous donnerons les mêmes doses que ceux qui nous quittent. Parce que, au fond, qui font les bloggs, sinon le même genre d'hommes et de femmes ? Des écorchés de la vie, des penseurs, des poètes, des optimistes, des suicidaires, etc. Des jeunes, des moins jeunes. Finalement, le blogg est un reflet de notre société. Un reflet virtuel. Avec les déménagements et les emménagements. Les nouveaux voisins et les anciens.
Mais reste que, comme dans la vie réelle, il est difficile de connaître tout le monde. Ma liste de bloggs pourrait sans doute être 14 fois plus longue... J'ai juste pas le temps d'aller visiter, dire bonjour, replonger aux sources des bloggs et tout lire depuis le début, comme je l'ai fait pour ceux qui sont dans ma liste...

Tout ça pour finir en pensant que le blogg est un phénomène de société, créé peut être pour palier certains problèmes de communication, peut être pour nous aider à "avoir un site sur le net", peut être que c'est "in", peut être "out", je m'en balance. Pour le moment il sert, il palie un problème, il "patch".
Pourtant chirurgical et froid...

Publié par otorevek à 16:48:40 dans Revek | Commentaires (1) |

f- | 04 mai 2005

Hier soir, la tête posée sur la poitrine de mon homme...

Puis, au bout d'un temps si long que la douleur en fut plus intense :l'enfer...

Mémoire en feu,
Coeur en cendres,
Corps calciné.

Je me suis effondrée au-dedans, lui endormi, moi terrifiée par ce gouffre qui venait de s'ouffrir en moi. Un abîme gigantesque, affamé, tournant sur lui même, noir, exalant une odeur douce et forte, ennivrante, enpoisonnée, ... mortelle. Un ventre insondable qui criait famine, qui hurlait qu'il allait me dévorer toute entière, moi et mes pensées, moi et mes souvenirs, moi et mon sang... et mes os... mes jambes, mes bras, mes cheveux, mes yeux...
J'ai frissoné d'horreur, au creux de sa poitrine.
Il a remonté le drap pour me couvrir complètement. J'avais cru qu'il dormait. Mais non, il était bien vivant, bien chaud, pendant que je mourais sans un cri, toute glacée.
Toute glacée.

Je traine mes années comme deux ailes ancrées dans mon dos. Chaque fois un peu plus lourdes. Chaque fois un peu plus de chair se déchire. Chaque fois un peu plus de sang coule.
Si je savais dessiner, j'aurais fait une femme, s'en allant vers le fond, en laissant deux trainées de sang. En premier plan : deux ailes arrachées et sanglantes. Ou bien la femme serait à genoux, le dos en sang, le front posé sur le sol en une plainte muette, avec toujours les ailes en premier plan.

J'ai juste des images dans ma tête, et rien pour les faire sortir autrement que par les mots. Parfois, j'enrage de mon impuissance...

Bérénice

Publié par otorevek à 21:22:29 dans Chevelure | Commentaires (4) |

Mise aux poings | 03 mai 2005

Depuis que je suis chez [mysmallcompany], je sais que ça va mal. Manque d'argent, des investisseurs qui n'y connaissent rien et qui s'appuyent sur le jugement et les "compétences" d'autres qui n'y connaissent pas plus (dont Le Grand Barbu, déjà mentionné plus tôt, dans un autre post).
En fait, je me demande s'ils n'y connaissent rien, ou si au contraire ils n'ont pas tissés un piège savant : maintenir une compagnie en vie, mais au minimum, leur permet d'encaisser les bénéfices, par mois, de leur "travail" de consultants. Si la compagnie va bien... plus besoin de consultant, si la compagnie meurt... plus besoin de consultants.
Alors on fait des intrigues. On ment, on complote. Le grand Cravaté fut un des soldats envoyé sans arme sur un champs de bataille, avec les deux armées qui lui tiraient dessus.
(En passant, le petit Cravaté me semble aussi prendre doucement conscience de la réalité... Bienvenue dans le monde réel, mon gars...)

Le jeu me semble de plus en plus clair.

De plus, du "pur savoir" nous quitte en ce que certaines personnes démissionnent. Déja on ne saura plus troubleshooter une partie principale d'un de nos produits : si ça marche, si le résultat est beau, tant mieux, sinon, on se dépêche d'en construire un autre, en espérant que celui-là marchera mieux.
Il y a pourtant du potentiel. Il y a pourtant un beau projet qui s'en vient. Sauf que...
Et puis moi j'ai été engagé pour faire de la qualité sur des Dispositifs Médicaux. Et j'en fait pas. Certains ici font n'importe quoi, et personne pour mettre ses culottes et empêcher les choses d'être faites. Et ça me gonfle qu'on pense qu'on fabrique des pots de yaourts vides alors qu'on est dans le médical !


Alors je relance le projet "Exodus". Je me cherche une nouvelle job.

Mon CV résumé : plus de 10 ans d'expérience en implantation et gestion de systèmes de management de la qualité de type ISO9000 (version 94 et 2000).
Implantation et maintien d'un système ISO 13485:2003, répondant aux exigences du RIM (DM classe III), FDA CFR21 part 820 (DM classe II), et dir. 93/42/CEE (DM classe IIa).
Responsable des affaires réglementaires.

Poste devant être basé sur Montréal, rives Nord ou Sud.
Si vous êtes intéressé, m'écrire un message par la messagerie.


Et si je me trouvais quelque chose comme ça, hein ? Ca serait pas cool ? Lol.  Je me tourne quand même sur les sites spécialisés. C'est plus sûr ;)



ReveK un peu découragé par tout ça. Ca aurait pu être une belle aventure, ça finit en bouse.
Bof...

Publié par otorevek à 19:01:56 dans Revek | Commentaires (2) |

Pas le temps | 27 avril 2005

Même pas le temps de blogguer...

Même pas le temps de surfer sur vos bloggs...

Cette impression de vivre à 200 à l'heure, avoir 100.000 trucs dans la tête, gérer 1400 dossiers à problèmes, et tout va vite. Très vite. Un problème chasse l'autre. Un peu comme dans ce vieux jeu vidéo que j'avais, "SpannerMan". Un seul tableau, un plombier, qui devait resserrer les connexions des tuyaux qui fuyaient. Et l'eau montait, montait...

Je pars pour la France dans 2 semaines. J'ai pas mon avance de fonds, j'ai pas eu le temps de préparer les documents, pas encore. Deux jours à présenter ISO à la direction... "Qu'ossé que j'vas ben pouvoir dire ?"

Sinon j'ai mal au but depuis deux semaines au moins. Et il pleut. C'est triste, dehors.

Publié par otorevek à 19:01:39 dans Revek | Commentaires (2) |

e- | 22 avril 2005


J'ai cherché par terre une poupée de plastique toute abîmée.
Une poupée à laquelle il aurait manqué un bras.
Une poupée à laquelle les cheveux n'auraient plus été qu'un amas informe de fil, de poussières et de saletés.
Une poupée salie sur laquelle j'aurais pu écrire « e- comme ecchymose », et à la place du sexe « e- comme excision ».
Une poupée toute écrasée (e- comme éventrée), rayée (e- comme éraflures).

Une poupée enfant.
Une poupée ennemie.
Une poupée qui poserait sa question, en larmes, toute brisée.

...

Le docteur à l'enfant :
" Te rends-tu compte que V. est le drame de ta vie ?"
L'enfant eut un sourire triste.
" - Oui.
- Tu as aimé cette fille ! Tu as rêvé d'elle ! Tu l'avais dans la peau... tous les jours ... toutes les heures, peut-être, tu pensais à elle !"
L'enfant se sentait nu et vulnérable. Le secret, l'abcès, quelque part, crevait. Et il aimait ça. Pourtant, pour le dernier sursaut d'orgueil, il se fit agressif.
" - Je te paye pas 60$ al scéance pour entendre ce que je sais déjà. Je suis prêt à m'enlever ça de la tête, mais pas à te voir rigoler avec ça !
- C'est bien, T. Met-toi en colère...
- Si je m'énerve, je casse tout.
- C'est fait pour..."
Le ton de C. était tranquille, presque amusé. L'enfant regarda alors le mobilier. Une simple table de formica avec des pieds en métal, un meuble de formica, deux ou trois plantes grasses sur une étagère, des coussins, entssés dans un coin. Pleins de coussins. Il décida de ne pas se dominer. Après tout, il était là pour ça. Pour sortir.
" - Oui je l'ai dans la peau ! Toutes les heures, tu disais ? Pas une seule minute sans penser à elle ! Oui c'était un espoir vain. Mais au moins c'était quelque chose qui valait mieux que cette réalité dont je ne voulais pas ! Les brimades, les insultes, les coups, la violence verbale, psychologique. Cette putain de réalité qui était la mienne ! Alors j'ai inventé un espoir. Une lumière, quelque part, qui existerait, et qui brillerait un jour pour me réchauffer.
Alors oui c'était un espoir vain. Une ridicule fuite en avant. Mais c'est ce qui m'a permis de rester en vie ! De lutter ! De survivre dans ces classes dans lesquelles je ne m'intégrais pas !
Le soir, dans mon lit, je la laissais me rejoindre. Elle prenait mon cœur entre ses mains pour le réchauffer un peu. Pour empêcher que cette pierre dans ma poitrine ne gèle complètement.
Alors on peut me l'enlever maintenant. On peut le faire maintenant. Mais il ne faut pas en rire, C."
L'enfant s'assis en sanglotant, les mains douloureuses. Les cactus gisaient au milieu des feuilles de papier, des coussins, de la table renversée.


J'ai été cette V., cette S., cette M., cette D., et toutes les autres. Toutes celles que l'enfant à imaginé pour boire à sa souffrance. Je me suis pliée à ses jeux.
Je ne suis pas une pute de l'âme. Je suis quelque part aussi perdue que lui.

e- comme exorcisme.
e- comme exorcisme.
e- comme exorcisme...



Bérénice

Publié par otorevek à 22:17:46 dans Chevelure | Commentaires (0) |

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