Je viens d'aller me chercher un chocolat chaud à la machine. Et comme à chaque fois, il me revient le souvenir du chocolat chaud que mon père, un après-midi, m'avait payé à la distributrice.
Je n'avais pas 10 ans. Je revois le long couloir, l'odeur de propre, de cire, de crayons de bois taillés. Un collègue de mon père avait du reste une "machine à tailler les crayons" : on rentrait le crayon, et on tournait une manivelle qui actionnait deux roues qui taillaient la pointe...
Ce chocolat chaud reste planté dans ma mémoire. Je ne sais pas pourquoi. Ou plutôt si ! Le geste était si rare... si secret aussi, dans un certain sens.
Je me souviens aussi avoir marché doucement dans ce couloir, pour ne pas en renverser une goutte, pour l'apprécier pleinement. La petite mousse sur le dessus, le goût sucré et riche... Bien sûr ce goût ne ressemblait pas à celui auquel j'étais habitué à la maison, mais il avait ce cachet de nouveauté, de complicité, de fierté, de cadeau, d'amour démontré qui aurait rendu parfait un simple verre d'eau tiède.
Ce chocolat est comme une caresse reçue sur ma tête de gamin, qui ébouriffe les cheveux. (Sauf que mes cheveux n'ont jamais été ébouriffés...)
J'en ai la gorge qui se serre, et le coeur qui bat mollement tout à coup.
Ne vous méprenez pas ! Mon père n'est pas mort. Il vit encore, et quelque part le malaise que crée ce chocolat vient de là. C'est long à expliquer et assez personnel. Puis quelque part tellement puéril que vous pourriez vous moquer.
Et dans ces cas là, je préfère remettre mon armure, activer mes blindages, et reculer lentement en vous fixant du regard.
...Surtout ne jamais tourner le dos aux ennemis...
Désolé.
Publié par otorevek à 22:47:50 dans Revek | Commentaires (1) | Permaliens
Pour oublier
(recette)
Je m'ouvrirai une avenue, large et profonde, qui déchirera la terre. Un long serpent noir pour se perdre sur l'horizon tremblant.
Je planterai des arbres. Des orangers pour brûler le ciel et le rendre bleu. Et j'arracherai des branches les fruits gonflés de vie et de chaleur. Le sucre coulera dans ma gorge et mon coeur se remetttra à battre.
Il y aura aussi des tours de verre gigantesque, pleines de vitres, pleines d'images. Et des fontaines d'eau fraiche et invitante, indifférentes aux vents de sable qui essaieront de les remplir. Au fond des trous, se sera comme un peu d'or fin et précieux...
Et il fera chaud.
Et dans le ciel d'acier, je clouerai un soleil pour entâcher l'avenue de lumière. Et je mettrai toujours plus de chaleur.
... Toujours plus de chaleur.
Et le sable crachera son odeur. Les orangers vomiront leurs parfums. Le goudron empuantira l'air. Et avec des pierres je briserai soigneusement les vitres des tours pour ne plus voir mon visage.
Je m'ouvrirai les veines d'une coupure large et profonde. Ca plantera du souffre en moi, et me fera pleurer. Le fleuve passera sur ma main, brûlant comme un été, heureux un instant de connaître un trajet neuf. Mon coeur, lui, cherchera à fuir ce corps qui bientôt sera sa prison. Il partira au galop, en se cognant dans ma tête. Il essaiera les oreilles, et la gorge pour me quitter. Cette gorge emplie de larmes qui se refuse à s'ouvrir. Cette gorge qui déja devient dure et fait mal.
Je serai une dernière fois irradié de chaleur.
Et il n'y aura personne pour regarder devant les vitres de mes yeux.
Publié par otorevek à 17:07:58 dans Textes | Commentaires (2) | Permaliens
Toujours SNAFU.
Pire peut être...Pas mieux en tous cas.
pas de moi, ce cliché. Trouvé ici
Publié par otorevek à 20:32:46 dans Revek | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par otorevek à 23:15:39 dans Revek | Commentaires (0) | Permaliens
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